CHARBONS
CHAHCLTIhU
l,r charbon de bois s'obtienl par la carbonisation du bois dans dt^s l'ours qui permellent de recueillir les produits de la distillation (ac. pyroligneux), ou bien dans des meules que le charbonnier construit sur place. Pour faire le charbon on empile des morceaux de bois do façon à former une meule ayant un espace vide au centre. La meule est recouverte de terre battue qui empêche l'accès de l'air. On met le feu à la meule et on bouche les ouvertures alin que la combustion se fasse lentement. Le rendement du bois en charbon peut varier de 17 à 65 pour 100. En général le rendement est d'autant plus fort que la combustion est plus lente. Le charbon se prépare avec des bois durs, sauf dans la préparation du charbon pour la poudre, qui nécessite un bois léger ■ fusain, bourdaine). Le charbon de bonne qualité doit être léger, cassant et sonore. S'il a été fait trop rapidement, il contient des parties brunes, qu'on nomme des fumerons. ,
Le charbon de bois est employé pour le chauffage ; il nécessite une bonne ventilation, car en brûlant il dégage de l'oxyde de carbone, qui est vénéneux. Allumé, puis éteint rapidement dans un étouffoir, il constitue la braise, charbon léger, s'allumaiit facilement et très employé dans la cuisine. — Outre son emploi comme combustible, le charbon de bois est encore utilisé à cause de sa propriété d'absorber les gaz, ce qui explique son emploi pour filtrer les eaux lx)urbeuses [}oy. filtrage . On peut s'en servir pour assainir les mines ou puits tontenant des gaz irrespiraljies. La plupart des charbons sont connus dans le commerce sous le nom de charbons de l Yonne, de la Marne ou de la Loire, selon le cours d'eau qui a servi à son transport. Dans les arts chimiques on lui donne souvent le nom de brase.
CHARBON" AMXAL OU NOIR ANIMAL. II en existe deux variétés dans le commerce : le twir animal ou charbon d'os, et le twir d'ivoire. Le premier est préparé avec les os qu'on se procure dans les grandes villes, où la consommation de la viande est considérable; le second s'obtient avec les rognures d'ivoire mises au rebut par les tabletiers. On carbonise ces matières dans des marmites en fonte bien closes. Les os étant formes de matières organiques et de matières minérales donnent un charbon très impur qui a la précieuse propriété de s'emparer des matières colorantes; cette propriété est utilisée dans les raffineries, pour décolorer le sucre. Quand le noir animal a cessé de pouvoir absorljor les matières colorantes, on peut le faire resservir en le revivifiant, c.-à-d. en le soumettant à des lavages avec des liqueurs acides, ou en le laissant fermenter après
Ju'il a servi, puis le calcinant de nouveau en vase clos, et usage du t-harbon animal a été introduit en 1815 par Derosne, Payen et Pluvinet. Une grande partie du noir animal consommé en France et dans nos colonies se fabrique dans le département de la Seine.
CHARBON DETERRE. Voy. HOUILLE.
CHARBONS AGGLOMÉRÉS, nom qu'ou donuc aux menus ou poussiers de houille, de coke ou de charlwn de lx)is, que l'on agglomère par une forte pression, après les avoir mélangés d'un bitume agglutinatif appelé brai. On donne à ces agglomérés différentes formes: cylindriques, ils constituent le charlx)n de Paris ; on les emploie également sous forme de briquettes, de boulets, etc.
CHARBON, en Pathologie. L'introduction, dans l'économie de l'homme et des animaux, de la bactéridie charbonneuse produit la maladie connue sous le nom de charbon. Elle peut se présenter chez l'homme sous trois formes : l" pustule maligne I Voy. ce mot) ; 2° œdème malin ( l'oy. ce mot' : 3" charbon malin. Dans ce dernier cas la pénétration du virus a lieu probablement par les mucpieuses respiratoires et digestives. Des phénomènes généraux analogues à ceux de la fièvTe tvphoïde précèdent des manifestations ijangréneuses se faisant sur tous les points du corps et le malade succombe dans la prostration, absolument cyanose et asphyxique.
C'est chez les animaux d'abord que la maladie a été étudiée sous le nom de sang de rate, de fièvre charbonneuse, etc. — En 1850, Rayer et Davaine, étudiant le sang d'animaux morts du charbon, y avaient trouvé de petites baguettes transparentes, les bactéridies. Mais Davaine ne comprit toute la portée de sa découverte que lorsque M. Pasteur eut étudié le ferment butvrique (1863). La maladie, comme la fermentation, dépendait donc d'un agent anime ( Voy. microbes). Lesprocédésde culture permirent de reproduire la bactéridie. Si la notion de contagion était déjà éta-
blie par les inoculations de sang d'animaux charljonneux la reproduction du charbon par l'inoculation des cultures montra que la bactéridie est bien la cause unique de la maladie. Disons que les cultures de charbon ont encore servi à M. Pasteur pour les recherches sur Vatténua- I tion des virus et la vaccination préventive des maladies infectieuses.— Enfin, en 1876, Robert Koch trouve ! le spore de la bactéridie et montre qu'elle résiste bien plus à toutes ies causes de destruction, et explique ainsi I la persistance de l'infection dans certaines contrées. En effet, I dans les pays à charbon, comme la Brie, la Champagne, là I Boulogne, l'Auvergne, les animaux morts du charbon sont enfouis plus ou moms profondément. Les liquides cadavériques chaînés de germes imprègnent la terre; M. Pasteur a montré que les vers de terre ramènent à la surface les bactéridies et surtout les spores. L'animal en broutant s'inocule, surtout lorsqu'il présente de petites érosions de la muaueuse buccale, par des herbes piquantes, chardons, épis d'oi^e, etc.
Chez l'homme, la contagion s'exerce surtout chez les ouvTiers en contact avec les animaux charbonneux, bouchers, équarrisseurs, mégissiers, individus maniant le crin. Certaines mouches ayant séjourné sur des animaux charbonneux peuvent aussi inoculer l'hontune. La maladie dans ces cas débute toujours par la pustule maligne.
In grand nombre d'animaux peuvent prendre le charbon : moutons, bœufs, chevaux, cobayes, souris, chevTcuils, daims et cerfs, etc. Les carnassiers sont réfractaires ; les oiseaux et les batraciens aussi, en raison de leur température trop basse ou trop élevée. Nais si on abaisse la température des poules, p. ex. en leur plongeant les pattes dans l'eau froide, et si on élève celle des grenouilles, en les plongeant dans l'eau chaude, elles peuvent contracter le charbon.
On doit rejeter de la consommation les viandes charbonneuses, qui ont souvent donné la mort.
Un fait des plus importants dans l'histoire du charbon, c'est que la virulence de la bactéridie n'est pas fixe. On peut 1 atténuer ou l'exalter par des artifices de culture. En introduisant dans l'organisme d'un animal, d'un mouton p. ex., du virus atténué, et en l'inoculant plus tard avec du virus plus énergique, il résistera, tandis que d'autres moutons non préparés par l'inoculation du virus atténué succomberont. Cette vaccine préventive du charbon a rendu en France de grands services aux éleveurs ; la mortalité du bétail est tombée de 10 à 1 pour 100. — Voy. pour plus de détails : Strauss, le Charbon des animaux et de l'homme, Paris, 1887 ; Duclaux. Ferments et maladies, 1882; id.. Microbes et Maladies, 1888.
Outre le charbon bactéridien, dont nous venons de parler, on observe encore, chez les animaux, le charbon symptomatique, emphysémateux ou bactérien, causé par le Bacterium Chauvœi. Cette affection atteint presque exclusivement les bêles bovines. Elle est fréquente dans les régions montagneuses, où l'on pratique aussi aujourd'hui la vaccination préventive.
Le charbon est l'une des maladies visées par la loi du 21 juillet 1881 sur la police sanitaire des animaux.
CHARBON, maladie des grains. Voy. nielle.
CHARBONNAGE. Voy. houillère.
CHARBONNERIE, charbonniers, société secrète. Voy. cak- BONARi au Dict. d'Hist. et de Géogr.
CHAR BON NI ÈRE, oiseau. Uoy. mésange.
CHARCUTIER, chabccterie [Aa chair cuite). Le charcutier est celui qui prépare et qui vend la chair de porc et de sanglier, et, en général, toute chair cuite ou liachée dans la préparation de laquelle il entre du porc. Celle profession comprend l'art d'abattre, de saler et de fumer le IK)rc, d'en faire des iamlwns, des boudins, des saucisses, des cervelas, des andouilles, et autres préparations fort variées. Avant tout, le charcutier doit choisir avec soin les porcs destinés à faire de la charcuterie, et s'assurer surtout s'ils ne sont point atteints de la ladrerie, qui rend leur chair indigeste et malsaine. La viande de charcuterie s'altère aisément, et il s'y détaloppe alors un principe toxique encore mal défini. înaisqiii peut causer de graves accidents. L'emploi de la viande de porc simplement fumée et non cuite est surtout malsain, particulièrement en raison des animaux parasites (ver solitaire et trichine) qui peuvent passer de la viande de porc chez l'homme. Le ver solitaire est communiqué par les porcs ladres ( Voy. ténia et trichine}. — Il y avait des charcutiers chez les Romains : on les