‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 310 sur 1729 · CHARIVARI · texte numérisé non relu

CHARIVARI

appelait salsamentarii et botulaiii, vendeurs de porc salé et de boudins. En France, les boucliers !irent longtemps le commerce de la viande de porc ; on vit ensuite s'établir des saucisseufs et des cHairruitiers. On leur donna des statuts sous liOuis XI et on les soumit à des inspections sévères. Auj. ils sont régis par l'ordonnance de police du 29 déc. 1855. On compte à Pans plus de 350 charcutiers, dont quelques-uns font un commerce considérable. En Angleterre, le commerce de la charcuterie se confond avec celui de l'épicerie.

CHARDON, Carduus, genre de la famille des Composées, tribu des Cinarées, renferme des plantes herbacées, à capitules épineux, portés sur des rameaux monocéphales. L'espèce la plus commune est le Chardon des Champs (C. arvensis], dit aussi C. argenté, C. de Notre-Dame, C. lacté et C. taché, à feuilles lancéolées, irrégulières, char^ gées d'épines, à fleurs purpurines ou blanches. Les cultivateurs le coupent avant maturité, pour le piler et le donner aux bestiaux, ou pour le brûler, afin d'en chauffer les fours ou d'en retirer la potasse. Quant au chardon dont on se sert pour carder les draps et qu'on nomme C à foulon et C. bonnetier, voy. CAnoÈRE.

On appelle vulgairement : C. acanthe, le Pédane ; C. aux Anes, l'Onoporde ; C. bénit, la Centaurée chausse-trape, l'Argémone et IcCartiiame laineux; C. des prés, la Cniquc; C. aoré, la Centaurée solsticialc ; C. étoile, la Chausse- Trape étoilée ; C. hémorrofdal, le Cirse des champs ; C. roland ou mieux roulant, le Panicaut champêtre.

CHARDONNERET, Fringilla carduelis, espèce du genre Moineau, ainsi nommée parce qu'elle se nourrit des graines de chardon. Le mâle et la femelle présentent deux colorations fort différentes : le premier, toujours mieux

f»aré, a le dos brun, les ailos marquées de noir et de jaune, e tour du bec rouge et le ventre blanc ; il est plus vif et a le chant plus agréable; la femelle, dont les couleurs sont plus sombres, est triste et sans ramage. Le chardonneret est recherché pour la gentillesse de son chant. Il construit son nid sur les arbres les plus élevés, et se tient dans les bois et les parcs. Croisé avec le serin, il donne naissance à des mulets stériles qui ont perdu une partie de la riche parure de l'oiseau franc.

Chardonneret du Canada [Fringilla tristis), espèce de Linotte de la Louisiane.

CHARDONNET,nom donne, en Architecture hydraulique, aux pierres des bajoyers des écluses qui portent la feuillure dans laquelle tournent les poteaux tourillons. — Il se dit aussi, en parlant d'une porte de lerme, de la pièce de bois qui est placée du côté des gonds.

CHARDONNETTE ou cardonnette (de cardon), espèce d'Artichaut sauvage, dont la fleur sert quelquefois à faire cailler le lait.

CHARGE. En Administration et en Droit, on appelle : charges publiques : 1° les divers impôts qui pèsent sur la généralité des citoyens; 2° les obligations que la police peut imposer aux habitants des villes, comme le balayage des rues, l'arrosage, etc. ; 3° le senice militaire, les fonctions de juré, la tutelle des mineurs et des interdits, etc. ; — charges particulières, les charges réelles, qui affectent la chose, comme les servitudes foncières et les hypothèques, et les charges personnelles, qui affectent la personne, comme les charges du mariage, celles qui sont imposées par le donateur au donataire, par le testateur à l'héritier, etc.

On donne aussi le nom de charges à certains offices qu'on ne peut remplir qu'en donnant des garanties pécuniaires ; telles sont celles de notaire, d'avoué, d'huissier, d'agent de change, etc. [Voy. ces mots). Ces charges sont conférées par l'Etat, mais n'en peuvent pas moins se transmettre.

En Droit criminel, on entend par charges les indices et les preuves qui s'élèvent contre un accusé.

Dans l'Art militaire, le mot charge a divers sens. Il désigne : 1° la marche en avant d'une troupe qui se précipite sur une autre pour la repousser ; la cavalerie cnarge en lignes ou en fourrageurs : — 2» la quantité de poudre que 1 on emploie dans une arme à feu pour lancer le projectile. La charge de la cartouche actuelle d'infanterie est de 2 ÇT. 80 de poudre nouvelle. La charge des canons varie du 1/0 au 1/6 du poids du projectile, et celle des mortiers ou obusiers n'en atteint pas le 1/7 ; — 3° l'action de charger une arme à feu. Avec les fusils dits à piston, la charge se faisait en 12 temps ; avec les nouveaux fusils elle n'en comporte plus qu'un. La charge est dite à volonté quand les

différents mouvements ne sont pas séparés par un temps d'arrêt ; — 4° la batterie de caisse ou sonnerie de clairon qui s'exécute au moment où les troupes vont charger.

Ligne de charge, en Marine, l'oy. flottaiso.n.

Dans les Beaux-Arts, le mot charge est souvent synonyme de caricature.

CHARGÉ d'affaires, nom donné, en Diplomatie, à celui qui, à défaut d'ambassadeur ou de ministre plénipotentiaire, est chargé de veiller aux intérêts de son gouverneiiicnt auprès d'une cour étrangère ou dans un pays étranger. Parmi les chargés d'affaires, les uns ont une mission permanente, les autres sont chargés par intérim. Voy. diplomatie.

CHARGÉ DE COURS. Voy. PBOFESSEnR.

CHARGEMENT (police de). Voy. connaisse.he.nt.

Chargement des lettres (Poste). Voy. lettbe chargée.

CHARIOT (de char), voiture à 4 roues, destinée à transporter, par terre et au moyen d'animaux attelés, toutes sortes de fardeaux. Leur forme varie suivant leur destination (Voy. CAMION, charrette, fardier, fourgon, tombereau, etc.). — A la guerre, les anciens se servaient de chariots armés de faux pour rompre les rangs de l'ennemi : on attribue à Cyrus l'invention de ces cliariots. — Les chariots à vapeur ont reçu le nom de wagons.

Chariot électrique. Voy. cerf-volant.

CHARIOT (le grand et LE petit), nom de deux constellai* lions boréales. Voy. ourse.

CHARITÉ (du fat. caritas, amour), sentiment d'amour d'autrui dû soit à une disposition très vive de l'àme, soit à des conceptions philosophiques et morales, soit aux idées religieuses. En Morale on distingue les devoirs de justice et les devoirs de charité : les premiers consistent à respecter les droits d'autrui ; les seconds, à aider et à secourir nos semblables par tous les moyens dont nous disposons ; ils dérivent de ce principe que, tous les hommes ayant une fin commune parce qu'ils ont la même nature, nous sommes tenus non seulement d'accomplir notre propre destinée, mais encore de concourir à celle des autres dans la mesure de nos forces. La charité est obligatoire comme la justice ; mais l'observation de la justice est exigible par une contrainte juridique, tandis que la charité doit rester essentiellement libre; elle ne saurait s'imposer comme droit sans violer le droit même, sans détruire la liberté, puisqu'elle mettrait l'obligé en tutelle, ou exposerait le bienfaiteur à des exigences immorales. Cependant la charité privée ou collective, due à l'initiative généreuse des particuliers ou des associations, constitue dans nos sociétés modernes une grande fonction sociale qui a son budget fixe ou éventuel, son organisation encore incomplète, ses modes de

Perception et de répartition, et dont l'œuvre générale à égard des malheureux se résume en trois points : hospitaliser, moraliser, donner du travail. L'Etat lui-même et les communes par la direction imprimée aux services sociaux (réglementation des industries, services de salubrité, mesures d'assainissement, inspection des logements ouvriers, etc.) remédient également aux fatalités naturelles. La charité, fondée sur la fraternité religieuse ou la solidarité sociale, rend seule possible l'accomplissement de la tâche commune par un mutuel concours. Il en résulte que le dévouement est une loi universelle pour toutes les conditions de l'ordre social, pour le magistrat comme pour le citoyen, pour l'ouvrier conune pour le soldat. Il n'intervient pas moins dans les relations privées, parce que nous avons tous besoin les uns des autres et que nous sommes obligés de faire tout le bien dont nous sommes capables. Voy. fraternité et devoir.

Au point de vue religieux, la charité est une des trois vertus théologales; elle consiste à aimer Dieu par-dessus toutes choses et notre prochain comme nous-mêmes pour l'amour de Dieu.

Bureaux de charité. Voy. assistance publique et bienfaisance.

Frères et Sœurs de la Charité. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

Sociétés de charité maternelle, associations de dames pour venir en aide aux femmes en couche indigentes qui veulent élever elles-mêmes leurs enfants. Elles ressortissent au ministère de l'intérieur. La première société de ce genre fut instituée à Paris en 1788 par Mlle Fougeret et réorganisée sous le Directoire par Mme de Pastoret.

CHARIVARI (mot d'origine inconnue et qui ne remonte pas au delà du xiv* siècle). Les auteurs d'un charivari sont

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