CHASSE
toutes les autres : i° la charrue à avant-train, à un seul versoir en fonte ; 2" la brandissoire ou C. sans avanttrain; ô° la C. tourne-oreille, dite de Fiance, avec ou sans versoir; 4° la C. à butter ou buttoir, à deux versoirs mobiles et opposés, avec ou sans train. — On appelle araires des charrues très simples et très légères, avec ou sans versoir et sans avant-train, dont on se sert encore dans le Midi.
On a aussi donné le nom de charrue à des instruments aratoires nui font l'office de scarificateurs et d'extirpateurs : au tranche-gazon, à la houe et au sarcloir à cheval. On se sert de la C. à dérayer pour agrandir les rigoles d'écoulement entre les billons; de la C. taupe, pour faire des saignées temjx>raires de dessèchement qui ne laissent point de trace.
CHARTE ou ciiARTRE (du lat. charta], terme générique employé pour désigner un ancien titre, quelle que soit sa nature. On appelait : C. de mundeburde (de l'allem. Mtmde, bouche, et Bûrdé, charge : engagement verbal) une charte de protection accordée par le roi à des corporations ou à des particuliers ; C. apenne, une charte délivrée par un magistrat pour constater qu'une maison avait perdu tous ses titres de propriété ; C. andelane (de l'allem. an die Hand, dans la main], un acte de donation remis par le donateur dans la main du donataire; C. prestaire, l'acte dans lequel une église ou un monastère accordait à un particulier l'usufruit de quelques terres à certaines condition? ; C. précaire, l'acte par lequel on demandait ou on acceptait cet usufruit ; C. paricles, les actes écrits en autant de doubles qu'il y avait de parties ; C. bénéficiaire, l'acte d'une donation faite par les empereurs ou par les rois franks des deux premières races aux guerriers, aux nobles, et dans la suite aux ecclésiastiques même, à condition de vasselage ou de service militaire ; C. de commune, les lettres par lesquelles le roi ou un seigneur, avec la permission du roi, érigeait les habitants d'une ville ou d'un bourg en corps et communauté après l'alfranchissement. Il y avait encore les C. de vente, de soumission, de caution, de garantie, d'héritage, etc. Voy. diplôme.
Au moyen âge, on nommait charte partie [charta partita, papier divisé) un acte détaché d'un registre à souche, ou que l'on séparait en deux pour en donner une partie à chacun des contractants. — Auj., dans le Commerce maritime, on nomme ainsi le contrat passé entre l'armateur ou le capitaine d' un navire et un commerçant qui fait l'affrètement, c.-à-d. qui le loue en entier ou en partie pour transporter une cargaison ou une certaine quantité de marchandises d'un port ou d'un pays à un autre désignés dans cet acte (C. de comm., art. 226, 275). Les chartes parties doivent être rédigées par écrit, faites doubles ou triples, et signées par les parties ; dans l'origine, on donnait seulement la moitié ou le tiers de l'acte à chacun des contractants. Voy. fret et connaissement.
CHARTE constitutionnelle, CHARTE NORMANDE, GRANDE
CHARTE. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
On appelait autrefois Chartrier le lieu ou étaient déposées les chartes d'une même maison, et Carlulaire un recueil de chartes. Voy. cartulaire.
h'Ecale des Chartes, créée en 1821 et annexée aux Archives nationales, reçoit un petit nombre d'élèves qui étudient les anciens manuscrits, et qui, après un cours de 3 ans, obtiennent le brevet d'archivistes paléographes. C'est une pépinière d'employés pour les archives et les bibliothèques publiques. Depuis l'ordonnance constitutive du 22 fev. 1821, cet établissement a été modifié par les ordonn. des 11 nov. 1829 et 31 déc. 1846, par les décrets des 18 août 1866 et 30 janv. 1869 et par l'arrêté du 23 juil. 1872. — L'enseignement comprend les cours suivants : paléographie; langues romanes; bibliographie, diplomatique ; institutions de la France ; droit civil et canonique, archéologie du moyen âge. Depuis 1839, elle publie un Bulletin mensuel intitulé Bibliothèque de l'Ecole des Chartes et qui renferme un grand nombre de travaux importants.
CHARTRE (du lat. carcer, prison; parce que, dit-on, cette maladie était commune dans les prisons, ou qu'elle retenait le malade comme prisonnier chez lui), synonyme de consomption (Voy. ce mot). — C'est aussi le nom vulgaire de la maladie appelée carreau ou atrophie méscntérique. Voy. ce mot.
riiARTi\E PRIVÉE. Ce mot désignait autrefois tout lieu, autre que la prison publique, dû ime personne était retenue
sans autorité de justice. Dans le Droit romain, quiconque détenait une personne en charlre privée encourait la peine de mort (loi I, § 1. Cod., de privatis carcer ibus). Une ordonnance de 1670 défendait aux prévôts de faire cnartre privée dans leurs maisons ou ailleurs. Ce mot n'est plus usité auj., sauf dans une locution proverbiale qui a survécu à la chose ; mais le fait est prévu par le Code d'insfr. crim. (art. 615) et par le Code pénal (art. 241).
CHARTREUSE. En Cuisine, on donne ce nom à une manière de préparer les perdrix aux choux. Ce sont toujours les carottes, les navets, les choux, le petit sale et les saucisses qui en sont l'accompagnement oblige; mais ils sont arranges d'une certaine façon, avec plus ou moins d'art.
CHARTREUX, ordre religieux. Voy. le Dict. d'ilisl. et de Géogr.
CHAS, trou percé à la partie supérieure d'une aiguille et destiné au passage du fil.
CHASSE (du latin captare). Le mot chasse signifie la poursuite des animaux sauvages de toutes sortes pour s'en eniparer, par plaisir, par utilité ou par profit. On dislingue différentes sortes de chasses : \& C. à courre, qui nécessite toujours un certain équipage : chevaux, meute, piqueurs ; elle est l'apanage des gens favorisés de la fortune. La bète lancée est suivie par les veneurs à cheval et forcée. On chasse à courre le cerf, le chevreuil, le sanglier, le renard et le loup ; — la C. à tir au chien d'arrêt, qui consiste à chercher et à faire lever le gibier et à le tirer au fusil ; — la C. aux chiens courants à tir, dans laquelle on traque le gibier afin de le tirer lorsfju'il franchit les enceintes ; — la C. aux filets et aux pièges : la première a lieu pour les oiseaux de passage, la seconde n'est pratiquée que pour les animaux nuisibles ; — la C. au furet pour le lapin ; — la C. à la pipée pour les oiseaux; — la C. au vol [Voy. fauconnerie) et les battues [Voy. ce mot).
La C. aux filets, exploitée par les braconniers, est interdite par la loi, car elle est éminemment destructive; elle n'est tolérée que pour quelques oiseaux de passage.
La chasse a de tout temps été un exercice très en faveur aussi bien chez l'homme civilisé que chez les peuplades sauvages. Elle a été en honneur chez tous les peuple* anciens. Les Grecs et les Romains rendaient un culte à Diane comme déesse de la chasse. Ces deux peuples se sont inontrés intrépides ; ils poursuivaient les bêtes fauves à l'épieu et au javelot. Les satrapes persans entretenaient des parcs immenses peuplés de bêtes fauves pour leurs plaisirs personnels. Plus tard, les Gaulois et les Germains se sont montrés passionnés pour cet exercice, qu'ils regardaient comme un apprentissage de la guerre. Nos rois et nos princes à leur tour se sont glorifiés d'être lx)ns veneurs, et la chasse devint exclusivement distraction royale ; les ordonnances les plus sévères en firent un privilège de la noblesse. Jusqu'en 1789 les grands feudataires la confis- (^uèrent à leur profit. Mais la loi du 4 août de cette année lit disparaître ces abus et reconnut à tous les propriétaires le droit de s'emparer du gibier par leurs terres. Alors une réglementation de ce droit fut nécessaire afin de ne pas nuire à l'agriculture et en même temps pour protéger la reproduction. On a reconnu avec justice que la chasse était avant fout un droit humain appartenant à tous. C'est d'ailleurs un excellent exercice hygiénique, propre à développer l'énergie, la patience et la décision.
Les plus hauts esprits l'ont préconisée et les auteurs qui ont écrit sur ce sujet sont nombreux. Dans l'antiquité, nous trouvons Xénophon, Oppien. Il convient de citer : dans des temps plus près de nous, les Déduits de la chasse de Gaston Phébus ; la Chasse royale de Charles IX ; la Vénerie de du Fouilloux ; le Dictionnaire des chasses de Baudrillard ; la Citasse au fusil de Magné de Marolles ; et, parmi les modernes, de La Vallée, d'IIoudetot, Charles Diguet (la Chasse en France) marquis de Cherville; Boirot de Lacour. A. de la Rue, commandant Garnier, etc. Pour les codes de la chasse; Duvergier, Rogron, G. de Villepin, Gillon.
En Musique, on donnait autrefois le nom de chasse : i" àt certains airs de cor ou d'autres instruments, dont la mesure, le rythrrje, le mouvement rappellent les airs que ces mêmes instruments donnent à la chasse ; 2° aux symphonies et aux ouvertures dont les divers motifs sont des airs de chasse, et dont les effets tendent à imiter l'action d'une chasse.
En Hydraulique, on donne le nom de chasse aux courants artificiels que l'on produit dans les ports pour dégager le chenal des sanles qu'y apportent les marées. On obtient