‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 338 sur 1729 · CIMENT · texte numérisé non relu

CIMENT

jaunâtre, et longue de 0 m. 04 : c'est la seule qu'on trouve "(iaiis le midi de la France ; on la rencontre quelquefois jusqu'à Fontainebleau.

Cliez les Grecs, la cigale était consacrée h Apollon : elle n'en était pas moins aussi le symbole des mauvais poètes. D'après la Fable, Titlion, époux de l'Aurore, fut métamorphosé en cigale. Selon Thucydide, les Athéniens des premiers temps et en général tous les Ioniens relevaient leur chevelure avec des cigales d'or : c'était pour eux un symbole d'autochtonie, les cigales naissant, disaient-ils, du sol même.

CIGARE (de l'cspagn. cigarro, qui signifie proprement a cigarette »), petit rouleau de brins de tabac à fumer (tripe ou intérieur) enveloppés dans un fragment de feuille (sous-cape ou enveloppe), recouvert lui-même d'une feuiHe généralement plus Une (cape ou robe) . Les meilleurs cigares sont ceux fabriqués avec les tabacs de la Havane ; on les distingue d'après le module (vilole) et la marque (nom du fabricant). La nomenclature et les prix des cigares de luxe sont très variés. Dans les cigares moins cliers entrent les tabacs de Sumatra et de Java, pour les robes, de Brésil et de Mexique pour l'intérieur. Eu France, les cigares à 7 c. 1/2 et 5 c. sont confectionnés avec des tabacs indigènes mélangés de kentueky.

CIGARETTE, petit rouleau de brins de tabac haché enveloppés dans une petite feuille de papier de riz (parfois de paille de ma'is). La Régie française fabrique de nombreuses variétés de cigarettes, confectionnées la plupart à la machine Decouflé. Les plus chères sont celles faites avec du tabac d'Orient, en particulier le giubech. — On fait usage, en Médecine, de cigarettes de stramonium, de digitale, de belladone, etc., qu'on fume comme les cigarettes ordinaires. On aspire aussi, sans combustion, des cigarettes camphrées : dans ces dernières, le camphre est renfermé dans un tuyau de plume ou d'ivoire.

CIGOGNE, Cicoiiia, genre dOiscaux, de l'ordre des Echassicrs cullrirostrcs, sous-ordre des Hérodicns, voisin du Héron et de la Grue, renferme les sous-genres Cigogne propr. dil, Jabiru, Ombrette, Tantale et Spatule. — l^es Cigognes proprement dites ont le bec long, conique, pointu et fendu en avant des yeux, le cou et les pieds très longs, 4 doigts, dont 5 antérieurs réunis par une membrane. On distingue les vraies cigognes, qui ont la tête cmplumée, et les marabous [Voy. ce mot), qui ne l'ont pas et qui ont le Ijcc très gros. La cigogne a des mauvements lents et mesurés : elle n'a d'autre cri que le clapotement qui résulte du choc de ses mandibules l'une contre l'autre : elle ne le fait guère entendre que quand elle est effrayée. Cet oiseau vit le long des rivières et dans les marais, où il se nourrit de reptiles, d'oiseaux, de poissons, etc. Il établit son nid sur des arbres élevés ou sur le haut des maisons. Quoique les cigognes aient des ailes de médiocre étendue, elles peuvent franchir d'un essor soutenu d'immenses espaces. Tous les ans, à la fin de l'été, elles quittent les contrées du Kord pour aller s'abattre en Afrique, particulièrement sur les bords du >'il. Les cigognes sont d'un naturel très doux et se familiarisent aisément avec l'aspect de l'homme; elles sont aussi remarquables parle vif attachement qu'elles témoignent pour leurs |)elits. Ces qualités et la guerre de destruction qu'elles font aux reptiles et autres animaux malfaisants ont fait de la cigogne l'objet d'un culte religieux ; les anciens la regardaient comme l'emblème de la piété filiale; en beaucoup d'endroits, leur vie est protégée par des lois ou des coutumes locales. — La C. blanche [C. alba), type des Cigognes proprement dites, est haute de 1 m. à l'm. 20; elle a les pennes des ailes noires, le bec et les pieds rouges. On la trouve dans le nord-est de la France, ainsi que la C. noire (C. nigra], qui est beaucoup plus sauvage que la précédente.

CIGUË (du lat. cicula\, Conium, genre de la famille des (iniboUifères, tribu des Smyrnées, est caractérisé jiar ses fleurs blanches, ses fruits globuleux, à côtes crénelées en forme de petits tubercules renfermés dans un involucre de plusieurs folioles linéaires. Il renferme des plantes herbacées, aimuelles, bisannuelles ou vivaccs, dont la principale espèce est la Grande Ciguë [C. maciilatum\, aux feuilles grandes, d'un vert très foncé et un peu luisantes, célèbre chez les anciens comme plante vénéneuse, dont on extrayait, à Athènes, le poison destiné à certains condamnés : Socrate et Phocion Durent la ciguë. Le suc de cette plante est d'autant plus vénéneux nu'elle croit dans un climat plus chaud : on en combat les mauvais

olfets à l'aide de purgatifs et d'acides végétaux (vinaigre, suc de citron, etc.). Elle doit ses propriétés à un alcaloïde particulier appelé cicutine ou conicine [Voy. co.mcixe; ; on l'emploie en médecine comme narcotique, parliculièreinent contre le cancer, les scrofules, la goutte, etc. : on l'administre, soit à l'intérieur, sous forme d'extrait, soit à l'extérieur, sous forme de cataplasme et d'emplâtre.

Deux plantes, appartenant à des genres tout différents du précédent, portent aussi vulgairement le nom de ciguë, à cause de leurs propriétés vénéneuses; ce sont : la Petite Ciguë bfHhusa cynapium), qui se confond facilement avec le Persil [l'oy. a:tiicse), et la Ciguë viveuse ou Cicutaire [Voy. ce mot).

CIL, CI1.IA1RE (du latin cilium). Les cils sont les poils qui bordent les paupières de tous les Mammifères : ce sont des organes protecteurs, garantissant d'une part le globe de l'œil du contact de toutes les poussières qui llottent dans l'atmosphère, et d'autre part servant à tamiser une lumière trop vive. — Chez l'homme, ces poils, au nombre de 100 à 150, sont dure, raides, de la couleur des cheveux et des sourcils, disposés sur 2 ou 5 rangs, plus longs et dirigés en haut à la paupière supérieure, moins forts et dirigés en bas à la paupière inférieure. Dans certains cas, la direction des cils est changée, ils sont portés en dedans et déterminent alors par leur frottcmeiit une inflammation du globe de l'œil qui oblige à les exciser. Comme tous les poils, les cils sont lubréhés par le liquide de deux glandes {glandes ciliaires], situées à la base de chacun d'eux. Lorsque ce produit est sécrété en plus grande abondance, il s'amasse au bord des paupières et forme ce qu'on appelle la chassie, que beaucoup de médecins ont à tort, jusqu'à ces derniers temps, attribuée à d'autres glandes (glandes de Meibomius). — On appelle procès ciliaires, des organes de l'intérieur de l'œil : ce sont les plis, les froncements de la choroïde, une des membranes qui tapissent l'intérieur du globe, à l'endroit oij cette espèce de sac rétrécit son ouverture pour s'insérer sur le cristallin : ces plis, au nombre de 60 à 70, rayonnent régulièrement, formant une sorte de couronne autour du cristallin : on les voit facilement en examinant de dedans en dehors un œil coupé.

En Botanique, on donne le nom de cils à des poils fins, rangés sur une ligne au bord de différents organes. — En Zoologie et dans la Botanique crypto^mique, on donne aussi ce nom à des filaments très déliés, ordinairement doués d'un mouvement spontané et continuel; ce sont des organes de locomotion. Voy. viDRAxaE, coxtbactilité,

AMHÉROZOÏDES Cl ZOOSl'OUES.

CILICE, large ceinture ou sarrau en poil de chèvTe (de Cilicie), en crin ou en tout autre poil rude et piquant que l'on porte sur la peau par mortification. La naire est une espèce de chemise du même tissu. Le cilice était fort en usage chez les Hébreux, qui le portaient, en se couvrant de cendres, dans les temps de deuil et de disgrâce. .

CILIÉ. En Zoologie, on a donne le nom de Ctltes a diverses sections de Protozoaires dont le principal caractère est d'avoir le corps pourvu d'appendices locomoteurs latéraux en forme de cils. — En Botanique, ce mot se dit de toutes les parties des végétaux qui sont bordées. de cils.

CIMAISE. Voy. cymaise.

CIMBEX (du gr. xiaêsl), genre d Insectes, de 1 ordre des Hyménoptères térébrants, famille des Porte-Scie, tribu des Tenthrédincs. Us ont env. 0 m. 02 de long; leur tcte est bombée en dessus, très plate en dessous; les yeux ovales, convexes; les mandibules très tranchantes, les pattes antérieures courtes, et les postérieures très développées. Le type du genre est le C. jaune, qu'on trouve en France sur le saule, le bouleau, etc.

CIME. Voy. CYME.

CIMENT (du lat. cxmentum), mortier que l on comjiose avec de la brique concassée et de la chaux, et qui sert dans les constructions. — Le dînent romain est un produit de la calcination de certains calcaires argileux ; c est une espèce de béton et une excellente chaux hydraulique. Après avoir été gâché en une pâte un peu consistante, il acquiert en un quart d'heure, tant sous l'eau que dans l'air, une grande solidité, qui s'accroît promptement avec le temps, en sorte qu'au bout de quelques jours il prend la dureté des meilleures pierres calcaires. Découverte pour la première fois en Angleterre, la pierre à ciment a été trouvée en France, d'abord à Boulogne-sur-mer, puis a

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