CONCLUSION
d'intelligibilité, spécidaues ou génériques, sont dégagées par respiit de l'individuel on qui et par qui seulement elles existent hors de nous, alors que jwur Platon les individus ne sont que des copies ou des « épreuves » de l'Idée suprasensible. Le conceptualisnie eut pour promoteur dès l'antiquité Alexandre dAplirodisie [w s. ap. J.-C), d'après lequel le général n'existe que par la puissance qu'a Icsprit de l'abstraire d'une pluralité d'objets particuliers. Abélard, au xii* siècle, n'en fut donc pas le fondateur, mais l'interprète éloquent, enclin à concilier Aristote et Platon. Ce qu'on nomme l'essence des choses, disaitil, et ce (pii fait la signification des mots, ne représente que des notions abstraites et comparatives, c-ànl. non pas des réalités substantielles ou des êtres irréductibles existant avant les clioses, mais des rapports réels d'existence entre les objets, et le fondement de ces rapports réels est dans la pensée divine. — Le conceptualisme dans la philoso-
Iiliie moderne est la doctrine adoptée par les logiciens de *ort Hoyal, par Locke et par Kant. Le fond du criticisme subjet lit' de Kant est un conceptualisme a priori ou transcendanlal : le monde de l'expérience sensiole n'est concevable que selon les règles d'intelligibilité inhérentes à notre pensée, et parmi ces règles de toute pensée conceptuelle se trouve la double loi transcendantale d'homogénéité et de spécification ; mais les principes de systématisation de l'exuérience et les catégories de l'esprit n ont point d'usage ni de signification au delà des limites de l'expérience. — Voy. Cousin, Ouvrages inédits d' Abélard; Janet et Séailles, les Problèmes et les Écoles, p. 473-555.
CONCERT. On appelle concert une réunion de musiciens qui exécutent des œuvres symphoniques et chorales. Les premiers concerts publics furent établis en France en 17'25 par Philidor. Parmi les plus célèbres associations musicales qui ont donné ou qui donnent des concerts à Paris, on peut citer : le Concert de l'hôtel Soubise (1770- 79), la Loge Olympique (1780-89), le G. Feydeau (1794], \a Société des Concerts du Conservatoire, fondée en 180i, la Société de Ste-Cécile. En 1861, M. J. Pasdeloup fonda les Concerts Populaires, dont le succès fut colossal. L'initiative de M. Pasdeloup eut une influence énorme sur le goût du public, qui put enfin entendre et admirer les chefs-d'œuvre de la musique symphonique. Quelques années plus tard se fondaient \' Association Artistique, sous la direction de M. Ed. Colonne, et les Concerts Lamoureux. Il convient de citer encore la Société Nationale de Musique, fondée en 1871, oui fit pour la musique de chambre et les comj)osileurs français modernes ce que M. Pasdeloup avait fait pour la musique classique.
CONCERTANT. On appelle musique concertante un genre de musi(]ue dans lequel les aillërcntcs parties ont une égale importance, par opposition aux morceaux où la mélodie, prédominante, est simplement soutenue par un accompagnement.
CONCERT! NO. Dans quelques parties de l'Italie on appelle concertino la partie du premier violon, quand celui-ci tient la place du chef d'orchestre. — On appelle aussi concertino un instrument à soufflet et à touches, assez semblable à l'accordéon.
CONCERTO, mot italien qui désignait autrefois une composition écrite pour plusieurs instruments concertants. Ce mol n'est plus employé maintenant que pour certains morceaux de musique fort développés et écrits spécialement pour faire briller la virtuosité d'un instrumentiste. Un concerto, dans la musique moderne, est toujours écrit pour un instrument solo et l'orchestre.
Le concerto grosso était, au commencement du xviii» sièele, une sorte de symphonie avec des parties principles de violon ou d'autres instruments. Ceux de Corelli, de Geminiani et autres ont donné naissance aux concertos et aux symphonies modernes.
CONCESSION (dulat. concessio). En Administration, on nomme ainsi ce qui est accordé à un particulier ou à une société, à titre gratuit ou onéreux, par l'État, par un établissement public ou une commune : par exemple, l'exploitation d'une mine, d'un canal, d'un chemin de fer, une prise d'eau dans une rivière, l'étabHssement d'un péage, etc. Ces concessions ne se font le plus souvent qu'avec concurrence, sauf pour les chemins de fer. Celui qui obtient la concession est dit concessionnaire.
Dans les cimetières, les concessions de terrains pour sépulture sont temporaires ou à perpétuité. Le tarif en est réglé par les conseils municipaux. A Paris, une simple
concession individuelle à perpétuité coûte 500 fr. pour 2 mètres carrés. Pour les sépultures de famille, voy.
SÉPULTURE
CONCETTI (pluriel du mot italien concelto), pensée ingénieuse, mais où il y a plus d'affectation cl de faux brillant que de naturel et de solidité : tel est ce vers de Virgile, « Nec cahti potuere capi, b en parlant des Troyens, et cet autre, que Racine met dans la bouche de Pyrrhus [Attdrom., I, iv] :
Brûlé de plus de feux que je n'en allumai.
Les Italiens ont surtout recherché ce genre d'esprit, et chez eux le mot concetli n'est pas pris, comme chez nous, en mauvaise pari. Le cavalier Mann, poète italien, mort en 1628, est le type de ce genre précieux et allecté.
CONCHIFÈRE (du lat. concha, coquille, et de fero, porter), se dit des Mollusques qui ont une coquille bivalve.
Voy. ACÉPHALES.
CONCHOIOE (du gr. %o-fiot\^i\<Ci , courbe inventée par le géomètre grec Nicomède pour résoudre les problèmes de la duplication du cube et de la trisection de l'angle. Pour l'obtenir, on mène d'un point fixe à une droite fixe des sécantes, sur lesquelles on porte à partir de cette dernière des distances égales. Le lieu des points ainsi obtenus est la conclioïdc. — Elle comprend deux branches infinies, ayant pour asymptote la droite fixe, symétriques par rapport à la perpendiculaire menée du point fixe à cette droite. Voy. asymptotes.
CONCHOLÉPAS (dugr. xôyyT), coquille, et Xliraç, patelle), genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre dos Pectinibranches, voisin des Buccins, ne renferme qu'une seule espèce des côtes du Pérou, remarquable par l'ouverture très ample de sa coquille univalve, et par les deux petites dents qu'elle porte à la base de son bord columellaire.
CONCHYLIEN (étage) (dugr. t.of/yk\.Q^, cw\m\\G). Voy.
MUSCllELKALIt.
CONCHYLIOLOGIE (dugr. xo-jyCXiov, coquille, et X6yoc, discours), partie de la Zoologie qui s'occupe de l'élude des Mollusques à lest ou Coquillages. C'est depuis les travaux de Lamarck, de De Blainville, de Cuvier, etc., qu'on est parvenu à établir une méthode naturelle de classification en Conchyliologie [Voy. mollusques). — Voy. D. de Montfort, Conchyliologie syslématiqiie; Geoffroy, Traité sommaire des coquillages; D' Chenu, Description de toutes les coquilles connues; Deshayes, Traité élémentaire de conchyliologie ; P. Fischer, Manuel de conchyliologie, etc.
CONCIERGE (du b.-lat. consergius, altération de conservus]. Voy. portier.
CONCILE (du lat. concilium), assemblée d'évèques et de docteurs pour délibérer et décider sur des questions de doctrine et de discipline. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
CONCILIABULE (dimin. de co?«ci7e], assemblée convoquée hors du sein de l'Eglise, par dos hérétiques ou des schismatiques, dans un but d'opposition. On connaît surtout : le C. du Chêne, qui déposa St Chrysostome, et qui fut ainsi nommé parce qu'il se réunit dans le quartier du Chêne, à Chalcédoine ; et le brigandage d'Ephèse, qui condamna le concile de Chalcédoine, anathématisa le pape St Léon, et maltraita ses légats. — Auj. ce mot se dit de toute réunion secrète de gens à qui l'on suppose des desseins coupables.
Chez les Romains, on appelait Conciliabule : 1° le lieu où les préteurs, propréteurs, proconsuls, etc., rendaient la justice; 2° les marchés tenus dans les villes, analogues à peu près à nos foires et où se rendaient les paysans.
CONCILIATION [de concilier) . En Droit, on appelle ainsi l'accord que le juge de paix cherche à établir entre deux personnes qui ont un différend. Au début de tout procès civil, à l'exception de certains cas prévus dans l'art. 49 du Code de procédure civile, la loi exige un essai de conciliation. Le défaut de cette formalité suffirait pour faire rejeter l'instance. La loi du 2 mai 1855 a étendu le principe de cette tentative de conciliation aux affaires qui sont de la compétence des juges de paix. — Voy. bureau.
CONCISION, qualité du style. Voy. sttle.
CONCLAVE (du lat. conclave), la réunion des cardinaux pour élire un pape (Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.). — On appelle Conclaviste un ecclésiastique qui s'enferme dans le conclave avec un cardinal pour le servir.
CONCLUSION (du lat. conclusio). En termes de Pratique,