‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 308 sur 1729 · CHARBONS · texte numérisé non relu

CHARBONS

En Fauconnerie, le chaperon est un petit bonnet en cuir, garni de plumes au sommet, servant à couvrir la tète des oiseaux de leurre pour les empêcher de voir. On le leur retire au moment de les lancer.

En Zoologie, on a donné ce nom à la partie de la tête des insectes qui est immédiatement au-dessus de la lèvre supérieure, parce qu'elle abrite la bouche.

En Architecture, on appelle chaperon la partie supérieure d'un mur de clôture, formant le plus souvent une couverture en dos d'âne pour rejeter l'eau. La forme du chaperon fournit une présomption sur la propriété d'un mur : ' le mur est présumé mitoyen si le cliapcron règne des deux côtés; non mitoyen, s'd n'existe que d'un seul côté ; on considère alors comme seul propriétaire celui sur le terrain duquel le chaperon verse les eaux (Cod. civ.,

CHAPITEAU (du b.-lat. capitellum, dimin. de caput, tête). C'est, en Architecture, le nom que l'on donne à l'évascrnent que forme la partie supérieure d'une colonne ou d'un piiaslre et qui sert de transition entre le support et la cliose portée. Un distingue quatre espèces principales de cliapiteaux : le C. toscan, dont le tailloir est carré et sans moulure; le C. dorique, dont le tailloir est couronné d'un talon ; le C. ionique, qui est garni d'oves et de volutes ; et le C. corinthien, qui est orné de deux rangs de feuilles d'acaulhe et de petites volutes. Les autres chapiteaux les plus usités sont : le C. composite, qui a les feuilles d'acanthe du corinthien et les volutes de 1 ionique; le C. attique, qui a des feuilles de refend dans le gorgerin ; le C. gothique, mélange de toutes les formes de chapiteaux antiques et de celles que l'imagination des artistes du moyen âge a pu inventer. — Dans un sens plus général, on appelle chapiteau de niche, de balustre, de lanterne, etc., la partie supérieure d'une niche, d'un balustre, etc.

En Chimie, on appelle chapiteau la partie d'un alambic dans laquelle s'opère la condensation des vapeurs qui s'élèvent de la cucurbite.

CHAPITRE (du lat. capitulum), conseil de chanoines. Voy. CHANOINES au Bict. allist. et de Géogr.

CHAPON (du lat. capo), jeune coq auquel on a fait subir l'opération de la castration, afin de donner plus de délicatesse à sa chair. Les chapons les plus estimés sont ceux du Mans et du pays de Caux. On les engraisse en leur donnant une espèce de bouillie faite avec les grains les plus nutritifs, et en leur faisant avaler des boulettes de pâte, ou même en leur enfonçant ces boulettes dans le gosier. On donne quelquefois le nom d'étourdeau au jeune chapon. Dans beaucoup d'endroits, on se sert des chapons pour couver des œufs. Pour cela, on choisit le chapon le plus vigoureux, on lui arrache les plumes sous le ventre et on lui frotte la peau avec des orties ; on le met ensuite sur des œufs dont la fraîcheur adoucit l'àpreté de ses piqûres et l'engage par ce soulagement à y demeurer.

CHAR (du lat. carrus), voiture à deux roues fermée

[lar devani, dont se servaient les anciens dans les combats, es jeux, les triomphes : ces derniers étaient circulaires et fermés tout autour. Les chars étaient traînés par deux ou plusieurs chevaux attelés de front à un timon et guidés par un homme debout sur le devant du char. On leur donnait le nom de biges, triges, quadriges, sejuges, etc., selon le nombre des chevaux. Les chars des dames romaines s'appelaient bastarna ou carpenta : les bastarna étaient à propr. parler des litières portées par deux mulets, l'un devant, l'autre derrière; on s'en servit jusqu'au xv siècle, les bohémiens en ont encore de semblables; les carpenta étaient des voitures couvertes et à deux roues. On appelle encore auj. char à bancs une voiture à quatre roues avec ou sans ressorts et garnie de deux ou plusieurs rangs de banquettes [Voy. chariot et voitures). — Consulter : Ginzoïr, Chars et chariots des Grecs et des Romains (Munich, 1817); Daremberg et Saglio, Dict. des Antiq. grecques et romaines.

CHARA ou ciiARAGNE (du lat. chara), vulg. Lustre d'eau, Herbe à grenouille, genre-type de la famille des Characéet, qu'on range aussi parmi les Algues. Les Charas sont des plantes cryptogames, qui croissent dans les eaux stagnantes ; leur o'deur est fétide ; leurs tiges rameuses, faibles, flottantes, cassantes, sont tantôt hérissées de pointes, tantôt lisses à leur surface. Leurs organes de reproduction sont des anthérozoïdes et des oosphères. Voy. algues.

CHARACÉES (du genre-type Chara), famille de végétaux Cryptogames cellulaires, intermédiaire par ses caractères

entre les Algues véritables et les Muscinées. Elle ne comprend que deux genres principaux : Chara et Nilella, tous deux très abondants dans les eaux douces ou saiimàlics des pays tempérés. On connaît des Characces fossiles, surtout dans les terrains tertiaires.

CHARACINS (du gr. ydpaÇ), Characinus, groupe de Poissons malacoptérygiens abdominaux, de l'ordre des Squamodermes, famille des Salmonés, comprend des espèces qui n'ont pas plus de 4 ou 5 rayons aux ouïes, un caecum comme les saumons et la vessie étranglée des cyprins.

CHARADE (orig. languedocienne; du provençal tharrada, charretée et, par extension, tas de paroles), espèce d'énigme dans laquelle on divise un mot en 2 ou 3 parties formant chacune autant de mots, que l'on appelle j^rcz/d'er, second et dernier. On définit successivement chaque partie, puis le tout ou l'entier, et l'on propose de deviner quel est ce tout ou le mot que forment les parties La charade est souvent en vers.

La vogue de la charade ne date que de la fm du dernier siècle; elle semble avoir suivi celle du calembour; c'est en 1762 que l'on commença à mettre des charades dans le Mercure de France. Le nom même de charade ne paraît au Dictionnaire de l'Académie que dans l'édiliuii de l'an VI (1799). Voy. énigme et logogriphe.

Charade en action, eepèce de divertissement où plusieurs personnes donnent à deviner à d'autres chaque partie d'un mot, puis le mot entier, en exécutant des scènes de pantomime ou de comédie qui expriment successivement la signification de chaque partie, puis du tout.

CHARADRIADÉES ou cuarauriées (de charadrius, pluvier), famille d'Oiseaux, de l'ordre des Echassiers liniicoles, a pour type le genre Pluvier. Elle renferme de plus les genres Vanneau, Huitrier et Glaréole.

CHARAGNE, nom vulgaire du ciiara.

CHARANÇON (par corruption de calandre), Curculio, grand genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères télramères, famille des Rhynchophores, type de la tribu des Charançonites. Son principal caractère est d'avoir la tête terminée par une trompe qui porte les antennes. Ce genre renferme : 1° les Charançons proprement dits ( Voy. ciaprès) ; 2° les Bruches, qui attaquent les pois et les lentilles; 3° les Attélabes, qui rongent les parties tendres des végétaux et dont la larve, appelée Lisette, roule et détruit les feuilles de la vigne; A" les Lixes, dont la larve vit dans les tiges du Phellandrium et cause, dit-on, la paraplégie des chevaux; 5° les Rhynchénes, qui s'introduisent dans la noisette et les fruits à noyau et en mangent l'amande; 6° les Anthonomes, qui vivent sur les fleurs, principalement sur celles du pommier; 7° enfin, les Calandres qui font de grands dégâts dans les magasins à blé {Voy. ces mots). Le nombre et la petitesse de la plupart de ces insectes rendent impuissants tous les moyens qu'on a imaginés pour les détruire.

Les Charançons propr. dits, tels que ce genre se compose auj.. sont les moins nuisibles de tous ces insectes. Ils comprennent beaucoup d'espèces d'Amérique, remarquables par leurs couleurs variées et brillantes. La plus belle espèce indigène est le C. vert, qu'on trouve dans le midi ae la France.

CHARANÇONITES, tribu de la famille des Rhynchophores de Latreille, répond à la famille des Curculionites, de Schœnherr, ainsi appelée du genre Curculio (Charançon), qui en est le type.

CHARAXE (nom mythol.), Charaxus, genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères diurnes, tribu des Nymphalides, créé pour un des plus beaux papillons de l'Europe : ailes inférieures terminées par deux prolongements en forme de queue; chenille verte dont la tête est surmontée de 4 cornes, et dont l'abdomen finit en queue de poisson. Le C. jasius se trouve dans le midi de la France ; il répand une odeur de musc ; sa chenille vit sur l'arbousier.

CHARBONS (du lat. carbo), produits que l'on obtient en brûlant à l'abri du contact de l'air le bois et d'autres matières organiques : c'est du carbone plus ou moins pur [Voy. carbone et carbonisation). Les charbons peuvent être, suivant leur origine, classés en charbons naturels et charbons artificiels. Les charbons naturels, qu'on trouve dans le sol, proviennent de la calcination des niantes. Les principaux sont la houille, l'anthracite, le lignite et la tourbe [Voy. ces mots). Les charbons artificiels sont le coke, le charbon de cornue [Voy. gaz d'éclairage), le noir animal, le charbon de bois et les charbons agglomérés.

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