CHENILLE
longtemps on n'a porté que îles clicmises de toile de iin dblanche ou écrue, cl ce sont encore les plus belles. Aui. on en l'ait aussi en toile de coton (calicot, madapolam, etc.}, soit unies, soit imprimées : ces dernières sont dites chemises de couleur. — La confection des chemises a pris un panil développement de nos jours ; elle est l'oojct de l'industrie du chemisier.
La chemise qui servait au sacre des rois de France était en soie, ouverte et garnie de cordons aux endroits où le prince devait recevoir l'onction.
On appelait chemise ardente une chemise frottée de soufre que l'on faisait revêtira ceux qui étaient condamnés à être brûlés vifs ; les meurtriers portaient une C. rouge en allant au supplice; les criminels condamnés à faire amende honorable la prononçaient nus, en chemise. — On donnait le nom de C. de mailles à une cotte de mailles très mince qu'on portait sous le pourpoint comme arme défensive.
Les Artificiers appellent Chemise soufrée, C. à feu, une composition incendiaire qui entre dans l'armement des brîdots : c'est une toile imprégnée d'huile et pénétrée de matières inflammables, qu'on attache extérieurement à la coque d'un bâtiment ennemi, pour y mettre le feu.
CHEMNITZIA, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pectinibranches, famille des Pyramidellidées : coquille spirale allongée, présentant une Louche entière, un labre plus ou moins droit et une columelle encroûtée et sans plis. Les Chetnnitzia sont des coquilles marines qui vivent auj. dans toutes les mers. Il en existe de fossiles depuis l'époque triasique. Beaucoup d'entre elles avaient été classées à tort parmi les Mélanies. Voy. ce mot.
CHÉMOSIS (du gr. )ri^[iua'.î), bourrelet inflammatoire formé par la conjonctive autour de la cornée transparente, dans certaines ophtalmies, avec infdtration du tissu cellulaire sous-conjonctival. La cornée parait alors enfoncée au milieu des parties environnantes, qui font relief. Le traitement varie selon la nature de roptitalmie.
CHENAL (du lat. canalis], courant d'eau en forme de canal, borde des deux côtés de terres coupées en talus, quelquefois revêtu de murs, par lequel les navires peuvent passer, et qui sert à les faire entrer dans un port. — On donne ce nom à la partie la plus profonde et la plus navigable du lit d'une rivière, partie qui est généralement indiquée par des signes extérieurs. — C'est aussi un petit canal pratiqué le long d'un toit pour l'écoulement des eaux de pluie. Dans ce sens, chéneau est plus usité.
CHÊNE (du b.-lat. casnus, pour quercinus), Quercus,
genre type de la famille des Cupulifères ou Quercinées : eurs monoïques, les mâles en chaton, les femelles sessiles sur des axes communs situés à l'aisselle des feuilles ; périgone calicinal à 6 ou 8 divisions inégales, contenant, dans les mâles, de 6 à 10 étamines, dans les femelles, un ovaire infèreà 5 loges; feuilles irrégulières, lobées, sinuées, molles et pubescentes au printemps, glabres et coriaces en automne. Le fruit, ou gland, contient une graine ovale, coriace, enfermée dans une cupule ligneuse. — Les chênes atteignent 45 ou 50 m. ; leur accroissement est très lent ; la durée de leur vie est communément de 120 à 150 ans, mais elle dépasse quelquefois 5 siècles. On les trouve dans tout l'hémisphère septentrional ; et ils semblent étrangers à l'hémisphère austral. Les espèces de ce genre dominent dans nos forets. On les reproduit par semis ou par plants, les uns arrachés dans les chênaies, les autres élevés en pépinières.
Le bois de chêne est un des plus durs et, pour cela, un des plus employés dans la menuiserie, l'ébénisterie, le ciiarronnage et la sculpture; c'est aussi un des meilleurs hois de chauffage. Son écorce, réduite en poudre grossière, constitue le tan {Voy. ce mot), employé au tannage des cuirs, et qui sert ensuite à la préparation des mottes à brûler; c'est aussi un excellent succédané du quinquina. Plusieurs espèces portent des fruits doux, qui, en Grèce, en Asie Mineure, en Espagne et en Afrique, se mangent comme nos châtaignes. Les glands de la plupart des nôtres ont une saveur acre, qui ne les rend propres qu'à la nourriture des porcs et autres animaux domestiques. On parvient cependant à les dépouiller de cette âcreté en les laissant macérer dans une solution alcaline, telle que celle de sous-carbonate de soude.
Parmi les espèces utiles, on distingue : le Chêne j)êdonculé {Q. pedunculata], appelé aussi C. commun ou
à grappes, le plus gigantesque de nos chênes : il atteint 50 m.; le C. rouvre [Q. rohur], dit aussi C. à (jlaïuig sessiles, l'un des plus beaux de nos arbres forestiers; le C. tauiin [Q. tauza) ou C. angoumois, de 20 à 25 m.; le C. cerris (Q. cerris), dont les glands restent deux ans sur l'arbre, ainsi que ceux du précédent ; le C. yeuse [Q. ilex), à feuilles pei-sistantes, improprement appelé quelquefois Chêne vert; le 6'. vert proprement dit {Q. virens), chêne à feuilles pei-sistantes, et dont on compte plus de cent variétés; le C.-liège {Q. suber], arbre au midi de l'Europe, dont l'écorce produit le liège ; le C. querci- Iron [Q. tinctoria], grand et bel arbre de l'Amérique du Nord, dont l'écorce s'emploie à teindre en jaune citron les cuirs, les laines, la soie et le bois ; le C. à kermès {Q. coccifera], chêne nain de nos provinces méridionales, que l'on a considéré comme une variété de l'yeuse, et sur lequel vit l'insecte appelé kermès, dont on faisait un grand commerce avant l'introduction de la cochenille du Mexique ; le C. à la galle [Q. infectoi-ia), qui donne la noix de galle, produite sur ses feuilles par la piqûre d'un cynips; Te C. velani (Q. segilops), dont les larges cupules, appelées avélanèdes, sont employées en Orient comme la noix de galle; le C. belloteoxx castillan (Q. ballota), variété du Chêne vert, à fruits doux appelés bellotas, que les Espagnols mangent crus, bouillis ou grillés. On a encore le C. blanc (Q. alba), le C. rouge [Q. rubra), le C. à gros fruits [Q. macrocarjm), le C. écarlate [Q. coccinea], le C. des montagnes [Q. montana), etc., toutes espèces d'Amérique, à feuilles caduques, et dont la culture est aussi facile que celle de notre chêne commun.
Rien de plus varié, comme on le voit par l'énumération qui précède, que les usages du chêne : aussi cet arbre a-t-il été partout, à cause des services qu'il rend à l'homme, l'objet d'une grande vénération. Les Grecs l'avaient dédié à Jupiter; ils avaient spécialement consacré à ce Dieu la forêt de chênes de Dodone. Les Romains faisaient d'une couronne de chêne la récompense des vertus civiques. Chez les Gaulois, les druides allaient chaque année, le sixième jour de la lune de décembre, à la recherche du gui du chêne, et ils le détachaient avec une serpe d'or.
CHÊNE DE chari.es II, constcllatiou australe située par 10 h. 20 m. d'ascension droite et 60° de déclinaison, entre le Caméléon, le Centaure et le Navire, compte 5 étoiles de à" gi'andeur. 5 de 4°, 4 de 5".
CHÈNEVIS, graine du chanvre. Voy. chanvre.
CHÈNEVOTTE, partie ligneuse du chanvre, après que le rouissage et le teillage en ont séparé la filasse. On emploie les chènevottes, dans les campagnes, à chaulfer le four ou à faire des allumettes simplement soufrées.
CHÉNICE (du gr. yoïvt^), mesure de capacité pour les choses sèches, en usage chez les Grecs ; elle valait 2 xestes ou 4 cotyles [1 lit. 0/9 env.).
CHENIL (du lat. canile), lieu où l'on renferme les chiens d'une meute. Voy. meute.
CHENILLE (du lat. canicula), Eruca, larve des Lépidoptères, c. à-d. premier état de ces insectes depuis leur sortie de l'œuf jusqu'à leur transformation en chrysalide. Le corps des chenilles est velu ou glabre, allongé, cylindriqiie, composé de 12 anneaux, non compris la tête. Sur les 3 premiers de ces anneaux se trouvent 6 pattes articulées qui servent à la progression, et qui représentent celles que devra avoir plus tard»' l'insecte parfait; sur les autres existe un nombre variable d'appendices courts non articulés, appelés faicsses pattes, qui les aident à la marche, mais qu'elles perdent en passant à l'état de papillon ; sur les flancs sont 9 petits trous appelés stigmates, qui sont les orifices de leurs organes respiratoires. Plusieurs clienilles offrent d'autres appendices remarquables dont on ignore l'usage: p. ex., la chenille du sphinx porte sur le dernier anneau une petite corne dure dont il ne reste pas trace sur le papillon; celle du grand paon de nuit, de grandes aigrettes de poils noirs. Toutes les chenilles ont les mâchoires cornées et dentelées ; elles sont très voraces et attaquent toute espèce de végétation : aussi des règlements de police ont-ils prescrit de les détruire {Voy. échenii.lage). Elles changent 3 et 4 fois de peau avant de se transformer en chrysalides. Chaque inue a lieu par le dos, qui se fend pour que l'animal se dégage de son enveloppe : pendant cotte crise la chenille paraît souffrante : les vers à soie restent alors immobiles et sans manger, et cet accident est ccnnu dans les magnaneries sous le nom de sommeil. Arrivées à toute leur croissance, les chenilles se retirent dans des
CHENILLETTE
CHEVAL
crpux de murs, dans la terre ou sous les écorces, et filent une l'Offue où elles se convertissent en chi-ysalides ( Voy-ce mot . — On distingue les diverses espèces de chenilles par le nom du papillon auquel elles donnent naissance, ou de la plante sur laquelle elles vivent, quelquefois par leur structure ou leurs habitudes. Paimi les innombrables espèces, nous citerons comme remarquables : la chenille des Pyralrs, qui marche à reculons avec une très grande agililé: celle delà Noclua catocala,<\\i\ saute en courbant son corps en arc et le débandant comme un ressort, et toutes celles que l'on a appelées Chenilles rases, C. à livrée. C. épineuses, C velues, C. à brosse, C. à mamelons, C. géomètres ou arpenteuses, processionnaires, rouleuses, plieuses de feuilles, etc.
CHENILLE, passementerie de soie ou de laine, en foijne de cordon tors, et entourée de poils veloutés semblabres à ceux de la chenille; on s'en sert dans la broderie, pour faire des parures, orner des globes de pendule, etc. — C. de casque, crinière non flottante, à poil court et rude, comme en portent les sapeui-s-pompiers.
CHENILLETTE, plante. Voy. scorpfitre.
CHÉNOPODÉES (de Chenopodium, g.-lype), famille de plantes Dicotylédones apétales, renferme des herbes anruelles ou vivaccs et des arbrisseaux : ces végétaux, répandus dans toutes les régions tempérées, sont presque tous importants pour l'économie : feuilles alternes, ou plus rarement opposées ; fleurs solitaires ou axillaires, ou souvent encore nisjwsées en cymes, en épis et en panicules; calices à 5-5 divisions, étamines en nombre égal, opposées ; 4 ou 5 stigmates distincts; ovaire uniloculaire renlermant une graine en embryon annulaire ou spiral, amphitrope sur le côté, ou tout autour d'un périsperme farineux. — La famille des Chénopodées forme 7 tribus : Ansérinées, Spinaciées, Cyclolobées, Corispermées, Salicorniées, Susedinées et Salsolées. Genres principaux : VÉpinard, la Bette, VAnsérine [Chenopodium), VArroche [Atriplex], la Soude, la Salicorne, le Qiiinoa, etc. Voy. ces mots.
CHENOPODIUM (du gr. /tivôttouî, de yv, oie, et iroû<, Tooô;. pied, à cause de la forme palmée de ses feuilles), nom lalm Iwtanique du genre assébine.
CHEPTEL (bau. à), mot qu'on dérive du latin capitale, l'avoir, et que l'on prononce d'ordinaire chetel. On nomme ainsi un jjail de l)estiaux dont le profit doit être partagé en paris plus ou moins égales entre le propriétaire ou Ijailleur et le preneur, qui s'oblige à les garder, à les npurrir et à les soigner. On distingue : le C. simple ou ordinaire, dans lequel la tonte et le croît seulement se divisent par moitié entre le bailleur et le preneur; quant au laitage, au fumier, au travail des animaux, ils appartiennent en entier au preneur ; la perte, au contraire, doit toujours être supportée en commun ; le C. à moitié, société dans laquelle chacun des contractants fournit la moitié des bestiaux, à condition que le profit qui en naîtra sera partagé également entre les parties; le C. donné au colon parliaire. cheptel simple dans lequel les rapports qui lient le Ijailleur et le preneur font admettre certaines modifications, notamment cette condition que, si le bétail périt en entier sans la faute du colon, la perte est pour le bailleur, etc. (C. civ.. art. 1711 et 1804-1831).
CHÈQUE (de l'angl. check, de to check, contrôler, vérifier). lx)n à vue, détaché d'un livre à souche et donné à un tiers sur un banquier par un négociant ou un particulier qui a des fonds en dépôt chez ce Iwnquier. L emploi de cette monnaie fiduciaire, usité depuis longtemps en Angleterre, a été réglé, en France, par la loi du 14 juin 1865 : elle sert à éviter le transport du numéraire et à faciliter les liquidations en permettant à un débiteur de se libérer par la simple remise du chèque à son créancier. Le chèque se transmet par endossement ; il peut aussi être au porteur; il peut être tiré sur la même place et dans ce cas doit être présenté dans les 5 jours ; il doit l'être dans les 8 jours, s il est tiré d'un lieu sur un autre. Voir Lechevalier-St-André, Description et usage du mode de payement par chèf/ues (Paris, 1856).
CHÉRAIMELIER ou chéraxbolier, plante, l'oy. cicca.
CHERCHEUR, petite lunette astronomique ayant un grand ciiamp et un faible grossissement, que l'on adapte aux grandes lunettes et aux grands télescopes afin de trouver facilement le point du ciel vers lequel on veut diriger l'iiistriimcnt. On donne aussi ce nom à des lunettes puissantes, à flrand champ, qui servent spécialement à la recherche des comètes ou des petites planètes. Voy. lunette.
CHERIF (de l'arabe charif, noble, éminent), titre que prennent les princes ou souverains arabes et maures qui se prétendent issus de Mahomet. Voy. le Dict. d'Hisl. et de
CHÉRIIWOLIER, Cherimolia, plante. Voy. anone.
CHERSITE (du gr. yép'SOi, terre). Voy. tortue.
CHERSONÈSE [du gr. ■/epsùvr^mi, de x^p^Oî et vf,«joc. île). Voy. presqu'île.
CHÉRUBINS (de l'hébreu Kéroubim), esprits célestes qui tiennent le second rang de la première liiérarchie des Anges [Voy. ce mot). — On nonunait aussi chérubins les deux figures placées aux extrémités du propitiatoire des Juifs et qui représentaient, selon les uns, la tête d'un bœuf; selon d'autres, un mélange de la forme humaine, de celle de l'aigle, du bœuf et du lion. — En Peinture et en Sculpture, on donne le nom de chérubins à des têtes d'enfants ailées qui représentent des anges.
Ordre des Chérubins ou des Séraphins, ordre militaire de la Suède, fondé par Magnus IV
CHERVIS, nom vulgaire de la Berle des potagers [Sium sisarum), appelée aussi Chirouis et Girole. Voy. berle.
Faux Chervis, la Carotte sauvage. Voy. carotte.
CHESSYLITE, syn. d'AZURiTE.
CHÉTODOME, genre de Vers. Voy. échiure.
CHÉTODON du gr. /atinri, crin, et oooO;, dent), Chxlodon, genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes. famille des Squamipennes, renferme des ' espèces caractérisées par des dents plus ou moins déliées et semblables à des crins mobiles et élastiques; un museau un peu avancé, une bouche très étroite ; de petites écailles sur les nageoires dorsales et anales ; le corps et la queue fortement aplatis latéralement. Les chétodons habitent les mers des pays chauds ; ils sont comestibles.
CHÉTOPODES (du gr. zaîxr,, crin, et -noû;, pied), ou Vers sétigères, classe d'Annélides, pourvues de soies qui servent à la locomotion et souvent de branchies. Ces vers vivent quelquefois dans des tuyaux sécrétés par leur peau.
Voy. A>">"ÊLIDES.
CHEVAL (du lat. caballus), Equus, genre de Manunifères, de l'ordre des Jumentes et type de la famille des Equidés, fait partie du groupe des Solipèdes, caractérisé par la présence d'un seul doigt et d'un seul sabot à chaque pied. Les chevaux sont herbivores. Leur vue est bonne, perçante, et peut même s'exercer pendant la nuit; les yeux sont à fleur de tête. Les oreilles sont généralement grandes, mobiles et disposées en forme de cornets, les narines sont laidement ouvertes, les dents sont au nombre de 40 pour les chevaux : 12 incisives, 4 canines, 24 molaires, savoir : à chaque mâchoire 6 incisives, 2 canines et 12 molaires ; les 4 canines ne poussant pas chez la jument, celles-ci n'ont que 56 dents. Entre les incisives et les molaires se trouve l'espace intermédiaire qu'on nonune barre et sur lequel le mors prend son appui. — Les espèces du genre Cheval paraissent être toutes originaires du grand plateau central de l'Asie et de l'Afrique intérieure. Deux seulement, le Cheval propr. dit et VAne, ont été réduites à l'état de domesticité. Les autres sont VHémippe de l'Asie Mineure, VHémione de l'Inde et les espèces africaines, le Couagga, le Dauw et le Zèbre.
Le Cheval domestique [Equus caballus) est originaire de la Tartarie, mais auj. il est acclimaté partout. Bien qu'il fût inconnu en Amérique avant la découverte de cette contrée, on l'y rencontre maintenant en troupes considérables : ceux-ci proviennent de chevaux espagnols échappés à leurs maîtres depuis la découverte du Nouveau Monde. La taille moyenne du cheval est de 1 m. 50 ; la durée de sa vie est de 50 ans. La nourriture qu'il prclere se compose de foin, d'avoine et de paille hachée ; viennent ensuite \i luzerne, le sainfoin, le trèfle et les pailles de froment, d'avoine et d'orge. L'éducation du poulnin exige des soins particuliers. On le nourrit d'une l)Ouillie faite de farine d'orge, d'avoine et de froment, délayés dans de l'eau tiède. Vers 2 ans et demi ou 5 ans, on commence à le dresser : on lui met d'abord une selle légère, qu'on lui laisse 2 ou 5 heures par jour, ou bien on l'attelle pendant une période de temps équivalente. On l'accoutume de même à recevoir un bridon dans la bouche, à se laisser ferrer, à trotter seul. A 4 ans, on le monte, on l'attelle avec un. cheval fait ; on l'exerce à reculer, à obéir au mors et à l'éperon. Toutefois, en Normandie on ne les dresse que fort tard. Le cheval a quatre allures : le vas, le trot, l'amble et le galop [Voy. ces mots). Pour la couleur de
CHEVAL
CHEVAFJER
la rol)C, les chevaux sont dils : nons, blaïws. alezans, buis-, isabelles, gris, (jris-jwmmelrs, louaiin on pies, etc. (Votj. ces mois). — On reconnaît l'Age d'un cheval h ses dents incisives : de 6 à 8 mois, les dents de lait sont sorties: de 12 à 16 mois, les pinces ou incisives médianes rasant, c.-à-d. que les cavités s'y effacent et que la couronne présente une surface de frottement régulièrement plane; de 15 à 20 mois, la même chose a lieu pour les mitoyennes, et de 18 mois à 2 ans pour les coins ou incisives externes. De 2 ans et demi à T) ans, la seconde dentition commence : d'abord par les pinces; puis par les mitoyennes, de 3 à 4 ans : enfin par les coins, de 4 à 5. Après cela, on se guide sur le degré d'usure jusqu'à 8 ans. A cet âge les crochets ou canines ont pousse et commencent a s'user. A 6 ans, la cavité dentaire a disparu sur les pinces do remplacement, à 7 ans sur les mitoyennes et à 8 ans sur les coins. Plus tard, on dit que le. cheval ne marque plus, quoique cependant des signes moins certains, tirés de la lormc et de la couleur des dénis, fassent encore connaître approximativement son âge. Les canines manquent chez les juments.
En tète des principales races de chevaux se place le Cheval arabe, rcconnaissablc à son chanfrein droit, à sa tète carrée et à son encolure de cerf. On en distingue deux Variétés : les kochlani, pur sang, dont la généalogie est authentiqucment constatée; et les kadichi, qui |)roviennent de croisements inconnus. Les C- barbes, ou de la Barbarie, ont l'encolure plus légère, mais sont moins rapides : ils sont recherchés pour le manège. Les C. turcs se rapprochent du cheval arabe, duquel ils descendent; ils sont seulement plus longs et ont les reins plus élevés. Les C. espagnols ont le chanfrein busqué et la tète un peu grosse; ce qui fait dire qu'ils sont chargés de ganache : ils sont bons pour le manège et la cavalerie. Les C. allemands sont généralement enlevés et minces; ils sont néanmoins estimés pour la selle et le carrosse. Les C. suisses sont ramassés, vigoureux et sobres : ce sont de Ikuis chevaux (le trait. Les C. danois sont hauts et bien faits : ils s'emploient, comme les chevaux allemands, pour la selle ■et le carrosse. Les C. anglais, si renommes pour leur vitesse, proviennent du croisement de la race arabe avec la race anglaise pure, qui est d'origine normande; leur trot dur a nécessité la manière de monter dite à l'an-
flaise. Les C. russes, dont l'importance s'est révélée à Exposition universelle de 1867, réunissent presque toutes les qualités des chevaux énumérés ci-dessus : les trotteurs Orloff surtout sont remarquables; on ne compte pas moins de 20 millions de chevaux dans l'étendue de l'empire russe. — Les chevaux gaulois étaient déjà renommés avant la conquête de César : auj. la race normande fournit beaucoup de chevaux d'armes, de trotteurs et de carrossiers ; la race percheronne se distingue par ses chevaux de trait rapide et de gros trait; la race limousine et la race de Tarbes, par leurs chevaux de selle ; la franc-comtoise, par ses chevaux de trait; l'ardennaise, la bretonne et la landaise, par leurs chevaux légers; la boulonaise, par ses gros chevaux de trait ; l'auvergnate, par ses bidets ; et la j-ace du Poitou, par ses mulets. On compte, en France, environ 3 300 000 chevaux.
Tout le monde connaît les services que nous rend le cheval ; cependant la loi a été obligée d'intervenir pour réprimer les mauvais traitements que cet animal a trop souvent à subir (Loi du 2 juillet 1850).
Le cheval est encore utile après sa mort : ses crins servent à faire des tissus; son poil, de la bourre: sa peau, des chaussures ; sa chair, des engrais ; ses intestins, de la colle forte; ses os, du noir animal, etc. Enfin une ordonnance du 9 juin 1866 a permis la vente de la viande de cheval pour lalimentalion.
Cet animal belliqueux était chez les anciens consacré au dieu Mars, et sa vue était un présage de guerre. Les Perses, les Athéniens, etc., l'immolaient au Soleil et à Neptune. Suivant les poètes, le char du Soleil est traîné par 4 chevaux : Eoûs, Pyroéïs, Ethon et Phlégon. La Fable donno pour monture aux poètes un cheval ailé appelé Pégase. Les chevaux paissants désignaient la paix et la liberté, ou simplement un pays abondant en pâturages. Le cheval est aussi le symbole de l'empire : d'où chez les Arabes l'usage du cheval de soumission. Au moyen âge, on distinguait les destriers et les palefrois, chevaux de guerre et de tournoi, les haquenées, monture des dames et des clercs, les ronsins ou roussins, qui portaient les bagages, etc.
Girard, HoucI, Daumas, Montigny, Gayot, Quillinan, Vallon, Duhoussel, Morris, Barrier, etc., ont écrit sur le cheval.
Votf. IIARAS, ÊQUITATIO.V, VÉTÉRINAIRE, elc.
illieval marin. Voy. morse et hippocampe.
Cheval de rivière. Voy. hippopotame.
CHEVAL DE FRISE. Ce terme d'Art militaire désigne une poutre en bois traversée dans deux directions perpendiculaires par des lances en bois. Cette défense accessoire n'est plus guère employée que comme moyen de fermeture de? ouvrages.
CHEVAL-VAPEUR. C'cst, cu Mécaniquc, l'unité employée j)Our évaluer la force des machines. On entend par force d'un cheval-vapeur une force capable d'élever par secoiidt; un poids de 75 kilogr. à la hauteur d'un mètre. Ainsi une machine à vapeur de 10, de 20 chevaux, etc., c'est une machine à vapeur capable d'élever à un mètre jMir seconde un poids de 750 kilogr.. de 1500 kilogr.. etc. Le cheval-vapeur vaut à peu près 5,5 chevaux réels. C'est Watt qui a pris le ]ircmier le cheval-vapeur pour évaluer la puissance des machines. Voy. kilogrammètre.
PETIT CHEVAL, coiistollation lx)réale située entre le Dau-
f)hin, la Tète de Pégase et le Verseau, comprend 2 étoics de 4" grandeur et 5 de 5'; a jiour ascension droite moyenne 21 h. 0 m., pour déclinaison 5°. CHEVALERIE. Voii. chevalier.
CHEVALET (de cheval), en latin equuleus, instrument de torture, consistant tantôt en un cheval de bois dont le dos formait un angle très aigu sur lequel on plaçait le patient avec des poids aux pieds, tantôt en une table de Iwis ])ercée de trous, par lesquels on faisait |Misser des cordes attachées par un bout aux membres du patient et s'enroulant par l'autre sur un tourniquet qui servait à les tendre.
— Auj., on donne le nom de chevalet : 1» à la pièce de bois mince, posée d'aplomb sur la table d'un iiislrument à archet pour soutenir les cordes; 2' au bâti en lx)is sur lequel les peintres appuient les tableaux auxquels ils travaillent : on appelle spécialement tableaux de chevalet les tableaux de moyenne dimension; 3" aux pièces de bois assemblées en travers sur d'autres à-plomb pour soutenir les solives d'un plancher, etc.
chevalet, constellation située entre la Dorade ol le Navire, par 5 h. 40 m. d'ascension droite et 55" dodi'clinaison sud, comprend 3 étoiles de 4" grandeur et 14 de 5'.
CHEVALIER, chevalerie. 1" Chez les Romains, ces mots désignaient un des ô ordres des citoyens, intermédiaire entre les patriciens et les plébéiens. — 2* Au moyen âge, le titre de chevalier j)ouvait être conféré, avec certaines formalités, à toute |)ersonne noble ou non : c'est ce qu'on appelait armer chevalier. — 3° Le titre de chevtilier est le premier degré de la noblesse. — 4" Il désigne les membres de certains ordres, soit religieux et militaires 'comme ceux des Templiers, des Porte-Glaive, de St-Jean do Jérusalem, de Malte), soit purement honorifiques (comme les ordres de St-Louis, du St-Esprit, de St-Slichel, tic la Légion d'honneur en France: de la Jarretière, du Hain, en Angleterre; de la Toison d'or, de St-Ferdinand, do Charles III, en Espagne ; de l'Aigle noir et de l'Aigle rouge, en Prusse: de Sl-Vladimir, d'Alexandre, en Russie, etc.). Pour plus de détails, voy. le Dict. d'IIist. et de ^iéoqr.
— Pour les divers ordres modernes, voy. dans lo Dict. d'Hist. et de Géogr. le nom de chacun d'eux; l'Histoire générale des ordres de chevalerie de St-Allais, 1811 ; la Collection historique des ordres de chevalerie de Perrot, 1836; le Précis historique des ordres de chevalerie de Jacq. Bresson, 1844, et le Dictionnaire histo- 7-ique des ordres de chevalerie de II. Gourdon de Genouillac, 1853.
On nommait autrefois : Chevaliers es lois, par dérision, les jurisconsultes anoblis par Philippe le Bel et ses successeurs ; — C. de justice, celui qui était obligé de faire les preuves de noblesse exigées dans l'ordre de Malte; — C. du guet, le commandant des archers du guet ( Voy. guet) ;
— C. de l'arc ou de l'arquebuse, celui qui était i o( u dans les compagnies bourgeoises qui s'exerçaient au tir do l'arc ou de l'arquebuse. — On a appelé C. du poignard des jeunes gens nobles qui, en 1791. s'étaient voués à la défense du roi Louis XVI. On appelle encore C. d'honneur un officier de la maison d'une princesse ou duno souveraine, chargé de l'accompagner quand elle sort.
chevalier , Totanus, genre d'Oiseaux, do l'ordre des Echassiers limicoles, famille des Longirostres et voisins des Bécasses : bec un peu grêle, presque rond, aux ailes mé-