ALCOOL
alcalins, les chlorures alcalins et les sels alcalins sont les composés de ces inélaux.
ALCALINITÉ [li'alcnli), propriété que possèdent certains corps, s(>lul)les dans l'eau, de ramener au i)ieu la leinlure (le tourtiesol r-oiifiie par les acides.
ALCALINO-TERREUX (mktaux). Les métaux alcalinoterreux {calcium, strontium, baryum] se distinguent des niélaux alcalins en ce que leurs hydrates, moins solublcs dans l'eau, sont des bases moins éner};i(|ues que les alcalis proprement dits; les oxydes de ces métaux ont l'aspect terreux.
ALCALOÏDE ou Alcali organique. Voy. alcali.
ALCANNA. plante. Voy. henné.
ALCARAZAS. ou mieux alcariuza (de l'arabe al-quraz, la cruche', vase poreux en forme de irauteille. dont on se sert dans les pays chauds, surtout en Espagne, pour rafraîchir l'eau. Ces vases étant légèrement perméables, la vaporisation qui a lieu à leur surface leur eidèvc de la chaleur assex vite pour refroidir le liquide qu'ils contiennent. On les place dans un courant d'air pour augmenter l'évaporation. Selon l)arcet,ils sont formés d'un mélange de 5 p. de teiTe calcaire et de 8 p. d'argile : on y introduit aussi un peu de sel. — Ce genre de vases était connu de toute antiquité chez les Egyptiens: les Arabes l'introduisirent en Espagne. On les fabrique aussi avec succès en France : Founnv, (|ui en a le pisemicr fabriqué, a nommé ses produits htfdrocérames.
ALCEOIDÉS [A'alcedo, marlin-pècheur), famille d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux, formée aux dépens des Svndactyles de Cuvier, comprend les genres Alcedo (g.- Ivpe . Dacelo, Cfrule, Céyx, Alcyon, etc. " ALCÉE (du gr. aAxéa), (espèce du genre Althœa (Guimauve), famille des Malvacees. V Alcce des jardins [Althsea rosea), vulg. Rose tréniièrc ou Passe-rose, fait l'ornement des parterres. Sa tige est élevée, droite, velue, couverte de belles fleurs dont la nuance varie du blanc au rouge, au jaune et au cramoisi. Elle est originaire de Syrie, d'où elle fut apportée à l'époque des croisades. — Une autre espèce, 1'^. sinensis, venue de Chine, à fleurs blanches et pourpres panachées, est très recherchée des amateurs.
ALCESTE. 124" petite planète, trouvée le 23 août 1872 par C. H. F. Pelers à Clinton (Etats-Unis]. Voy. planètes.
ALCHÉMILLE ou alchimille, Alchemdla, genre de la famille des Rosacées-Dryadées, comprend des herbes vivaces à feuilles palmées ou digilées et à flem^s verdàtres, en corymbes ou en grappes terminales. L'.4. vulgaire [A. vul-
Î taris), ou Pied-de-lion, est commune dans les prés et es l)ois montagneux : elle possède des propriétés astringentes. Les alchimistes employaient dans l'opération dagratid œuvre la rosée recueillie sur ses feuilles : de là son nom. L'.4. des Alpes [A.argenfea] est remarquable par le duvet soyeux et argenté de la lame inférieure de ses feuilles. L'.i. des champs (A. arvensis] ou Perce-Pierre, formait pour Linné un genre à part qu'il appelait Aphanes.
ALCHIMIE (de l'article arabe al et du mot chimie], science occulte qui étudiait, comme auj. la chimie, les combinaisons des corps, et cherchait à surprendre les secrets de la nature, mais dans le but chimérique d'opérer la transmutation des métaux, de faire de l'or et de composer une panacée ou remède universel, propre à guérir tous les maux et à prolonger indéfiniment la vie. L'agent tout-puissant au moyen duquel l'alchimiste devait opérer ces merveilles était appelé la pierre philosophale, et l'opération elle-même était le grand œuvre. L'alchimie s'associait le plus souvent à l'astrologie et à la magie. Les Egyptiens l'appelaient Art sacré, parce que cet art n'était connu que de leurs prêtres, et Science ou Philosophie hermétique, parce qu'ils en attribuaient l'invention à Hermès Trismégiste. Le nom d'alchimie est dû aux Arabes, et conserve le radical Chemi, ancien nom de la terre d'Egypte, comme aussi d'un auteur alchimiste légendaire. — M. Berthelot a publié en 1887 la CoWec<«OH, jusque-là inédite, des anciens alchimistes grecs, avec traduction de M. Ruelle et une savante introduction. Les plus anciens de ces écrits, attribués à Démocrite, qui aurait été le disciple du Mage Ostamès, paraissent avoir été composés en Egypte vers le commencement de l'ère chrétienne. Quoique très obscures, leurs formules ont un caractère pratique et représentent des procédés effectifs de dorure ou d'argenture, apoarente ou réelle, superlicielle ou profonde. A partir du iit' siècle (Zosime), sous linnuence des croyances gnostiques,
se développe un symbolisme dont les fondements existaient dans les écrits hermétiques antérieurs ; les vieilles formules sont désormais prises dans un sens myslicjue détourné : il se mêle à cela des traditions juives et cliretiennes, ainsi que des conceptions empruntées aux anciens philosophes grecs (Svnésius, Olympiodorej. L'art sacré n'est plus qu'un mystère 'dont les adeptes seuls ont connaissance et que les commentateurs prétendent expliquer seulement en partie,^ par des développements beaucoup plus obscurs que les anciens textes. L'idée de la panacée n'apparaît d'ailleurs nullement à cotte épo<]ue ; elle n'est pas antérieure à Paracelse. — Les Arabes, Geber (vin* siècle), Rhazès (x" siècle), Avicenne (xi° siècle), Abul-Casis (xii° siècle), reçurent la tradition grecque, précisèrent un certain nombre de {(réparations importantes et transmirent leurs connaissances a l'Occident latin. Les premiers adeptes du moyen âge, suspectés et persécutés, déguisèrent leui"s écrits en les attribuant à des savants illustres, comme Albert le Grand, Thomas d'Aquin, Raymond Lulle. Au xiii' siècle Roger Racon et Arnaud de Villeneuve écrivirent réellement sur l'alchimie. Puis vinrent d'autres savants originaux, Basile Valcntin, les deux ïsaac de Hollande, Rernard de Trévise, de purs charlatans comme Nicolas Flamel, et au xvi" siècle des honunes qui présentent à la fois ces deux caractères, comme Cornélius Agrippa et surtout Paracelse.La société des liose- Croix continua cette dernière tradition. Au xvm° siècle même, de grands charlatans, le comte de St-Germain, Cagliostro, J.-J. Casanova, le D' Priée, firent de nombreuses dupes en prétendant posséder les secrets de l'alchimie. Parmi les auteurs sérieux du xvii" siècle et du xviii' siècle, qui ont traité de la chimie, Iwn nombre, comme Glauber, Bêcher, Kunckel et même Stahl dans ses premiers écrits, considéraient encore la transmutation des métaux comme ayant été réellement obtenue par les adeptes et pouvant dès lors être poursuivie avec succès. — Voy. : Lenglct Dufresnoy, Histoire de la philosophie hermétique (1742) ; Schmieder, Histoire de i Alchimie (Halle, 1852) ; Figuier, l'Alchimie et les Alchimistes (Paris, 1854) ; Hœfer, Histoire de la chimie (1866) ; Berthelot, Origines de l'Alchimie (1887).
ALCMÈNE, 82» petite planète, trouvée le 27 nov. 186i par R. Luther à Rilk près Dusseldorf. Voy. planètes.
ALCOOL (de l'arabe al-kohl, poudre d'antimoine), dit aussi Alcool éthylique. Hydrate d'oxyde d'éthyle. Espritde-vin ; liquide incolore, très volatil et très combustible, dont la composition correspond à la formideC*H^O, et qui se produit dans la fermentation des liquides sucrés. Dans l'étal de pureté chimique, on le désigne plus particulièrement sous le nom A' Alcool absolu ou anhydre; mais c'est toujours à l'état de mélange avec une proportion d'eau plus ou moins grande qu'on le trouve dans le commerce : on lui donne alors les noms de trois-six, eaude-vie, suivant sa concentration [Voy. ci-après). L'alcfMtl absolu a une densité de 0,79 et bout à 78°. Sa saveur est acre et brûlante ; son odeur faible, mais enivrante. Il absorbe rapidement l'humidité de l'air; mêlé avec l'eau, il dégage de la chaleur; avec la neige, il donne un froid qui peut aller jusqu'à — 37°. Il enlève l'eau même aux parties vivantes, qu'il racornit, ce qui le rend très propre à la conservation des préparations anatomiques; c'est encore par la même raison qu'il détermine la mort quand on l'injecte dans les veines. Il dissout fort bien les résines, les essences, les matières grasses; il se combine avec les acides en perdant de l'eau et produit des éthers [Voy. ce mot). L'oxygène en présence de la mousse de platine et les oxydants le transforment tout d'abord en aldéhyde [C-H*0], puis en acide acétique fC^H^O*). La transformation de l'alcool en acide acéticiue a lieu, dans les liquides fermentes exposés à l'air, par l'intermédiaire du Mycoderma aceti, qui trouve dans ces liquides les éléments nécessaires à son aéveloppement. — On obtient l'alcool absolu en distillant l'alcool du commerce avec des sul>stances très avides d'eau, telles que la chaux vive ou le carbonate de potasse. L'alcool du commerce s'obtient en soumettant à la distillation les liquides sucrés qui ont éprouvé la fermentation dite alcoolique. Cette opération se pratique en grand sur les vins : le sucre ou glucose que contenait le moût donne, comme produits de fermentation, de l'alcool et de l'acide carbonique qui se dégage ; les vins contiennent de 6 à 20 pour 100 d'alcool. On tire aussi de l'alcool du cidre, des mélasses, de la betterave, de la pomme de terre, des grains, du bois même, etc. — L'alcool