‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 246 sur 1729 · CANNELLE · texte numérisé non relu

CANNELLE

CANOMQn:

petite?, blanchâtres, en panioules axillaires et terminales: l'ruil dnipat-é. ovale, d'un brun bleuâtre. — L'écorce de cet arbre est la cannelle du commerce. Voy. cannelle.

CANNELLE (de l'ilal. cannella, tuyau], écoire intérieure des jeunes pousses et des brandies du Laurier- Cannelier. Cinnamomum zeylanicum [Voy. CANNELtEH'. ,\ussilôt que celte écorce est enlevée, on la coupe en plaques carrées, et on la l'ait sécher au soleil : c'est alors qu'elle se colore et qu'elle se roule sur elle-même, en prenant la l'orme de petits tuyaux. La meilleure cannelle est celle qui nous est apportée de l'île de Ceylan. Viennent ensuite celle de Cayenne. puis celle de Clnne, la moins estimée de toutes. La cannelle contient une alxjndante quantité d'huile essentielle qui la fait rechercher comme aromate et comme condiment : on l'emploie en médecine comme tonique, excitante et cordiale.

On donne aussi le nom de Cannelle à des écorces dont l'odeur et la saveur rappellent celles de la véritable cannelle : la C. blanche est l'écorce d'un arbre de la famille des Clusiacées. le Winteriana cannella : la C. de Cochincliine ou do Malabar est celle du Laiirus Cassia : la C. giroflée, dite aussi Dois de crabe et flois de girofle, est celle du Myrtiis caryophyllala.

CANNELLE, robiuet de bois ou de cuivre, dont on se sert pour vider un tonneau.

CANNELONS. eu Pâtisserie, petits rubans très minces de piîte feuilletée, que l'on garnit d'une marmelade quelconque et f|u'on fait frire.

CANNELURE de cannelle', sillon longitudinal taillé du haut en bas du fût d'une colonne ou de la face d'un pilastre. La cannelure appartient principalement à l'ordre dorique. On distingue : les C. torses, qui tournent en forme de spirale : les C. à vive arête, qui sont peu creusées : les C. ornées, dont l'intérieur contient, soit d'un Iwut à l'autre, soit par intervalles, des feuilles qui serpentent, ou seulement des filets ou baguettes qu'on nomme rudentures.

— Ce mot se dit aussi des stries que l'on pratique sur les cylindres d'une macliino, sur un instrument pour diriger le tranchant d'une lame, ou sur tout autre objet.

CANNETILLE en ital. canatiglia\ morceau de fil d'or ou d'argent trait, fin ou faux, plus ou moins gros, qu'on a tortillé sur une longue aiguille de fer, et que l'on emploie dans les broderies, les crépines et autres ouvrages semblables. La cannetille d'or et d'ai-gent se prépare dans les ateliers de Paris ou de Lyon, .\utrefois Nuremberg avait le monopole de celle de cuivre ou de laiton, mais on en fabrique auj. en France, notamment à Trévoux. — On appelle encore ainsi un tissu de laiton, dont les modistes se servent pour -^dulcnir la forme îles chapeaux.

CAN NETTE. Voy. canette.

CANON (lu gr. y.avwv, règle). En Théologie et en Liturgie, ce mot a plusieurs acceptions différentes. Les Canons de l'Eglise sont les lois et les règles de la discipline ecclésiastique, les décrets et décisions îles conciles en matière de dogme' ou de discipline : ces canons sont les règles auxquelles les Chrétiens doivent conformer leur croyance et leur conduite. On nomme spécialement Canons des apôtres ou C. apostoliques la collection des canons que l'on attribue au pape St Clément, disciple de St Pierre, comme s'il eût reçu cette collection des mains du prince des apôtres ; mais il parait que ces canons sont l'ouvrage de quelques évèques d'Orient qui les ont rassemblés vers le milieu du m* siècle. Le Droit canon Voy. ce mot) est la science du droit ecclésiastique fondée ^ur les canons des conciles, les décrétales des papes, etc.

— Le Canon de la messe est la règle des prières et cérémonies qu'accomplit le prêtre pour consacrer l'eucharistie ; celle partie de la messe s'étend depuis le Sanctus jusqu'à la communion. On a attribué le Canon à St Jérôme ou au pape Sirice, mais il remonte aux apôtres mêmes. — Les C. de la pénitence sont les règles qui prescrivent des pénitences jxiur les différents péchés, et qui sont tirées en partie des conciles, en partie des rescrits des jiapes, et en partie des Sts Pères. — Le Canon des saints est le cala- \«<XUQ authentique des saints reconnus comme tels dans l'Eglise catholique ; le C. des livres saints est le catalogue des livres de l'Ecriture que l'Eglise regarde comme authentiques, par opposition aux livres apocryphes ( Voy. canoniqle). de même que les Alexandrins appelaient C.des auteurs classiques la collection des auteurs grecs véritabioment classiques {l'oy. classiques).

En Chronologie, le "mol Canon s'emploie quelquefois

pour signifier simplement des tables chronologiques, comme les tables du Nombre d'or, des Epactes, de la la Pâque. etc. : c'est dans ce sens qu'on nomme C. pascal une table des fêtes mobiles où l'on marque pour un cvcle de 19 ans le jour auquel tomiient la fête de Pâques et les autres fêtes qui en dépendent. D'autres fois le mot Canon s'emploie pour signifier la méthode ou la règle à suivre |)Our résoudre certains prolilèmes de chronologie.

CA-NON, Ijoucbe à feu ( Voy. ce mot) avant une grande longueur par rapport à son diamètre intérieur et destinée à tirer avec de fortes charges différentes espèces d'obus ou des boîtes à mitraille. Les canons d'aujourd'hui se chargent tous par la culasse et sont généralement en acier. Le nom de canon a commencé à se répandre à la fin du xv* siècle. Les 6 types de canons adoptés en France vers 1550 avaient, suivant l'usage d'alors, des noms spéciaux : c'étaient, par calibres décroissants : le canon, la grande coulevrine, la coulevrine bâtarde, la coulevrine moyenne, le faucon et le fauconneau. Ce n'est qu'à partir de la fin du xvn" siècle que ces noms ont commencé à tomlier en désuétude. Depuis cette C|X)que jusqu'à l'adoption de l'artillerie ravée, le nom de canon était réservé aux Iwuches à feu tirant des boulets sphériques pleins, en fonte de fer.

Canon à balles. Voy. mitraillecses.

Canon-revolver, pièce à tir continu avec laquelle on emploie de petits obus ou de petites lx)îtes à mitraille. Elle se compose essentiellement de 5 canons de petit calibre réunis en faisceaux et pouvant tourner autour d'un axe. Un mécanisme renfermé dans une enveloppe et actionné par une manivelle produit la rotation du faisceau de canons, l'introduction de la cartouche, le départ du coup et l'extraction de la douille vide. Les cartouches sont engagées dans le mécanisme par un couloir. Ce canon peut tirer 60 coups à la minute.

Canons de fusil. Jusau'en 1863, les canons des fusils de guerre ont été fabriques avec du fer forgé. Depuis celte époque on les fabrique exclusivement en acier. L'acier est employé en barres, qui sont percées, alésées et tournées extérieurement. Les canons dégrossis subissent une épreuve de tir et ceux qui ont résisté sont seuls rayés et terminés. Les canons de certains fusils de chasse sont fabriqués à l'aide d'une bande d'acier roulée en spirale sur un moule ; les spires sont ensuite soudées à chaud. Le tube obtenu est alésé et poli après épreuve.

CANON. C'était, dans la Musiaue ancienne, une méthode pour détei-miner les rapports des infervalles. — Dans la Mu-inue moderne, le canon est un morceau de musique dans lequel la mélodie qui forme le sujet s'accompagne ellemême, en imitation et à la distance d'une ou de jilusicurs mesures. Ce sujet peut être repris successivement par jjIusieurs parties, à divers intervalles. L'air si connu de Frère Jacques, dormez-vous ? chanté par plusieurs personnes qui commencent à des mesures diflérenles, offre un exemple de canon. Il y a plusieurs sortes de canons : on en fait par mouvement airect et par mouvement contraire : il v a des canons renversés, rétrogrades, à la quarte, à la quinte, à l'octave, etc. On les emploie quelauefois dans la musique dramatique, mais plus souvent dans la musique instrumentale.

CANON. Ce nom s'appliquait, au xvi» siècle, aux genouillères qui couvraient l'intervalle entre le Iwrd des bas et les chausses. Sous Louis XIII et sous Louis XIV, ces genouillères recouvrirent l'épanouissement de la liotte et prirent l'apparence de manchettes. Les élégants les portaient en batiste ou en dentelles, quand lesédits soraptuaires le leur permettaient.

CANON. Chez le Cheval, \e canon est la région des memi bres qui unit verticalement, soit, par devant, le genou au ■ boulet (dans ce cas le canon est constitué par le méta- ! carpe), soif, par derrière, le jarret au boulet (le canon est j alors formé du métatarse).

CANONIALES (heures). Voy. HErtES. I CANONICAT, titre d'un bénéfice de chanoine. 11 y avait j autrefois celle différence entre le canonicaf cl h prébende \ que le canonicat était simplement un privilège qui donj nait une |>lt('e au chœur et au chapitre d'une église catlié- I drale ou collégiale, tandis que la prébende donnait droit à I nne certaine jKtrlion des revenus de ces églises. I CANONIQUE, ce qui est conforme aux Canons.

Droit canonique. Voy. dboit.

Livres canoniques. On appelle ainsi les livres sacrés que

îglise reconnaît comme inspirés. On les distingue en /,.

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