CAPITAINE
ou relatif, suivant qu'une personne ne peut s'obliger aucuiit-nient. ou ne peut s'ooliger envers certaines personne* délenninées (ainsi la vente est défendue entie épouxj. Voy. INCAPACITÉ.
Dans l'Administration, capacité s'entend de l'aptitude a remplir certaines fonctions : c'est en ce sens qu'on appelle brevet de capacité le diplôme d'instituteur, certificat de capacité le certificat délivré après deux ans d'études et à la suite d'un examen à un étudiant en droit qui aspire au titre d'avoué ou de notaire, etc.
CAPACITÉS (les). Ce mot, dans le Langage politique, désigne certaines positions sociales qui rendent capable d'exercer certains droits, notamment le droit électoral. Avant 1848, le cens donnait seul le droit d'élire les députés, et les partisans de la réforme électorale demandaient que ce droit fut étendu à toutes les professions libérales (avocats, médecins, magistrats, notaires, professeurs, etc.) : c'est ce qu'on appelait V adjonction des capacités. L'établissement du suffrage universel ( Voy. ce mot] a dépassé les vœux des rélorraistes.
CAPARAÇON (mot espagnol, augment. de cape,, riche couverture d'étotfe pour le cheval, qui couvre le poitrail et le dos de l'animal. Les chevaliers déployaient un grand luxe dans le caparaçon : il était armorié, accompagné de fourrures, bordé de franges ou de crépines. Le comte de Foix. entrant à Bayonne au xv« siècle, donna la couverture de son cheval pour faire des robes d'or à la Vierge du lieu.
CAPE (du lat. caput, tête), vêtement de dessus ou surtout, court et sans manches. Au xvi' siècle on distinguait : la cape à l'espagnole, sans collet, la cape à collet droit. la cape à collet rabattu, la cape à capuchon ou capiclion. la cape de Béarn. — N'avoir que la cape et l'épée est une expression qui s'explique d'elle-même, en un temps où les nobles quittaient tout jeunes le manoir pateniel sans emiHjrter autre chose qu'un vêtement et une rapière. La pauvreté entraînant avec elle l'amour des aventures et la bravoure, on voit ce que veut dire l'expression : roman de cape et d'épée.
Dans la Marine, on dit qu'un vaisseau met à la cape. quand il se dispose à supporter un coup de vent. Pour cela, le navire, presque à sec de voiles et la barre sous le vent, présente le côté pour ne plus faire route. Cette expression vient de ce qu'autrefois la seule voile déplovée était alors la grande voile du grand mât, qu'on appelait cape.
CAPEL ou CAPELAN, nom vulgaire du Lampyre, et d'une petite espèce de Morue qui sert d'appât pour pêcher la grande Morue.
CAPELET (pour chapelet), tumeur mobile, le plus souvent indolente, et de la grosseur d'une pomme d'api, qui croit sur la pointe du jarret du cheval. C'est une espèce de loupe qui se développe dans le tissu de la peau.
CAPELINE (de cape). Outre l'espèce ne capuchon ainsi appelé et dont les femmes se servent pour se couvrir la tète, on appelle, en Chirurgie, capeline ou bandage récurrent un bandage qui, par sa ligure, ressemble à une coiffe ou bonnet. On distingue i la C. de tête ou bonnet d'Hippocrate, employée autrefois pour remédier à l'écarlemeiit des sutures ; la C. de la clavicule, la C. pour l'amputation du bras, de la cuisse, etc.
CAPENDU (de courf /jcndw), pomme d'un rouge vermillon, d'une eau douce et agréable, tient à l'arbre par un pédoncule très court : de là son nom.
CAPERON. Voy. FRAISIER.
CAPILLAIRE du lat. capillaris. de capillus, cheveu], lin, délié comme un cheveu.
En Botanique, on donne le nom de Capillaires à diverses petites Fougères appartenant aux genres Adianlum et Asplenium, dont le feuillage est très délié. Le C. de .Montpellier (Adiaiitum capillus Veneris) et le C. du Canada (.4. pedatum, sont emplovés, en Médecine, comme expectorants dans les affections de poitrine légères et les bronchites. On les prend en infusion ou en sirop : c'est avec ce j sirop qu'on sucre les bavaroises. \
f'hènotnines capillaire.^, en Physique. Voy. capillarité. ;
Vaisseaux capillaires, les dernières et les plus petites | ramifications des veines et des artères. |
CAPILLARITÉ (du lat. capillaris), nom donné, en I Physique, à la force qui élève ou déprime les liquides i dans 1 intérieur des tubes capillaires et le long des parois j des vases. Lorsqu'on plonge dans l'eau l'extrémité d'un tube j
très étroit, on voit le niveau de l'eau s'élever dans l'intérieur du tube, au-dessus du niveau extérieur: si l'on opère avec le mercure, le niveau intérieur s'abaisse au-dessous du niveau extérieur. Les mêmes phénomènes s'observent avec des lames, des tubes coniques, etc. En général, il y a au voisinage de la ligne de contact d'un solide et d'un liquide une déformation plus ou moins marquée de la surface liquide. La surface du liquide fait avec la paroi solide un angle en général différent de i90», qu'on appelle angle de raccordement : il v a dépression si cet angle est plus petit que 90", et la surface est alors convexe: il y a ascension s'il est plus grand, la surface est alors concave : il est égal à 180» pour les liquides qui mouillent parfaitement la surface. — La capillarité donne lieu à des attractions et à des répulsions : ainsi, deux balles de liège, posées sur l'eau et mouillées par ce liquide, dès qu'on les approche à luie distance assez petite pour que les deux surfaces du liquide soulevé autour d'elles se louchent ou se croisent, exercent l'une sur l'autre une attraction. Il en serait de même de deux boules non mouillées, comme des boules de cire. Deux boules, dont l'une se mouille, comme le verre, et dont l'autre ne se mouille pas, comme la cire, se repoussent quand elles arrivent à la distance capillaire. L'imoibition d'un corps poreux, comme le sucre, par un liquide cjui ne touche qu'un de ses jwinls. est un phénomène capillaire. Voy. endosmose et tension superficielle
Les phénomènes capillaires ont pu être observés dès les temps les plus anciens : mais ils ne sont devenus un objet d'étude pour les physiciens qu'au siècle dernier : Jurin, Clairaut. Laplace. Young, Gay-Lussac, Poisson s'en sont
[dus particulièrement occupés, les uns pour en constater es lois, les autres pour y appliquer l'analyse mathématique.
CAPILLUS VENERIS. Voy. capillaire et adiante.
CAPILOTADE. En Cuisine, on donne ce nom à une manière d'accommoder des viandes de desserte : on emploie le ^in blanc pour les viandes blanches et le vin rouge pour les viandes noires.
CAPISCOL (de l'espagnol capùco/ ; du lat. caput scholae, chef de l'école', nom qu'on donnait autrefois au doyen de certains chapitres, surtout dans le midi de la France. Il remplissait les fonctions de préchantre, présidait au chœur, et veillait à ce qu'on observât les rubriques et les cérémonies.
CAPiSTRE du lat. capistrum. muselière], partie de la tète des oiseaux qui entoure la base du bec.
CAPITAINE du b.-lat. capitanus; de caput, tète, cheFj. Ce mot a eu des acceptions fort diverses : il signifia d'abord un chef d'un rang quelconque, même le chef d'une armée, d'une légion ; dans le langage usuel, il est souvent encore svnonvme de général, d'homme de guerre : au xvi« siècle if peràit de son autorité et de son étendue; auj. encore, en Grèce, les chefs militaires prennent le nom de capitaine; en Espagne» il y a des capitaines généraux qui commandent de grandes subdivisions de territoire, dites capitaineries générales. Auj. c'est proprement le titre d'un officier qui. dans l'armée de terre, commande une compagnie, un escadron ou une batterie, et, dans l'armée de mer. un bâtiment. — Le titre de capitaine date en France du temps où le roi conunença à donner des commissions aux seigneurs (xv« siècle). Il correspondait alors à celui de colonel.
Le grade de capitaine est le troisième grade de la hiérarchie des officiers de toutes armes, dans l'armée de terre et les troupes de la marine, L'ollicier revêtu de ce grade a pour insignes, aux manches et au képi, trois galons du même métal que les boutons de son uniforme, et, en grande tenue, des épaulettes dans l'infanterie, les dragons, les cuirassiers et le génie. Dans les troupes, les capitaines ont le commandement des compagnies, escadrons ou batteries ou remplissent les fonctions d'adjudant-major, de trésorier, de capitaine d'habillement. Dans les étals-majors et services, ils sont chaînés de fonctions en rapport avec leur grade. Il faut au minimum 2 années du grade de lieutenant pour être nonuné capitaine, et les vacances sont données deux à l'ancienneté et une au choix. La limite d'âge pour la retraite est 53 ans.
Dans l'Armée de mer, on distingue : 1" les C. de vaisseau, qui ont rang de colonel, et qui commandent les vaisseaux de premier rang ; 2" les C. de frégate, qui ont rang de lieutenant-colonel, et oui commandent tous les bâtiments de second rang et tous les transports armés en guerre ; ils
CAi'iTAlNERIE
CAPLAN
remplissent les fondions de second à liord des vaisseaux portant pavillon d'un officier général ou conimaridés par un capitaine de vaisseau. 11 a en outre existé pendant (|ucli|ue temps des C. de corvette, (|ui avaient rang de chef de bataillon : ce grade a été supprimé en 1857.
On nomme : C. de pavillon un capitaine commandant un vaisseau sur le{|uel est cmharqué un officier général : C. qarde-côtes. celui qui commande la milice établie pour sopposer à la descente d'ennemis sur les côtes; C. de port, un officier préposé à la police maritime d'un port ; C. d'armes, un adjudant sous-officier, pris dans les équipages de ligne, qui lait à bord des vaisseaux la police sous les ordres desofliciere de service ; il a soin des armes et les fait tenir en bon état.
Dans la Marine de commerce, Capitaine désigne le commandant d'un bâtiment marchand. 11 y a, suivant la nature de la navigation : les capitaines au long cours, les capitaines au cabotage et les capitaines au bomage. La première de ces fonctions est la plus importante; pour l'exercer, il faut être Français, âge de 24 ans au moins, avoir navigué 60 mois et satisfait à des examens spéciaux, auxc|uels préparent les écoles d'hydrographie. \ov., pour les obligations spéciales des capitaines, le Code de" connue rce, art. 221 et suiv. Voy. aussi les art. cabotage et navigation.
A Gènes et dans plusieurs autres républiques de l'Italie, on a donné, pendant le moyen âge, le titre de Capitaine du peuple ou C. de la liberté au premier magistrat de la république.
En Zoologie, on donne le nom de Capitaine à un oiseau du genre Gros-Bec, à plusieurs espèces de poissons du genre Labre, le Lachnolème, par ex., ainsi qu'à quelques Mollusques appartenant au genre Cône et au genre Came.
CAPITAINERIE GÉNÉRALE. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
CAPITAL (du lat. capitalis, principal). Dans le I^ingage ordmaire, on donne ce nom à toute somme amassée, et plus particulièrement à celles qui, placées ou prêtées, peuvent produire intérêt ou revenu. Dans le Commerce, ce terme désigne l'avoir d'un négociant, ou le fonds que clia(juc associé d'une maison de commerce apporte dans la société. En Economie politique, le capital est tout produit créé ou acquis par le travad et non consommé immédiatement, mais destiné à devenir l'agent d'une nouvelle production. Le capital procède d'une transformation des choses fournies par la nature (ce que les anciens économistes appelaient la terre), dont l'activité de l'homme a fait des instruments de production ou d'échange. La rémunération accordée sous diverses formes au capital porte le nom A'intérét (ce qui, dans le langage ordinaire et dans celui du droit, se restreint à la redevance produite par les sommes d'argent) : l'intérêt, en pure économie politique, est donc le salaire du travail précédemment accumulé dans le capital. — Les économistes distinguent : le C. productif, celui qui donne un revenu susceptible de s'accumuler et de former un capital à son tour: le C. improductif ou C. mort, celui qu'on ne peut faire valoir et qui ne donne sucun revenu ; le C engagé, celui qui consiste en terres, usines, etc.. et dont on ne peut disposer à son gré; le C. circulant, celui qui est engagé dans une entreprise industrielle, et qui se renouvelle par la vente des produits. — 0.1 a, dans ces derniers temps, voulu établir un funeste antagonisme entre le travail et le capital ; c'était renouveler la querelle des membres et de l'estomac, le capital ne pouvant produire si le travail ne le met en valeur ; et le travail, de son côté, ne pouvant s'exercer si le capital ne lui fournit les fonds, les matériaux et les instruments nécessaires. Ce qu'il faut reconnaître, c'est que, le capital et le travail étant tous deux des éléments nécessaires de la production, tous deux ont droit à une rémunération sur ce qu'il produit. Seulement on peut dans quelques cas désirer que la part du travail soit faite plus large qu'elle ne l'est actuellement.
Pour la bibliographie, Voy. économie politique cIrichesse.
capitale (peine). Voy. peine de mort.
CAPITALES (lettres), Voy. lettres capitales.
capitaux (péchés). Voy. péchés.
• CAPITAN (de l'ital. capitano), personnage fanfaron, grand donneur de coups d'épée en paroles, et très humble dans le fait, qui figurait dans presque toutes nos vieilles farces avant Molière, et qui s'est maintenu plus longtemps encore dans la comédie italienne. Voy. matamore.
capitan-pacha, grand amiral ottoman. Voy. le Dict d'Hist. et de Géogr.
CAPITANEou galère caphtane. Voy. galère.
CAPITATION (du lat. capitatio, decaput, tète). C'était un impôt à payer par tête et calculé sur le revenu de chaque particulier. 11 fut rétabli en 16U5 sous Louis XIV pour les besoins de la guerre de la Ligue d'Augsbourg; il ne fut pas supprimé après la paix et dura jusqu'à la Révolution. Tous les sujets du roi y étaient soumis, depuis le dauphin jusqu'aux plus humbles journaliers. Il y avait 22 classes de contribuables. En réalité, grâce aux exemptions et aux abonnements, ce fut surtout le peuple qui paya l'impôt, sous le nom de Capitation taillable.
Dans l'Ecriture, on appelle Capitation des Juifs une imposition frappée par Moïse sur le peuple liélireu. Elle se prélevait à chaque dénombrement du peuple, (;t était d'abord d'un demi-sicle (euv. 1 fr. 05). Les Israélites devaient, en retour de cet impôt, être exempts de plaies.
CAPITÉ (du lat. capitalus). se dit, en Botanique, de tous les organes terminés en lête arrondie.
CAPITELLE, Lumbricus capitatus, genre de Vers sétieères abranches, qui vivent dans le sable des mers du Grœnland. Voy. abranches.
CAPITOULS, nom donné jusqu'en 1789 aux officiers municipaux de la ville de Toulouse; il venait de ce qu'ils tenaient leurs réunions dans l'édifice qu'on nommait le Capitale.
CAPITULAIRES (du lat. capitulare, divisé par chapitres), recueils de lois et ordonnances de nos anciens rois. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
CAPITULATION (du b.-lal. capitulatio), traité par lequel une troupe de soldats, une ville, etc., s'engage à mettre bas les armes à certaines conditions. Les C. de siège ne doivent être conclues que dans les cas d'une pénurie de vivres ou de munitions rendant la défense impossible, ou à l'instant où l'ennemi livre un assaut de nature à mettre en péril imminent la vie des assiégés. Les conditions auxquelles il est permis aux troupes françaises de capituler ont été fixées par un décret du 24 dcc. 1811. Lorsque ces conditions n'ont pas été remplies, la capitulation ou perte de la place est déclarée déshonorante et criminelle, et elle est punie de mort. Cependant, s'il y a des circonstances atténuantes, les juges peuvent n'appliquer que la peine de la dégradation ou celle de la prison. — Un autre décret, du 1" mai 1812, prononce la peine de mort contre tout commandant de troupes qui traite en rase campagne dune capitulation dont le résultat est de faire poser les armes. — On se sert souvent du mot Convention pour couvrir ce que le mot Capitulation renferme de dur et d'humiliant ; ainsi l'on dit : la Convention du 15 mai 1814, la Convention du 3 juillet 1815, pour désigner celles qui ont livré Paris aux alliés. S'il y a des capitulations déshonorantes, il y en a aussi de glorieuses, notamment celles de Barbanègre à Huningue (1815) et de Denfert à Belfort (1871). On cite les capitulations : de Mantoue, en 1797; d'Ulm, en 1805; de Dantzig, en 1807; de Baylen et de Cintra, en 1808; d'Alger, en 1850; d'Anvers, en 1832; de Metz et de Paris, en 1871.
On appelle encore Capitidation toute convention qui assure aux sujets d'une puissance certains privilèges dans les Etats d'une autre puissance. Telle était autrefois la convention
aui réglait les droits et les devoirs des Suisses au service e la France ; telles sont encore les conventions conclues avec la Porte par les diverses puissances européennes et qui assurent à leurs nationaux résidant dans l'Empire ottoman certains droits et privilèges.
capitulation d'kmpire. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr,
CAPITULE (du lat. capituhini), terme de bréviaire qui désigne un petit chapitre ou quelques versets tirés de l'Ecriture et relatifs à l'office du jour, que l'on récite après les psaumes et avant l'hymne.
En Botanique, on donne ce nom au mode d'inflorescence des Composées, Dipsacées, etc., plantes dans lesquelles les fleurs sont réunies en forme de tête ou de lx)ule, au sommet d'un pédoncule commun. On distingue : le C. flosculeux, comjjosé uniquement de fleurons à corolle régulière (artichaut) ; le C. semi-flosculeux, qui ne porte que des demi-fleurons à corolle irrégulière (pissenlit) ; le C. radié, qui présente des fleurons sur le centre de son disque et des demi-fleurons à sa cii-conférence (marguerite). La calatliide n'est qu'une modification du capitule.
CAPLAN ou capelan. Voy. capel.