‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 395 sur 1729 · CONTINU · texte numérisé non relu

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Théorie du contact, en Physique. Voy. pile.

CONTAGE. agent de la contagion [Voy. ce mot).

CONTAGION iiiu lat. coiilagio], mode de propagation des maladies par l'eiret du contact médiat ou immédiat d'un prtMluit morbide. La transmission des maladies peut s'ellecluer par le contact direct avec le malade ou les objets souillés par ses sécrétions ou les déjections (linges, vêlements, literie, babitation) ; ou encore jwr l'intermédiaire de l'air où a vécu le malade. I.cs voies de pénétration sont les elTractiojis du revêtement cutané oumuqueux, 1m voies digeslives ou respiratoires. Ce sont là les dilFérenles portes d'entrée de germes ou microbes {\'oy. ce mot;. Lorsqu'ils pénétrent en quantité sulfisante, lors<|uc le terrain est favorable, il y a reproduction de la maladie qui a fourni le coulage.

I,a notion de la contagion conduit à la prophylaxie, e.-k-ti. à l'ensemble des moyens à l'aide desquels on garde les individus sains contre les affections transmissibles alin d'empêcher la pro<luction d'épidémies. La prophylaxie |ieut être locale s'il s'agit de protéger simplement l'entourage d'un malade. Elle devient internationale lorsqu'il s'agit de nous protéger contre des épidémies exotiques, |iesle, choléra, fièvre jaune.

Contagion des fièvres éruplives. — Variole. Le véhicule le plus onliuaire est la croûte des pustules réduite en poussière, d'où le transport facile à distance. Aussi doit-on isoler le malade et le personnel qui le soigne ; les lalayures de «a chambre doivent être brûlées. Mais la pnjphylaxie par exccUeiKe est la vaccine. — Rougeole. Ce sont les sécrétions nasales et bronchiques, les larmes du début qui souillent les linges ou les objets environnant le malade, qui amènent la contagion, amsi que les débris épidermiques de la fin. L'isolement du malade et la désinfection du linge de la literie s'imposent. La contagion de la scarlatine se combat aussi par les mêmes mesures. — Pour la fièvre typhoïde, ce sont les matières fécales et les linges souillés par le malade qui sont les moyens ordinaires de transmission. Aussi les matières doivent-elles être immédiatement désinfectées avec du lait de chaux, de l'acide phénique, de même les linges. La syphilis, maladie à virus fixe, est surtout justiciable comme prophylaxie de mesures administratives. La rage peut être ramenée à une pro|X)rtion de cas insignifiante en abattant les chiens errants qui propagent le mal, ainsi que les animaux mordus |)ar des chiens sus[)ects. L'application rigoureuse de ces mesures en Allemagne a permis en 1888 de ne constater dans tout l'empire, sur 40 millions d'habitants, que 4 décès, lamhs qu à Paris seulement il y eut la même année 19 décès. — Pour la tuberculose, la vraie cause de contagion est la dissémination des crachats souillant le sol et transportés avec la poussière, aussi les malades doivent-ils cracher dans des vases spéciaux. Le contenu doit, autant que possible, être brûlé. L'habitation dans la même chambre est interdite. Après la mort d'un phtisique on devra désinfecter soigneusement chambre, meubles, literie, vêtements. La viande, le lait des animaux tuberculeux devront lire rejelés de l'alimentation. En cas de doute il est prudent de faire toujours bouillir le lait. Nous ne pouvons entrer dans le détail du mode de transmission de toutes les alfections contagieuses et de leur prophvlaxie. Nous «levons nous borner à rappeler que dans leur ensemble les mesures préservatrices consistent : 1» à détruire ou éloigner le foyer d'infection, notamment pour le typhus, la peste, la lièvre jaime, la dysenterie, etc. ; 2* à le détruire lorsqu'il s'est manifesté, en abattant les animaux affectés de la rage, du charbon, de la morve, etc. : en brûlant les vêtements de laine, de soie, les fourrures, et tous les objets infectés, ou en les purifiant par des procédés appropriés loj/. nÉsi.NFECTiox\ etc.; 3' à placer les sujets dans des cttnditions qui les garantissent de son influence : cette dernière indication comprend l'isolement, les cordons sanitaires, les lazarets et les quarantaines. Voy. ces mots.

Les personnes (médecins, infirmiers) qui soignent les malades doivent avoir un vêtement spécial (sarrau, blouse), qu'elles abandonnent en quittant le malade. Le lavage de la face et des mains au savon, le rinçage à la solution de snblimé ou d'acide phénique doivent être pratiqués soigneusement.

CONTAMINATION, se dit surtout delà souillure d'instruments de chirurgie ou d'objets de pansement, lorsque l'exposition aux poussières de Vair ou le contact d'une plaie

microbienne a apporié à leur surface des bacl6rics ou des germes vivants.

CONTE (de conter], récit fabuleux ou merveilleux, en prose ou en vers. Ce genre de littérature, aussi ancien que le rtionde, jwraît avoir eu son Ijorceau en Asie; auj. il est répandu par tout l'univers. On connaît divers genres de contes. Les plus fameux sont : 1" les Contes Orientaux (aral)es, persans, indiens, turcs, etc.), tels que les Mille et une .\utt8, les Mille et un Jours, le Gulistan et le Baharistan, de Saadi, l'Histoire de la sultane de Perse et des 40 vizirs, contes turcs composés par Zadé-, iiréceptcur d'Amurat II; les Contes indiens de Bidiwï et de Lokman, etc. : — 2» les Fables Milésiennes, imaginées par Aristide de Milet (ii« siècle avant J.-C.], souvent imitées (Cornélius Sisema, Apulée) et que l'on considère comme la source du roman grec; — S» les Contes des fées, tels que le Chaperon rouge, le Petit Poucet, Cendrillon. Peau d'âne, la Barbe Bleue, etc.; — 4» les Contes chevaleresques, tels que VAmadis des Gaules et la plupart <les romans de nos vieux trouvères ; — S" les Contes-nouvelles, comme le Décaméron de Boccacc, V Heptaméron de la reine de Navarre, et les contes italiens du XIV* et du w siècle; — 6* les Contes fanta.stiques, tels que les Contes d'Hoffmann et les Souvelles d'Edgar Poe; — 1° les C. philosophiques, comme ceux de Chaucer, de Voltaire, de Gresset, d'Andrieux, de Daru, etc. ; — 8" les Contes moraux, ou peintures des mœurs du temps, tels que ceux de Marmontel et de Crébillon fils; — 9" les Contes instructifs, pour l'éducation de la jeunesse, tels que ceux de Campe, de Weisse, de Bercpiin, de Bouilly, du chanoine Schmid, de Mmes de Genlis, Leprince de Beaumont, Guizot, Edgeworth, Ségur, etc. Voy. fable, fabliau, nouvelle, romax.

CONTEMPLATION (du lat. conlemplatio). En Philosophie, la contemplation est l'état de l'âme qui considère un objet matériel ou immatériel avec admiration et amour, qui en jouit par ime vision presque [Missive. Les mvstiques la regardent comme le plus haut degré de l'intelligence, comme le privilège de 1 âme qui, détachée des choses sensibles, se tourne vere la source de toute lumière, et finit par s'unir à Dieu dans l'extase [Voy. ce mot). — En Tliéologie, on définit la contemplation « une wlg de Dieu ou des choses divines, simple, libre, pénétrante, certaine, qui procède de l'amour et qui tend à l amour ». Dans cet état, l'âme est entièrement jwssive par rapport à Dieu. Plusieurs ordres religieux sont livrés à la vie contemplative; Ste Catherine de Sienne, Ste Thérèse ont offert des modèles en ce genre. L'abus de la contemplation a engendré le Quiétisnie. Voy. ce mot.

CONTENTIEUX (du lat. contensiosus\, se dit, en style administratif, de tout ce qui est susceptible d'être mis en discussion devant des juges. Les tribunaux connaissent du C. judiciaire; la juridiction administrative (le Conseil d'Etat et les Conseils de préfecture) connaît au C. administratif. — Dans chaque administration publique, et même dans les grands établissements privés, il y a un Bureau du contentieux, où se traitent toutes les affaires qui sont susceptibles d'être |)ortées devant les tribunaux.

CONTINENT (dulat. continens). Les géographes appellent continent une vaste étendue de pays sans solution de continuité et que la mer entoure de tous côtés. Autrefois on ne reconnaissait que deux continents, l'ancien et Ir nouveau : auj. l'Australie est considérée comme un troisième continent.

CONTINGENT (du lat. contingens). En Philosophie, le contingent est ce qui existe actuellement, mais qui pouvait ne pas exister: en ce sens, on oppose contingent à nécessaire. Les vérités contingentes, les propositions contingentes, sont celles qui se rapportent à des faits et à des êtres contingents, connus par l'expérience. — On ap|)clle futur contingent ce qui est dans l'ordre des clioses possibles, ce qui pourra se réaliser dans l'avenir, sans qu il y ait ni nécessite, ni certitude à cet égard.

En Administration, ce mot exprime la part mise à la charge de chaque circonscription territoriale dans la répartition annuelle soit des contributions directes, soit du recrutement; dans ce dernier cas, on dit contingent militaire.

CONTINU (du lai. continuus). En Mathématiques, une grandeur, une variable continues peuvent recevoir des accroissements aussi petits qu'on le veut ; ainsi une longueur, un angle peuvent varier d'une façon continue. — Pour les

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