CHEVRON
Barbe-de-Càpucin ; C. du roi, la Tillandsie usnéoïde : C. de Vénus, l'Adiantc de Montpellier cl la Nigcllc de Damas.
CHEVEU DE VÉNUS, Variété aciculairc de Rutile [Voy. ce mol).
CHEVILLE (du lai. clavicula), tout morceau de bois ou de 1er qui sort à arrêter les asseml)lao;es de cliarpcntcric ou de menuiserie. — Dans l'Art du luthier, les chevilles servent à donner aux cordes des inslrumenls la tension convenable. Dans les pianos, les chevilles sont des cylindres d'acier carrés par un bout. Celles des violons, altos, violoncelles, guitares, etc., ont la tète plate et ovale, et sont en bois d'ébène ou de palissandre. — Cheville ouvrière, grosse cheville de fer qui joint le devant d'un carrosse avec la flèche ou les brancards.
En Anatomie, on appelle cheville du pied la saillie formée par la réunion des deux malléoles ou parois latérales de la boîte articulaire du pied de l'homme et des animaux vertébrés pourvus de jambes.
En termes de Boucherie, on nomme commerce à la cheville la revente par quartiers, dans les abattoirs, de la viande abattue. Lorsque les bestiaux sont abattus, on les suspend à de fortes chevilles pour les dépecer ; c'est alors que des bouchers dont le débit est peu important viennent acheter, par moitié ou par quartier de bœuf, ce qui leur est nécessaire pour garnir leur boutique.
Au figuré et en parlant de vers, on appelle cheville toute expression qui ne sert de rien à la pensée et qui n'est mise que pour la mesure ou pour la rime.
CHEVILLÉ, l. de Blason, attribut des ramures d'un bois de cerf : chevillé de tant de pièces, c.-à-d. de tant d'andouillers.
CHÈVRE (du lat. caper), Capra. Ce mot, qui dans l'usage vulgaire ne désigne que la femelle du Bouc ( Voy. ce mot), constitue un genre de Mammifères, de l'ordre des Ruminants et de la famille des Ûvissés, caractérisé par ses cornes dirigées en haut et en arrière, comprimées transversalement; ses oreilles droites, sa langue douce, son corps assez svelte, ses jambes robustes, ses mamelles au nombre de deux, et sa queue courte. Le pelage est composé de deux sortes de poils : les uns, extérieurs, longs, droits et raides, servent à faire des étoffes grossières ; les autres, cachés sous les premiers, sont laineux, d'une mollesse extrême, et servent à la fabrication des plus fins tissus. Le menton de la chèvre est le plus souvent garni d'une barbe.
h'.Ugagre, ou Chèvre sauvage, est considérée comme Il souclie de nos chèvres domestiques. Sa tète est noire en avant, rousse sur les côtés; sa barbe, brune; son corps, gris-roussâlre avec une ligne dorsale noire, ainsi que la queue. Les chèvres sauvages vivent en troupes sur les montagnes escarpées de la Perse. Nos variétés domestiques sont : la C. commune, connue de tous, et la C. sans cornes, dont le lait est plus doux, surtout celui des blanches, qui a moins d'odeur et que l'on préfère pour l'allaitement des enfants. La chèvre est plus robuste et plus forte que la brebis; elle exige beaucoup moins de soins; elle aime à paître dans les lieux escarpés et montueux, et se contente de la nourriture la plus frugale. La chèvre ])orte 5 mois ; elle fournit deux fois plus de lait que la brebis, et donne d'excellents fromages. Son petit se nomme chevreau. — Les chèvres des Alpes et des Pyrénées offrent des différences notables avec la chèvre commune. Parmi les espèces étrangères, on remarque : la C. de Cachemire, la C. de Thibet et la C. angora, renommées pour la finesse de leurs poils ; la C. de Juida, ou Metnbrine, du nord de l'Afrique, de taille fort petite ; la C. de la Hte-Égypte, de grande taille, à oreilles pendantes et à chanfrein busqué, etc.
La chèvre, chez les Grecs, était consacrée à Jupiter, en mémoire de la chèvre Amalthée qui avait nourri ce dieu. Elle était fort révérée à Mendès, en Égvpte; on crovait que Pan, la grande divinité c'.e cette ville, s'était caché sous la figure de cet animal.
. CHÈVRE, machine destinée à élever des fardeaux considérables, et (jui sert, dans les grandes constructions, pour porter aux étages supérieurs les pierres, les matériaux, etc. C'est un triangle formé de 2 longues pièces de bois, ou bras, assemblées avec une 3% plus courte, dite pied-dechèvre. Au sommet, on dispose une poulie ou une moufle ; un des bouts de la corde, qui passe sur cette poulie, va îattacher au fardeau qu'on veut enlever ; l'autre s'enroule
sur le cylindre d'un treuil horizontal qu'on nomme moulinet, qui peut tourner à l'aide de leviers on par une roue à chevilles. — Les carrossiers et les charrons se servent, pour soulever les voitures, d'un levier coudé qu'on appelle aussi chèvre.
CHÈVRE, étoile de 1" grandeur. Voy. cocher.
CHEVREAU, le petit de la Chèvre. On le nomme aussi Cabri. Sa peau, tannée cl chamoisée, sert à faire des gants excellents et des souliers de femme.
Les anciens sacrifiaient le chevreau au dieu Faune et aux autres dieux champêtres.
CHEVREAUX, trois étoiles de la constellation du Cocher. Voy. ce mol.
CHÈVREFEUILLE, Lonicera, ^enre de la famille des Caprifoliacées, tribu des liOnicérees, se subdivise en deux sous-genres, les Caprifolium et les Xylosteon. Au premier appartiennent : le C. des jardins [L. caprifolium], dont les rameaux, longs et flexibles, se soumettent à toutes les formes qu'on veut leur donner : on s'en sert pour masquer la imdité des murs, garnir les treillages, couvrir les berceaux, etc. ; sa tige, quoique sarmenleuse et grimpante, devicnl, par la culture, un petit arbrisseau de caisse ou de parterre, à lige droite et nue, terminée par une tête sphérique; ses feuilles sont opposées, sessiles, ovales, d'un vert glauque en dessous, les 2 ou 5 dernières paires étant réunies chacune par leur base ; ses fleurs sont rouges ou blanchâtres, ramassées en un bouquet terminal, composé d'un ou deux verlicillcs feuilles; le C. des bois {L. pcriclymemtm), qui ressemble beaucoup au précédent : ses fleurs, d'un blanc jaunâtre, un peu rougeâtres eu dehors, sont réunies en têtes lerniinalos, et répandent une odeur agréable; celle espèce est comnnmc dans les bois et les haies; sa racine fournit une couleur bleu de ciel, et ses jeunes rameaux peuvent être emplovés pour la teinture ; on fabrique avec ses liges et ses branches des dents pour les herses, des peignes pour les tisserands, des tuyaux de pipe à fumer; le 6. d'Italie (L. etrusca), qui alleint jusqu à 5 m. et donne des fleurs jaunes, etc. — Dans le second, ou range le C. des buissons [L. xylostetim) ou Catnérisier, à fleurs d'un blanc pâle, qui s'emploie aux mêmes usages que le précédent : ses baies sont éméliques et purgatives; le C. des Alpes [L. alpina). qui se distingue par ses grandes feuilles ovales et par ses fleurs jaunâtres, purpurines en dedans, géminées à l'extrémité d'un long pédoncule; le C. des Pyrénées [L. pyrenaica), à fleurs oblongues, presque sessiles, d'un vert glauque, à feuilles blanches, géminées sur chaque p(5doncule; le C. de Tartarie [L. tartarica], dit aussi Cerisier nain, Camérisier rose, charmant arbrisseau très rameux, en buissons touffus, dont le feuillage vert tendre est couvert, au printemps, de fleurs roses; ses rameaux, pendant l'hiver, sont d une blancheur remarquable ; le C. du Japon, le C. de l'Altaï, etc.
CHEVRETTE, femelle du chevreuil : elle est plus petite que le mâle, et, comme la biche, elle ne porte pas de bois.
cHEVRETTt:. Voy. aussi crevette, thocosite et craxcox.
CHEVREUIL, Cervus capreolus, sous-genre de Mammi-^ fères ruminants appartenant au genre Cerf [Voy. ce mol), et caractérisés par des bois courts, rugueux, à deux andouillers, et par une ligne blanche bordée de noir, qui coupe obliquement le bout de leur museau. Le chevreuil est plus petit que le cerf et le daim, dont il offre à j)eu près les formes générales; sou pelage est fauve ou giisbrun, ses fesses blanches. Les cliasseurs doinient au mâle encore jeune le nom de broauart. La femelle, appelée chevrette, n'a pas de bois: elle met bas deux petits (|ui reslenl 8 à 9 mois avec leurs parents. Ce joli animal est assez commun dans la plupart des parcs de l'Europe. C'est un des gibiers les plus estimés.
CHEVRON (de chèrre, à cause de la ressemblance qu'il y a entre le faîle d'un toit et l'échiné de la chèvre), piècj de charpente, é(|uarrie, de 0 m. 10 à 0 m. \h d'épaisseur, qui. dans les combles, porte les lattes ou les voliges recevant la couverture. \, ensemble des chevrons d'un comble s'appelle le chevronnage.
En Blason, c'est la pièce héraldique honorable dont l'usage avec celui de la croix était le plus fréquent en France. Le chevron est composé de deux pièces assemblées en forme de compas à demi ouvert : la tète du compas part du milieu du chef sans loucher au bord de l'écu, et les deux extrémités aboutissent à la dextre et à la sénestre
CHEVROTAIN