CHANGEMENT
leur générale est d'un blanc brunâtre, et il a une odeur très apréable. l)n le cultive dans des carrières ou des caves sur des couclies arlilicieiiesde fumier. Pour cela, on dresse une couclie de 0 m. 50 d'épaisseur avec du fumier de cheval frais, bien débarrassé des pailles sèches et du foin. On la piétine et on l'arrose légèrement avec l'arrosoir à gerbe. Au bout de huit ou dix jours, la fermentation a développé des points blancs à l'intérieur et à la surface. Alors on démonte la couche, on la mêle avec la fourche, et on la redresse à la même place, en ayant soin de la recouvrir d'une chemise de litière longue, oui maintient l'humidité et empêche le refroidissement. Huit jours après, la couche ayant acquis assez de chaleur, on la larde, c.-à-d. qu'on y introduit çh et là avec la main du blaue de champignon [Voy. blanc). On la couvre de nouveau de la chemise de paille ; et dès que le blanc prospère, c.-à-d. après 8 ou 15 jours, on l'arrose légèrement, on étend dessus une couche de terreau de quelques centimètres, et l'on replace la chemise. On récolte ensuite successivement les champignons bons à manger ; et lorsque la couche est épuisée, ce (jui arrive au bout de 5 à 7 mois de production, on la démonte pour en refaire une nouvelle.
CHAMPIGNON, sc dit cucorc d'un accident consécutif à la castration des grands animaux domestiques, lorsque la région opératoire s'enflamme, s'engorge, s'indpre et nécessite une nouvelle intervention chirurgicale.
CHAIMPION (du b.-lat. campio, de campus). On nommait ainsi au moyen âge celui qui combattait en champ clos {lour sa querelle ou pour la querelle d'autrui. Les vieilards. les estropiés, les ecclésiastiques, les dames, fournissaient des champions. Cet usage s est maintenu jusqu'à la fin du xvi" siècle {Voy. duel jcdiciaiue). — bans les tournois, on appelait champion des dames un chevalier dont l'oflice était de prendre sous sa protection tout malencontreux chevalier qui, puni pour avoir enfreint quelqu'un des règlements de la chevalerie, venait réclamer la merci des dames. — En Angleterre, le champion du roi était un chevalier armé de pied en cap qui, au couronnement du roi, entrait dans la salle de Westminster et défiait, en jetant son gantelet, quiconque élèverait des doutes sur la légitimité des droits du nouveau souverain.
CHAMPLURE, nom sous lequel les Vignerons désignent la gelée d'hiver, qui fait périr les germes ou bourgeons de la vigne. La gelée du printemps est moins redoutée que la cbainplure.
CHAMl'I.URE ou CHAMPELLCRE. Foi/. ClIAXTE-PLEURE.
CHANCELLERIE (de chancelier, du lat. cancellarius), lieu où l'on scelle du sceau de l'Etat certaines lettres ou certains actes, tels que lois, ordonnances, diplômes, brevets, passeports, etc., dans le but de leur donner un caractère authentique. Il y avait autrefois en France plusieurs sortes de chancelleries : la plus importante était la Chancellerie de France, qu'on appelait Grande Chancellerie pour la distinguer des Petites Chancelleries établies firès des parlements et des présidiaux : ces dernières ure;it supprimées le 7 septembre 1790, et la grande, le 27 novembre suivant. La Uestauration rétablit le titre de Grand Chancelier, mais transporta la plupart de ses attributions au garde des sceaux [Voy. le Dict. d'Hist. et de Gcogr.]. — Il existe encore en France la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur; il y avait sous le Eremier Empire la Grande Chancellerie de l'Université. e vice-président de l'Académie française a le titre de chancelier.
Il y a des chancelleries dans toutes les ambassades et dans tous les consulats. — A Rome, on appelle chancellerie le bureau où s'expédient les bulles, les brefs ou autres actes (lu gouvernement pontifical.
CHANCES. Voy. PROBABILITÉ.
CHANCRE (comme cancer), nom donné, en Médecine, à de petits ulcères qui ont quelquefois de la tendance à s'étendre et à ronger les parties environnantes (C. phagédénique), particulièrement à ceux qui proviennent d'une cause vénérienne, aux aphtes malins des enfants, ainsi qu'à certains ulcères qui attaquent les chevaux et le gros bétail : ces derniers prennent différents noms, suivant la place où ils s'établissent; ils attaquent de préférence la langue [chancre volant), les fosses nasales [morve), les pie h [fourchet, piétin, crapaud), etc
c:iA-;nRE, maladie des arbres qui détruit l'écorce, et réduit le bois en pourriture ; on en arrête les progrès en enlevant la partie malade, et en recouvrant la place avec du mastic.
CHANDELIER (de chandelle). Voy. candélabre.
Dans la Marine, on donne ce nom à des supports verticaux auxquels on attache des cordages.
Chandelier d'eau, sorte de jet d'eau élevé sur un pied et portant un bassin ou une table. Un des bassins du jardin des Tuileries offre celte disposition.
CHANDELLE (du lat. candela). La matière des chandelles était autrefois le suif et la résine, auj. c'est un mélange à parties égales de suif de bœuf et de suif de mouton.. •uiquel on ajoute quelquefois de la fécule de marrons d'Iiido ou de la cire, qui lui donne plus de consistance. Pour durcir les chandelles, on emploie l'alun et l'acide azoticpie ; on les blanchit à l'air ou avec du chlore. Les mèches sont en coton filé et tordu, quelquefois mêlé de lil de lin. et trempé dans le vinaigre chaud, ou dans une solution d'acétate de cuivre ou de camphre, ou encore dans l'huile de pétrole. On dislingue les C. moulées, faites dans des moules de verre ou de métal, et les C. plongées ou à la baguette, que l'on fabrique en plongeant à plusieurs reprises dans du suif fondu des baguettes de noisetier portant plusieurs mèches suspendues parallèlement. — Les Grecs et les Romains n'ont point connu l'usage des chandelles. On ne s'en sert en France que depuis le xiv siècle.
CHANFREIN, partie du devant de la tète du cheval qui s'étend des yeux aux naseaux. Les taches de jjoils blancs
Sui se trouvent sur le chanfrein se nomment lices. — 'est aussi le nom donné autrefois à la partie de l'armure qui couvrait le devant de la tète du cheval.
En Architecture, on nomme chanfrein la petite surface que l'on forme en abattant l'arête d'une pierre ou d'une pièce de bois; et, en Horlogerie, le petit creux en cône pratiqué dans une pièce de métal.
CHANGE [du b.-lat. cambium). Ce mot signifie : i" le commerce du changeur ( Voy. ce mot), qui troque de la main à la main des monnaies et des billets d'un pays ou d'une ville contre des monnaies ou des billets d'un autre
Eays ou d'une autre ville ; 2° le commerce du cambiste ou anquier, qui achète ou vend de place en place des monnaies et surtout des lettres de change. Ainsi, moi, négociant à Paris, je vous dois 1 000 francs à Londres; au lieu de les y porter, j'achèterai à un Iwinquier une lettre de change de 1 000 francs tirée sur AVilliam, de Londres, et je vous l'enverrai; vous vous ferez payer par AVilliam, et je serai ainsi libéré envers vous ; c'est une opération de change. Le change est au pair quand une lettre de change se vend à sa valeur nominale, 1 000 francs dans l'espèce ; il est haut si elle se vend plus; bas. si elle se vend moins. Ces variations dans la valeur du change dépendent : 1° du nombre plus ou moins considérable des lettres de change demandées sur tel pays ou sur telle ville; 2° du délai dans lequel une lettre de change est payable. Le change est intérieur ou extérieur, suivant qu il a lieu entre deux villes du même Etat ou deux villes d'Etats différents. — La cote de la Bourse indique le cours du change, c.-à-d. le prix que vaut, à un jour donné, une lettre de change de telle ville sur telle autre, en prenant pour base une valeur nominale et sous-entendue qu'on appelle le certain. Dans le change intérieur, en France, le certain est 100; si la lettre de change se paye 100 aujourd'hui, le cours est au pair; si elle se paye 105, il est au-dessus du pair; si elle se paye 95, il est au-dessous. Ainsi, dans la cote de la Bourse de Paris, Lyon, 99 ,Sj4 veut dire
3u'aujourd'liui une lettre de change sur Lyon vaut à Paris 9,75. Dans le change extérieur, le certain varie suivant les pays, et il faut le connaître d'avance pour comprendre la cote. Ainsi, dans la cote de Paris sur Londres, le certain est 25,22 (1 livre sterling) et le change est au pair, haut ou bas, suivant que la lettre de cliange de Paris sur Londres se vend 25,22, plus cher ou moins cher ; et quand la cote porte Londres, 26, cela veut dire qu'aujourd'hui elle se paye 26 francs. — Voir A. Perey, Cours des changes des principales places de commerce, précédé de la théorie du chang. Voy. aussi agent de change,
LETTRE DE CHANGE et CAMBISTE.
CHANGE. En Vénerie, action d'une bête qui en substitue une autre à sa place. Les chiens prennent le change lorsqu'ils abandonnent ou sont sur le point d'abandonner l'animal de meute pour suivre une nouvelle voie. Le cerf, le daim, le chevreuil, le lièvre cherchent à donner le change. Alors on rompt les chiens et on cherche à les ramener en arrière sur la bonne voie.
CHANGEMENT de Noa, de domicile. Voy. no» et couicile.
CHANGEUR