CONSIGNATION
<:oj«ir>l. Lamennais a eu tort de chercher le critérium de la certitude dans le consentement universel : car celui-ci ji'a de valeur qu'autant que les intelligences individuelles, dont il .représente l'ensemble, sont reconnues capables de découvrir la vérité chacune par ses propres forces.
CONSÉQUENCE. Voy. syllocisjie.
CONSÉQUENT du lat. conseqtiens). En Philosophie, c'est le second des deux termes d'un rapport logique ou métaphysique : par exemple, dans le rapport de causalité, la cause est {'antécédent, l'elTet est le conséquent [Voy. rapport).
coxsÉQCExi, terme de Mathématiques. Voy. proportiox.
coxsÉQCEXT (point'. Ou dit qu'une aiguille aimantée a des j}oints conséqitenls nxiand elle présente non seulement des pôles à ses extrémités, mais une succession de i>ôles alternativement de nom contraiic.
CONSERVATEUR du Idl. conservalor], titre donne, en France, » plusieurs i'onctionnaircs préposés à la garde et à la surveillance d'un dépôt, tel que bibliothèque, musée, cabinet de médailles, d'histoire naturelle, etc. — On nomme : C. des hypothèques, les Conclioiniaires chargés de tenir les registres où s'inscrivent les privilèges et les hypothèques, et d'y opérer la transcription de tous les actes de ventes d'immeubles : il y en a un «lans chaque arrondissement : ils sont responsables du préjudice résultant des omissions ou erreurs dont ils sont les auteurs (C. civ., art. !2l9(>-2205) ; — C. des eaux et forêts, les agents supérieurs de l'administration générale des forêts de l'État.
En l'olitique, le parti conservateur est composé de ceux qui s'opposent aux changements dans l'ordre j)olilique, tout 4iu moins aux changements trop profonds ou trop rapides. Ce parti com|X)rte d'ailleurs beaucoup de subdivisions.
CONSERVATION des scbstaxces organiques. Voy. pctrk- FACiios et embaumement.
conservation des substances alimentaires. C'est un problème dont la solution est du plus haut intérêt. Les voyageurs, les marins, les soldats ont Ijesoin d'avoir des aliments frais et facilement transporlablcs. De plus, quelques pays produisent en telle abondance certains aliments, qu'il y aui'.;it grand avantage à pouvoir les utiliser par un procédé de conservation eflicace. Malheureusement les moyens mis en usage ne donnent pas toujours de résultats parfaits au point de vue des qualités alibiles, du goût et du parfum. Les dilférents procédés mis en usage ont pour but de soustraire les aliments à l'action des germes de la putréfaction. Ce sont : 1° la dessiccation, qui agit en enlevant l'eau nécessaire à la mulli|)lication des germes; ainsi se préparent le pemmican de l'Amérique du >'ord, la carne seccci. le tasajo ou charqui (\e l'Amérique du Sud; 2° la salaison, employée dès l antiquité pour les viandes, certains légumes, tels que haricots, choux (choucroute), et pour le beurre; 5° le fumage, souvent associé à la salaison (bœuf, porc, harengs) ; 4° l'enrobement, où la substance à conserver est mise dans un milieu qui l'isole des germes et qui n'agit pas sur elle; on enrobe dans la graisse (sauoissis. cuisses d'oie, foies gras), l'huile (sardines), le sucre rniiiUures, fruits glacés), l'eau-de-vie (prunes, cerises, etc.) ; ô la stérilisation par la chaleur, qui comprend plusieurs procédés excellents; le plus ancien, le procédé Appert, consiste à mettre les viandes dans une Iwîte métallique dont on soude le couvercle en ménageant un petit trou pour l'échappement de la vapeur; la boîte est ensuite portée à 100" et on ferme le petit trou avec une goutte de soudure ; aussitôt les boîtes ouvertes. le contenu doit en être consommé, car il s'altère très vite: les légumes, les fruits ont été conservés de la même layon ; 6" la réfrigération par la glace serait un bon moyen, si les viandes ainsi conservées ne se décom- |>osaient avec une rapidité considérable en sortant de la glacière.
(Certains industriels ont essayé de réduire les aliments en extraits, en |)oudres (extraits de Liebig, poudre de viande d'Adrian, de Rousseau). Les extraits sont souvent toxiques par la grande quantité de sels de potasse qu'ils renferment. On conserve aussi les œufs en les plongeant dans mi lait de chaux, qui oblitère les pores de la coquille. Le lait dit stérilisé peut se conserver dans des flacons bien liouchés à la paralline. Enfin on a tenté par dilférents antiseptiques, tels que acides borique, salicvlique, de conserver des aliments ou des boissons. Mais ces produits chimiques sont nuisibles à la santé.
Los conserves altérées donnent lieu à des accidents fré- ^euts, résultant soit de l'altération des aliments, soit d'un
vice de la préparation. Les ptomaïnes déreloppées dans les viandes donnent lieu à des accidents cholériformes parfois mortels. Les morues avariées et particulièrement la morue rouge ont été souvent incriminées. Enlin il n'est i)as jusqu'à rétamage des boîtes de conserve, étamage trop chargé de plomb, qui n'ait causé des accidents.
La belle couleur verte des conserves de légwnes s'obtient en faisant bouillir les haricots verts, les petits pois, avec du sulfate de cuivre qui se fixe à l'état d'albuminate de cuivre. C'est ce qu'on appelle le reverdissage. Ce procéil é est dangereux lorsqu'on dépasse certaines doses, et devrait être abandonné.
La coloration des bonbons, des dragées s'opère trop souvent à l'aide de matières toxiques.
CONSERVATOIRE, établissement destiné à conserver et à propager les connaissances acquises, notamment en Musique et dans les Arts et Métiers.
Les Conservatoires de musique ont pris naissance en Italie : le premier fut fondé à Naples en 1557 ; celui de Paris ne remonte qu'à 1784. Ce fut d'abord une école spéciale de chant ; on v ajouta en 1 786 des classes de déclamation. Fermé en 17^9, il fut rouvert en 1793, sous le nom d'Institut national de musique; il reprit en 1795 le titre de Conservatoire de musique et de déclamation. Il est régi auj. par le décret du 9 sept. 1878. Sous la direcj tion de Sarrette (1798-1814) et de Chérubini (1822-42), le j Conservatoire a éminemment contribué aux progrès de I l'art musical et de la déclamation en France. Plus de , 500 élèves suivent annuellement ses cours, et ses méthodes I sont devenues classiques dans toute l'Europe. Depuis 1828, une association musicale, composée de musiciens formés dans l'établissement et connue sous le nom de Société des Concerts, y donne, chaque année, des concerts publics. Toulouse, Marseille, Lille, Nantes, Rennes, ont depuis quelques années des écoles de musique . qui sont des succursales du Conservatoire de Paris. Vienne, Prague, Berlin, Londres, Bruxelles, etc., ont aussi des Conservatoires de musique.
Le Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, situé dans les bâtiments de l'abbaye St-Martin, doit son origine à Vaucanson ; il s'est formé par la réunion successive de différentes collections de machines, de modèles, d'instruments et d'a|)pareils de tout genre. Son existence officielle date de 1794 : son musée et sa bibliothèque sont ouverts au public le jeudi et le dimanche. On y fait des cours publics de géométrie, de mécanique, de physique et de chimie appliquées, d'arts céramiques, d'économie et de législation industrielle"; ces cours sont particulièrement destinés aux ouvriers.
CONSERVE. On donne ce nom : 1* à une espèce de confitures sèches faites de citron, de framboises, même de roses, de violettes, de fleurs d'oranger, etc. ; 2° à toute espèce de mets, gibier, volaille, poissons, légumes, fruits, œufs, laitage même, cuits ou desséchés et comprimés, puis enfermés avec soin dans des boîtes de fer-blanc soudées ou dans des bouteilles bouchées hermétiquement. Ces préparations peuvent se conserver ainsi plusieurs années, et lorsqu'on les chauffe au bain-marie, elles ont presque autant de saveur que si elles étaient fraîches. MM. Appert, Fastier, Frichou, Masson, de Lignac, etc.. ont beaucoup perfectionné cette industrie.
Dans la Marine, on nomme conserve un bâtiment qui fait route avec un autre, pour le secourir ou pur en être secouru au besoin.
CONSERVES, espèce de lunettes. Voy. lunettes. CONSIGNATAIRE, celui à qui des marchandises ont clé consignées. Voy. consignatio.n.
CONSIGNATION (du lat. consignare, cacheter, sceller]. On désigne spécialement nar ce mot les dépôts ordonnes
Car justice ou eUeclués volontairement tlans une caisse puhque pour opt-rer une lil)ération sujette à être contestée (C. civ.; art. 1257-12(i4; C. de proc., art. 812-818). Ces dépôts se font, à Paris, à la Caisse des Dépôts et Consignations (Toy. dépôt); dans les départements, entre les mains du trésorier-payeur général. Voy. offres réelles. Dans le Commerce, mettre des marchandises en consignation, c'est en opérer le dépôt dans une maison de commission [Voy. ce mot), pour en effectuer plus facilement la vente, ou pour obtenir des avances d'argent. Toutes les marchandises qui composent la cargaison d'un navire sont consignées sur le bâtiment, et dans ce cas la principale conséquence de la consignation est d'affecter les marcuan-