CHAPERON
Sous Louis XI, on s'en servit en tout temps. Mais ce ne fut que sous François 1" que l'usage commença à en devenir général. Pendant longtemps il l'ut défendu aux prêtres de s'en servir.
Les premiers chapeaux eurent la forme plate et les bords assez laides; on les ornait de plumes. Sous Henri IV, la forme s'exliaussa, et l'on retroussa un des bords : bientôt on en retroussa deux, et enfin tout le tour du chapeau; plus tard, la l'orme s'aplatit de nouveau. Sous Louis XIV et sou» Louis XV, l'habitude de porter perruque rendit le chapeau presque inutile : on le portait plus souvent sous le bras que sur la tète. Le chapeau, rond au xvii« siècle, devint tricorne à la fin du xvm" ; aujourd'hui il est plus ou moins cylindrique. — Les chapeaux de femme sont en soie, en gaze ou en paille, ornés de rulwns et de fleurs, et de forme trop variable pour qu'on puisse en donner une idée exacte. Voy. coiffure.
Pris absolument, le mot chapeau désigne la couture distinctive des cardinaux depuis 1245 ; c'est un chapeau rouge à l'orme plate et à bords très larges, orné de ganses rouges qui retombent sur la poitrine.
Cliapeau chinois, instrument de musique. Voy. boxxet.
En Musique, on appelle chapeau un signe A placé au-dessus d une note et qui indique qu'elle doit être accentuée.
En Botanique, on nomme chapeau la partie élargie en forme d'ombrelle qu'on trouve chez un grand nombre de Champignons. Le chapeau est le plus souvent muni, à sa face nilérieure, de lames rayonnantes [Agaî'ic] ou de tubes Bolel) portant les semences [spores).
CHAPEL, sorte de casque. Voy. casque.
CHAPELAIN, capellanus An capella, chapelle), nom donné au bénéficier titulaire ou au desservant d'une chapelle. Le plus souvent, chapelain est synonvme d'aumônier (Voy. ce mot). Les rois de France avaient 8 chapelains, qui desservaient leur oratoire par quartiers: le premier d entre eux portait le nom d'archichapelain.
Dans l'ordre de Malte, les chapelains élaieni des clercs conventuels qui formaient le second rang de cet ordre, les chevaliers tenant le premier, et les servants d'armes, le troisième.
CHAPELET (de chapel, chapeau). Ce mol, qui primitivement désignait une couronne de fleurs disposées autour d'un chapeau, s'applique surtout, aujourd'hui, à un objet de dévotion en forme de collier et formé de gi-ains enfilés, qui servent à compter le nombre des Pater et des Ave
Îu'on récite en l'honneur de Dieu ou de la vierge Marie, n chapelet ordinaire se compose de 5 Pater et de 5 dizaines d'Ave, qu'on récite les paters sur 5 gros grains, les aves sur 50 petits : trois chapelets ordinaires forment un rosaire. — L'usage de réciter le chapelet paraît avoir été institué au temps des croisades : on l'attribue à Pierre l'Ermite ; d'autres en font honneur à Sle Gertrude. — Les Turcs et les Indiens ont aiissi des espèces de chapelets.
En .\rchitecture, on appelle chapelet une baguette ornée de petits grains. L'astragale prend ce nom quand on y taille des perles ou des olives. — En Chirurgie, on donne ce nom à tout engorgement ganglionnaire qui allecte la forme d'un chapelet. Voy. aussi farcin.
CHAPELET HYDRAULIQUE, machinc qui sert à élever l'eau d'un puits ou d'une rivière à une hauteur peu considérable. Elle se compose de disques ou de godets en cuir, attachés à une chaîne sans fin, et qu'on fait circuler à l'aide d'un tamlx)ur dans un tuyau vertical ou incliné, dont le bas plonge dans l'eau : en passant successivement dans ce tuyau, ces disques entraînent une certaine quantité d'eau, et. avant de redescendre, ils la versent dans un réservoir placé à la hauteur voulue.
CHAPELLE (du lat. capella), oratoire avec im seul autel, ordinairement destiné au service d'une maison particulière, et où l'on ne peut dire la messe qu'avec la permission de l'évèque diocésain. Autrefois il existait des chapelles, qui avaient été érigées en bénéfices simples. On appelait saintes chapelles des collégiales fondées par nos rois : la plus remarquable est la Sainte-Chapelle de Paris, construite en 1243 par Pierre de Montreuil sur l'ordre de St Louis (Voy. DeclouA et Doury. la Sle Chapelle du Palais, histoire archéologique, descriptive et graphique). — On appelle aussi chapelle chacune des enceintes ménagées dans une église pour v renfermer un autel sous l'invocation particulière de la Vierge ou de quelnu'un des saints. — Il Y a encore les chapelles sépulcrales, expiatoires, etc. — La loi actuelle
interdit la création de chapelles domestiques sans l'autorisation des pouvoirs publics. Quant aux chapelles publiques, elles se divisent en : 1° chapelles communales, qui ont une fabrique propre îles chapelles vicariales sont des chapellescommunales qui ont en outre droit à recevoir pour leur desservant, en dehors de leur traitement communal, une allocation sur le budget de l'Etat); 2° chapelles de secours, ou annexes, qui n'ont pas de fabrique propre, et ne sont que des auxiliaires des églises paroissiales.
CHAPELLE, réunion de musiciens qui exécutent de la musique dans une église ou dans la chapelle d'un prince. Le chef de ces musiciens prend le titre de viatlre de chapelle. Parmi les plus célèbres maîtres de chapelle de la cour de France, on cite : J. Okeghem, Josquin Deprès, Claudin, Campra, Mondonville, Rebel, Francœur, Paisiello, Lesueur, Paer, etc. — Vov. à ce sujet : Castil-Blaze, Chapelle-musique des rois de France (Paris, 1832).
CHAPELLERIE, chapelier (de chapel, cliapcaul. Cette industrie considérable se subdivise en autant de branches
3u'il y a de matières différentes employées à la fabrication es cliapeaux. — Les chapeaux de feutre résultent de l'entrelacement des poils' die castor, loutre, chameau, lapin, etc., qu'on soumet au foulage après les avoir tortillés ( Voy. feutrage) : après quoi on les dresse sur une forme, on les teint, on les lustre, et on les livre au détaillant, qui leur donne la façon à la mode, les borde et les garnit de leur coiffe et de leur cuir. L'emploi du mercure pour rendre les poils dociles au feutrage expose les ouvriers chapeliers à de graves maladies. La poussière noire occasionnée par le battage après la teinture, la buée et l'odeur désagréable
Sjui résultent des opérations du feutrage, ont fait ranger les abriques de chapeaux parmi les établissements dangereux et insalubres. Heureusement, l'emploi des machines de plus en plus répandu dans cette industrie en diminue auj. en partie les inconvénients. Des bastisseuses forment la cloche du chapeau ; le feutrage est achevé par une fouleuse ; une poticcuse enlève les irrégularités qui peuvent exister dans le feutre, et une dresseuse termine le travail en donnant au chapeau sa forme définitive. On estime surtout les machines Laville. — Les chapeaux de soie sont formés d'une carcasse en carton, en cuir, en sparterie ou en feutre très mince, qu'on recouvre d'une calotte de peluche de soie, formée d'une bande dont les extrémités sont coupées en spirales pour que leur couture, faite en dedans, ainsi que celle du fond qui les ferme, ne puisse s'apercevoir sur le côté extérieur du chapeau. — Les chapeaux de
Î aille sont faits avec de la paille d'ivraie, de seigle, de lé et de riz convenablement préparée; une espèce de froment rouge très commun en Toscane est la variété de paille que l'on préfère ; on en blanchit les tiges en les soufrant. On distingue les chapeaux de paille d'Ilalie, les C. de paille stiisse et les C. de paille cousue. Les premiers sont faits avec des tresses composées de 15 brin^ de paille, qu'on coud ensemble : cette coulure n'est qu'un simple remmaillage qui place les tresses les unes à côté des autres, en faisant légèrement sortir une petite ciMe. Dans les seconds, les nattes n'ont que 11 brins, et leur couture n'est faite que de 2 en 2 mailles et de manière à ne pas laisser apercevoir de côte. Le tressage des troisièmes, dont les nattes n'ont que 7 à 9 brins, diffère totalement des précédents : on n'y emploie que des pailles fendues en 2 ou en 4, de sorte que le brillant et le mat de la pille apparaissent tour à tour. L'IUlie a la supériorité sous le rapport de la beauté de la paille et de la confection des tresses; mais Paris excelle dans l'apprêt et la façon des chapeaux. — On a fait aussi des chapeaux en osier, en liège, en écorce (;;a«amas), etc. — Voy. Cluz, F. et Julia de Fontenelle, Manuel du fabricant de chapeaux.
CHAPELURE (de chapeler, du b.-lat. capulare, battre), croûte de pain râpée ou pulvérisée, quelquefois unie à de fines herbes, du sel et des cpices, dont on couvre certaines viandes, comme les côtelettes, jes jambons, etc., ou que l'on met dans une sauce pour l'épaissir.
CHAPERON (de chape), sorte de capuchon qui était la coiffure ordinaire des deux sexes au moyen âge : il avait un bourrelet sur le haut et une queue par derrière. Les chaperons des princes, des nobles et de leurs dames étaient en tissu fin, en soie, etc., et chargés de broderies ou même de pierreries ( Voy. AtritcssE). Les femmes des magistrats les
Sortaient en velours, les autres bourgeoises en drap. Les ommes cessèrent de porter le chaperon sous Charles MI» les femmes ne le quittèrent que plus tard.