‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 34 sur 1729 · AINESSE · texte numérisé non relu

AINESSE

En Botanique, on nomme aile la partie latérale de la corolle lies l'apilionaece*, ainsi que toutes les membranes saillantes lies véffétaux disposées aux côtés de la tige, des rameaux, etc. On nomme feuilles ailées celles qui sont composées de deux folioles opposées. Certaines graines, comme celles des Pins, présentent un appendice portant ce nom.

En Architecture, on nomme ailes deux parties construites à droite et à gauche du corps principal d'un édifice; les ailes d'une église en sont les bas-côtés. Dans la Sculpture et la Peinture, les ailes sont un symbole de légèreté et aussi de spiritualité. Iris, Mercure, les Vents, le Temps, la Renommée, Psyclié, etc., ont des ailes. Chez les ciu'étiens, les anges et toute la milice céleste (Chérubins, Séraphins, etc.) ont aussi des ailes.

Dans l'Art militaire et naval, les ailes sont les fractions (le droite ou de gauche d'une troupe ou d'une flotte rangées en ligne.

AILERON [A'aile]. Chez les Oiseaux, on nomme aileron ou fouet de l'aile l'extrémité de l'aile, composée de plumes longues et étroites dites pennes; — chez les Insectes, ce mot est synonyme de citilleron ( Voy. ce mot) ; — chez les Poissons, ce sont les os qui retiennent les rayons des nageoires.

AILETTES, sorte de petits tenons fixés sur les projectiles des liouches à feu rayées se chargeant par la bouche. Les ailettes sont disposées en deux couronnes et placées de manière à pouvoir s'engager par deux dans chaque rayure. Elles servent à diriger le projectile et à lui imprimer le mouvement de rotation qui est nécessaire pour la justesse du tir [Voy. armes). Les ailettes sont d'un métal moins dur que celui de la bouche à feu afin d'éviter de la détériorer.

AILLOLI, mets provençal (ju'on prépare avec des gousses d'ail liiiement pilées cl de l'huile d'olive.

AILURUS, nom scientifique du Panda, mammifère carnassier. Voy. PANDA.

AIMANT (du gr. àSitiaî. fer, acier), nom donné d'abord à une espèce de minerai de fer, d'un aspect métallique, d'un noir brillant, qui présente parfois la propriété d'attn-er le fer et l'acier; puis appliqué généralement à des barres d'acier rendues magnétiques artificiellement [Voy. aimantation) : on nomme ces derniers aimants artificiels. La pierre d'aimant, ou aimant naturel, est un oxyde de fer de formule Fe-'O*, qu'on appelle fer oxydulé ou viagnétite [Voy. ce mot). Lorsqu'on plonge un aimant soit naturel, soit artificiel, dans de la limaille de fer, on voit celle-ci y adhérer; si l'on présente l'aimant à distance, la limaille est attirée et s'élance sur lui. On peut arriver à construire des aimants très puissants pouvant soulever des masses de 50 et même de 100 kilog. — La limaille ne se répand pas uniformément sur la surface d'un aimant; elle s'amoncelle surtout autour de deux points opposés qu'on appelle les pôles de l'aimant, et il reste vers le milieu une ligne, dont les points n'exercent aucune action attractive et qui se nomme ligne neutre ou ligne moyenne.

Une aiguille aimantée, suspendue librement, prend une direction déterminée [Voy. aigcillf. aimantée). La force directrice à laquelle elle obéit réside dans la terre [Voy. MAGNÉTISME TERRESTRE). Ou appelle pôle nord ou austral celui qui se tourne vers le nord de la terre, quand l'aimant est suspendu comme une aiguille de boussole, et pôle sud ou boréal, l'autre pôle. Les pôles de même nom se repoussent, les pôles de nom contraire s'attirent, et les intensités de ces attractions ou répulsions sont en raison inverse du carré des distances. — Si l'on brise un aimant en plusieurs morceaux et qu'on plonge dans la limaille chacune de ces parties, on trouve que chacune d'elles est un aimant avant ses deux pôles et sa ligne moyenne. Quelmiefois on ohserve plus de deux pôles sur un aimant ; alors deux pôles consécutifs sont toujours de nom contraire; on dit qu'un pareil aimant a des points conséquents .

Les aimants artificiels prennent les noms A'aiguilles, de hunes, de barres ou de barreaux, suivant leurs dimensions. La réunion de plusieurs aiguilles ou de plusieurs lames aimantées ayant toutes les pôles de même nom tournés dans le même sens forme une armature ou un faisceau magnétique. On donne souvent aux aimants la forme de fer à cheval.

Les aimants servent : à reconnaître la présence du fer, rnème en petite quantité, dans les minerais et dans les pierres précieuses; à séparer de petits objets en fer confondus dans des amas de poudres métalliques; enfin, a

former la boussole [Voy. ce mol) qui indique au navigateur la position des points cardinaux.

Les anciens connaissaient les propriétés de l'aimant, qu'ils appelaient magnes, pierre herculéenne, sidcrilis ou pierre de Lydie. Mais ce ne fut r^ue dans le xii<= siècle (|ue l'on connut en Europe la faculté qu'a ce minerai de prendre une direction constante, quand il est convenablement suspendu. Le médecin anglais Gilbert a le premier démontré, à la fin du xvi* siècle, que c'est l'action de la terre qui dirige l'aiguille aimantée. Les principales lois du magnétisme ont été déterminées par le physicien français Coulomb; puis les découvertes d'Œi-sted,' (l'Ampère et d'Arago (1820), de Faraday (1852), ont considérablement étendu cette branche de la physique [Voy. électro-magnétisme). On sait auj. que l'aimânt agit sur tous les corps, attirant l(!s uns et repoussant les autres; mais la plupart de ces effets exigent des aimants très puissants. — Les anciens attribuaient à l'aimant des propriétés thérapeutiques. Cet usage de l'aimant était depuis longtemps tombé dans l'oubli, lorsque Mesmer, au dernier siècle, le remit en vogue [Voy. magnétisme animai.).

AIMANTATION [A'aimanl), opération par lacpiellc on communique au fer ou à l'acier des propriétés mafjnéliques. Le fer doux, au voisinage d'un aimant, acquiert immédiatement les propriétés magnétiques, le point le plus ra|>proclié du pôle agissant devenant un jwle de nom contraire ; mais il les perd aussitôt que l'on éloigne l'aimant. Avec l'acier, le magnétisme est beaucoup plus lent à se développer, mais il persiste au moins en grande |)artie. C'est ce qu'on appelle l'aimantation par influence. — Pour aimanter régulièrement des barreaux d'acier, on emploie divers procédés : 1° la simple touche, opération qui consiste à frotter la pièce qu'on veut aimanter sur un fort aimant naturel ou artificiel, en la faisant glisser chaque fois d'un bout à l'autre, toujours dans le même sens et sans en changer le pôle ; 2" la touche séparée, ou procéda de Duhamel : on emploie deux barreaux dont on pose les ))ôles de nom contraire au milieu de l'aiguille, puis on It* amène du milieu vers les extrémités, on les reporte au milieu, et ainsi de suite, de manière h aimanter par simple touche chaque moitié de l'aiguille : 5° la double touche, ou procédé d'.-Epinus, qui s'emploie pour aimanter les pièces fortes : il est semblable au précédent, avec la dilférence qu'on promène ensemble les barreaux aimantés d'un lK)ut à l'autre de la pièce, en les faisant aller et venir sans dépasser les extrémités. Dans ces procédés, il est avantageux de faire reposer les extrémités de l'aiguille à aimanter sur les pôles de nom contraire de deux aimants fixes, dont l'action par influence s'ajoute à celle des aimants mobiles. — Outre ces trois procédés d'aimantation, Vaction de la terre, les décharges électriques, les coulants voltaïques, peuvent encore développer dans le fer et dans l'acier les propriétés magnétiques. C'est en soumettant des barreaux de fer à l'action d'un courant continu ■ qu'on a obtenu les aimants les plus puissants ( ]'oy. éi.ectroaimant) ; on en a fait d'imporlantes applications dans la télégraphie électrique. — On a donné le nom de force coercitive à la cause inconnue qu'il faut vaincre pour aimanter l'acier, et qui s'opjwse à ce que le magnétisme disparaisse après l'action de l'aimant

AINE (du lat. ingven], jonction de la cuisse et du iiasventre : c'est un enfoncement anguleux formé par la saillie de l'abdomen et celle des muscles antérieurs de la cuisse. Cette partie, siège de gros vaisseaux et de ganglions lymphatiques, est sujette à des tumeui-s dites inguinales, telles (lu'abcès par congestion et bubons, à des hernies, à des anevrismes, etc.

AÎNESSE [A'ainé, pour aj»s H^, né avant). Longtemps le titre d'aine donna droit à certaines prérogatives, notamment à celle de prendre dans la succession des parents une plus grande part que les autres enfants; c'est ce qu'on appelait droit d'aînesse. Ce droit remonte à la plus haute anti(iuifé: l'histoire d'Esaii et de Jacob nous le montre établi chez les Hébreux. En Egvpte, en Grèce, chez les Germains, l'aîné jouissait de privilèges particuliei-s ; cependant ce droit n'est pas consacré par la législation romaine. En France, le droit d'aînesse n'était pas connu sous la i"race; le domaine royal se partageait abrs également entre les fils du roi défunt ; sous les races suivantes, il fut introduit afin de mettre un terme aux perpétuelles divisions de ce domaine : de la famille royale, il s'élendil bientôt à celles des seigneur» féodaux, puis à toutes les

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