‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 357 sur 1729 · COLLE · texte numérisé non relu

COLLE

n'cxlslc pas et que le cuivre, absorbé par les ouvriers qui le travnilii'iil, 111! iloiino lieu à aucun acciilent spécial.

Les Coliques hépatiques sont iléloriuiiiées par la présence (le calculs dans les voies biliaires. — Les Coliques ni'phréliques sont dues à la présence et au passage de calculs rénaux dans le bassinet et surtout dans l'uretère. Dans ce dernier cas il est bon de boire abondamment ])our entraîner le calcul.

Les Coliques dites végétales [C. de Madrid, de Poitou, de Normandie, de Cayenne, etc.) sont le plus souvent épidémiques. La C. de Madrid est due à l'action brusque de l'air froid et humide pendant les promenades nocturnes au Prado et le long du canal, surtout à la fin de l'été et pendant l'automne, épooue où l'on fait en Espagne un usage immodéré des glaces, ues fruits et des légumes ; il faut V joindre l'usage d'eaux souvent altérées pendant les chaleurs. Les mêmes causes s'appliquent aux C. de Poitou, tic, qui, en outre, paraîtraient surtout occasionnées par les cidres lithargiés, les bières falsifiées, les vins nouveaux, et peut-être aussi par quelque disposition particulière de l'air. — Ces diverses coliaues présentent de grandes analogies avec les coliques ae plomb ; leur traitement est le tnème.

Quant aux Coliques nerveuses, nous renvoyons aux mots : GASTRALGIE, Dour la colique d'estomac; extkkitk, pour les coliques inflammatoire, bilieuse, venteuse, stercorale ; ilécs, pour la colique de miserere, etc.

COLIS (de l'ital. colli, charges), terme de commerce et de messagerie, s'emploie pour désigner les marchandises en expédition, de quelque façon qu'elles soient expédiées et de quelque nature qu'elles soient.

COLIS POSTAUX, paquets de poids inférieur à 3 kil. ou à 5 kil., que l'on envoie affranchis d'un lieu à un autre, moyennant 0 fr. 60 ou 0 fr. 85 dans le premier cas, 0 fr. 80 ou 1 fr. 05 dans le second, suivant que la livraison doit être faite en gare ou à domicile. On envoie aussi des C. postaux à l'étranger ; le tarif est variable. — Le service des C. postaux de Paris pour Paris fonctionne depuis sept. 1890; la taxe est de 0 fr. 25 jusqu'à 5 kil.

COLISE, Cotisa ou Trichopus, genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Labyrinthiformes, établi pour plusieurs espèces de petite taille, mais remarquables par les brillantes couleurs de leur robe, et qui habitent les marais et les étangs des Indes Orientales. Le C. arc-en-ciel, vulg. Roi des Indes, peut faire le plus riche ornement d'un aquarium. Le mâle construit un nid pour les œufs de sa femelle.

COLISÉE. amphithéâtre de Rome. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

COLITE, inflammation de l'intestin côlon. Voy. diarrhée,

DVSENTKRIE Ct ENTÉRITE.

COLLABORATION LITTÉRAIRE, coopération de deux ou plusieurs auteurs à la même œuvre. Presque inconnue des anciens. On croit cependant que beaucoup d'œuvres d'Aristote sont dues à la collaboration du maître et de ses disciples. En France on connaît la Satire Ménippée, l'atelier littéraire de Richelieu et des cinq auteurs, la Guirlande de Mie, h Psyché de Molière, Corneille et Quinault, les comédies de Drueys et Palaprat, V Encyclopédie de Diderot, D'Alembert, etc. La collaboration a été, chez nous, très usitée au xix" siècle, surtout au théâtre.

COLLAGE (de colle). Outre l'action de coller le papier de tenture dans les appartements, ce mot exprime : 1° la dernière opération que l'on faisait subir autrefois au papier, après la fabrication, pour l'empêcher de boire, et qui consistait à l'imprégner de colle de peau : auj. le collage se fait au moment même de la fabrication du papier, au moyen de fécule qu'on mêle à froid avec la pâte et qui, |)ar la chaleur, se transforme en une sorte d empois ; — 2° l'opération que l'on fait subir aux vins et aux liqueurs pour leur conserver ou leur rendre leur limpidité : cette clarification se fait soit avec des blancs d'œuf, soit avec (le la gélatine ou de la colle de poisson, délayés et battus dans de l'eau; la matière organique coagulée par l'alcool entraîne avec elle la précipitation des matières solides qui troublaient le liquide.

C0LL^PS\}5{c.-k-d. chute, écroulement), mol latin employé par Cullen pour désigner l'état de relâchement de tout le système musculaire, produit par la suspension de l'incitation cérébrale. On le remarque dans un grand nombre de maladies, toutes les fois qu'il y a prostration des foi'ces ou lésion cérébrale.

COLLATÉRAUX (du préf. co, avec, et de latéral), nom donné, en Jurisprudence, aux parents qui descendent d'un auteur commun, par opposition aux parents en ligne directe qui descendent les uns des autres. Ainsi, les frères et les sœurs, les cousins et les cousines, sont collatéraux entre eux; les oncles et les tantes le sont aussi à l'égard de leurs neveux et nièces. On nomme ligne collatérale la ligne que forment les collatéraux; succession collatérale, celle à laquelle un collatéral est appelé : au delà du douzième degré les collatéraux ne succèdent pas. On demande même aujourd'hui la suppression, ou tout au moins la restriction aux degrés les plus proches, du droit pour les collatéraux de succéder ab intestat. Voy. soccession.

En Cosmogi'., on appelle points collatéraux les points de l'horizon situés à égale distance de deux points cardinaux : le nord-est, le nord-ouest, le sud-est et le sud-ouest.

Collatéraux ou bas-côtés. Voy. église et nef.

Tons collatéraux ou plagaux. Voy. plai.n-chant.

COLLATEUR (du lat. collator), nom qu'on donnait autrefois à celui qui avait le droit de conférer un bénéfice. On distinguait les C. généraux, c.-à-d. le pape, les évê-

Îues et les souverains, qui pouvaient conférer toutes sortes e bénéfices ; et les C. particuliers, qui ne pouvaient conférer que les bénéfices dont ils étaient fondateurs, ou dont la disposition leurappartenait par concession ou autrement.

COLLATION (du \Ai.collatio). On appelle co//a</oM l'action de comparer la copie écriteou imprimée d'unmaimscritavec le texte original, pour s'assurer de leur parfaite ressemblance ; collation de pièces, la comparaison de copies d'actes avec leurs originaux pour s'assurer de la conformité exacte et littérale des unes avec les autres. La collation de pièces est judiciaire ou extrajudiciaire ; elle se fait par le notaire dépositaire de l'acte, ou par un juge commis par le tribunal. — On collationne un livre en examinant les folios un à un pour s'assurer qu'il est complet et que les feuilles se suivent régulièrement ; on collationne une épreuve d'imprimerie en vérifiant si toutes les corrections indiquées ont été exécutées.

COLLATION, léger repas que l'on fait dans l'après-dîner ou le soir. Dans l'origine, ce nom ne s'appliquait qu'au repas que font les catholiques le soir d'un jour de jeÉuie : il était ainsi nommé parce que, dans les monastères, on faisait pendant ce repas une lecture de l'Ecriture sainte ou des Père*, sur laquelle les religieux conféraient quelque temps avant de se séparer.

COLLATION DES GRADES. Lcs facultés dc l'Etat, depuis l'organisation de l'Université par Napoléon l"', avaient seules le droit de conférer des grades ouvrant l'accès des fonctions publiques. Les art. 13, 14 et 15 de la loi du 12 juillet 1873 sur l'enseignement supérieur attribuaient à des jurys mixtes la collation des grades aux étudiants des Facultés libres. Après plusieurs tiraillements entre le Sénat et la Chambre, la loi du 18 mars 1880 a rendu la collation des grades aux Facultés de l'Etat seules.

COLLE (du gr. xôXXa.). La colle ordinaire a pour base l'amidon ou la gélatine. Les colleurs ou afficheurs, les cartonniers, les relieurs, les tisserands se servent de la colle de pâte ou d'amidon , qui se fait avec de la farine délayée dans de l'eau et épaissie par la cuisson ; les menuisiers, les ébénistes, les emballeurs emploient la colle de gélatine ou colle forte : celle-ci se fabrique en faisant bouillir dans une chaudière, ou en chauffant dans un autoclave les rognures de peau des tanneurs, les nerfs et les pieds de bœufs, et en général des débris de matières animales. Les colles fortes les plus employées sont celles de Flandre, de Paris et de Givet.

La colle de poisson (ichtyocolle^ est de la gélatine presque pure ; elle est faite avec la membrane interne de la vessie natatoire de diverses espèces de poissons, et notamment du grand esturgeon ; son goût est fade. Pour s'en servir, il suffit de la faire tremper pendant quelque temps dans l'eau chaude pour qu'elle se dissolve presque entièrement. La colle de poisson s'emploie pour donner du lustre et de la consistance aux étoffes de soie, aux rubans, aux gazes ; pour préparer les fleurs artificielles, pour encoller le taffetas dit d'Angleterre, pour contrefaire les perles fines, pour recoller la porcelaine et le verre ; pour faire prendre les gelées, les crèmes, les bavaroises, etc. ; pour clarifier la bière, le vin et autres liqueurs [Voy. collage).

La colle à bouche, presque transparente et de couleur , jauiie-rougeàtre, se prépare avec de la colle de Flandre à

Page 1