‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 342 sur 1729 · CITADELLE · texte numérisé non relu

CITADELLE

CITRONNIEH

CITADELLE (de l'ilul. cittadella], forteresse élevée soit dans l'iiilérieur, soit à l'extérieur d'une ville de guerre, et disposée de manière à commander la place et la campagne. Ine citadelle est le plus souvent pentagoiiale, régulière et à deux issues. — Les citadelles ont existé de toute aiiti-

Îuité. L'Ac7-opole à Athènes, le Ca/iitole à Home, llion à roie, étaient des ciladelles.

CITATION (du lai. citatio), se dit, en Jurisprudence, de l'acte par lequel on somme (^ucl(|u'un de comparaître devant un juge de paix. On distmgiie la citation de r««signalion ou ajournement, pur lequel on appelle quelqu'un devant im tribunal de 1"' instance. Toute citation est signiliée par un huissier, et doit, pour être valable, remplir les mêmes conditions que l'assignation (G.- 'de proc, art. 1). Voy. assigxatios.

CITÉ (du lat. civitas). La cité ai l'ensemble des individus qui habitent dans une même enceinte, étant soumis aux mêmes lois et jouissant des mêmes droits ; on oppose cité à ville, mot qui n'exprime que l'assemblage des édifices dans lesquels les citoyens résident. La cité implique l'idée d'une administration plus ou moins antérieure, et de là, par extension, le mot peut comprendre tout ensemble de population, même non réume dans la même ville, mais formant un corps politique distinct. Le droit de cité est la jouissance de tous les droits de citoyen [Voy. ce mot). — Dans l'ancien empire romain, le mol cité désignait surtout les municipes ou villes principales des provinces qui avaient une organisation administrative semblable à celle de Rome. — Dans certaines grandes villes, comme Paris, Londres, ce qu'on appelle la Cité est la plus ancienne partie de la ville : c'est aussi celle où se trouve l'église cathédrale ou principale.

Dans le langage de l'Écriture, ces mots : la cité céleste, la cité de Dieu, sont pris pour le ciel considéré comme séjour des bienheureux. St Augustin a donné le nom de Cité de Dieu à l'un de ses ouvrages, dans lequel il oppose les vertus de la nouvelle société chrétienne aux vices des sociétés antiques. Onappelle souvent Jérusalem la Cité sainte.

Cités ouvrières, constructions réunissant un grand nombre de logements d'ouvriers, et offrant, bien que loués à prix réduits, toutes les conditions désirables de confort et de salubrité. Plusieurs de ces cités renferment des bains, des lavoirs, des écoles et des asiles. Malgré ces avantages matériels, la population ouvrière des grandes Mlles ne paraît pas encore disposée à s'y établir volontiers. — Les premières cités ouvrières ont été bâties en Angleterre par des building societies d'abord à Manchester (1844), puis à Londres (1845). Paris en possède depuis 4849; il en existe à Lille et à Marseille, à Mulhouse (Alsace), à Berlin, Brème, Brandebourg, etc.

CITERNE (du lat. cisterna), lieu souterrain et voûte, construit pour servir de réservoir aux eaux pluviales ou autres. Les citernes sont ordinairement divisées en deux portions : le citerneau, petite chambre où les eaux sont rorues à leur arrivée, et où elles déposent ce qu'elles ont d impur, et la citerne propr. dite, où les eaux, préalablement filtrées, restent en dépôt pour l'usage. Plusieurs pays trop secs ou trop marécageux, tels que la Syrie et la Hollande, ne sont habitables qu'à la faveur de l'eau fournie par les citernes. L'eau ainsi conservée est très salubre (juand la citerne est bien construite. — L'usage des citernes elait fort répandu dans l'antiquité. Carthage en pos: édait d admirables, dont on voit encore les restes. On admire à Constantinople une citerne dont les voûtes portent sur deux rangées de 212 piliers chacune.

CITERNE DE PECQUET , uom donné, en Anatomic, au réservoir dans lecjuel aboutissent les vaieseaux lymphatiques venus de l'intestin [chylifères) et des membres inférieurs. De là part le canal thoracique qui se rend au cœur.

CITHARE (du gr. x'.ôipa). instrument de musique des anciens, inventé, selon la Fable, par Mercure et modifié par Apollon. C'était un instrument assez semblable à notre f;uitare, formant un ovale qui allait en diminuant par une de ses parties : il se terminait en un manche droit, surmonté lui-même d'un cheviller recourbé en dedans et légèrement incliné sur un côté. A droite et à gauche se trouvaient les chevilles destinées à tendre les cordes. Voy. LYRE. — On appelle également cithare une sorte de tympaiion, d'un usage très répandu dans le Tyrol, qui se pose sur une table ou sur les genoux, et dont les cordes sont pincées avec les doigts.

CITOYEN (du b.-lat. civitadanus, de civitas), nom doiiné à l'habitant d'une cité, au memi)rc actif d'une société libre, à tout individu qui participe au pouvoir souverain par son suffrage, ou qui jouit de certains droits refusés à l'étranger. — A Rome, le titre de citoyen romain, qui d'abord n'appartenait qu'à ceux qui étaient nés à Rome! fut étendu à tout individu qui avait acquis le droit de cité romaine. Dans les monarchies modernes, le mot citoyen est le plus souvent remplacé par celui de bourgeois. La dénomination de citoyeti a été maintenue pour les républiques et pour les monarchies constitutionnelles. — En France, la qualité de citoyen est indépendante de la qualité de Français : celle-ci s'acquiert suivant les règles posées par les art. 9, 10, 12 du Code civil, et les fois qui les ont modifiées; celle-là, conformément à la loi constitutionnelle (C. civil, art. 7). On admet généralement que cette loi constitutionnelle est la constitution du 22 frimaire an vin.

En 1792, les mots Citoyen, Citoyenne furent substitués à Monsieur, Madame. Cet usage se maintint jusqu'au 18 Brumaire.

CITRATES, sels de l'acide citrique. Les principaux sont leC. de chaux, d'où l'on extrait l'acide citrique, et le C. de magnésie : ce dernier sert à préparer un médicament, qui, sous le nom de limonade purgative, a la saveur d'une limonade, et purge comme leau de Sediitz.

CITRE, bois d'ébénisterie. Voy. thuya.

CITRIQUE (acide), acide organique contenu dans les citrons, les oranges, les framboises, les groseilles, les baies d'airelle, et beaucoup d'autres sucs végétaux acides; il y est souvent accompagné d'acide malique. Il se rencontre dans le commerce sous la forme de prismes obliques à 4 pans, terminés par des sommets dièdres. La saveur de cette substance est fortement acide quand elle est concentrée, et très agréable quand elle est étendue. L'acide citrique donne des sels qu on appelle les citrates. C'est un acide tribasique et alcool qui a pour formule C'U*(OH)(CO*H)''. On l'extrait habituellement du jus de citron; on sature ce jusavec de la craie ; il se forme ainsi du citrate de chaux insoluble qu'on décompose ensuite par de l'acide sulfurique. On prépare le jus de citron en grand dans les pays chauds, notamment en Sicile. — L'acide citrique est employé par les teinturiers pour obtenir le rouge de carthame, et pour préparer une dissolution d'étain qui produit, avec la cochenille, de plus beaux écarlates que le sel d'étain ordinaire. Les indienneurs l'utilisent comme rongeant. On s'en sert encore pour enlever les taches de rouille et les taches alcalines sur l'écarlato, pour préparer une dissolution de fer, avec laquelle les relieurs donnent à la surface de la peau une apparence marbrée, etc. Les médecins le prescrivent sous l'orme de limonade; il faut 2 gr. d'acide cristallisé pour acidulé, agréablement un litre d'eau. Les marins conservent à boid le jus de citron additionné de -^ d'eau-de-vie qui en précipite le mucilage, pour satisfaire leur soif, et se garantir en même temps du scorbut. — Scheele isola l'acide citrique en 1784, et apprit à le distinguer de l'acide larlrique, avec lequel il avait été jusqu'alors confondu. La synthèse de l'acide citrique a été réalisée par MM. Crimaux et Adam.

CITRON, fruit du Citronnier [Citrus limonium). Il est de forme ovoïde, d'un rouge brun en naissant, et d'une belle couleur de jaune clair à l'état de maturité. Il oflre une double écorce : l'une extérieure, le zeste, raboteuse, mince, remplie d'une huile essentielle très aromatique; l'autre, intérieure, le zistc, blanche, épaisse, tendre, charnue, qui recouvre les 9 ou 10 loges où les graines sont renfermées au milieu d'une pulpe acide et juteuse. L'écorce de citron confite au sucre se vend sous le nom de zeste d'Italie. Le jus de citron peut remplacer l'acide citrique dans plusieurs de ses emplois ( Voy. citoique [acide]) . Etendu d'eau et édulcorc avec du sucre, ce jus constitue la limonade.

CITRONNELLE (de citron), nom donné vulg. à plusieurs plantes qui répandent une odeur de citron quand on froisse leurs feuilles : telles sont VAurone mâle, la Mélisse officinale, le Seringa odorant, h Ve7-veine à 3 feuillis, le Goyavier aromatique, etc.

CITRONNIER, Citrus, espèce du genre Oranger, famille des Aurantiacées, renferme des arbres hauts de 4 à 5 m.,\ à tige grisâtre et à tête arrondie; à feuilles petites, ovalesoblongues, pointues, d'un vert clair, persistantes; à Heurs blanches en dedans, violettes au deliors, répandant une faible odeur. On dislinpie le Citronnier proprement dit,

Îui produit le citron, le C. cédratier (C. medica] c\ le '. limonier (C. limonium). — Le Citroiuiier, originaire

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