‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 253 sur 1729 · CARBET · texte numérisé non relu

CARBET

A" rhiffre significatif de ce nombre à partir de la virpiilc. Ainsi la caraclcristique fin lojrarillime du nombre 0,00546 est — 5, parce que son 1*"^ cbilTre sipnificalif 5 est au 3" rang à partir île la virpuie. Voy. logarithme.

Dans la Ibéorie des surfaces enveloppes. Monge ap-

f»clle caraclérislique de l'enveloppe la courbe suivant aquelle se coupent deux enveloppées infiniment voisines. En Grammaire, le mot caractéristique exi)rimc la principale lettre qui précède la terminaison d'un mot, celle qui se conserve dans la plupart de ses temps, de ses modes, de ses dérivés, etc. Ainsi, en français, la lettre II est la caractéristique du futur, comme le S l'est en grec. Voy.

riGCRATIVE.

Leibniz avait donné à la langue universelle dont il avait conçu le projet le nom de Caractéristique, parce que la nature de cliaque objet devait être caractérisée par la <:ompt>silion même du mot.

CARAGAN. espèce de Robinier. Voy. robinier.

CARAGUATE. espèce de Tillandsie. Voy. tili.andsie.

CARAMBOLE, se dit, au jeu de Billard, du coup dans lequel la bille du joueur va toucher les deux autres ( Voy. billard). — En Botanique, fruit du Carambolier. Voy. ciaprès.

CARAMBOLIER (nom malabar), Averrhoa, genre de la famille des Oxalidées. ne renferme que deux espèces, propres aux Indes orientales : le G. à fruits aigus [A. carambola), vulg. Pommier de Goa, arbre de 4 à 5 m. <\u[ produit des fruits jaunâtres, du volume d'un œuf de poule et d'une acidité agréable : on mange ses fleurs en -salade ; son fruit, dit carambole, s'emploie contre la dysenterie et les fièvres bilieuses ; et le G. cylindrique [A. bilimbi), plus petit que le précédent et dont le fruit en forme de concombre, et acide également, se confit au sucre, au vinaigre ou au sel ; on en fait un sirop rafraî- «bissaiit.

CARAMEL [de l'esp. caramelo), sucre brûlé, qui a perdu son eau de cristallisation et subi un commencement de décomposition, ce qui lui a fait prendre une couleur jaune brun, une odeur aromatique et une saveur particulière. On l'obtient en faisant fondre du sucre avec un peu d'eau cl le faisant cuire jusqu'à ce qu'il brunisse ; il faut s'arrêter avant qu'il devienne amer et y jeter un peu d'eau chaude en le retirant du feu, le faire refondre et le réduire à la consistance d'un sirop épais pour le conserver. Les confiseurs se sen'ent du caramel pour couvrir et glacer des bonbons et des fruits. On l'emploie aussi dans la cuisine pour colorer le bouillon et certains mets. Un grand nombre de bonbons portent aussi le nom de caramel.

CARANX, Caranx, genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Scombéroïdes. à nageoires dorsales et à queue épineuses, renfenme un

f;rantt nombre d'espèces, répandues dans toutes les mers ; es principales sont : les Saurels, au corps allongé, oblong, à tête peu convexe, la ligne latérale couverte de lames hautes et armées de pointes dans toute sa longueur, et dont le type est le Maquereau bâtard, mauvais poisson huileux, commun sur les côtes de la Picardie et de la Normandie; les Caranx proprement dits, dont la ligne latérale n'a de boucliers que sur la partie postérieure; les Carangues, à tête haute et comprimée, à profil tranchant, etc.

CARAPA, arbre de la Guyane, qui a donné son nom à un genre de la famille des Méliacées. Voy. méliacées.

CARAPACE (en csp. carapacho ; du catalan carabassa, calebasse ?), Testa, nom qu'on donne au bouclier supérieur qui recouvre le corps des Tortues : le Ijouclier inférieur s'appelle plastron. La carapace est foi-mée d'un grand nombre de plaques osseuses unies ensemble par des sutures : c'est une portion de leur squelette, où l'on peut aisément reconnaître les vertèbres et les côtes. Cette portion du squelette, devenue superficielle au lieu d'être logée au milieu des parties molles, n'est recouverte, ainsi que le plastron, que par la peau, ordinairement écailleuse, de l'animal. — On donne également le nom de carapace ou de test aux pièces solides qui recouvrent le dos et la tète des Crustacés, des Tatous et de certains Poissons, tels que les Silures, les Coffres, les Pégases, etc.

CA RAQUE (en portugais carraca). On nommait ainsi au xv" et au xvi" siècle les immenses bâtiments que les Portugais employaient à la navigation dos Indes orientales et du grésil. Les caraques portaient jusqu'à 2000 tonneaux. Auj. ces navires sont peu en iisagc et, en tout cas, beaucoup pioins grandsw , .. .

cabaqce, espèce de cacao qui vient de la côte de Caracas. Voy. CACAO.

CARAT, mesure conventionnelle adoptée pour les objets précieux, désigne tantôt un simple degré de pureté [carat de fin], tantôt un poids réel [carat de poids). — Pour évaluer la pureté de l'or, on a supposé que tout oi)jet en or, quelle que fût d'ailleurs sa masse ou sa quantité, formait un composé fictif de 24 parties ; chacune de ces parties est un carat ; l'or parfaitement pur est dit à 24 carats, celui qui renferme un 24° d'alliage est à 25 carats, cl ainsi de suite. Auj. le titre ne se comptant |)lus que par millièmes, 1 carat équivaut à 42 millièmes. — Quand il s'agit de déterminer le poids des diamants, perles et autres pierres précieuses, le carat pèse 4 grains, c.-à-d. 20 centigr. env. (rigoureusement 0«',20275) : c'est ainsi que l'on dit que le diamant du Grand Mogol, p. ex., pèse 279 carats (56«',567). .\ppliqué comme poids à l'or, le carat prend une tout autre valeur; il égale 192 grains (9«'',70/), et se subdivise en 4008 primes. — On appelle caraf de prix la 24' partie de la valeur d'une once ou d'un marc d'or. — Enfin on donne encore le nom de carats à de petits diamants qui se vendent au poids et qui ne dépassent guère le poids d'un carat.

On fait venir le mot carat de l'arabe qirât, petit poids qui est le 24* d'un denier : ce mol dériverait lui-même du gr. xEoâT'.ov, silique du caroubier, représentant un poids

3ui valait le tiers de l'obole ; selon d'autres, carat viendrait u nom de la fève de VErythrina, arbre de l'Abyssinie; les Changallas appellent cet arbre cuara, et de temps immémorial ils se servent de ses semences pour peser la poudre d'or.

CARATURE (de carat), alliage d'or et d'argent, ou d'or, d'argent et de cuivre, avec lequel on fait les aiguilles d'essai pour l'or.

CARAVANE (du persan karouân), association que forment des marchands, des vovageurs ou des pèlerins, pour traverser avec plus de sûreté les déserts de l Afrique et de l'Asie, surtout ceux de l'Arabie. Les fonctions de conducteur de caravane sont regardées comme très honorables. Les plus célèbres caravanes sont celle des pèlerins, (]ui part tous les ans du Caire pour aller à la Mecque et qui se compose de 70 à 80 000 individus, avec 8 ou 9 000 chameaux et autant de chevaux ; et celle de Constanlinoplo aui se rend aussi tous les ans à la Mecque et dont le épart se fait en grande pompe. Le Sahara est également traversé par de nombreuses caravanes qui portent les produits du Soudan au Maroc ou à Tripoli. Les caravanes voyagent à petites journées et s'arrêtent chaque soir à une station, où se trouve généralement une fontaine ou un puits et quelquefois un caravanséraï. Voy. ci-après.

On a donné aussi le nom de caravanes aux campagnes que les chevaliers de Malte faisaient sur mer contre les Turcs et autres infidèles : de là l'expression faire ses caravanes.

CARAVANSÉRAÏ ou caravansérail (de caravane et du persan saraï, maison), grand bâtiment public qui, en Orient, sert d'hôtellerie ou de lieu de repos aux caravanes et aux marchands. C'est un édifice de forme carrée, au milieu duquel se trouve une vaste cour entourée d'arcades avec un puits ou une fontaine. Tous les voyageurs y sont reçus gratuitement, mais ils n'y trouvent d'ordinaire que l'eau et le couvert. Quelques-uns de ces édifices, surtout à Conslantinople, à Ispahan, en Perse, et àAgra, dans l'Hindoustan, étaient remarquables par la magnificence et la richesse de leur construction. Dans quelques villes les caravansérails servent également de marchés ou bazars.

CARAVELLE (de l'ital. caravella, du gr. xâpaêoî), nom donné, chez les Turcs, à de gros navires de guerre, et en Portugal à de petits Mtiments gréés en voiles latines, dont la marche est rapide.

On nomme aussi caravelles, sur les côtes de Franco, les bâtiments qui vont à la pêche du hareng sur les bancs. Ils ont ordinairement de 25 à 50 tonneaux. Ceux qui sont plus petits s'appellent trinquarts.

CARBAMIQUE (acide), acide non encore isolé, qui existe dans le carbamate d'ammoniaque et dans les uréthanes, qui sont des éthers. Le carljamate d'ammoniaque s'obtient par l'action des gaz cariionique et ammoniac; c'est une masse blanche, volatile ayant l'odeur de l'ammoniaque,

CARBAZOTIQUE' (acide), carbazotates. Voy. picrique (acide).

CARBET, nom qu'on donnait, aux Antilles, à une grande

CARBIMIDES

QRBOMSATION

ca$o (le sauvafres, ordinairement placée au milieu do leurs linliitations et qui leur servait de lieu de réunion et de salle de conseil. — Un donne encore ce nom à une toiture provisoire, construite dans une anse ou une crique, pour servir d'abri aux embarcations contre le soleil et la pluie.

CARBIMIOES ou tTiiERS cyamqces, comme les avait d'abord appelés Wurtz. Ce sont des produits de substitution de la carbimide ou acide cvanique ( l'oy. cyanogène). Traités par la potasse, ces corps donnent des aminés, et au conlact prolonge de l'eau donnent des urées composées.

CARBO.nom latin scicntilique du genre Cormoran. Voy. ce i!ii'(.

CARBOCÉRINE. var. de lantiiamte.

CARBOLIQUE (acide). Voy. phkxiqce (acide).

CARBONADO, matière compacte noire, non cristalline, formée de carbone pur. et semblant être du diamant amorphe. On la trouve au Brésil. On s'en sert à l'état de poudre dans la joaillerie pour tailler le diamant et les pierres fines, ou pour armer la pointe de fleurets destinés à percer les roches dures.

CARBONARISME, société politique et secrète. Voy. cak- BO.NAFii au Dict. d Hist. et de Géogr.

CARBONATES, sels de l'acide carbonique. On les recoiuiaît à la propriété qu'ils ont de faire ellervescence quand on y verse un acide fort, tel que l'acide chlorhydrique ou l'acide sulfurique; le gaz dégagé (gaz carbonique) trouble l'eau de chaux.

CARBONE (du lat. carboj. C = 12. corps simple qui existe dans les diverses variétés de charbons et qui est pur dans le diamant (Voy. ce mot). Toutes les matières oi^niques renferment du carbone en combinaison avec d'autres ék"menls. particulièrement avec l'iiydrc^ène , l'oxygène et l'azote. Le carbone pur est sans saveur ni odeur; il est complètement fixe et infusible au feu le plus violent. Il se ramollit toutefois et se volatilise peut-être dans l'arc volta'ique ; Despretz paraît même l'avoir ainsi obtenu en petits cristaux. Lorsqu'on le chaude au contact de l'air, il se combine avec l'oxygène, brûle, et se convertit en gaz acide carbonique, ou en gaz oxyde de carbone, suivant les proportions de l'oxygène mis en présence. Le carbone produit avec l'hydrogène des combinaisons très variées : c'est ainsi nu'il s'unit directement à lui sous l'influence de l'étincelle électrique pour donner l'acétylène (Berthelot). Il s'unit aux métaux pour former des fontes, donner l'acier, etc. Le carbone se présente sous des formes très diverses,

!|u'on peut ramener à trois variétés : le carbone cristallisé, e graphite et le carlwne amorphe. On distingue et on définit ces 3 variétés de carbone par l'action qu'exerce sur elles le mélange oxydant d'acide nitrique et de chlorate de potasse. Ce mélange, qui n'a aucune action sur le carbone cristallisé, transforme le graphite en une matière jaune iiisolul)le (acide graphitique; et donne avec le carlionc amorphe une substance noire soluble dans l'eau. C'est à cette dernière variété de carbone qu'appartiennent les charbons employés dans l'industrie {Voy. charbons).

CARBONE (oxyde DE i OU CARBONTLE, gaz incolorc, insipide et inodore, composé de carbone et d'oxygène dans les ran-

Sorts de CO : sa densité, comparée à celle de l'air, est de ,9678. Il brûle avec une flamme bleue en se transformant en acide carbonique. On l'obtient en décomposant de l'acide oxalique par de l'acide sulfurique. et dirigeant le mélange gazeux d'acide carlwnique et d'oxyde de carbone dans une lessive de potasse qui n'absorbe que l'acide carbonique, ou bien en faisant passer un courant d'acide carbonique sur du charbon porté au rouge. L'oxyde de carbone est un gaz délétère : respiré en certaine quantité, il provoque la perte du sentiment, le vertige, une débilité extrême, des douleurs aiguës dans les différentes parties du corps, et détermine une asphyxie complète, suivie assez prompteraent de la mort : c'est spécialement à lui que sont dus les accidents pro<luits par les réchauds allumés dans les lieux clos. 11 se combine directement au chlore pour donner le gaz phosgène ou oiychlorure de carbone, également dangereux à respirer. Il peut se combiner directement au nickel, au fer, pour donner du nickel carbonyle, du fer carbonyle. (Voy. nickel et fer). — L'oxyde de carbone a été découvert par Priestley, mais ce n'est qu'en 1802 que la nature de ce gaz fut reconnue, à peu près en même temps par Cruiksliank en Ecosse, et par Clément et Desormcs en France.

CARBONIFÈRE ou mieux carboniférien (ststèhc), nom donné, en Géologie, à celui des terrains paléozoïques qui

succède au svstème dévonien et qui précède le système permien. On le divise généralement en trois étages : un étage inférieur, ou Dinantien ; un étage moyen, «ppelé aussi Moscovien , quand il présente le faciès marin, et Westphalien. quand il présente le faciès lagunaire: et un étage supérieur, appelé aussi Ouralien, quand il présente le faciès marin, et Stéphanien, quand il présente le faciès lagunaire. On réunit souvent sous le nom de terrain houiller les dépôts carbonifères riches en combustibles, qui se sont form(.'s dans des bassins lacustres ou dans des lagunes en rapport avec la mer. — L'étage inférieur est représenté, dans l'Europe occidentale, par des couches marines (Calcaire carbonifère), très dévelopnées en Irlande, en .\ngleterre, en Belgique, et très fossilifères (Phillipsia, Sautilus. Bellerophon, Producttu, Chonetis , Télracoralliaires). Le faciès détritique du Carbonifère inférieur est désigné sous le nom de Culm, il est caractérisé par l'abondance des débris végétaux et par le Posidonomya Becheri. L'étage moyen présente le faciès marin aux environs de Moscou (d'où le nom de Moscovien), avec des calcaires riches en Brachiopodes et en Fusulines; les dépôts carl)onifores moyens du bassin franco-belge, de Westpnalie et d'Angleterre sont, au contraire, riches en houille. L'étage sufiérieur est également représenté par des calcaires à Fusuines dans l'Oural et dans les Alpes Camionnes; dans le Plateau Central de la France il comprend toute la série des bassins houillers. tous d'origine lacustre. — L'étude des flores fossiles a permis de distinguer dans le Carbonifère trois phases distinctes, caractérisées chacune par une association particulière de genres. La première phase, correspondant au Dinantien. est caractérisée par les geiu-es Hornia, Sagenaria, Cardiopteris. etc. : la deuxième phase, où prédominent les genres Sigillaria, Lepidoden* dron, Alethopteris, Mevropteris, correspond au Westphalien ; la troisième phase est caractérisée par la prédominance des Annularia, des Cordaites, des Pecopteris, des Odontopteris, et correspond au Stéphanien.

CARBONIQUE (acide), combinaison de carbone et d'oxygène dans les rapports de CO*; gaz incolore, d'une densité de 1 ,5, impropre à la combustion et à la respiration des animaux, rougissant légèrement le tournesol, sans odeur et d'une saveur aigi'olette. On peut le liquéfier et même le solidifier à l'aide d'une forte pression : en mélangeant cet acide solidifié avec de l'éther et en soumettant le tout à une rapide évaporation on a obtenu la température de 110" au-dessous de zéro. On obtient l'acide carbonique en versant un acide sur du calcaire, marbre ou craie. C'est un des corps les plus répandus dans la nature; il se produit par la combustion de toutes les matières oi^niqucs, ainsi que par la fermentation et la putréfaction de ces substances; les animaux l'exhalent dans l'acte de la respiration. 11 se trouve mêlé à l'air atmosphérique dans la proportion de ouelques dix-millièmes. Il se rencontre dans diverses cavités ou grottes des pays volcaniques, p. ex. dans la célèbre Grotte du Chien, près de Naplos ; on le trouve aussi en dissolution dans beaucoup d'eaux minérales acidulés, comme celles de Seltz, de Vichy, de Spa ; c'est lui qui fait pétiller et mousser le \m de Champagne, la bière, le cidre, les limonades gazeuses. Il existe aussi au fond des puits, dans l'intérieur des mines et des carrières : toutes les cavités des terrains calcaires sont remplies de gaz acide carbonique. C'est l'acide contenu dans les carbonates (Voy. ce mot), et il y a un grand nombre de carlx»iates qui existent dans la nature : la craie, le marbre, la dolomie, la pierre à chaux, le fer spatliique, etc., sont des carbonates. — Paracelse et Van llelmont s'aperçurent les premiers que dans certaines circonstances il s'échappe mi gaz de la pierre calcaire; ils lui donnèrent les noms d'esprit des bois, esprit sauvage, gaz sylvestre, ou simplement de gaz. Fred. Ilofl'mann en constata la prés«nce dans les eaux minérales. Black reconnut en 1755

aue le gaz des calcaires est identiiiue aux gaz provenant e la combustion du bois et de la fermentation. Priestley et Bergmann en reconnurent la présence dans l'atmosphère, et lui donnèrent le nom d'air fixe. Lavoisier en établit la composition en 1776, et lui donna le nom qu'il porte encore aujourd'hui. Faraday l'obtint le premier à l'état liquide en 18'23, et Thilorier parvint à le liquéfier en 1835.

CARBONISATION, destruction des matières organiques à l'abri de l'air, de manière qu'elles laissent pour résidu du carbone plus ou moins pur. — Tous les charbons proviennent de carUmisatiun, soit lulurcUc, soit artificielle.

CARBONYLE

CAIIDE

de matières orgniiiques. I,a carijoiiisalion naturelle s'elîectue lenlemeiit dans le sol aux dépens des piaules qui y sont eui'ouies et donne les charbons naturels. La carbonisation artificielle, qui peut s'ellectuer par divers procéilés, fournit les charbons artificiels [Voy. charbons). L'idée de carboniser les bois est fort ancienne ; Théophraste en donne une description détaillée. Les Chinois carbonisent le bois dans des fours souterrains. Lebon imagina le premier, vere 1785, de carboniser le bois en vase clos, pour obtenir à la lois du charbon, des gaz combustibles, du goudron et du vinaigre de bois. Son procédé, perfectionné diipuis par Mollerat, Kurtz et Lhoinond, est très répandu aujourd hui.

CARBONYLE, nom donné à l'oxyde de carbone fonctionnant comme un radical diatomiquc, dans les combinaisons comme l'anhydride carbonique, le chlorure de carbonyle, le nickel carbonyle, etc.

cARDONYLEs. Cette classe de composés organiques, établie par M. Berthelot, n'est qu'une subdivision de la fonction générale des aldéhydes : elle comprend les camphres.

l Oy. CAMPIIKES.

CARBURE, combinaison neutre du carbone avec un corps quelconque, autre que l'oxvgène. — Les principaux carbures sont les carbures dliydrogéne {Voy. hydrocarbures) et les carbures des métaux, qu'on appelle des fontes. Voy.

FER, FONTE et ACIER.

CARBYLAMINES ou ethers isocyamiydriqi'es, nom générique d'une classe de corps isomériqucs avec les éthers dits cyanhydriques ou nilriles [Voy. ce motl. On les obtient en traitant les éthers iodhydriques par le cyanure d'argent. Ils différent des nitriles en ce que par leur hydratation ils produisent le formiate d'une aminé ( Foi/, ce mot), tandis que les nitriles donnent un sel ammoniacal à acide gras. Pour expliquer cette isoméric des carbylamines et des éthers cvanhydriques, on admet que le radical alcoolique est sou(fé à l'azote du cyanogène pour les premiers et an carbone pour les seconds. Les carbylamines sont douées d'une odeur des plus pénibles, produisent des nausées et de l'allaitement, s unissent cnergiquement aux acides, s'oxydent activement, etc. Ils ont été découverts en 1866 par M. A. Gautier dans la série grasse, et en 1867 par M. \V. llotfmann dans la série aromatique.

CARCAISSE (pour carcasse ou carquois), nom donné, dans les Verreries, au fourneau dans lequel on recuit le verre pour lui donner plus d'élasticité et de solidité.

CARCAJOU, espèce de Blaireau. Voy. blaireau.

CARCAN (du b.-lat. carcanum), cercle de fer au moyen duquel on attachait à un poteau les criminels condamnés à la peine de l'exposition [Voy. exposition). La peine du carcan fut mise en 1719 au nombre des peines afflictives. D'après le Code pénal, cette peine devait toujours accompagner celles des travaux forcés et de la réclusion. L'emploi du carcan, qui avait déjà disparu de fait dés 1832, a été définitivement aboli avec la peine de l'exposition par un décret du 2 mars 1848.

CARCERE DURO, c.-à-d. prison dure, système pénitentiaire employé en Autriche. Voy. prison.

CARCÉRULE (dimin. de carcer), se dit. en Botanique, do tout fruit sec à plusieurs loges et indéhiscent, comme celui du tilleul, du frêne, de l'orme.

CARCHARIAS (du gr. xap/otptaç), nom latin du Requin. Voy. ce mot.

CARCIN (du gr. xapxtvo;), Carcinus, genre de Crustacés décapodes brachyures, famille des Cyclométopes, tribu des Port uniens, caractérisé par une carapace plus large que longue, fortement dentée sur les côtés, et par son plastron stemal plus long que large et fortement rétréci en arrrière. L'espèce type est le C. enragé ou Crabe commun [C mmnas) ; il est très répandu sur nos côtes, on on le trouve entre les pierres ou dans le sable. Il sert d'appât pour la pèche lorsqu'il est à l'état mou. On en expédie beaucoup à Paris, bien que la chair en soit peu délicate.

CARCINOME (du gr. xapxfvwfj.a), mot qui a été employé par les pathologistes comme synonyme de cancer. Au microscope, ce sont des tumeurs constituées par des travées fibreuses circonscrivant des alvéoles remplis de cellules libres dans un liquide plus ou moins abondant. Le carcinome n'est jamais encapsule dans une coque fibreuse ; il est toujours diffus et pousse dans tous les sens des prolongements. Lorsqu'on racle le carcinome, on fait sortir un liquide lactescent, appelé suc cancéreux, dont on avait voulu taire autrefois le caractère du carcinome, mais ce signe se re-

trouve dans d'autres tumeurs. Ce suc est constitué par des cellules nageant dans un liquide qui ï-ort d'alvéoles invisibles à l'œil nu. Ces cellules irrégulières délbrniées avaient été aussi considérées comme un caractère du carcinome, malheureusement on les trouve à l'état normal dans les uretères et le larynx.

Suivant la prédominance de l'un ou l'autre des éléments, stroma alvéolaire et cellules, on reconnaît plusieurs variétés de carcinome. 1° Le squirrhe, où les travées fibreuses prédominent et où les cellules sont peu nombreuses, est très dur. 2° Le C. encéplialoïde, où les cellules prédominent, est mou et rappelle par son as|)ecl la substance ccnlr.'tle.5''Le C. colloïde, dont les larges alvéoles sont visibles à l'œil nu, contient une matière tremblotante comme de la gelée et due à la présence de tnucine. Les cellules sont détruites. 4° Lorsque du pigment s'accumule dans les cellules, on a le C. mélanique.

Exceptionnel avant 30 ans, le carcinome est fréquent entre 40 et 60 ans. Il paraît plutôt l'apanage du sexe féminin. L'estomac, l'utérus, la mamelle, l'intestin sont les organes où il débute le plus souvent. Les os, la peau, les ganglions sont envahis secondairement. Les violences, les coups paraissent avoir une iniluence. Mais la plus incontestable est celle de Varthritisme ( Voy. ce mot). Le point de départ du carcinome est considéré aujourd'hui comme d'origine épithéliale.

Le carcinome au début constitue une tumeur irréguliere mal limitée, faisant, au bout d'un certain temps, corps avec les tissus voisins. La peau adhérente devient cîiagrinée, violette ; les veines environnantes sont dilatées et donnent avec la tumeur une ressemblance grossière avec les pattes d'un crabe (xapxtvo:, cancer, crabe). — Puis Vulcéralion commence et des bourgeons sanieux se recouvrent d'un liquide infect. Les ganglions correspondants [infection ganqlionnairet sont pris. Les veines, les artères sont envahies, détruites, d'où les hémorragies si fréquentes. Parfois des bourgeons carcinomateux font saillie dans la lumière d'un vaisseau, et, battus, détachés et emportés par le courant sanguin, vont greffer au loin le carcinome. Les différents tissus leur résistent inégalement. Les tissus mous sont facilement envahis ; les os, les aponévroses, les tendons résistent davantage ; mais ils finissent par céder et alors on voit le crâne, la face, le bassin perforés par la tumeur. Les nerfs désorganisés donnent des douleurs intolérables. En même temps apparaissent au loin dans les poumons, le foie, la colonne vertébrale, d'autres tumeurs cancéreuses. C'est la généralisation. — Le malade devient alors cachectique; il a un teint jaune paille spécial. Des coagulations veineuses (thromboses) se font dans les membres inférieurs et le malade finit par succomber. A ces signes il laut joindre ceux de la localisation spéciale du carcinome. \j encéplialoïde marche très rapidement, il peut tuer en 4 mois ; le squirrhe marche plus lentement, certaines variétés peuvent ne donner la mort qu'au bout de 10 ou 12 ans.

La médication interne dans le cancer (arsenic, alcalins) n'a aucune efficacité. Le traitement externe, teinture d'iode, compression, n'est pas toujours inoffensif. La destruction de la tumeur par les caustiques donne quelquefois un coup de fouet. L'extirpation et l'ablation n'empêchent pas la récidive et ne prolongent guère l'existence que de 10 à 12 mois en moyenne.

CARDAGE. Voy. cÀrde.

CARDAMINE (du gr. xap8au.!vY)), Cardamina. genre de la famille des Crucifères, tribu des Arabidées, renferme des plantes herbacées, à fleurs bleues ou roses, à feuilles de forme très variée, qu'on trouve pour la plupart dans les endroits humides, les prés, les bois. etc. L'espèce la plus intéressante est la C. des prés ou Cresson élégant, qui passe pour anliscorbutique, et qu'on mange en salade. On en cultive plusieurs variétés cfans les jardins.

CARDAMOME (du gr. xao5a[;.touov), Cardamomum. espèce du genre Amome, qui croît aux Indes et qui a joui longtemps d'une grande réputation en médecine, à cause de ses graines aromatiques qu'on employait comme stimulant. On distinguait le Grand, le Moyen et le Petit Cardamome. Voy. AHOME.

CARDE (du lat. carduus, chardon). Ce mot désigne proprement les tètes épineuses de la cardère à foulon [Voy. ci-après), qu'on emploie pour carder la laine: il est en outre appliqué à une espèce de brosse garnie d'aiguilles

CARDÈRE

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