CAOUTCHOUC
CANTICUM. On appelle ainsi, dans les comédies latines, les passages que Tlustrion, resté seul sur le proscenium, chantait ou déclamait au son des flûtes : c'était un reste du chœur dis comédies grecques.
CANTILÈNE (de l'ital. cantilena). Ce mot s'appliquait autrefois à la musique mondaine pour la distinguer de la musique d'Eglise : on opposait cantilène à motet [ Voy. ce mot) ; auj. il est synonyme de romance, et se rapporte le plus ordinairement à une mélodie douce et agréable.
Dans l'Histoire littéraire, le nom de cantilène désigne des chants populaires composés depuis l'époque mérovin;:icnne jusqu'au xi' siècle sur des sujets religieux ou guerriers. Celles qui nous sont parvenues appartiennent à la première catégorie : c'est la célèbre Cantilène de Ste Eulalie, écrite à la fin du ix" siècle, à l'abbave de Saint- Amand, et découverte à Yalenciennes en 183T; le manuscrit remonte certainement au x" siècle ; la Passion du Christ, la Vie de Si Léger, la Vie de St Alexis, sont un peu posiérieurcs : ces textes constituent, avec le Sennent de Strasbourg et les Gloses de lieichenau, les plus anciens monuments de notre langue. D'après une opinion accréditée par M. Léon Gautier, les cantilènes auraient fourni la matière des premières chansons de geste. — Consulter : Mabillon. Hist. littéraire de la France; Du Méril, Mélanges archéologiques et littéraires; L. Gautier, les Epopées françaises.
CANTINE ;de l'ital. canlina, du lat. quintana, même signification), nom donné dans les hospices, les casernes, les prisons à l'endroit où l'on vend aux vieillards, aux soldats et aux prisonniers l'eau-de-vie, le tabac et toutes les marchandises dont ils ont besoin. — C'est de ce mot qu'est dérivé celui de cantinière.
Tabac de cantine. On donne ce nom, en France, aux tabacs à fumer à prix réduits, vendus soit dans les zones frontières pour diminuer la contrebande, soit aux soldats ou dans les établissements hospitaliers. Us sont composés de feuilles de qualité inférieure, mélangées de côtes et de coupures [parties des manoques, exclues, comme trop ligneuses, des fabrications supérieures).
CANTIQUE an lat. canticuni^, hymne religieux que l'on chante en l'honneur de la Divinité. Les plus anciens cantiques furent composés à l'occasion de quelque événement mémorable; tels sont ceux qu'on trouve dans la Bible, p. ex.: dans l'Ancien Testament, le cantique que Moïse composa après le passage de la mer Rouge [Cantemus Domino], celui de Débora après la défaite de Sisara [Qui sponte), celui de Judith [Laudate Dominum), et celui de David à la mort de Saûl [Considéra, Israël] ; dans le Nouveau Testament, le cantique de Zacharie [Benedictus Dominus] ; celui de Siméon Sunc dimittis], et celui de la Sainte Vierge [Magnificat]. Ces sept cantiques sont appelés canoniques et sont les seuls qu'admette l'Eglise catholique. Le Te Deuni est d'origine moins ancienne : on l'attribue à Si .\ugustiii et à St Ambroise. — Chez les Hébreux, les cantiques ; étaient souvent chantés avec des chœurs de musique, et accompagnés de danse. — .\uj. on nomme, en général, cantique tout ce qui se chante à l'église en langue vulgaire. On donne spécialement le nom de C. spirituels à des chants composés sur des sujets de dévotion : tels sont les cantiques de St-Sulpice, ceux de Ste-Genevîève, etc.
Le Cantique des cantiques est un ouvrage qui fait partie du canon des Livres saints, et qu'on a attribue à Salomon. Il a doimé lieu à des interprétations fort diverses, entre lesfjuelles il ne nous appartient pas de prononcer : ce ne serait, suivant quelques auteurs, que l'épithalamc du mariage de Salomon avec la fille du roi d'Egypte ; selon plusieurs théologiens, le saint roi prophétise sous cet emblème l'union de Jésus-Christ avec l'Eglise catholique. I
CANTON (de l'ital. cantone, coin), dénomination géographique qui sert à désigner, dans plusieurs contrées, une certaine subdivision du territoire. En France, les cantons sont les subdivisions des arrondissements, et sont eux-mêmes subdivisés en communes. On compte 2881 cantons, ayant chacun leur chef-lieu. Chaque chef-lieu de canton est le siège d'une justice de paix. — En Suisse, le mot canton s'applique à chacun des Etats qui composent la confédération helvétiiiuc : on en compte 22.
En Blason, le canton est une portion carrée de l'écu. Il y a quatre cantons : le canton dcxtre et le canton sénestrc du chef; le canton deitrc et le canton sénestre delà [jointe.
CANTONADE (de l'ital. cantonata). On appelle ainsi, au Théâtre, les coins du fond de la scène ou l'intérieur des i
I coulisses. Parler à la cantonade, c'est parler à une per- , sonne qui est censée dans la coulisse, hors de la vue des , spectateurs.
I CANTONNEMENT (de canton]. Ce mol s'applique à I toute circonscription territoriale considérée sous un rapport ; spécial. C'est en ce sens qu'on dit : C. de pêche et C. de chasse, en parlant des parties de rivières ou de forêts dé- ^ pendant des domaines de l'Eut, et où il est permis de j pêcher et de chasser. — En matière Forestière, le cani tonnement est la faculté qu'a le propriétaire d'une forêt d'y éteindre un droit d'usage dont elle est grevée au profit d'autres personnes, en abandonnant une part de sa propriété ^Çod. forest., art. 65, 1 11 , 120) . — On appelle C. militaires les villes ou les villages où les troupas sont accidentellement établies dans le couis d'une campagne. CANTONNIER (de canton], nom qu'on donne en France i à des ouvriers stationnant sur les routes, qu'ils doivent réparer et entretenir. Chaque cantonnier a en moyenne une longueur de 4 à 5 kilomètres à entretenir. Outré les soins qu'ils donnent aux routes, ils doivent aussi prêter gratuitement aide et assistance aux voituriers et aux vovageurs, en cas d'accident. Ils étaient autrefois régis par le règle- , ment du 10 février 1835, modifié par l'arrête du 10 jan- ' vier 1852. Depuis lors sont intervenus à leur sujet divers i arrêtés du ministre des travaux publics, entre autres celui : du 10 février 1875 et celui du 20 février 1882. — Il y a ; également des cantonniers attachés au service des hgnes de chemins de fer et des cantonniers municipaux, pour le service de la voirie à Paris et dans les grandes villes.
CANULE ^du lat. cannula, de canna, roseau], sorte de tube plus ou moins allongé, utilisé en Chirurgie pour le drainage des épanchements sous-cutanés ou profonds, et aussi pour la désinfection et le lavage de diverses cavités naturelles ou accidentelles.
CANUT (de canette, organe du métier à tisser la soie?], ouvrier en soie des fabriques de Lyon.
CANZONE. CA>zo>ETTA (mots italiens), sorte de poésie lyrique inventée par les poètes provençaux, qui doimaient à leurs canzones le nom de cansôs, et qui apparaît dans la poésie italienne dès le xiii* siècle. On aistingue dès lors : ta C. petrarchesca ou toscana, mise en homieur par Pétrarque, et qui consiste en une série de 5 à 20 stances dont les vers, au nombre de 9 à 20, sont disposés dans un ordre déterminé, et semblable en tout à celui qui a été observé dans la première stance ; elle se termine par un envoi, formé d'un petit nombre de vers plus courts et de rimes différentes: — la C. anacreontica ou canzonetta, destinée aux sujets gracieux et légers; elle est composée de stances plus petites et de vers plus courts que la précédente ; la canzonnetta était surtout en vogue au XV» siècle ; — la C. pindarica, d'un style plus élevé et
3 ni rappelle l'ode grecque de Pindare; elle a été introuite au xvi° siècle dans la poésie itahenne par L. ,\lamanni et perfectionnée par Chiabrera: la C. a ballo ou ballata, espèce de ballade qui se chantait en dansant Toi/, ballade i : l'usage en est auj. perdu.
CAOUANNE, Testudo cephalo, genre de Reptiles, de l'ordre des Chéloniens, famille des Qiélonées, renferme des tortues de mer, qu'on trouve sur les côtes de la Méditerranée et de l'Océan : leur carapace est revêtue d'une écaille divisée en compartiments; leurs pieds antérieurs sont longs et étroits ; leur couleur est brune ou roussàtre. La chair de la caouanne est mauvaise et d'une odeur musquée ; mais sa graisse fournit une buile estimée pour le calfatage et l'éclairage.
CAOUTCHOUC (du mot indien cahuchu]. Ce nom s'applique à plusieurs substances dont le caractère principal est de présenter une très grande élasticité. — Le suc de toutes les plantes lactescentes contient à un plus ou moins haut degré du caoutchouc. L'arbre qui en fournit le plus au commerce est le Siphonia elastica, de la famille des Euphorbiacées ; certaines Urticées, les Ficus, les Apocynées. comme l'i'rceola elastica, des Lobéliacées, comme le Lobelia caoutchouc, etc., en fournissent aussi. Le Siphonia elastica, qui en est la source ordinaire, est un arbre de première grandeur qui croit au Brésil, à la Guvane, à Java, à Singapore, à Assam, etc. On pratique dans f'écorcc un certain nombre d'incisions et l'on recueille dans une coupe d'argile disposée autour du tronc le suc qui cr. découle.
Ce produit, façonné en lames, en gourdes ou en l-ouleû. est livré en cet état au commerce. — Le caoutchouc a