‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 311 sur 1729 · CHARRUE · texte numérisé non relu

CHARRUE

passibles d'une amende de 11 à 15 fr. et d'un emprisonnement de 5 jours au plus, sans préjudice des dommagesintérêts, s'il y a lieu (C. pcn., art. 479 et 480).

CHARLATAN (de l'ilal. «ar/a/aHO, de ctar/are, babiller).

Voy. SALTIMBANQUE.

CHARLOTTE, t. de Cuisine. Deux entremets portent ce nom : l'un chaud, fait avec de la marmelade de pommes très réduite cl des croûtes de pain rissolées au beun'e : l'autre, froid, fait avec des biscuits à la cuiller et de la crème fouettée sucrée aromatisée avec de la vanille ; il est ensuite glacé.

CHARME. Carpinus, genre de la famille des Cupulifcres •ou Quercinées, est composé d'arbres à feuilles alternes et ovales plissées en dessous, et à fleurs en cliatons, se développant en même temps que les feuilles; le fruit présente une écaille à trois lobes. L'espèce la plus connue est le Channe commun (C. belultis), arbre indigène, le plus répandu dans nos forêts, reconnaissable à son tronc rareiircnt droit et bien arrondi, revêtu d'une écorce unie, blanchâtre, marbrée, surchargée de lichens, portant une tête ordinairement très grosse, très touffue. Lorsqu'on en fait des palissades en l'empêchant de croître, le plant prend le nom de charmille. Le bois du charme est dur, compact et blanc ; il est recherché pour les manches d'outils, les ouvrages du tourneur, du charpentier, du menuisier. On l'emploie pour vis de pressoir, maillets, roues de moulin. C'est aussi un des medleurs bois de chaulfage. Le C. d Amérique des Etals-Unis, et le C. d'Orient, arbrisseau de 4 à 5 m., appartieiment à ce genre.

CHARME 'de carmen, sortilège). Voy. enchantexest.

CHARMILLE, palissade de charme qui entrait autrefois dans la décoration des jardins à la française. Voy. charme.

CHARNIER du lai. carnarium], endroit couvert ou galerie qui entourait autrefois les églises paroissiales et où l'on réunissait les ossements des morts. Ils ont disparu pour la plupart. Ceux qui subsistent encore ont été convertis en salles de catéchisme, en chapelles ou en sacristies. On connaît le Charnier des Innocents : c'était une galerie voûtée, construite autour de la clôture du cimetière des Innocents à Paris, et qui servait de sépulture privilégiée; cette galerie infecte, située dans un des quartiers les plus populeux, fut détruite en 1786. Voy. osscaire.

CHARNIÈRE du b.-lat. cardinaria, de cardo. gond). Ce mot. qui désigne en général tout assemblage de deux pièces de nois ou de métal emlwîtées l'une dans l'autre et mobiles l'une sur l'autre, se dit, spécialement, en Mécanique, d'un appareil servant à transmettre le mouvement de rotation d'un axe à un autre axe de position variable.

En Conchyliologie, on appelle ainsi la partie qui unit les deux valves d'une coquille. Elle est dentée ou édentée, suivant qu'il y a présence ou absence de dents. Les intervalles creux qui séparent les dents de la charnière ont reçu le nom de fossette ou de gouttière.

En Anatomie, charnière est synonyme de gynglyme.

Voy. ARTICULATION.

En Géologie, on nomme ainsi la ligne de séparation des deux flancs d'un pli (charnière anliclinale, charnière synclinale' .

CHARPENTE (du lat. carpentum, char), assemblage de

Eièces de bois servant à la construction d'un édifice. Les ois les plus propres à la charpente sont le chêne, le sapin, le châtaignier, le hêtre, le platane, le pin, l'aune, le peuplier, l'acacia, le mélèze, l'orme, etc. ; on les nomme bois de charpente ou de construction. Ces Iwis ont une section rectangulaire, quand ils doivent être placés horizontalement; carrée, quand ils doivent être employés debout : ils peuvent être de brin, c.-à-d. équarris à la cognée, ou de sciage ( Voy. bois) . Us servent à former des pans de bois, des planchers, des escaliers, des combles, des échafaudages, des cintres, etc. Voy. ces mots et charpentier.

Charpente osseuse. Voy. squelette.

CHARPENTIER (du lat. carpentarius, charron), artisan oui travaille en charpente. Le charpentier doit joindre 1 adresse à la force, et posséder quelques notions de dessin linéaire, de géométrie et de mécanique pratiques. Ses outils principaux sont : la bisaiguë. la cognée, I herminette, Yébauchoir, la tarière, la scie, le compas, la fausse équerre. la règle en bois ou jauge, la rainette, etc. Il se sert aussi de diverses machines, telles que la chèvre, le cabestan, le verrin, etc. Voy. ces mots.

Au moyen âge, on appelait charpentiers tous les ouvriers qui travaillaient le bois, tels que les diarpentiers, les me-

nuisiers, les tourneurs, les charrons, elc. On distinguait alors : les 6'. de la grande cognée ou charpentiers proprement dits, et les C. de la petite cognée ou menuisiers. Avant 1789, les charpentiers formaient une corporation qui avait ses statuts, remontant à 1454, et son patron, St Joseph (19 mars). L'ordonnance de 1649 fixait les conditions pour arriver à la maîtrise. Auj. les charpentiers forment encore plusieurs associations de compagnons ( Voy. conpagsonsage). De nos jours la ciiarpente en fer tend à se substituer complètement à la charpente en bois. Celle-ci revêt presque toujours aujourd'hui un caractère provisoire ; mais elle est et sera longtemps l'auxiliaire de la charpente en fer, qui nécessite, pour son montage, des travaux préparatoires de charpente en bois souvent fort remarquables. — Yoy. : Krafft, Emv, llassenfratz, l Art de la charpente; liaiius et Biston, }ianuel du Charpentier.

Dans la Marine, on nomme charpentier celui qui travaille à la construction et à la réparation des vaisseaux et autres bâtiments.

CHARPIE (du vieux mot charpir, mettre en loques, da lat. carpere], nom donné aux filaments qu'on obtient en effilant du linge à demi usé qu'on a d'abord coupé par petits morceaux, de 0 m. 08 à 0 m. 10 de longueur et d'autant de largeur, ou bien en ratissant ce linge avec le tranchant d'un couteau. La première s'appelle C. longue; la seconde, C. râpée. On se sert de la charpie pour panser les plaies, les ulcères, les fistules, etc. : avec la charpie longue on fait des plumasseaux, des mèches, des Iwurdonnets ou rouleaux ; avec la charpie râpée, des tampons, des pelotes, etc. La charpie râpée est moins absorl)ante et plus irritante que la charpie longue. On emploie aussi bien le coton que la toile pour faire de la charpie ; il faut seulement que le linge soit blanc de lessive, et qu'il ne soit ni empesé, ni coloré en bleu par l'indigo. On remplace la charpie aujourd'hui par de la gaze ordinaire ou rendue antiseptique par l'incorporation de bichlorure de mercure, d'acide pnénique, d'iodoforme, de salol, etc.

CHARRÉE ^du lat. cinerata, cendrée), cendre qui a servi à faire la lessive. On l'utilise, en Agriculture, comme amendement.

CHARRETTE anglaise ou cart, voilure de promenade très légère, à deux roues, s'attelant à un cheval. Le siège peut être déplacé à l'aide d'un levier, de façon à faire porter le poids un peu en avant ou un peu en arrière de l'essieu et par suite à charger plus ou moins le cheval. Ces dispositions permettent de supprimer le frein.

CHARRON (de char), celui qui construit toute espèce de charrettes, fourgons, tombereaux, baquets, traîneaux, le train des carrosses, des cabriolets, etc. La fabrication des roues {Voy. ce mot) est la partie la plus importante et en même temps la plus difficile de l'art du charronnage. Les bois les plus propres à cette industrie sont l'orme, le frêne, le charme, I érable, le chêne. — Les charrons avaient été constitués en conununauté par Louis XII ; leurs statuts sont de 1498 et de 1668. St Eloi (1" décembre) était le patron des charrons.

CHARRUE (du lat. camtca), machine pour labourer la terre. Les parties principales d'une charrue sont : le contre, pointe aiguë qui tranche Ja terre verticalement : le «oc, fer de lance ou triangle qui soulève la terre el la coupe horizontalement; le sep, solide pièce de bois doubler de fer et garnie d'un talon, qui pèse sur le fond du sillon ; le versoir ou oreille, en fonte, qui fait retomber la bande de terre soulevée par le soc; \'age. dit aussi haye, perche, ou flèche, corps de la charrue, auquel s'adaptent par un bout les manchet ou mancherons, et par rautre ï avant-train et V attelage; enfin le régulateur, situé à l'extrémité antérieure de l'âge et qui permet d'élever ou d'abaisser à volonté la pointe du soc. On se sert, pour traîner la charrue, de bœufs ou de chevaux. — L'origine de la charrue est fort ancienne. Ce ne fut à rorigine qu'un simple pic, ou un soc grossier, qu'un seul homme pouvait manœuvTer. Celle des Romains n était d'abord qu'un crochet à deux branches dont la branche la plus courte entrait dans la terre en guise de soc. tandis que l'autre servait de flèche : ils v ajoutèrent successivement des oreilles, ou versoirs, et des coutres. Les Gaulois inventèrent lavant-train. I/)ngtem{)s la routine s'opposa aux améliorations imaginées par les inventeurs : cependant, dans ces derniers temps, plusieurs perfectionnements sont entrés dans la pratique. — La plupart des charrues dont on se sert auj. peuvent se réduire à quatre, types de

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