‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 306 sur 1729 · CHAPEAU · texte numérisé non relu

CHAPEAU

témoin les Champs royaulx de maistre Jehan Molinet (Paris, 1551).

CHANTS NATIONAUX Ct POPULAIRES. Voif. CHANSON.

CHANTAGE, pcnrc d'extorsion pratiquée à l'aide d'une contrainte morale. On fait chanter un individu en le menaçant de révéler sur son compte quelque chose de scandaleux, de le diffamer, etc. La loi du 13 mai 1863 a fait du chantage un délit spécial et lui a appliqué les peines portées par l'art. 400 du Code pénal, c.-à-d. un emprisonnement de 1 à 5 ans et une amende de 50 à 3000 fr.

CHANTAIRE ou chantère. Voy. ménestrel.

CHANTEPLEURE [Ac. chanter et de pleurer). On appelle ainsi : 1° des lentes pratiquées d'espace en espace dans les murs d'un enclos, pour permettre aux eaux de s'écouler ( Voy. barbacane) ; — 2^ un petit envier dont les tonneliers se servent comme d'entonnoir; il est échancré au bord supérieur pour faciliter le versement du liquide; le fond est percé d un trou garni d'une douille, qu'on fait entier dans la bonde du tonneau à remplir. — Dans le nord de la Fiance, chantepleure (par corruption champlure) est synonvmc de robinet.

CHANTERELLE (dimin. de chant], la corde la plus mince du violon, du violoncelle et de la guitare, et par conséquent celle qui produit les sons les plus aigus. On l'a ainsi nommée parce que c'est sur cette corde que l'on exécute généralement les phrases chantantes d'un morceau de musique.

chanterelle. Cantharellus (dimin. du gr. xàvôapoî, coupe), genre de Champignons Basidiomycètes, famille des Agaricinées : chapeau bien distinct, charnu, à feuillets épais, puis relevé. La C. comestible [C. cibarius) est de couleur jaune doré ; sa chair, un peu moins jaune que ne le sont le pédicule, le dessus et le dessous du chapeau, est très saine ; crue, elle a le goût un peu poivré; on l'appelle vulgairement girolle.

CHANTEUR, artiste qui se livre à l'art du chant (Voy. chant). En parlant d'une femme, on dit cantatrice. Dans les églises, ceux qui chantent l'office au lutrin portent le nom de chantres.

Dans les premiers siècles de notre ère et au moyen âge, les chanteurs, qui le plus souvent étaient poètes en même temps, ont joué un grand rôle, sous les noms de Bardes en Gaule, de Minnessenger et de Meistersœnger en Allemagne, de Troubadours et de Trouvères en France ( Voy. ces mots).

Chanteiers ambulants. Voy. saltimbanque.

chanteurs, nom donné, en Ornithologie, aux oiseaux qui se font remarquer par l'étendue de leur voix et l'agrément de leur chant. La plupart de ces oiseaux appartiennent à l'ordre des Passereaux ou à celui des Grimpeurs. Le Coq est le seul chanteur que l'on trouve dans l'ordre des Gallinacés, et l'Epervier chanteur [Falco musicus) est le seul oiseau de proie dont le chant soit agréable.

CHANTIER (du b.-lat. canterium, coin de terre), espace ou terrain sur lequel on empile les bois de chauffage, de charpente, de charronnage, de construction, etc. — Le plus souvent, ce mot est employé comme synonyme d' atelier; dans l'industrie du Bâtiment, il désigne l'endroit où l'on dépose la pierre pour la tailler et la mettre en œuvre.

Dans la Marine, on nomme chantier de construction l'endroit où l'on pose la quille du vaisseau qu'on veut construire et les tins ou billots qui la soutiennent : ces tins s'appellent aussi eux-mêmes chantiers. On appelle chantier plein ou faux chantier la plate-forme en cois installée au fond d'un bassin de radoub.

Dans les Corderies, on appelle chantier de commettage, chantier à commettre, deux grosses pièces de bois dressées perpendiculairement à 2 m. de distance l'une de l'autre, et qui servent à la confection des gros câbles.

CHANTRE, celui qui chante l'office au lutrin dans les églises catholiques. Les chantres peuvent être clercs ou séculiers; dans les deux cas, ils portent la chape pendant l'office.

Chez les Protestants, on appelle Chantre celui qui entonne et soutient le chant des Psaumes dans le temple.

Autrefois on appelait Grand Chantre ou Préchantre [prsecentor, primicerius] le maître du chœur : c'était un office ou bénéfice, et l'une des premières dignités d'un chapitre. A Paris, le préchantre de la cathédrale était le second digmtaire du chapitre ; il avait juridiction sur les maîtres et les maîtresses d'école et de pension, et sur les répétiteurs de l'Université.

CWANVRE. Cannabis, genre type de la famille des Can-

nabinées, se distingue à ses fleurs dio'îques, verdîUres; à ses tiges herbacées, hautes, plus grandes dans les individusfemelles que dans les mâles. Les fleurs mâles sont en grappe, les fleurs femelles en épi ; le fruit est un caryopse à test verdâlre. L'unique espèce qui forme ce genre est le Chanvre cultivé [C. saliva), qui chez nous atteint 2 m. 50, et qui dans le Piémont s'élève à 3 et 4 m. La culture du chanvre est fort simple, et, moyennant de fortes fumures annuelles, on peut le faire revenir indéfiniment sur le même sol. En outre, grâce à la brièveté de sa végétation, le chanvre, quoique sensible au froid, peut être cultivé sous toutes les latitudes européennes. Les tiges, désagrégées par le rouissage, puis séchées au soleil et soumises aux diverses opérations dites teillage, broyage, ribage, sérançage {Voy. la plupart de ces mots), donnent par leur écorce le chanvre ou la filasse employée à faire de la toile et des cordages; le produit obtenu du chanvre mâle est plus lin, plus doux et plus soyeux ; celui qui provient du chanvre femelle est plus grossier, mais plus fort. Les tiges privéesde leur écorce servent à faire des allumettes, ou fournissent un charbon léger, employé à la fabrication de la poudre. Les graines, petites et ovoïdes, portent le nom de chènevis, et servent à la nourriture des oiseaux domestiques. Elles fournissent, de plus, une huile excellente pour la peinture et l'éclairage, et qu'on peut même employer pour la table. Les feuilles du chanvre exhalent une forte odeur. Danstout l'Orient, on les fume mêlées au tabac pour se procurer une sorte d'ivresse, souvent dangereuse. Il fournit une résine nommée en Orient cherris, base d'une préparation graise, verte, nommée hachich. Voy. ce nom.

On nomme : Chanvre du Canada, l'Auocynum cannabinum ; C. d'Amérique, l'Agave ; C. du Japon, la Spirce du Japon; C. de Crète, le Datisca cannabina; C. de Manille, une espèce de Bananier; C. de Calcutta, la Jute; C. de la Nouvelle-Zélande, le Phormium tenax ; C. piquant, l'Urtica cannabina.

CHANVRIN. Voy. eupatoire.

CHAOS (du gr. yào^], état de désordre et de confusion universelle, que presque tous les systèmes de cosmogonie placent à l'origine du monde. Voy. cosmogonie.

CHAOUCH. Voy. chiaoux.

CHAPE pour cape), vêtement ecclésiastique, en forme de manteau, qui s'agrafe par devant et tombe jusqu'aux talons, et que portent l'évèque, le prêtre officiant, les chantres, etc., durant le service divin, avait primitivement un capuchon et se portait dans les processions extérieures : d où le nom de pluvial qu'on lui donnait quelquefois. Auj. les chapes sont en étoiles précieuses, rehaussées de broderies et de franges d'or, d'argent ou de soie, et recouvertes d'un chaperon qui rappelle l'ancien capuchon.

On appelle aussi chape : X" un habit que portent le pape et les cardinaux, et qui a un capuce doublé d'hermine ; la chape du pape est rouge, celle des cardinaux est rouge ou violette ; 2° un manteau de drap ou de serge que les chanoines portent au chœur pendant l'hiver, et qui est de la même couleur que le camail. — La chape de St Martin était l'insigne principal de nos armées sous la première race; c'était un étendard, suivant les uns; suivant d'autres, c'était un oratoire placé sur une espèce de char, et renfermant les reliques de St Martin.

Dans les Arts, le mot chape désigne, en général, certainsorganes qui s'appliquent sur d'autres pour les couvrir, les recevoir ou les envelopper ; ainsi, en Mécanique, on appelle chape : 1° un trou percé dans le bois, le fer, etc., cl destine à recevoir l'essieu ou la fourchette d'une poulie, d'un tour, d'une balance ; 2° des bandes de fer recourbées en demi-cercle, entre lesquelles sont suspendues et tournent des poulies sur un pivot qui les traverse et leur sert d'axe.

Dans la Construction, on donne le nom de chape à un revêtement en ciment ou en asphalte exécuté au-dessus d'une voûte de pont, de casemate, etc., pour tenir ces ouvrages complètement à l'abri de l'humidité.

CHAPEAU (de chape), coiffure dont la forme a souvent varié, et qui est ordinairement faite de feutre, de castor, de peluche de soie, de cuir, de carton, de paille, etc. [Voy. chapellerie). — Avant Charles VI, les chapeaux étaient inconnus en France ; il n'y avait que des bonnets, des aumusses. des chaperons, des mortiers : on commença de son temps à porter des chapeaux à la campagne. Sous Charles VII, en n'en faisait usage qu'au temps des pluies.

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