‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 38 sur 1729 · ALC\LIN · texte numérisé non relu

ALC\LIN

de piilrt'faotion, en subslance* soluble? non coagiilables qutin appelle des pcplones [Voy. ce mot . Tous ces composés, albumines ou peptones, se reconnaissent à la coloration rouge qu'ils donnent avec le réactif de Millon dissolution de mercure dans lacide nitrique . Les principales substances albuminoïdes sont :

\.' albumine, qu'on rencontre dans le blanc aœuf et qu'on peut séparer par dialyse. Elle se coagide à 74^ et peut donner avec les alcalis des albuminates. On la rencontre encore dans le sérum et dans les végétaux :

La caséine, qui se rencontre dan* le lait. Elle peut être coagulée, soit par l'acide acétique. st)it par la pepsme qui se trouve dans l'estomac des veaux i présure). La caséine coagulée constitue le fromage :

La fibrine, qu'on rencontre dans le sang;

Le gluten, qui se trouve dans le blé ;

La îégumine, qu'on observe chez nombre de végétaux : etc.

Les peptones proviennent d':- l'hydratation des albumines sous l'influence de la pepsine. Cette transformation est nécessaire pour l'assimilation dans la digestion. Chaque albumine doime naissance à une peptone correspondante qui est soluble dans l'eau.

ALBUMINURIE {d'albumine et du gr. oi^v.'j. uriner), mot par lequel on désigne la présence de l'albumine dans l'urine : ce n'est à proprement parler qu'un symptôme indiquant une altération plus ou moins grave des reins, toujoui-s produite au début par un état congestif de la suIjstance intime de ces organes. Toutes les maladies qui peuvent se compliquer de cet état, donnent lieu à l'albuminurie : par ex. les fièvres éruptives, la scarlatine surtout, les maladies du cœur, etc. L'albuminurie chez les femmes arrivées à un point avancé de la grossesse doit faire pressentir des attaques d'éclampsie [Voy. ce mot . — On désigne aussi sous le nom d'Albuminurie, ou mieux de Maladie de Bright (du nom du médecin anglais qui l'a décrite le premier), une maladie qui consiste dans la dégénérescence du rein et la destruction successive des parties essentielles de cet organe. L'un des principaux caractères extérieurs de cette maladie est la pâleur de la face et la bouflissure partielle ou générale du corps, résultant de l'infiltration de la sérosité du sang dans le tissu cellulaire sous-cutané. Viennent ensuite des troubles de la vision et des accidents cérébraux, comateux ou con\-ulsifs. qu'on a attribués à l'accumulation d'une trop grande proportion d'urée dans le sanz. Cependant, à l'état aigu, cette maladie peut n'être qu'une affection légère, qui naît oniinairement sous l'influence du froid humide et guérit presque spontanément. Il est touioui-s utile d'entretenir les fonctions de la peau à l'aide de frictions ou de fumigations stimulantes et il convient d'adopter le lait comme aliment principal ou même unique. — On constate la présence de l'albumine dans l'urine : 1' par l'action de la chaleur (en chauflant une petite quantité d'urine dans un tube de verre, on voit bientôt se former un nuage ou des flocons plus ou moins épais d'albumine) : 2° par l'acide azotique (quelques gouttes versées dans l'unne déterminent le même précipité . — Consultersur cette maladie les travaux de Bright, de Hayer. de Martin Solon. de Semmola. etc.

ALCA. nom latin scientifique du Pingouin, a formé le mot Alcades ou Alcidés, famille d'oiseaux Palmipèdes plongeurs comprenant, entre autres genres, les Pingouins cl les Macareux. Voy. ces mots.

ALCAÏQUES (vers et strophe, mètres inventés iiar le poète grecAlcée, et adoptés chez les Latins : 1° l'hendécasyllabe alcaïque déi)ute par une syllabe de prélude, ou anacruse { Voy. ce mot), ordinairement longue . puis se com- |X)se. comme le saphique {Voy. ce mot . d'un dactyle placé entre 2 dipodies trochaïques; il est catalectique: Horace et les autres poètes latins font suivre d'une césure la première dip.idie.ot substituent un spondée au trochée de cette dipodie :

Pârjcûs dë'ôrûm]cûllôr et 7nfr^qufn«. (Hor.)

2* Le décasi/llabe alcaïque se compose de 2 dactyles suivis de 2 trochées; il redouble pied par pied Vadonique [Voy. ce mot).

Lénâj |:6rsonû|êrëi sâxâ. (Hor.)

5' L'enncasyllabe alcaïque se compose de 5 ïambes : il est catalectique : on le désigne aussi sous le nom de pentapndie ïamoique catalectique, ou de dimètre îainbique hyperniètre.

Ces 5 mètres forment la strophe alcaïque, ainsi disposée : 2 hcndécasyllabes, \ ennéasyllabe, 1 décasyllabe

iEiqnâm mgmênlô|rêbûs In; Srrlùîs Serjvârë inenlem. |nôn sëcùsiii bôuîs

A'i inl-ôlên li têm'pérâ'lâm LaeUU â, mon tûrë|Lélli. (Hor. IL III.)

Claudien, Prudence, Ennodius. et d'autres poètes de la décadence, ont employé l'hendécasvllabe seul.

(Consulter : Quicherat. Traité de versification latine : Grumbach et Waltz. Prosodie et métrique latines.

ALCALI (de l'arabe al-kali, la soude), se dit. en Chimie, de certaines substances que caractérisent leur causticité et l'énergie avec laquelle elles se combinent avec les acides. Les alcalis sont solubles dans l'eau ; ils ramènent au bleu le tournesol rougi par les acides, verdissent le sirop de violettes, et brunissent la teinture de curcuma. Les anciens chimistes n'appliquaient le mot alcali qu'à trois substances : la potasse alcali minéral), la soude alcali véqétal .01 l'ammoniamie ' a/<rfl/< volatil), dont la dissolution réagit comme les aissolutions de potasse ou de soude. La chimie moderne distingue les alcalis propres, comprenant, outre les trois précédents, la lithine et les oxydes de rubidium et de caesium, et les alcalis terreur, comprenant la chaux, la baryte, la strontiane et la magnésie. A fexception de l'ammoniaque, tous ces alcalis sont des hydrates métalliques; aucun d'eux ne se rencontre dans la nature à l'état de liberté. On les appelle aussi .4. caustiques pour les distinguer des .4. carbonates, combinaisons des alcalis caustiques avec l'acide carbonique, qui partagent beaucoup de propriétés avec les alcalis libres. — Les Alcalis organiques sont de beaucoup plus nombreux que les alcalis fournis par le règne minerai : on les divise en .4. artificiels ou Aminés {Voy. ce mot) et A. naturels ou alcaloïdes, le plus souvent végétaux, qui conliennent tous du carbone, de l'hydrogène et de l'azote, et pour la plupart de l'oxygène. Les alcaloïdes naturels existent tout formés dans les organes des plantes, en combinaison avec des acides : tels sont la quinine, la cinchonine. dans les écorces de quinquina; la morphine, la narcotine, la narcéine, la thé- Iwïne, dans l'opium : la strychnine et la brucine, dans les sirychnos, etc. ; les autres sont le produit de réactions chimiques sur certaines substances organiques : tels sont l'aniline, la quinoléine, la toluidine. etc. L'expression d'alcalis ou alcaloïdes naturels est d'ailleui-s impropre, car la plupart de ces composés ont été obtenus artiliciellement. Les alcaloïdes sont généralement insolubles dans l'eau, ce qui permet de les extraire des organes qui les renferment, en traitant ceux-ci par de l'acide chlorhydriquè ou sulfurique affaibli, et décomposant la solution par de la chaux ou de l'ammoniaque, qui >ient alors précipiter les alcaloïdes ; tous, à l'exception de la cicutine, de la nicotine et de la spartéine, sont oxygénés et non distillables ; tous ramènent au bleu le tournesol ; presque tous sont solubles dans les huiles fixes ou les essences carbonées ; tous, à l'exception de la cinchonine et de la quinidine. dé^^ent à droite le plan de polarisation ; tous, à dose plus ou moins élevée, exercent sur l'organisme un effet puissant. Presque toutes les plantes vénéneuses doivent leur action à de semblables alcalis : la ciguë contient la conicine ou cicutine : la belladone renferme l'atropine: le pied-tl'alouette.la delphine: le tabac, la nicotine, etc. Ces alcalis s<int. pour la plupart, des remèdes précieux.

Les alcalis minéraux étaient connus fort anciennement. La découverte des alcaloïdes ne remonte qu'à l'année 1803, époque à laquelle Seguin et Derosne, en France, et Sertuerner. en Hanovre, découvrirent dans l'opium des principes cristallisés doués de propriétés alcalines. Depuis loi-s, la liste des alcaloïdes s'est considérablement accrue.

ALCALIMÉTRIE {d'alcali et du gr. iiîTpov, mesure), métho<lc servant à déterminer les proportions d'alcali caustique ou carbonate contenues dans les potasses et les soudes du conunerce. Les parties alcalines étant les seules utiles, cette détermination indique la valeur intrinsèque de ces produits.

ALCALIN. Les métaux alcalins sont ceux dont les hydrates {alcalis), très solubles dans l'eau, tels que la potasse, la soude, jouissent des propriétés basiques les plus énergiques et peuvent servir de définition expérimentale à la fonction base. Ces métaux sont : le lithium, le sodium, le potassium, le rubidium et le césium. — Les oxydes

ALCALINITÉ

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