‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 292 sur 1729 · CÉRÉALES · texte numérisé non relu

CÉRÉALES

distingue de môme i'équaleur et les parallèles, qui se définissent comme les cercles de même nom de la sphère céleste. F'armi ceux-ci. on considère spécialement les cercles polaires, situés à 25° 28' des p<)les (le cercle polaire arctique, dans l'hémisphère boréal, et le cercle polaire antarctique, dans l'hémisphère austral) et les cercles tropiques, situés à 23° 28' de l'énuateur 'le tropique du Cancer, au nord, le tropique du Capricorne, au sud) : ces quatre cercles partagent la surface de la terre en cinq zones. Voy. ce mot.

CERCLE CHROMATIQUE, cerclc divisé en secteurs égaux. coupés par des circonférences concentriques et équidistantes, ce qui constitue un grand nombre de cases quadrangulaires. Chaque secteur a une couleur particulière : mais en allant de la circonférence du cercle au centre, on passe par tous les tons, depuis le noir jusqu'au blanc. Quand on suit une circonférence, on voit toutes les nuances se succéder graduellement dans le même ton. On peut donc désigner par un numéro la nuance et le ton. ce qui permet d'avoir un langage précis pour la désignation des couleurs. Le cercle de M. Clievreul contient 72 secteurs et 20 tons, en tout 1440 couleurs servant de types. Voy. coclecr.

CERCLE MÉRIDIEN. Voy. CERCLE XCRAL.

CERCLE MCRAL, instrument d'Astronomie, dont on se sert pour déterminer la déclinaison des astres. Il se compose d'un limbe ou cercle divisé, appliqué contre un mur parallèle au plan méridien, et d'une lunette astronomique, mobile dans le plan du limbe et autour de son centre, et qui ne peut dès lors viser les astres qu'à leur culmination supérieure ou inférieure. La direction de l'horizontale sur le limbe s'obtient en visant une étoile directement avec la lunette, puis par réflexion dans un bain de mercure : l'horizontale est la bissectrice de l'angle formé par les deux directions de la lunette. La direction de la ligne des pôles s'obtient en visant une même étoile circumpolaire à sa culmination inférieure et supérieure et menant la bissectrice des deux directions obtenues. — Quand une étoile atteint sa culmination supérieure, on mesure à l'aide de cet instrument sa distance zénithale, c.-à-d. l'angle que fait le rayon visuel mené à cette étoile avec la verticale, et l'on calcule sa déclinaison à l'aide de la formule d = 8-\-h, dans laquelle d désigne la déclinaison, h la hauteur du pôle au-dessus de l'horizon, et 6 la distance zénithale, et où la déclinaison d et la distance zénithale S sont regardées comme positives ou négatives, la première suivant qu'elle est boréale ou australe, la seconde suivant qu'elle est comptée du côté du pi'ile ou à l'opposé. — Aujourd'hui le cercle mural est remplacé par le cercle méridien, qui est muni d'une lunette méridienne i Voy. loette méridiesnE' ; l'axe de rotation porte un cercle ayant son centre sur l'axe et son plan perpendiculaire à cet axe. On obtient ainsi une stabilité plus grande que dans l'ancienne construction.

CERCLE PARHÉLiQiE, uom douné, en Météorologie, à une partie d'un halo solaire, consistant en un cercle blanc horizontal, passant parle soleil; ce météore optique a été expliqué par Huygens, Young et plus complètement par fSravais et par Kabinet : il est dû à la réflexion des rayons stilaires sur des prismes de glace flottant verticalement dans l'atmosphère. Ce phénomène se voit surtout dans les régions polaires. Voy. halo.

CERCLE RÉPÉTITEUR, instrument de Physique appliquée, imaginé par Borda, qui permet de mesurer les angles avec une exactitude presque indéfinie. Il se compose d'un limbe ou cei"cle divisé qu'on peut amener dans un plan quelconque, et de deux lunettes qui se meuvent dans son plan, l'une en dessus, l'autre en dessous. En visant deux points successivement avec les deux lunettes que l'on fixe au limbe et qu'on en détache alternativement, on parvient à mesurer, au lieu de l'angle cherché . un multiple aussi grand qu'on veut de cet angle. De la sorte, la valeur trouvée se trouvant divisée, après coup, par un nombre suffisamment grand, l'erreur du résultat se trouve atténuée autant que l'on veut. — L'idée première de la répétition des angles est due à Tobie Mayer.

CERCLE d'ulloa, uom donné, en Météorologie, à un grand cercle blanc qui entoure quelquefois les apothéoses ( Voy. ce mot) : on ne sait pas l'expliquer complètement.

CERCLE vicieux, nom sous lequel on désigne, en Logique, le sophisme qui consiste à donner pour preuve d'une allégation une proposition que l'on prouve elle-même par la proposition que l'on avait démontrée avec sou secours; ce qui est tourner dans un cercle sans issue : par exemple,

prouver l'immortalité de l'âme par son immatérialité, puis prouver son immatérialité par son immortalité. Voy. sophisme.

CERCLES. On nomme ainsi auj. certaines réunions d'hommes seuls, faites à l'imiUtion des clubs des Anglais, où l'on se rend habituellement pour converser ou traiter d'affaires, et où l'on se cotise pour recevoir les journaux et aussi pour jouer. On trouve de ces réunions dans presque toutes les villes de France, notamment à Paris (Jockey Club, C. des Ch.-Elysées, C. Grammont, C. de la rue Royale, etc.). Plusieurs cercles ont une destination scientifique où commerciale : tels sont : le C. agricole, le C. du commerce, le C. des chemins de fer, le C. des arts, le C. de la librairie, etc. — Dans l'origine, le mot cercle ne s'appliquait qu'aux réunions de la Cour, dans lesquelles les personnes étaient réellement rangées en cercle autour du prince ; il s'est étendu ensuite aux réunions de la haute société, et enfin à des réunions payantes.

CERCOPE (du gr. xcpxwirrj), Cercopis, genre d'Insectes, de l'ordre des Hémiptères homoptères, famille des Cicadaires. Ce sont des insectes sauteurs, à couleurs vives, ord. jaunes ou rouges sur un fond noir. Le C. sanguinolent, type du genre, est assez commun aux environs de Paris. La larve du C. écumeux ou Aphrophore laisse sur les plantes et en particulier sur les luzernes ces traces glaireuses dites vulg. crachats de coucou ou écume printanière.

CERCOPITHÈQUES (du gr. xi^%o^, queue, et xÎOt.xoç, singe), nom scientifique du genre Guenon. Voy. ce mot.

CERCUEIL (du b.-lat. sarcus, de l'anc. haut-allem. «arc, caveau funéraire), coffre dans lequel on renferme les corps des morts. Le cercueil ordinaire, ou bière, se compose uniquement de cinq planches de sapin ; celui du riche est un coffre de chêne, d'ébène ou d'acajou, enveloppant une boite de jilomb soigneusement soudée. Chez les anciens, les Egvptiens sont célèbres pour le soin qu'ils prenaient de leur sépulture; leurs cercueils étaient ordinairement en bois de sycomore ou de cèdre, et ornés de peintures et d'hiéroglyphes [Voy. momie). Les Grecs et les Romains, qui brûlaient leurs morts, n'ont pas eu de cercueils. L'usage des cercueils fut renouvelé par les chrétiens. En Chine, le luxe des cercueils a été de tout temps porté au plus haut degré : le Chinois le plus pauvre consacre ses premières économies à l'achat d'un cercueil.

CÉRÉALES /lu lat. cerealia, de Cérès , déesse des moissons), nom sous lequel on réunit toutes les Graminées qui sont la base de la nourriture de l'homme et des animaux domestiques. Ce sont, en général, le froment, Vépeautre, le seigle, l'orge, l'avoine, le maïs, auxquels on joint souvent le riz, le sarrasin, le sorgho, l'alpiste, la

("étuque flottante, la zizanie et le millet. — En France, a production des céréales augmente à mesure aue les procénés de culture s'améliorent : en 1813, la récolte a donné 132 raillions d'hectol. ; en 1835, 204 millions: en 1865, 520 millions; la région septentrionale fournit les deux tiers de cette protluction. Dans les départements les plus riches en céréales, les agriculteurs comptent, sur 10 années, 1 année de bonne récolte, 6 moyennes et 3 mauvaises. La consommafitm exige 60 centièmes de la récolte pour les hommes, 19 centièmes pour les animaux, 16 centièmes pour les semailles et 2 centièmes pour les boissons ; ce qui fait en tout 97 centièmes, et laisse dans les années ord. un excédent de 3 centièmes, qui peut s'élever à 15 centièmes dans les bonnes années. La consommation par habitant est en movenne de 172 litres; d'ailleurs cette consommation est très inégalement distribuée : elle est de 180 à 199 pour le nord, de 155 à 164 jX)ur le midi; sous Louis XIV, elle n'était guère que de 100 litres.

Le commerce de céréales a été, à toutes les époques, réglementé par les gouvernements. Chez les Romains, qui étaient forcés de s'approvisionner de blé en Sardaigno, en Sicile, en Egvpte et dans le reste de l'Afrique, le commerce des céréales était entre les mains du gouvernement, ?ui fixait lui-même le prix auquel le blé devait être vendu. . Gracchus (125 av. J.-C.) donna le premier l'exemple de distribuer presque gratuitement le blé aux citoyens pauvres : cet abus, ruineux pour les agriculteurs comme pour l'Etat, subsista jusqu'à la chute de l'empire romain. En France, l'exportation lut tantôt permise, tantôt défendue, même de province à province ; en outre, le blé fut très souvent taxé, et le viojcimum cliangea sans cesse. Sous Ixiuis XV, on concéda à certaines coinpagnios le moiiopule

CKRÉBELLEUX

Page 1