‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 242 sur 1729 · CANAL · texte numérisé non relu

CANAL

Le camphre est employé dans la préparation des vernis, nolamnieiit du l'ietix laque. On s'en sert aussi dans les feux dartilice : la propriété qu'il a de brûler sur l'eau l'ait supposer qu'il entrait dans la composition du l'eu grégeois. Mélanjré en certaines proportions avec le coton-poudre, il donne une masse homogène plastique à chaud, dure à troid assez élastique, utilisée auj. dans l'industrie à une i'oule d'usages sous diirérentes formes ; on lui donne le nom de celliiluïde. L'odeur du camphre chasse ou fait périr les insectes et les vei^s : aussi l'emploie-t-on pour conserver les collections d'histoire naturelle, les pelleteries, les étoiles de laine. On en fait un fréquent usage en médecine comme antispasmodique ; on le prescrit aussi comme stimulant diffusible, diaphorétique et antiseptique, lia été surtout préconisé par Haspail, dont le nom est resté attaché aux cigarettes qu'il recommande comme préservatifs contre une foule de maladies. On peut administrer le camphre à l'intérieur à doses faibles et fractionnées : à trop forte dose, c'est un poison. Comme solution, on l'emploie sous forme d'eau camphrée ou déifier camphré. Pour l'usage externe, on emploie l'alcool camphré, l'eau-de-vie camphrée, le vinaigre camphré, et l'huile ou la pommade camphrée. — Le campiire paraît avoir été introduit en Europe par les Arabes.

Camphre arlificiel, substance blanche, plus légère que l'eau et d'une odeur analogue à celle du camphre, qui s'obtient en saturant de gaz chlorliydrique l'essence de térébenthine : c'est un chlorhydrate de térébenthine.

Camphre de Bornéo ou Bornéol. Le camphre de Bornéo est fourni par le Dryobalanops aromatica: il fond à 206» et bout vers '220. Il a pour formule C'^H'^O. Il n'est pas employé en médecine.

CAMPHRE MO.NOBROSIK. Voy. BROMURE DE C.1SCPHRE.

CAMPHRÉE. Camphorosma, genre de la famille des Chénopodées, renferme des plantes herbacées qui croissent dans les lieux stériles et sablonneux des contrées méridionales. La C. de Montpellier, petit arbrisseau, à rameaux longs et blanchâtres ; à feuilles alternes, petites, nombreuses, à Heurs verdàtres, exhale une forte odeur de camphre, d'où son nom.

CAMPHRIER, Camphora officinarum, genre de la famille des Lauracées, tribu des Camphorées, est originaire des contrées montueuses de la Chine et du Japon. Cet arbre a le port du tilleul, l'écorce raboteuse et grisâtre, les feuilles ovales, longues, alternes, d'un beau vert luisant; les fleurs blanches, petites, en panicule : les fruits pourpres, noirâtres, à une seule graine, de la grosseur du pois chiche. On en retire le camphre Voy. camphre . Le Ijois de cet arbre a une odeur aromatique ; on l'emploie dans l'ébénisterie.

CAMPULITE (du gr. xaa-JÀo;, courbé), genre de Mollusques cépiialopodes, de l'ordre des Tentaculifères, famille des Clyménidées : coquille non spirale, disposée en forme de corne ; ouverture comprimée et fortement rétrécie, cloisons droites ou à peine arquées, siphon placé près du bord interne des cloisons. Les Campulites ne se trouvent qu'à l'état fossile et appartiennent à l'étage silurien et à l'étage dévonien.

CAMPYI — (du gr. xa(XT-J)iO;. courbé), entre dans la composition d'un grand nombre de termes de Botanique et d'Entomologie, comme Campylanlhère, Campylocarpe, Campylodonle, Campyloptère, Campylosome, Campylo- Irope, etc.. et désigne partout des organes remarquables par leur courbure.

CAMPYLITE, minéral constitué par un mélange par isomorphisme de Pyromorphite et de Mimétèse [Voy. ces mots .

CANADA, nom d'un cépage américain à feuilles velues, à grappe serrée, qu'on plante beaucoup dans le centre de la France, à cause de sa grande résistance aux maladies parasitaires. Il donne un vin délicat et parfumé.

CANAL (du lat. canalis], cours d'eau artificiel, peut être construit dans l'intérêt de la salubrité, de l'agriculture ou du commerce. De là, trois genres de canaux : 1" les C. de dessèchement, qui ont pour effet de dessécher des marais ou des terrains inondés, et que l'on creuse dans la direction de la plus grande pente ; 2° les C. d'iiTigation, qui servent soit à fertiliser des terres trop desséchées, en amenant par une pente douce l'eau d'un réservoir supérieur sur le terrain qu'on veut arroser, soit à approvisionner d'eau une grande ville ; 5^ les C. de navigation, creusés pour le transport des denrées et des marchandises : ces derniers se divisent en C. de dérivation ou latéraux, et en C. de

jonction. — Les C. de dérivation sont destinés à remplacer un cours d'eau naturel dont la navigation est imparfaite, et se construisent latéralement à ce cours d'eau, dans la vallée même qu'il parcourt. Ils empruntent leurs eaux au tleuve qu'ils remplacent ou à ses affluents; ils n'olfrent qu'une pente peu sensible, et les bateaux peuvent les i)arcourir dans les deux sens avec la même facilité. La Loire, la Marne, la Garonne, etc., ont des canaux latéraux. Les C. de jonction ont pour but de réunir par une route navigable deux rivières, et quelquefois même deux mers différentes, en ouvrant aux bateaux l'intervalle qui les sépare. Le plus souvent cet intervalle est occupé par des hauteurs plus ou moins considérables : dans ce cas. la construction des canaux offre plus de difficultés. Ils sont alors alimentes par des réservoirs, naturels ou artificiels, appelés bassint de partage, et situés au point de partage des eaux, c.-à-d. au sommet des hauteurs d'où les eaux s'écoulent dans les vallées environnantes. Ils se composent eux-mêmes d'une suite de biefs [Voy. ce mot) de niveaux différents : des écluses [Voy. ce mot), situées entre chacun de ces biefs, se vident et se remplissent à volonté, et forment ainsi conwne les degrés d'un escalier à l'aide duquel les bateaux peuvent franchir les pentes les plus fortes. Le canal du Midi ou du Languedoc, le canal du Centre, le canal de I Boulogne, le canal des Ardennes, etc., sont des canaux dejonction à bassins de partage.

Les canaux de dérivation sont connus dès la plus haute antiquité : l'Egypte ancienne et l'Assyrie étaient sillonnées de canaux, dont on voit encore les ruines. De très lx)nne heure, les Chinois ont su construire des canaux d'irrigation et de navigation : le plus célèbre de tous est le Canal impérial, qui traverse toute la Chine du nord au sud. Il a 1200 kil. et réunit le Peï-Ho, le Iloang-llo, le Yaiig-Tse- Kiang et le Si-Kiang. Les Grecs et les Romains ne se sont point signalés par Ta construction de canaux importants : cependant ces derniers avaient eu l'idée de réunir la mer du ?iord à la Méditerranée, au moyen d'un canal entre le Rhône et le Rhin. Charleraagne reprit ce projet en 794; mais il n'a été réalisé que de nos jours, en 1843, jiar la construction du Canal Louis, qui unit non pas le Rlii'ne au Rhin, mais le Danube au Mein par l'Altmûhl. Pendant le moyen âge, l'hydraulique resta à peu près stationnaire ; mais, au xv« siècle, une nouvelle impulsion fut imprimée à la construction des canaux. La France et l'Italie septentrionale donnèrent l'exemple; malheureusement elles se sont laissé dépasser par les nations qui vinrent après elles, et auj. les contrées les plus favorisées sous ce rapport sont r.\ngleterre, les Etats-Unis, la Hollande et la Belgique. La France peut se glorifier toutefois d'avoir réuni la Méditerranée à l'océan Atlantique par le célèbre canal du Midi, construit sous Louis XlV, de 1666 à 1681. C'est aussi un Français, M. de Lesseps, qui a entrepris et achevé la construction du canal de l'isthme de Suez, ouvert en 1869, et l'une des plus glorieuses conceptions de notre époque. La création des chemins de fer a pu faire craindre un instant que les canaux ne devinssent inutiles ; mais il est à penser que ces deux moyens de transport, loin de se nuire, s'aideront mutuellement, les railways étant plutôt faits pour transporter les voyageurs et lès marchandises peu volumineuses, et les canaux pour les lourds fardeaux et les marchandises encombrantes.

Auj. on compte en France une centaine de canaux, dont les principaux sont : au >'., ceux de la Sambre, de la Somme, oe St-Quentin, des Ardennes, de l'Oise canalisée ; — près de Paris, ceux de l'Ourcq, de St-Denis et de St- Hartin; — au centre, ceux de Briare et du Loing, d'Orléans, du Berri, du Nivernais, le canal de la Saône à la Loire, dit aussi canal du Centre ou du CharoUais, le canal Latéral à la Loire; — à l'O., ceux de l'IUe-et-Rance, de Nantes à Brest: au S., celui du Languedoc, dit aussi du Midi ou des Deux-Mers, celui d'Arles à Bouc ; le canal Latéral à la Garonne, de Beaucaire, le canal St-Louis; — à l'E., le canal de Bourgogne ou de la Saône à l'Yonne, ceux du Rhône au Rhin, de la Saône au Rhin, le canal de l'Est entre Meuse et Saône, etc. Vor/. détroit et, au Dicl. dHist. et de Géo^r., le mot qui suit ca.nai. de.

Pour la Législation, voy. eacx.

Pont canal. Voy. po>t.

CANAL. En Anatomie, on a donne le nom de canal à des cavités étroites, plus ou moins allongées, destinées à laisser passer certains liquides, ou à recevoir des organes divers : C. digestif, C. aérien, C. vertébral; C. veineux, C. or-

CANAPES

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