‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 249 sur 1729 · CAP · texte numérisé non relu

CAP

CAPACITE

une couleur ordinairement brunâtre, mais à l'état ))ur il e?l lilanc et demi-transparent; sa densité varie de O/J'i à 0,1)4; il est inaltérable à l'air, mou, flexible, à peu prés imperméable, et d'autant plus élastique que la température est plus élevée. Soumis à l'action d une douce chaleur, il se ramollit assez pour se souder avec lui-même; à une température supérieure, il entre en fusion, prend la consistance du goudron, et conserve très longtemps cet état, après le refroidissement; une chaleur plus élevée encore le décompose. Mis au contact avec la flamme d'une bougie, il prend feu promptement et brûle avec rapidité. Il est insoluble dans l'eau et l'alcool ; mais il se dissout dans léther |)ur, ainsi que dans les huiles essentielles et surtout dans le sulfure de carbone. Les acides, à la température ordinaire, ont peu d'action sur lui. Outre son élasticité et sa ténacité, le caoutchouc présente encore deux propriétés remarquables : il se réchauiïe quand on l'allonge, et récioroquement il se refroidit en se rétractant ; quand on l'échaufTe au contraire, il se raccourcit et diminue de volume.

D'après Faraday, le caoutchouc pur ne serait pas une matière azotée, comme on l'avait cru; ce serait un rarbure d'hydrogène répondant à la formule CIF. La distillation en retirerait ileux isomères du gaz oléfiant, la caoïttchéine et Vhcvéine.

Les usages du caoutchouc sont fort nombreux : on s'en sert pour eifacer le crayon et adoucir le papier, pour faire des balles élastiques, pour fabriquer des appareils de chimie et de chirurgie, des conduits acoustiques, des chaussures, des ressorts, des tampons, des joints, des courroies, des pneumatiques de vélocipèdes {Voy. pneumatique), etc. On est parvenu à le réduire en fds très minces avec lesquels on fait des tissus élastiques pour bretelles, jarretières, corsets, etc. En associant le caoutchouc, dissous et à l'étîit pâteux, à l'huile de lin et à une certaine quantité de résine, on en fait un vernis pour les cuivres. On emploie beaucoup, au lieu du caoutchouc pur, le caoutchouc dit vulcanisé, c.-à-d. auquel on a incorporé du soufre, soit directement, soit au moyen du sulfure de carbone ou «lu chlorure de soufre : il ne durcit plus alors à 0°. ne se ramollit plus par la chaleur et ne fond qu'au-dessus de 200"'. On prépare aussi un caoutchouc dit durci, en incorporant mécaniquement au caoutchouc pur de 20 à 35 parties de fleur de soufre et en soumettant le mélange pendant une durée de 8 à 10 heures à l'action de la vapeind'eau portée à 4 atmosphères. Ce qu'on appelle dans le commerce ébonite, vulcanite, par/cesiue, ne sont que des variétés du caoutchouc durci. Enfin, le caoutchouc entre dans la composition de la ^lu marine, qui est employée dans les constructions maritimes et pour le calfatage (les navires.

Le caoutchouc n'est connu en Europe que depuis un siècle. Un nommé Fresneau en fit la découverte à Cayennc vers 1730, et La Condamine en donna, en 1751, la première description scientifique. L'invention des tissus imperméables en caoutchouc est due aux Indiens. Grassart appliqua le premier le caoutchouc à la confection des tubes (1791). Nadler imagina vers 1820 de faire des fils de caoutchouc et donna ainsi naissance à l'industrie des tissus élastiques. Mackiutosh inventa les tissus imperméables. La vulcanisation, découverte en 1859 par Hancock, fut successivement perfectionnée par Burke, Rattier et Guibal, Aubert cl Gérard, etc. ; enfin le caoutchouc durci est dû à l'Anglais Goodyear. Grâce à tous ces efforts, l'industrie du caoutchouc prend tous les jours un développement <le plus en plus considérable.

Caoutchouc fossile, substance qui a une certaine analogie avec la gomme élastique et qui se trouve dans les mines de plomb du Derbyshire. accompagnée de matières résineuses et de bitume en globules ; dans les dépôts charbonneux de Montrelais (Loire-Inférieure), etc.

CAP (du latin caput, tête). En Géographie, on nomme cap une pointe de terre qui s'avance dans la mer; si cette pointe est élevée, elle prend le nom <\c promontoire.

En termes de Marine, cap signifie la direction d'une droite horizontale idéale, menée dans le plan diamétral longitudinal du bâtiment, en allant de l'arrière vers l'avant. Dire qu'un bâtiment a le cap au nord, c'est dire qu'il se dirige vers le nord; mettre le cap sur un ]K)int, c'est se diriger vers ce point; virer cap pour cap, c'est faire tourner complètement le navire sur lui-même jusqu'à ce que la proue se dirige sur le point opposé. — Cap de

compas, ou ligne de foi, trait vertical marqué en dedans de l'espèce de cuvette où est enfermé le compas {l'ou. boussoi.k) ; il se trouve, avec le pivot sur lequel tourne la rose des vents, sur la ligne dmitc définie plus haut et détermine sur la rose l'aire de vent sur la(|uelle se trouve le cap du bâtiment. — Cap de mouton, bloc en bois, de forme ronde et percé de trois trous en triangle, pour le passage des rides de haubans.

CAi' iiE MAUKE. terme d'Hippologie indiquant que l'animal a tonte la tète de couleur noire.

CAPACITÉ ^du lat. capacitas], se dit, en Géométrie appliquée, du volume des corps qui prennent la forme <les vases où on les met, comme les liquides et les grains : c'est en ce sens qu'on dit mesures de capacité. Quelquefois on l'emploie simplement comme synonyme de volume : ainsi l'on dit la capacité d'une chambre.

Dans tout le système des Poids et .Mesures, les tnesurcs de capacité se distinguent des mesures de vohane en ce que les premières s'appliquent aux corps dont le mesurage s elfectue à l'aide de vases de forme spéciale, tels que les liquides, les grains, les farines, etc., tandis que les secondes s'appliquent à tous lesautres corps. — Dans le Svstème métrique, l'unité principale de capacité est le litre, dont les multiples usités sont : le décalitre (10 litres] et l'hectolitre (100 litres), et les sous-multiples : le décilitre (10* de litre) et le centilitre (100° de litre). — Les mesures de capacité de l'ancien.syslème français étaient, pour les liquides : la pinte (0 lit. 931) ; la velte (8 pintes) ; le auartaut (9 veltes) ; la feuillette (2 quartauls) ; la pinte elle-même se décomposait en deux chopines. Pour les matières sèches on employait : le litron [0 lit. 815); le boisseau (10 litrons); le setier (12 boisseaux). — En Angleterre, l'unité principale de capacité est le gallon impérial (4 lit. 548), qui se décompose en 8 pintes; le peck vaut 2 gallons ; le boisseau ou bushel vaut 4 pecks ou 8 gallons ; le sack, 5 Ijoisseaux ; le quarter, 8 Iwisseaux, et le chaldron, 12 sacks. — En Autriche, les mesures sont : pour les liquides, l'eimer (14 lit, 15) ; le viertel (quart d'eimer) ; h; ynaas (10° de viertel) : le seitel (quart de maas) ; le fitder (32 eimers) ; pour les solides, le metzen (61 lit. 5) ; le viertel (quart de inetzen) ; Vachtel (demi-viertel) ; le muthmassel (demi-aclitel) ; le fudermassel (demi-muthmassel) ; et le becker (8° de fudermassel). — En Prusse on emploie : pour les liquides, l'eimer '08 lit. 7) ; Yanker (demi-eimer) ; le maas (50" d'anker) ; l'ohm (2 eimers) ; l'oxhoft (3 eimers) ; et pour les solides, le viertel (1 lit. 148) ; le tnetze (5 viertels) ; le scheffel (16 metze) et le tonneau (4 scheffels). — iV. B. Il est à remarquer toutefois qu'en Allemagne et en Autriche ces mesures ont été remplacées par des mesures métriques [Voy. MÉTRIQUE [système]). — En Espagne, on emploie pour les matières sèches la fanega qui vaut 56 lit. 351, et pour les liquides. Xarrobe, qui vaut 16 lit. 133, etc.

En Chimie, dans l'ancienne théorie dualistique de Dcrzelius. on appelait capacité de saturation d'un acide le rapport qui existe entre la quantité d'oxygène contenue dans cet acide et la quantité d'oxygène renfermée dans les bases qu'il sature pour former des sels neutres. La capacité de saturation se confond aujourd'hui avec la basicité [Voy. ce mot).

En Physique, la capacité d'un corps pour la chaleur est la disposition particulière de ce corps à exiger plus ou moins de chaleur pour élever sa température. Elle se mesure par le nombre de calories nécessaires pour élever de 1° la température d'un kilogi'. du corps ; on l'appelle aussi chaleur spécifique. — La capacité électrostatique d'un corps conducteur est mesurée par le quotient de la quantité d'électricité qu'il contient et du potentiel qu'atteint l'électricité. La capacité électrostatique d'une sphère est égale à son rayon. L'unité pratique de capacité électrostatique est le farad [Voy. potentiel, unités électriques) .

En Psychologie, on a nommé capacité l'aptitude de Vîivnc à éprouver des modifications passives. Voy. facultés.

En Droit, la capacité est l'aptitude à être le sujet de droits ou d'obligations. Elle peut être restreinte par suite do pénalités ( Voy. contumace, dégradation civique, inteiinicTioN légale) ; — à raison de l'âge (incapacité de mineur) ; — de l'infirmité de la raison, ou d'une prodigalité excessive (incapacité de l'interdit et du prodigue) ; — de la dépendance de certaines personnes (incapacité de la femme mariée) . — Le défaut de capacité peut être absolu

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