‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 258 sur 1729 · CAROUGE · texte numérisé non relu

CAROUGE

CARNATION (du lat. cn}-o, carniit], se dit. on l'ointuro, de la couleur des chairs et des parties du corps rcpiésoiitées nues et sans draperie : on admire les carnations du Titien, de Rubens et de Van Dyck; — en termes de Blason, c'est la couleur de toutes les parties du corps humain représentées au naturel.

CARNATITE, variété du feldspath LaI)rador(Foy. ce mol).

CARNAVAL (du h. -lat. carnclevamrn, pour carnis Irvanu'ii, enlèvement de la chair, ou, selon Diez, de carne vale, adieu la chair), temps de fêles et de diverlissemenis qui précède le Carême {Voy. le Dict. d'Hisl. el de IW'ogr.]. — Pour la l,ég:islation, voy. masques.

CÀRNEAU ou caunau. Voy. foyer.

CARNÈLE (de carne, auffle saillant), bordure qui parait autour (lu cordon dune monnaie ou d'une médaille et qui forme la légende.

CARNET (d'un dimin. de quateitium, cahier), livret dont se servent les bairqiiiers, les agents de change, les courtiers el, en général, les négociants, pour inscrire leurs opérations au moment même où ils les font. Un arrêté du 16 juin 1802 rend la tenue du carnet obligatoire pour les agents de change et les courtiers : à Paris, ce carnet leur est délivré par la chambre syndicale.

Carnet d'cclicanccs, registre distribué en 12 parties, dont chacune sert à un des 12 mois de l'année, et où le négociant inscrit les billets et lettres de change à recevoir et à payer, avec leurs dates, leurs échéances et les sommes qu'ils portent.

CARNIEN (étage), l'oy. trias.

CARNIER. Voy. gibecièke.

CARNIFICATION (du lat. caro, carnis), altération morbide qui s'opère dans certains tissus et leur donne accidentellement une consistance analogue à celle de la chair ou du tissu musculaire. Ainsi, on nomme carnificulion des poumons l'état dans lequel une portion du tissu pulmonaire se rapproche de la consistance et de la couleur du foie, ce qui a fait nommer aussi cette altération hépatisation. Voy. aussi ostéosarcome.

CARNILLET, nom vulgaire du cccdbai.e.

CARNIVORES. Voy. carnassiers.

CARNOSITÉ (du fat. carnosus), excroissance charnue. Voy. végktatioxs.

CAROLIN (du latin Carohis, Charlesl, monnaie d'argent qui a eu cours en Suède, valait cnv. Ô fr. 85. — C'était aussi le nom de deux monnaies d'or, l'une de Cologne, qui valait 28 fr. 85, et l'autre de Wurtemberg, valant 25 fr. 35. — Voy. carl et carlin.

CAROLINE, 235= petite planète, trouvée le 28 nov. 1885 par Palisa, à Vienne. Voy. planètes.

CAROLUS (de Carolus, Charles), ancienne monnaie d'or d'Angleterre, qui valait autrefois 13 livres 16 sous de France. — C'est aussi le nom d'une ancienne monnaie de billon de France, valant 10 deniers, qui fut frappée sous Charles VIII, et qui n'eut coui*s que sous son règne.

CARONADE, bouche à feu, ord. en fer, dont on faisait autrefois usage dans la marine; elle est moins lourde et moins longue que le canon, dont elle diffère en outre en ce qu'elle a, comme le mortier, une chambre pour recevoir la poudre : on avait des caronailes de divers calibres (de 36, de 24. de 18 et de 12). — La caronade a été inventée en 1774 à Carron, près de Stirling, en Ecosse, d'où son nom ; elle fut employée pour la première fois par la marine anglaise en 1779. — Voy. canon.

CARONCULE (du lat. caruncula], petite éminence charnue. On appelle C. lacrymale un petit renflement rougeâtre situé à l'angle interne de l'œil, et formé par un amas de follicules muqueux recouverts par un repli de la membrane clignotante; C. papillaires, de petits mamelons que présente le tissu des reins, et qui versent l'urine dans les calices.

En Ornithologie, on nomme caroncule une excroissance charnue, molle, dénuée de plumes, qui orne le front, la gorge ou les sourcils de certains oiseaux.

En Botanique, on donne ce nom à un renflement de la surface qui, dans certaines graines, entoure le bile, comme dans le Hicin.

CAROTIDES (du gr. xxpw-uîôeî, de xipoî, assoupissement, parce que les anciens y plaçaient là cause du sommeil), artères qui portent le sang aux diverses parties de la tète. On appelle C. primitives les deux artères qui remontent un peu obliquement en dehors de chaque coté du cou, et qui naissent, la droite, de l'artère innominée, la

gnuclie, de l'aorte; chacune n elles se partage ensuite en (',. externe et C. interne. Les blessures des carotides sont très dangereuses : le plus souvent il en résulte une hémorragie foudroyante; dans quelques cas très rares, on parvient à arrêter J'effusion du sang au moyen de la compression ou de la ligature de l'artère; c'est pnïsque exclusivement sur la carotide primitive que l'on peut opérer cette, ligature. Quelques médecins ont prétendu (jue la compression des carotides primitives pouvait faire cesser les convulsions chez les enfants ; le fait est encore incertain.

Canal carolidien, conduit creusé dans l'intérieur du rocher, donne passage à la carotide interne.

CAROTTE (du gr. xapwTÔv), Daucus, genre de la famille des Omoellifères, type de la tribu des Daucinées : fruit oblong, à 5 côtes épineuses; fleurs pliées en cœur, à 5 pétales et à 5 élamines alternes. On en connaît une quinzaine d'espèces, toutes douées de |)ropriétés aromatiques; mais la plus intéressante est la C. commune :i). carotta], plante bisannuelle, qui croit spontanément en France. Sa racine est pivotante, charnue, succulente, d'une couleur et d'une saveur bien connues; à l'état sauvage (faux chervis), elle est ligneuse, et se divise en nombreuses ramifications ; améliorée parla culture, elle devient plus grosse et fournit un aliment agréable et salubre. Sa tige, haute de 0 m. 60, est velue et marquée de stries longitudinales ; ses feuilles sont profondément découpées ; ses fleurs sont blanches et disposées en ombelles, coinnui celles du cerfeuil. On cultive plusieurs variétés (le carotte; les principales sont : la C. courte hâtive, la plus délicate et la plus sucrée de toutes ; la C. jaune ou de Flandre, qui est très grosse ; la C. rouge longue ; la C. blanche, excellente pour la nourriture des clievaux et l'engraissement des bestiaux; la C. violette, d'un goût plus fort et d'un usage moins répandu, etc. La carotte demande une terre meuble et légère, et dos arrosements frécpients : on la sème au printemps et en automne. — On a essayé de tirer du sucre de la racine de la carotte, mais sans grand profit; on en extrait de l'acide pectique et une matière coloj rante [carottinc] qui répond à la formule C**H**0 et qui se présente sous la forme de cristaux rouges à reflets métalliques. Ses semences fournissent une huile volatile dune odeur pénétrante. — Tout le monde connaît l'usage alimentaire de la carotte.

Carotte de tabac, assemblage de huit brins de filé fait avec des feuilles de tabac; le tout forme un cylindre fortement comprimé, recouvert de ficelles, et ayant 0 m. 66 de long., 0 m. 05 de diamètre. Au siècle dernier, c'était principalement sous forme de carottes que l'on vendait le tabac : on les râpait pour priser, on les hachait pour fumer, on les coupait simplement pour chiquer. Actuellement il s'en consomme en France environ 600 000 kilogr. par an, principalement en Bretagne et en Auvergne : elles sont toutes fabriquées à Morlaix avec un mélange de tabacs de Corse, d'Amérique et de France.

CAROUBIER (de l'arabe al-charroub, nom du fruit), Ceratonin siliqua, arbre toujours vert, de la famille des Césalpiniées, croît en Orient et dans le midi de l'Europe, surtout dans le voisinage de la Méditerranée. Le caroubier atteint de 8 à 10 m., et a, pour le port, quelque analogie avec le pommier. Ses feuilles, coriaces, luisantes, d'un vert bleuâtre, renferment un principe astringent, et peuvent, ainsi que l'écorce, servir à la préparation des cuirs en guise de tan; ses Heurs, disposées en grappes latérales, sont d'un pourpre foncé : son fruit est une gousse, longue de plus de 0 m. 20, qu'on appelle caroîtbe; il renferme une pulpe rougeàtre et sucrée dont on extrait une assez bonne eau-de-vie, et un sirop employé tant('it comme assaisonnement, tantôt pour faire des conserves de fruits : en Espagne et en Italie, on donne cette pulpe encore verte aux bètes de somme et aux bestiaux, qu'elle engraisse ra- I pidement; mûre, elle sert d'aUment aux Arabes des côtes de Barbarie, malgré ses propriétés laxatives; enfin on la fait entrer, en guise de jujube, dans beaucoup de préparations pharmaceutiques. Le bois du caroubier, connu sous le nom de carouge, est très dur, et s'emploie en ébénisterie.

Caroubier de la Guyane ou Courbaril. Voy. ce mot.

CAROUGE, Oriolus et Xanthornus, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux conirostres et assez semblables aux Troupiales. Il renferme plusieurs espèces, toutes américaines, à l'exception d'une seule qu'on trouve dans la Nouvelle-Zélande. Les carouges vivent par paires ou par petites troupes dans les taillis, les bosquets et les endroila

Page 1