‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 305 sur 1729 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

CHANGEUR (de change], commerçant patentable qui 1 fail iiiôlier de changer des pièces de monnaie françaises ou j étrangères contre d'autres pièces, des billets de banque i contre du numéraire, ou, réciproquement, du numéraire, \ contre des billets de banque, ou enfin des matières pré- ; cieuses contre du numéraire. Les changeurs sont soumis i aux règlements sur les matières d'or et d argent non mon- < navées Voy. monnaies), et tenus d'inscrire sur un re- j gistre double les articles de leur recette, ainsi que les noms ' des propriétaires des espèces changées ou vendues (Loi du i 19 mai 1791 ;. — Chez les Romains, les changeurs étaient j à la fois changeurs, banquiers et notaires ; c'était par leur ministère que se faisaient les changes, les dépôts, les achats, ' les ventes, les prêts. — .\vant 1789. les changeurs devaient être autorisés par le roi, et leur nombre était limité : ils ' «talent chargés de surveiller l'état des monnaies mises en ! circulation. ;

On a aussi donné le nom de changeurs à certains emplovés de l'hôtel de la Monnaie, et notamment au caissier. ' Jusqu'en 1543. époque où François I" créa 16 recettes gé- ' nérales, le trésorier du domaine s'est appelé changeur du I Trésor. I

CHANOINE (de canonicus, qui vient lui-même du grec \ xavwv. règle , terme qui a désigné à partir du viii« siècle les clercs qui vivaient en commun, d'après certaines règles, sans prononcer de vœux formels. Les assemblées de chanoines prirent le nom de Chapitres, parce qu'on devait y lire un chapitre par jour de la règle en 52 chapitres rédigée à cette époque par l'évêque de Metz. Chrodegang. La vie canonicale engendra plus tard beaucoup d'abus. Les canonicats devinrent de véritables sinécures, qui furent alx)lies en France par la Révolution. Les chanoines forment encore le chapitre de l'évêché, mais ce n'est plus qu'une dignité purement honorifique. [Voy. casosicat et le Dict. d'Hist. et de Géogr. au mot chanoines).

CHANOINESSE de chanoine], nom donné autrefois à des filles vivant en commun sous une espèce de règle, mais sans avoir prononcé de vœux, n'est plus qu'un titre honorifique donne, surtout en Allemagne, à des filles généralement de condition noble, qui vivent dans le monde. On leur donne aussi le titre de madame. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

CHANSON du latin cantio]. Sous le rapport littéraire, la chanson embrasse les genres les plus divers : elle peut être patriotique, politique, guerrière, philosophique, satirique, erotique ou grivoise, sentimentale, bachique, etc. — Ce genre de poésie a existé de tout temps et chez tous les peuples. Suivant Hérodote II, 79 , les Egyptiens avaient leurs chansons, qu'il nomme maneros. Les Grecs avaient leurs chansons patriotiques ou religieuses, dites nomoi (le chant d'Harmodius, p. ex. , péans. linoi, ialémoi, thrènes. etc. ; leurs chansons de table ou scolies, etc. Il en était de même chez les Romains. Tous les peuples de l'antiquité, ainsi que les Rarbares du moven âge. avaient des chansons guerrières : on connaît en ce genre le péan militaire et les chants de Tyrtée chez les Grecs, le chant de triomphe chez les Romains: au même genre appartiennent la chanson de Malbroug xiii* siècle) et les chanstins satiriques de l'Homme armé xv« siècle" et du chevalier de la Palisse xvi' siècle . Parmi les autres chansons qui datent du moyen âge, il faut citer les lais et virelais. espèces d'élégies amoureuses; puis les complaintes, les noéls, les rondes, les romances, et enfin les vaudevilles, dans lesquels surtout la chanson commença à prendre un caractère historique et satirique. Le temps de la Ligue et celui de la Fronde furent féconds en chansons de ce genre. — Sous le règne de Louis XIV parurent les pontsneufs, types de la chanson populaire ou des rues. Sous Louis XV. Dufrény. Panard et Collé furent les restaurateurs de la chanson erotique et bachique ; ils eurent pour continuateurs les chansonniers du Caveau {Voy. caveac), et parmi ceux-ci. Piis, Désaugiers, Armand Gouffé, etc. Déranger éleva la chanson et créa un genre dont il est resté le modèle. — Parmi les nombreuses chansons patriotiques que la Révolution fit éclore, deux surtout [la Marseillaise et le Chant du Déparf^ ont acquis une célébrité européenne. Nous avons eu depuis le Vive Henri IV de la Restauration, la Parisienne sous le gouvernement de Juillet et le Partant pour la Syrie sous le second Empire.

I os autres nations de l'Europe ont, comme la France, leurs chant» populaires et leurs chansons nationales :

il faut citer en ce genre les sagas de la Norvège, les ballades et songes de l'Ecosse et de l'Angleterre, ainsi que le Ride Britannia et le God tave the king: la Brabançonne des Belges; les lieder de l'Allemagne avec le chant du Rhin allemand ; les mazurques de la Pologne ; les ranz de la Suisse ; les camones, les saltarelles et les barcarolles de l'IUlie : les boléros, les fandangos et les seguidillas de l'Espagne, etc. — Voir sur ce sujet : Kœster, De cantilenis popularibus veteruni Grsecorum (1831); de la Nauze, Sur les chansons de l'ancienne Grèce [Mém. Acad. des Inscr., t. XIII) ; V Histoire littéraire de la Fratwe (t. XXIII) ; Ch. Nisard, Des chansons populaires chez les anciens et les Français 1867Î; Tarbé, le Romancero de la Champagne {ISQÔ ; le Cte ae Puymaigre, les Chants populaires du pays Messin ;186o) ; J. Bugeaud, les Chants populaires des provinces de rOuest (1866); le Recueil manuscrit de Maurepas, à la Bibliothèque impériale ;60 vol.); V Anthologie de Monnet; VAnacréon français (1783) ; Dumersan, Recueil des chansons nationales de la France, avec une Histoire de la chanson 1845), etc.

Les chansons de geste [Chanson de Roland, etc.) sont des poèmes épiques.

CHANSONNETTE (diminutif de chanson]. De nos jours on désigne par ce nom une sorte de romance presque toujours vulgaire, le plus souvent grivoise. Les chansonnettei forment le répertoire ord. des cafés-concerts.

CHANT (du lat. cantus], sorte de modification de la voix humaine par laquelle on forme des sons variés et appréciables. — Dans les temps modernes, l'art du chant a été particulièrement cultivé en Italie ; on v distinguait au xviii" s. cinq grandes écoles : l'E. romaine, l'E. vénitienne. l'E. florentine, l'E. lombarde et l'E- napolitaine. Il y eut aussi des écoles de chant fort célèbres en Allemagne et en France. Les Italiens se sont toujours distingués par la i)eauté et la sonorité de leur voix, ainsi que par la souplesse de leur gosier ; les Allemands, supérieurs aux précédents par la science musicale, se font remarquer par le sentiment profond et l'énergie de leur exécution : ils brillent surtout dans le chant en chœur. Le mérite des chanteurs français est la vérité de l'expression ; ils excellent surtout dans le chant dramatique Voy. chanteur). — On se sert quelj quefois du mot chant pour désigner une suite de sons formant une phrase musicale. Il est alors synonyme de mélodie. •

chant d'église. Le chant sacré des premiers chrétiens ne fut probablement qu'une sorte de psalmodie dont le rythme était déterminé par la quantité métrique et la me- ! sure des mots chantés. C'est ce qu'on nomma plus tard le plain-chant [Voy. ce motl. On distinguait : la monodie ' (chant d'une personne seule), l'antiphonie (chant alterné entre deux personnes) et le choral chanté par tous les assistants). — Au iv« siècle, l'évêque de Milan. St Ambroise, introduisit le chant appelé de son nom ambrosien, \ qui se compose de 4 tons empruntés à l'ancienne musique '' grecque (le dorien, le phrygien, Véolien et le mixoly- ' diet?j et connus sous le nom de tons authentiques. Au vu' siècle, sous le pape Grégoire le Grand, on ajouta 4 tons nouveaux, dits plagaux, et l'on composa un antiphonaire qui fixa désormais tous les chants d'EgUse. Le chant ainsi ! organisé prit le nom de chant grégorien ou romain. Il \ s'exécutait d'abord à l'unisson : mais au xi« siècle on com- ' menca à l'accompagner par une sorte d'harmonie grossière I appelée déchant ou discant [Voy. ce mot). Les progrès I du contrepoint, aux xiv« et iv siècles, firent naître les ! motets, les messes en musique, les oratorios, et autres ! compositions qui constituent la musique d'Eglise ( Voy. ! ce mot). — Les chants religieux des protestants sont ord. ! désignés par le mot choral ( Voy. choral) i CHANT ROTAL, sorte de poésie i refrain, longtemps en j xoeae en France, était une espèce de ballade composée de ' 5 strophes, chacune de 11 vers, et ayant toutes les mêmes rimes ; le dernier vers du premier couulet sert de refrain ; pur les suivants, qui doivent finir de la même manière : ' l'envoi est une sorte d'explication de l'allégorie : il comi mence par un de ces mots: Sire, Roi, Prince; de là. le ' nom de la pièce entière. Le sujet des chants royaux f st ordinairement emprunté de la Fable ou de quelque trait historique. On cite, en ce genre, VAntée, qui remporta le

§rix aux Jeux Floraux. On en trouve aussi des imitations ans les poésies dites de Clotilde de Survillo. — On a écrit quelquefois, par abus, champ-royal pmir chant royal.

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