‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 36 sur 1729 · VENTILATION · texte numérisé non relu

VENTILATION

La pesanteur de l'air, entrevue par Aristote, connue de Bacon, ne fut nettement exprimée pour la première fois qu'en 1643 par Torricelli. Galilée avait déjà soupçonné que l'ascension de l'eau dans les corps de pompe était due à la pression exercée par l'air sur la surface libre du liquide, et que la limite de 52 pieds était la hauteur nécessaire

Cour qu'une colonne d'eau fît éq^uilibre à cette pression, orricelli, son disciple, mit ce principe hors de doute, et Pascal le confirma par de nouvelles expériences. De son côté. Mariotte découvrit la loi qui règle la compressibilité de lair. — Ce ne fut ou'à la fin du siècle dernier qu'on connut la composition de l'air et le rôle qu'il joue dans les combinaisons chimiques. Au xv" siècle, Eck de Sulzbach reconnut que l'amalgame d'argent, chauffé à l'air, augmentait de poids; une expérience analogue fut faite plus tard sur l'étain par Brun, pharmacien de Bergerac, et, en 1650, J. Rey pensa l'expliquer par la fixation d'une certaine quantité d'air. Cette explication erronée fut rectifiée en

1774 par l'rieslley et Bay<Mi, qui reconnurent que toutes les substances désignées sous le nom de chaux viétalliqiies doivent à l'absorption d'un des principes de lair l'excès de poids et tous les caractères qui les distinguent du métal qu'elles contiennent. Enfin, en 1775, Lavoisier, complétant les recherches de ses devanciers, donna la première analyse de l'air, examina les produits de toutes les combustions, et fonda une théorie nouvelle que toutes les expériences ultérieures n'ont l'ait que consolider. Toutefois les véritables proportions ne furent établies que par les analyses de Cavendish, de Humlioldt et Gay-Lussac, dont les résultats ont été confirmés par les travaux de Dumas et Boussingault.

Air inflammable. Voy. hydrogène.

AIR. En Musique, ce mot désigne tantôt un motif mélodique quelconque (chanson sur l'air de ...), tantôt un morceau à une seule partie principale, pour une voix ou pour un instrument. — La forme de Vair classique, avec sa division en tn)is parties, passe plus ou moins justement pour avoir été fixée par Aies. Scarlalti (1659- 1725). — Dans les locutions telles que Ai?-s de aause. Airs nationaux, le mot air est synonyme de mélodie.

AIRA, espèce de Graminée. Voy. ca.nche.

AIRAIN (du lai. aeramen; d'a-s, spris). Par le mot ips, les Romains désignaient tantôt le cuivre pur, tantôt et plus fréquemment les alliages de ce métal avec le zinc, le plomb et l'étain, quelquefois même l'argent et l'or. Ils s'en servaient pour faire de la monnaie et des statues. L'airain de Délos et celui d'Eginc étaient les plus estimés après celui de Corinthc. Il y avait, selon Pline, 3 sortes d'airain de Corinthe: le 1" avait l'éclat de l'argent, le 2' celui de l'or; dans le 5', l'or, l'argent et le cuivre étaient mêlés en proportions égales : c'est ce dernier qu'on prétendait s'être produit fortuitement par la fusion d'un grand nombre de métaux précieux pendant l'incendie de cette ville par Mummius. — Le mot airain s'emploie aussi, dans le langage poétique, pour désigner le bi-ome. Voy. ce mot.

(jn désigne en Mythologie, sous le nom li'tige d'airain, le troisième des âges de la terre, celui qui suit les âges d'or et d'argent, et précède l'âge de fer.

En Économie politique, le célèbre socialiste allemand Ferdinand Lassalle a désigné sous le nom de loi d'airain la loi économique d'après laquelle, suivant lui, le salaire de l'ouvrier se trouverait toujours réduit, par l'effet de la concurrence, au strict minimum indispensable pour vivre.

AIRE (du lat. area), se dit, en Géométrie, du nombre qui mesure une surface. On prend pour unité de surface le carré qui a pour côté l'unité de longueur. Dans ce système, 1'^. du parallélogramme est égale au produit du nombre qui mesure la base par le nombre qui mesure la hauteur. (On dit plus brièvement, avec le même sens : produit de la base par la hauteur.) — h' A. du triangle est égale à la moitié du produit de sa base par sa hauteur. — h' A. du cercle est égale au produit de sa circonférence par la moitié de son rayon. — Trouver l'aire d'une courbe, c'est ce qu'on appelle aussi faire la quadrature de cette courbe, c.-à-d. trouver ui: carré qui lui soit équivalent.

AmE de vext ou air de vest. Les marins nomment ainsi la 32" partie de l'horizon; la circonférence de l'horizon étant partagée en 360°, chaque aire de vent a donc il"' 15'. Pour les dénommer, on prend les noms assortis d'abord aux 4 points cardinaux [est, nord, midi, ouest) ; puis aux 4 collatéraux [nord-ouest, sud-est, sud-ouest, 7tord-est) ; aux 8 intermédiaires [sud-sud-est, sud-sudouest, etc.); et enfin aux 16 points marins compris entre les 16 points précédents [nord-quart-nord-est, nord-est- ^uart-nord, nord-esl-quart-est, etc.). Les aires de vent écrites sur la rose des vents, cercle fixé à l'aiguille aimantée de la boussole, indiquent la direction suivie par cette aiguille, et par suite celle des vents. Les aires se nomment encore rumbs, demi-rumbs, quarts de rumb.

En Architecture, Aire se dit de toute surface plane de construction; on dit : Vaire d'une maison, c.-à-d. l'espace compris entre les murs: Ya'ire d'un plancher, d'un bassin, d'un pont, etc. Vaire d'une grange est la surface unie et dure sur laquelle on bat les blés ( Voy. battage) : c'est ord. une couche de terre glaise corroyée ou de mortier salpêtre bien battu.

AIRE, nid des oiseaux de proie. Voy. aigle et \id.

AIRELLE, Vaccinium, genre type de la famille des Yacciniées. L'^. myrtille [V. myrtillus) est un arbuste à tiges anguleuses, rameuses ; à feuilles finement dentées

AIIŒS

AI.BAÏRE

comme celles du myrte ; à fleui-s d'uii blanc lavé de rouge : à baies duii bleu noirâtre qui ont mio saveur acide et ralVaicliissante : on les appelle vulg. raisins des bois, bli'vets et tnaurets : cet arbuste est commmi dans les bois couverts et montagneux. L'.4. des marais [V. uUginosum] a des lleui-s blanches ou rosées et ciH>ît dans les lx)is humides. \j'A.j)onctiiée [V. vitis idœa] a des fleurs rougeàtres en grappes terminales penchées, et des baies également rouges, dont on fait une lx)isson fermentée fort agréable. Les mui-chands de vin s en servent quelquefois pour colorer le vin. L'A. coitssinette J'. ox^coccos), dite aussi Canueberge, se plaît dans les endroits marécageux : ses tiges sont déliées, ses feuilles petites, ses Heurs isolées, ses fruits rouges et très acides. Les Russes en font une boisson de cDulenr rosacée rafraîchissante et antiscorbutique. L'.4. en rorynibc { l'. amœnum) atteint quelquefois 2 m. et donne de jolies lleui-s en grappes, à calice rouge et bleuâtre. La culture des Airelles est diflicile : elles demandent une terre de bruvère sableuse et une exposition^fraîchc et ombragée. Les trois espèces précédentes sont attaquées par des Pczizes Champignons) qui se substituent aux fruits en apparence intacts, en réalité transformés en sclérotes.

AIRES (pRixcii'E des). On désigne sous ce nom, en Astronomie, cette loi due à Kepler, que les rayons vecteurs des planètes et des comètes décrivent autour du soleil des aires proportionnelles aux temps. Celte loi ne serait rigoureusement vraie que s'il n'v avait qu'une planète ou comète en présence du soleil.

Dans le mouvement d'un système de corps qui s'attirent iMutuellemenI, si l'attraction n'est fonction que de la distance, la somme des produits obtenus en multipliant la masse de chaque corps par l'aire que décrit la projection sur un pl.-».ii fixe du rayon vecteur qui joint ce corps à un point fixe est proportionnelle au temps.

AIROPSIS, espèce de Graminée. Voy. .wé.nacées.

AISSELLE (du lat. a.rilla). cavité qui se trouve audessous de la jonction du bras avec le tronc : c'est la partie inférieure de l'épaule. La peau en est fine, et attachée aux parties qui l'entourent par un tissu très extensible doublé lui-même d'une aponévrose très résistante : elle •t pourvue de glandes sudoripares nombreuses pouvant

■nllanmier [hydrosadénite). L'A. renferme des ganglions, les gros vaisseaux a.rillaires et un réseau de branches nerveuses importantes formant le ple.rus brachial. Cela explique la gravité des plaies de cette région. Elle est également le siège d'anévrismcs, d'adénites, dadéno-phlegmons.

En Botanique, on nomme aisselle l'angle formé par une feuille ou par un rameau sur une branclie ou sur la tige. L'organe situé dans cet angle prend lépithète A'axillaire.

AIX-LA-CHAPELLE iPrusse), en allemand Aachen, eau min. — yoy. faux mixérales.

AIX-LES-BAINS (Savoie), eau min. — Voy. eacx miné-

R,VLKS.

AJONC, riex, genre de la famille des Papilionacées, trii)u des Lotées, renferme des arbustes velus, à feuilles simples, longues et épineuses; à fleui-s jaunes et solitaires. L'. Ajonc ordinaire [U. europ^us). appelé aussi Genêt épineux. Jonc marin et Sainfoin d'hiver, est un arbrisseau toujours vert dont les feuilles, d'abord souples, se changent, à la fin de l'automne, en épines dures, d'un vert sombre. Cette espèce ainsi que r.4. nain croissent spontanément dans les lieux secs et arides de notre pays. On emploie l'Ajonc comme litière, comme fourrage, où pour chauffer le four et faire des enclos. Cette plante a la vertu d'utiliser les mauvaises terres, qu'elle rend, par l'incinéra- I tion, propres à la culture.

/ AJOUPA. nom donné dans les colonies à une espèce de

hutte portée sur des pieux, que l'on recouvre de branchages, de paille ou de jonc.

AJOURNEMENT (de à et jottr). En Droit, on appelle ainsi lacté par lequel mi huissier dénonce à une personne une demande formée contre elle, avec sommation de comparaître à certain jour : c'est ce qu'on appelle communément assignation [Voy. ce mot). Le mot ajournement est réservé à l'assignation donnée devant un tribunal de 1" instance : l'assignation à comparaître devant un juge de paix s'appelle citation Voy. ce mot). Tout ce qui concerne les ajournements est réglé par le Code de proc.,

AJUGA, nom latin botanique du genre Bugle [Voy. ce nn»ti. type de la tribu des Teucriées (famille des Labiées),

laquelle renferme, outre le g. type, les genres Amethyslea, Teucrium, Cy maria, etc.

AJUTAGES ou AJCToins (du verbe ajouter], petits tuyaux qui s'adaptent à l'orifice d'un autre tuyau ou d'un réservoir, pour régler l'écoulement d'im liquide." La forme de l'ajutage influe beaucoup sur la vitesse de l'écoulement, et par suite sur la dépense du liquide. Un ajutage de même forme que la veine fluide peut augmenter la dépense dans le rapport de 5 à 2. Au contraire, un ajutage cylindrique ou conique la diminue. C'est aussi lajutage qui détermine la forme du jet du liquide : son emploi, fait avec ait. produit des effets très heureux, tels que gerbes, berceaux, etc

AKÈNE ou ACiiAiXE (du gr. à priv. et X*-''", souvrir), sorte de fruit indéhiscent, sec, monospêrme, et dont le péricarpe, réduit à une lame mince, n'adhère point avec l'enveloppe de la graine : telles sont les semences de la chicorée, du chardon, etc.

AKiS (du gr. àxî;. pointe), genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères liétéromères, famille des Mélasomes; ce sont de petits insectes noirs, lisses, dont le corselet, plus large que la tète et échancré en avant, a les bords relevés sur les côtés. On en trouve dans le Midi plusieurs espèces, notamment Y A. ponctué, oui se plaisent au milieu des ruines et des décombres : elles se nourrissent de matières en décomposition.

ALABANDINE de Alabanda. local, de Carie), sulfure de manganèse [MnS], minéral qu'on trouve sous foime d'enduits, ou en octaèdres réguliers, avec clivage cubique. L'alabandine est noire avec éclat métallique, (in la trouve dans des filons métallifères en Transylvanie, en Cornouailles et au Mexique.

ALABASTRITE. Voy. albâtre.

ALABASTRON, nom donné par les Grecs à des vases à parfums sans anse, faits d'abord en alabastrite ou albâtre gj'pseux, puis en onyx et en or, a été ensuite appliqué à une mesure de capacité qui valait un cotyle (0 lit. 26).

ALAISE. Voy. aléze.

ALALIE. Voy. aphasie.

ALALITE, variété de diopside venant d'Ala (Piémont). Voy. diopside.

ALAMBIC (de l'article arabe a/et du gr. âtiêt;. vase distillatoire\ appareil employé dans les arts chimiques pour distiller, c.-à-d. pour séparer un liquide volatil des substances fixes ou moins volatiles que lui. Los trois parties essentielles d'un alambic sont : la cucurbite, le chapiteau et le réfrigérant. La cucurbite est la partie inférieure, dans laquelle sont placées les matières à distiller ; elle doit être construite de manière à présenter à l'action de la chaleur la plus grande surface possible. Le chapiteau conduit les vapeurs de la cucurbite dans le réfrigérant ; c'est un tuyau ajusté à ces deux parties : il doit être assez large p<mr ne pas opposer de résistance aux vapeurs qui le traversent. Le réfrigérant est la partie dans laquelle les vapeurs se condensent ; il consiste en un serpentin ou tube en spirale, qui plonge dans l'eau froide. La forme des alambics varie suivant les besoins des industries. Dans les laboratoires de chimie, on les remplace généralement par des cornues.

ALAN-GILAN (essence d'). Cette essence, appelée aussi essence d'ilang-ilang, ylang-ylang, hilan-hilan, et renommée dans tout l'Orient, est extraite d'une espèce d'Anone ou Unone [Voy. ces mots), ÏAnona ou Unona odoratissima. Elle paraît être constituée par de l'acide benzoïque uni sous forme d'éthers à divers alcools.

ALATERNE, Rhamnus alaternus, \uïg. Daradel. arbrisseau du genre Nerprun, commun dans les lieux limnides du raidi de l'Europe ; il atteint quelquefois 5 m. de haut ; son feuillage, toujours vert, est sombre : ses feuilles sont luisantes, ovales et légèrement dentelées; ses fleurs, peu appai-entes, sont verdàtres cl sentent le miel. On en l'ait des buissons dans les jardins d'agrément. On le multiplie de graines, de maivottes et d'éclats. Voy. nerprun.

ALAUDA. nom latin du genre Alouette, a formé les mots Alaudinés et Alaudidés. Voy. ALorETXE.

ALBACORE, nom donné à VEspadon. Voy. ce mot.

ALBATRE (du gr. i)kiÇaxcoov). nom donné à deux sortes de pierres de composition dinérente, que l'on emploie dans les arts : VA. gypseux et VA. calcaire. — L'.-l. gypseux ou Alabastrite, variété de gypse [Voy. ce mot), est remarquable par sa blancheur, mais il est extrêmement tendre et très facile à rayer : on le sculpte pour en faire des objets d'ornement. Il" en existe de vastes carrières a Volterfa (Toscane); on en a trouvé à Lagny, près ae

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