‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 332 sur 1729 · CHOLÉRA · texte numérisé non relu

CHOLÉRA

CIIOREE

cOurl)c, le bacille virgule est surtout dangereux par les poisons ou toxines qu'il sécrète. — On rcconnail généralement comme causes prédisposantes du clioléra la misère et les privations qu'elle entraîne, l'insalubrité des babitations, surtout l'bumidité, les alternatives de cbaud et de froid, l'intempérance et les excès de tout genre. En temps d'épidémie, l'usage de l'eau préalablement bouillie, puis refroidie et aérée, est à recommander.

CHOLÉRA spoRADiQUE. Il cst moins grave que le précédent ; c'est aussi celui dont l'existence paraît être la plus ancienne; il frappe brusquement, en toute saison, mais surtout pendant les chaleurs de l'été, sans causes prédisposantes bien déteraiinées : les excès do table, une mauvaise digestion ou l'usage d'aliments de mauvaise qualité suffisent pour le provoffuer. Il débute par des crampes douloureuses dans l'abdomen ; viennent ensuite des vomissements répétés d'aliments à demi digérés cl de matière verte, puis d'iuie substance plus foncée, verdàtre, brune ou noirâtre ; des déjections alvines fréquentes et de même nature ; une douleur vive, déchirante et brûlante dans tout le canal intestinal, avec refroidissement et contractions spasmodiques des membres, et des défaillances ; il atteint souvent en quelques heures son maximum d'intensité : rarement il se prolonge au delà de 48 heures. — Pendant les premières heures, jK)ur calmer la soif ardente du malade et adoucir les contractions de l'estomac, on emploie une boisson légère, mucilagmeusc ou acidulée, par quart de verre ; d'autres médecins défendent toute boisson, et y substituent quelques tranches d'orange, ainsi qu'un peu d'eau de laitue et de sirop diacode ; on recommande aussi les cataplasmes sur le ventre et les lavements narcotiques. Si les progrès du mal augmentent, on a recours au laudanum Hquide ou à l'extrait gommeux d'opium et aux rubéfiants : un large vésicatoire sur l'épigaslre a souvent réussi. On combat les vomissements au moyen de la glace, du camphre, de l'éther, etc.

Le chloléra paraît avoir été connu dès la plus haute anti-

Ïuité ; son nom est grec ; il est mentionné par Galien et par else. Il a été désigné à diverses époques sous une foule de noms divers. Depuis longtemps répandu en Europe sous la forme sporadique, il s'y est montré à plusieurs reprises sous la forme épidémique. La terrible jjeste noire qui emporta près de la moitié de la population de l'Europe au xiv= siècle, le (rousse-galant, l'épidémie observée par Sydenham en 1GG9 et 1076, semblent avoir eu lieaucoùp d'analogie avec le choléra de nos jours. Ce dernier, parti en 1817 des bords du Gange, où ce mal est permanent, ravagea d'abord les îles de la mer des Indes, puis l'Arabie et l'Egypte, pénétra en Russie, et envahit vers 1830 l'occident de l'Europe et même l'Amérique : la France et l'Angleterre en ont été infestées en 1832,49, 54, 65 et 66, 73,84. CHOLÉRA DES ENFANTS, maladie qui présente des symptômes analogues à ceux du choléra sporadique. Elle naît le plus souvent sous l'inlluence des grandes chaleurs et attaque les enfants surtout à l'époque du sevrage, au moment où les organes digestifs ne sont pas encore habitués à une alimentation substantielle. Son début est souvent brusque : des vomissements et dès selles très répétés amènent bientôt une grande faiblesse, période algide, qui ne dure guère

?ue 24 ou 48 heures et peut se terminer d'une manière unesle. Si l'on parvient à arrêter les évacuations, on entre dans la période typhique qui dure de 6 à 8 jours et présente plus de chances de guérison. — Le traitement exige dès le début l'emploi exclusif du lait de la nourrice comme alimentation. La décoction blanche de Sydenham, l'huile de ricin à petites doses répétées tous les matins, 1/2 goutte à 2 gouttes de laudanum de Sydenham constituent le traitement à opposer à la maladie.

CHOLÉRA DES POULES. Lcs poulcs sout Sujettes à une maladie grave, éminemment contagieuse, à laquelle on a donné le nom de choléra des poules, en raison de certains caractères qui la rapprochent du choléra humain. Cette maladie a pour cause la présence d'un de ces microbes parasitaires dont les recherches modernes ont démontré l'existence dans un grand nombre de maladies infectieuses. En cultivant ce microbe, M. Pasteur est parvenu à atténuer sa virulence et à pratiquer sur les poules une inoculation qui les rend réfractaires à cette maladie redoutable. Ce résultat est l'un des premiers en date qu'ait obtenus M. Pasteur dans ses recherches sur l'atténuation des virus, recherches qui devaient révolutionner la médecine moderne.

CHOLÉRINE. Voy. CHOLERA léger.

CHOLESTÉRINC (du gr. y/A-fj, bilc,"et atepérf?, solide), matière grasse, solide, blanche et cristalline, qui compose souvent les concrétions biliaires : elle fond à 137» et se sublime en partie vers 350". Par l'action des acides elle donne de véritables éthcrs à la manière des alcools proprements dits; traitée par l'acide azotique, elle se convertit en un acide dit choleslérique, qui est solide, jaune-orangé, fusible à 58°, peu soluble dans l'eau, mais soluble dans l'alcool bouil'ant. — La cholestérine se rencontre non seulement dans le foie, mais dans le sang, dans le cerveau et les nerfs, dans le jaune d'œuf, dans l'huile de foie de morue; on l'a trouvée dans le gluten, dans le maïs et dans l'huile d'olive. — Découverte en 1775 par Conradi dans les calculs biliaires, la cholestérine fut étudiée et définie par Chevreul qui lui donna ce nom.

CHOLIAMBE (du gr. yuiXîaaëo;, ïambe boiteux], ou SCAZON, vers ïambiquc dont le dernier pied est un spondée au lieu d'être un "ïambe, ce qui le fait docker. Ilipponax en est l'inventeur. Théocrite et Babrius, chez les Grecs ; Catulle et Martial, chez les Latins, en ont fréquemment fait usage.

En voici un exemple (Babrius, fab. II) :

'Av^p I T'êwp I Y^î ^H- 1 'îK^'^ I va ta I tppeûwv.

CHOLINE. Voy. névrine. ^

CHONDRINE (du gr. ywô^o^, cartilage), albumine provenant de l'action de l'eau bouillante sur la matière des cartilages ou cartilagéine : on la confond à tort avec la gélatine. Desséchée, c'est une masse dure, cornée, se gélatinisant avec l'eau où elle est soluble, insoluble dans l'alcool et l'éther. Les sels de plomb, de cuivre, de fer, ainsi que les acides, la précipitent de ses solutions, ce qui la distingue de la gélatine. — Découverte et étudiée par M. Muller.

CHONDROOITE (de yôvSpoî, grain), silicate de magnésie (8Mg0.3SiO*) (avec du fluor qui probablement remplace l'oxygène) en grains jaunes, d'aspect résineux, appartenant au système clinorhombicjue. Se trouve surtout à Pargas (Finlande).

CHONDROME, nom donné, en Pathologie, aux tumeurs formées de tissu cartilagineux. Elles siègent de préférence dans le tissu conjonctif et surtout dans les os ; on en o\yserve souvent dans les os de la main, où elles constituent des masses transparentes souvent volumineuses. On les traite par l'excision.

CHONDROPTÉRYGIENS (du gr. yô^Sf-oî, cartilage, et TTépj^, nageoire), nom donné par Artedi à une grande division des Poissons, comprend tous ceux dont le sciuelette est cartilagineux, c.-à-d. les Sturioniens (Esturgeon), les Sélaciens ou Plagiostomes (Raie, Squale), et les Cyclostomes ou Suceurs (Lamproie).

CHOPE (de l'ail. Schoppen), gobelet en forme de cône tronqué renversé, dont on se sert pour boire la bière, et dont l'usage a été introduit de Belgique en France. Sa contenance est env. celle de la cliopinc.

CHOPINE (de l'ail. Schoppen), ancienne mesure de liquides en France, contenait la moitié d'une pmte, un peu moins de 5 décilitres.

CHOQUARD, Pyrrhocorax, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux eonirostres, renferme plusieurs espèces, entre autres le Choucas des Alpes et le Choquard stcrin : bec médiocre, plus ou moins arciué, écliancré à sa pointe; pieds forts, rooustes; tarses plus longs que le doigt de milieu, ailes grandes et pointues, queue légèrement arrondie. Ces oiseaux ont le plumage noir avec des reflets d'un pourpre changeant au vert. Les choquards ont les mœurs des corbeaux; l'été, ils habitent les plus hautes cimes des Alpes et des Pyrénées; l'hiver, ils descendent dans les vallées.

CHOQUE, outil dont les chapeliers se servent pour donner au feutre la forme de chapeau et faire descendre la ficelle jusqu'au lien.

CHORAL (chant), nom donné jadis à une espèce de chant d'église [Voy. chant), et qui désigne surtout auj. les cantiques en langue vulgaire des églises protestantes. Les chorals de Luther et surtout les merveilleux chorals de J.-S. Dach sont universellement admirés.

CHORÉE (du gr. yopsEa, danse), dite aussi Danse de Saint-Guy ou de Sainl-Wit, maladie caractérisée par des mouvements involoni aires et désordonnés d'un certain nombre de muscles, principalement des muscles des membres. Cette maladie attaque do préférence les enfants, les femmes, ceux qui ont un tempérament nerveux ou qui

Page 1