‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 367 sur 1729 · COMMIS · texte numérisé non relu

COMMIS

qu'ici peu de commentateurs célèbres : nous devons toutefois mentionner les commentaires (le Boileau par Brosselte, de Corneille ))ar Voltaire, de Racine par i.aharpe et Aimé Martin, de Molière par Brct et Auger, de La Fontaine par Cliamfort, Cli. Nodier et Walckenaër, de Pascal par M. Havet, etc. — Les ouvrages de I)n»il romain ont eu leurs commentaires {['oy. gi.ose), et les jilus grands jurisconsulles modernes se sont appliqués à commenter nos cmles. — Les livres saints ont également doimé lieu à im grand nombre de commentaires : mais celle branche de la science prend les noms d'Exégèse et iV Uerméneuliquc. Voy. ces mots.

On a aussi donné le nom de Commentaires à certains mémoires liisloriques écrits par ceux qui ont eu la ))lus grande part aux événements qui y scmt rapportés : tels sont les Commentaires de César, les Commentaires de Mouline, etc. Voy. MÉMorRES.

COMMERÇANT. La loi qualifie de commerçant tous ceux qui cxeri-eiit des actes de commerce et qui en font leur prolession habituelle (C. de comm., art. 1). Les principales obligations imjiosées aux commerçants sont la contrinution des patentes, la tenue de livres réguliei"s, celle de la correspondance, les inventaires annuels, la publicacalionde leurs conventions matrimoniales. Ils peuvent seuls être déclarés en faillite. Comme, à raison des obligations particulières qui sont imposées aux commerçants, les tribunaux ont souvent à décider si Un homme est commerçant ou non. la loi a déterminé avec soin les actes qui doivent être réputés ac<e« de commerce (C. de comm., art. 632) et quelles personnes peuvent être réputées commerçantes (art. i-7) : ainsi le mineur ne peut faire le commerceque s'il est âgé de 18 ans, émancipé et autorisé expressément par son père, sa mère ou, à défaut du père et de la mère, par le conseil de famille ; la femme tnariée, que du consentement de son mari, etc. Voy. mahchand.

COMMERCE (du lat. commercium). On distingue plusieurs sortes de commerces : C. intérieur, C. extérieur , C. d'importation, C. d'exportation, C. en gros, C. de détail, toutes expressions qui s'expliquent d'elles-mêmes.

Historique. Le commerce est aussi ancien que le monde ; il a commencé par le troc, qui existe encore en Afrique. La création de la monnaie lui donna ensuite une extension quasi illimitée. Dans l'antiquité, les Egyptiens ne connurent que le commerce par caravanes et fermèrent leurs ports aux étrangers. Bien que le peuple juif fût surtout un peuple de paysans et de pasteurs, Salomon eut un port sur la mer Rouge, en relations avec l'Arabie et l'Inde. Mais les

frands navigateurs et commerçants de l'antiquité furent les *héniciens et les Grecs. Tyr et Sidon furent longtemps en possession du conmierce de la Méditerranée ; Carthage, principale colonie de Tyr en Afrique, devint aussi puissante et aussi riche que sa métropole. Les Grecs et aussi les Etrusques firent une rude concurrence aux Phéniciens : Athènes, Milet, Phocée, Smyrne, Syracuse, Tarente, Marseille furent des cités très commerçantes. Alexandrie plus tard attira à elle le commerce de transit qui s'est toujours fait de l'Inde en Europe. Le commerce fut peu j)ratiqué dans l'ancienne Rome, mais à la lin de la République et sous l'Empire il se développa entre les mains des affrancliis et des étrangers ; à Rome affluèrent les marchandises du bassin de la Jlédilerranée et de l'Orient, apportées par des navires ou par les caravanes d'Asie. Après les grandes invasions, Constantinople, puis au moyen âge Venise, Pise, Gênes remplacèrent les anciennes gloires déchues. Le xvi" siècle, en découvrant la route du cap de Bonne-Espérance et l'Amérique, amena une immense perturbation dans le commerce du monde. Les Portugais, les Espagnols, puis les Hollandais, les Anglais, les Français prirent à leur tour la tête du commerce, qui s'étendit et se généralisa dans le monde entier. Le percement du canal de Suez, la vapeur, l'électricité, l'ouverture de la Chine et du Japon aux blancs ont encore une fois changé les conditions du commerce. Les principales puissances commerçantes du monde sont en première ligne VA7igleterre, qui doit sa grandeur à ses colonies, les Etats-Unis, l'Allemagne, la France.

Etat actuel du commerce en France. Commerce intérieur. La France produit annuellement pour plus de 15 milliards d'objets fabriqués et en exporte seulement pour 5 milliards. Commerce extérieur. Les importations dépassent en France les exportations. La France fait avec l'étranger lin chiffre d'affaires de 9 milliards, dont 5 pour l'importa-

tion et 4 pour rexjjortation. Malheureusement notre marchandise, autrefois au premier rang, est maintenant au troisième, et nos ports, le Havre. Marseille, Bordeaux, n'ont pas encore un outillage capable de lutter avec Londres, Liverpool, Anvers ou Hambourg.

Législation commerciale. Dans l'antiquité, le principal monument de la législation commerciale est la (ex lihodia. En France, avant la Révolution, on peut citer l'ordonnance de 1673 (Code marchand) et l'ordonnance de 1681 sur la marine. La Constituante décréta })lus tard qu'on ferait un code de commerce : il ne fut commencé que sous le Consulat (arrêté des consuls, 13 germinal an ix), mais le projet ne fut discuté au Conseil d'Etat qu'en 1806-1807, et le nouveau Code de commerce comprit cinq lois, qui entrèrent en vigueur le 1"' janvier 1808. Le Co<lc de commerce a vieilli vite et a été modifié à plu-sieurs reprises (lois des 19 mars 1817, 31 mars 1833. 28 mai 1838, 3 mars 1840, 17 juillet 1856, 28 mai 1858, décret du 12 mai 1859, lois des 23 mai 1863, 14 juin 1865, 13 juin 1866, 24 juillet 1867, 10 décembre 1874, 28 mars 1885, 12 janvier 1886). La dernière loi et non la moins importante est celle du 4 mars 1889 qui [jcrmet aux commerçants placés dans certaines conditions de réclamer le bénéfice de la liquidation judiciaire pour éviter la faillite.

Administration. Le ministère du commerce et de l'industrie comprend trois directions (Personnel et enseignement technique, commerce intérieur, commerce extérieur, et une division de la comptabilité et de la statistique). On lui avait adjoint en 1889, tout en leur maintenant une certaine autonomie, les colonies et les postes et télégraphes. Mais les colonies viennent d'en être détachées pour former un ministère distinct (mars 1894). Le ministre est assisté du conseil supérieur du commerce et de l'industrie [Voy. conseil), du conseil supérieur de statistique et du conseil supérieur de l'enseignement technique. Le Moniteur du commerce, publication officielle, enregistre les faits et documents ac nature à intéresser le commerce. Il y a des chambres de commerce dans un grand nombre de départements, des Bourses et des tribunaux de commerce ( Voy. BODUSE et TRiDUNAi.). Dc iiombreuscs écoles dépendent du ministère : l'École centrale des Arts et Manufactures, les Ecoles nationales d'Arts et Métiers (Aix, Angers, Cliàlons-sur-Marne), V Ecole nat. d'apprentissage de Dellys, y Ecole nat. d'horlogerie de Cluses (lltc-Savoie) ; d'autres sont encouragées ou subventionnées par l'Etat, par exemple l'Ecole des Hautes Etudes commerciales de Paris, VEcole sup. de Commerce de Paris, les Écoles sup. de commerce de Marseille, Bordeaux, le Havre, Lyon, Lille, Vlnslitul commercial de Paris, une foule d'Ecoles tcclmiques, Besançon, Nîmes, Nantes, Lyon, etc.

Consulter : Ileeren, W^es sur le commerce dans l'antiquité; Pigeonneau, Hist.du commerce delà France, Dictionnaire du comtnerce et de la navigation [chez Guillaumin) ; Moniteur du commerce. Annuaire du ministère du commerce et de l'industrie. Bulletin de la Société de géographie commerciale. Annales du commerce extérieur, Dictionnaii-e du commerce et du droit commercial (par Sacré), etc.

Balance du commerce [Voy. balance).

COMMERSONIA (du botan. Commerson), genre de la famille des Buttnériacées, comprend des arbres et des arbrisseaux pubescents de l'Australie et do l'Asie tropicale. Quelques espèces sont cultivées comme plantes d'ornement.

COMMETTAGE [àe commettre, mettre, tordre ensemble), opération de corderie. Voy. cordage.

COMMETTANT. Voy. commission (commerce).

COMMINATOIRE (du lat. comminari, menacer), se dit, en Droit, d'une convention ou d'une disposition légale qui prononce comme menace une peine ou aéchéance qui peut n'être pas appliquée. Aucune des nullités ou décliéances en matière de procédure n'est comminatoire (C. de proc. civ., art. 1029).

COMMIS (de commettre, confier), se dit dc tout employé, qu'il appartienne à un établissement privé ou à une administration publique. — Dans le Commerce, les commis prennent le nom de C. marchands, C. voyageurs, etc. — Dans l'Administration, on distingue des commis de diverses classes : premier commis, C. expéditionnaire, C. d'ordre (chargé d'enregistrer les actes à l'arrivée et au départ), etc. On nomine C. greffier celui

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