‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 358 sur 1729 · COLLET · texte numérisé non relu

COLLET

laquelle on ajoute du sucre, et qu'on aromatise avec quel-

aues gouttes «Vessence de citron. On s'en sert pour coller es parties dont l'étendue n'est pas considérable, en l'humectant avec la salive.

COLLECTE (du lat. collecta, choses recueillies). Ce mot était autrelois synonyme de perception d'impôt en général ; toutefois il se disait plus particulièrement de l'impôt sur le sel, de la taille et de tous les autres impôts de conununaulé. On appelait collecteurs les officiers chargés du recouvrement de ces impôts. On appelait aussi collecteurs des amendes ou sergents collecteurs les ofliciers chargés de faire payer les amendes prononcées par jugement. — Auj. le mot collecte signifie une quête faite pour une œuvre de bienfaisance ou pour un objet d'intérêt commun. En Liturgie, la collecte est la première oraison de la messe, celle qui précède l'épîlrc, et qui se dit au moment où tous les fidèles sont réunis (collecti). Elle résume en

Quelques mots le mystère que l'on célèbre ou le sens moral e l'évangile du jour; elle est toujours précédée du mot oremus (prions). Chaque fêle a sa collecte. Les premières collectes écrites remontent à St Basile, à St Hilaire, à i>t Gélase, à St Grégoire, à St Ambroise, etc.

COLLECTEUR. Voy. collecte.

COLLECTIF (du lat. collectivus], se dit, en Grammaire, des noms qui, bien qu'au singulier, expriment une réunion, un assemblage de persomies ou d'objets de même espèce, tels que : armée, forêt, nombre, foide, peuple, etc. Les collectifs sont généraux, quand ils représentent une collection entière [la foule des hommes), et partitifs, lors- Ju'ils représentent une collection partielle [une foule hommes, la plupart des hommes). Dans beaucoup de langues, le veroe qui suit un nom collectif peut être mis au pluriel, comme en latin : turba ruit ou ruunt (la l'ouïe se précipite), et en français : un grand nombre d'oiseaux faisaient résonner ces bocages de leurs doux chants. En anglais, le collectif général est toujours suivi du pluriel.

COLLECTION (du lat. collectio). Ce mot, qui exprime tout recueil de choses de même espèce ou qui ont plus ou moins de rapport entre elles, s'applique plus particulièrement aux collections de livres : on connaît les collections d'auteurs latins dites ^Irf usum Delphini et Variorum; celles des Elzévirs, des Barbou. de Maittaire, de Brindlev,. tle Baskenille, de Deux-Ponts ; les Classiques latins de Lemaire, les collections d'Auteurs grecs et de Classiques français de Didot, la collection des Documents inédits sur l'histoire de France, etc. — Foi/, aussi galerie, asÉE, iiEiiBiER, etc.

COLLECTIVISME. On désigne par ce mot une conception nouvelle de la société, tendant à substituer à l'individualisme moderne le règne sans partage de la collectivité, représentée par l'Etat. Celui-ci, unique propriétaire du sol et des capitaux, présiderait à la fois à la production et à la répartition des richesses, la propriété privée ferait place à la propriété collective ; le travail serait distribué dans des ateliers sociaux et chaaue citoyen, en retour de l'objet produit, recevrait, en le aéposant dans les magasins de l'Etat, tin l)on qui lui donnerait droit à des produits d'autre espèce. C'est la suppression du commerce, de l'industrie, de la monnaie. Les fondateurs de celte théorie sont K. Marx et Lassalle. Le collectivisme se distingue du communisme en <e qu'il ne réclame que la mise en commun des instruments de travail et non du produit de ce travail. Toutefois il prête le flanc, au moins en partie, à la même objection générale : c'est diminuer l'activité humaine que limiter la proi)ri('té individuelle. — Consulter Leroy-Beaulieu, le Collectivisme ; de Laveleyc, le Socialisme contemporain. Voy. SOCIALISME.

COLLÈGE (du latin collegium), terme qui désignait l'une manière générale dans l'ancienne Rome n'imjiorte quelle compagnie, association, confrérie ou corporation. Ainsi, par exemple, les ass<iciations religieuses, telles que le collège des Pontifes, des Augures, des Féciaux, des Vestales, des Arvales, les confréries funéraires assurant â leurs membres une sépulture convenable comme il en existe encore chez nous, les corps de métiers, tels que ceux des joueurs de flûte, orfèvres, foulons, boulangers, etc. Au nioyen âge, dans l'empire d'Allemagne, il y avait un ■ rlain nombre de collèges qui n'étaient en réalité que des ■mseils : le Collège des Electeurs, le Collège des Princes, le Collège des Villes libres ou impériales.

COLLÈGE (sacré) . On désigne sous ce nom la réunion des

cardinaux de FEglise romaine. Ils ne doivent pas dépasser le nombre de 70, et se divisent en trois ordres : cardttiaux-évêques, cardinaux-prêtres, cardinaux-diacres. Le Sacre Collège prend le nom de Consistoire quand il se réunit par les ordres du pape et en sa présence pour examiner les affaires civiles ou ecclésiastiques d'une grande importance ; il prend le nom de conclave quand il se réunit pour nommer un nouveau pape. Le Sacré Collège se partage, en temps ordinaire, en plusieurs congrégations, ayant toutes des attributions particulières. L'évêque d'Oslie est de droit doyen du Sacré Collège.

COLLÈGE. Ce nom désigne aussi un établissement d'in- *struction publique, consacré ordinairement à l'enseignement secondaire.

L'ancienne Université de Paris comprenait, à côté des facultés, des collèges ou convicts. Le plus connu est le collège de Robert de Sorbon, chapelam de St Louis. Il fut fondé vers 1255, et réédifié, ainsi que l'Eglise, en 1635. En 1277 s'ouvrit le collège de Calvi ou Petite Sopbonne. La Sorbonne, qui prit rapidement une grande importance, devint l'une des quatre parties de l'ancienne faculté de théologie de Paris. D'autres collèges furent également fondés sur la montagne Ste-Gencviève ; les plus connus sont ceux de Navarre, de Monlaigu, de Clermont, d' Harcourt. C'étaient de véritables écoles d'enseignement secondaire classique.

Aujourd'hui on appelle collèges les établissements d'enseignement secondaire nui ne relèvent pas complètement de l'Etat comme les lycées, et sont en général entretenus par les villes où ils sont établis. Cette appellation ne date que de la loi du 15 mars 1850.

I^ France comptait en 1893, 237 collèges commimaux, les uns en régie, c.-à-d. administrés par les villes, les autres administrés directement par les principaux à leui-s risques et périls. Mais le nom de collèges s'applique aussi soit à des établissements semi-ecclésiastiques, comme le collège Stanislas, soit à des établissements comme le collège Chaplal, qui tient le milieu entre l'Ecole primaire supérieure et le lycée. Le Prytanée de la Flèche était aussi désigné autrefois sous le nom de Collège militaire.

Collège de France. C'est un établissement d'enseignement supérieur qui a été fondé à Paris en 1550 par le roi François I". On y enseigna d'abord l'hébreu et le grec, malgré la violente opposition de l'Université de Paris, qui ne voyait pas sans dépit cette institution parfaitement indépendante prospérer à côté d'elle. D'autres chaires y furent jointes ensuite. La Révolution maintint le Collège de France, qui est régi aujourd'hui par le décret du 1*^ février 1873. Le Collège de France s'administre luimême, c'est un corps libre et autonome, où l'assemblée des professeurs titulaires est presque entièrement souveraine. Il compte aujourd'hui 41 chaires.

Collège militaire (de la Flèche), dit aussi Prytanée.

Voy. MILITAIHES (écoles).

Collège municipal Rollin. Voy. écoles professio»elles.

COLLÉGIALE (église). On appelle ainsi une église desservie par un chapitre de chanoines, mais sans siège épiscopal. Les collégiales sont tantôt de fondation royale, telles

3ue les Saintes-Chapelles [Voy. chapelle) ; tantôt de fonation ecclésiastique, ou bien encore ce sont d'anciens monastères dont on a sécularisé les moines pour en faire des chanoines. Il n'y a auj. en France qu'une collégiale, celle de Saint-Denis, près Paris, dite ordinairement égl. canoniale, mais qui est virtuellement supprimée, les chanoines défunts n'étant plus remplacés.

COLLEMA, lichen gélatineux dont l'algue est un Nostoc.

COLLENCHYME, tissu dont les cellules ont des membranes épaissies surtout aux angles, mais purement cellulosique; c est, chez les Végétaux, l'appareil de soutien des organes en voie de croissance, équivalant au cartilage des animaux.

COLLET (diinin. de col), partie du vêtement qui entoure le cou et retombe sur les épaules : ce mot désignait plus particulièrement un ornement en toile fine que les hommes, aussi bien que les femmes, portaient autrefois autour du cou ; on l'appelait aussi rabat, nom sous lequel il est resté dans le costume des gens de robe et des ecclésiastiques. — Dans le langage familier, on disait aussi le petit collet. pour désigner l'habit ecclésiastique, et par suite les abbt's c}ui le portaient.

En Botanique, le collet est la partie du végétal qui unit la tige à la racine, et qui est le point intermcdiairu entre ces deux organes.

Page 1