CONVERSION
CONTRÔLEUR GÉNÉRAL. On doniiail aulrcrois le nom de conlrûlctir gcnérul des finances à l'un dos premiers officiers de l'Etat, chargé de contrôler et d'enregistrer tous les actes <jui avaient rapport aux finances du roi. U'alwrd soumis au stirin tendant (jénéral des finances, il devint, après la suppression de celle charge (lOlil), le chef du service des finances, c.-à-d. un véritable ministre des finances.
CONTROVERSE (du lat. controversia], discussion sur \m sujet quelconque, princii)alemenl sur des questions iihilosophiques, ou religieuses (Voy. dialectique]. — Dans les temps modernes, le nom de controverse a été réservé aux disputes élevées entre les catholiques cl les sectes dissidentes sur des points de foi ; c'est en ce sens que l'on dit : étudier la controverse, pour étudier les matières controversées. Uellarmin, Du Perron, le cardinal de Lorraine, Bossuel, Arnault, Nicole, Pellisson, Papin, parmi les catholiques; Théodore de Bèze, Bayle, Jurieu, Chillingworth, parmi les protestants, se sont fait un nom comme controversistes.
CONTUMACE (du lai. contumax), se dit et du refus de comparaître en justice, et de l'accusé qui fait ce refus. Ce mol n'est d'usape qu'au grand criminel. Tout accusé est tenu de se présenter dans le délai de 10 jours; aucun avocat ne peut se présenter en son nom ; ses parents ou SCS amis peuvent seulement soumettre son excuse à la cour. Passé le délai de 10 jours, les biens du contumace sont mis en séquestre, et, après l'instruction de l'alfaire, la cour prononce sans l'assistance <lu jury. Les condamnations par contumace cessent de ))ro(luirc leur effet du moment où le condamné se présente, ou est repris, et le séquestre est levé, pourvu toutefois que ce soit dans le délai de 20 ans; autrement la condamnation serait irrévocable (C. d'inst. crim., art. 405-478].
CONTUSION (du lat. contusio), lésion causée dans les tissus vivants par le choc violent des corps, sans destruction de la peau. Quand la contusion est légère et n'alfecte que des parties superficielles, la peau devient brunâtre ou violette par suite du sang exlravasé; si le coup est plus violent, les muscles, les vaisseaux, les nerfs, peuvent être déchirés, les os mêmes être fracturés. Dans ce dernier cas, l'amputation est quelquefois nécessaire. Le plus souvent il suffit d'appliquer aux contusions légères des compresses ou des affusions d'une solution légèrement antise|)liquc, de façon à éviter l'infection du foyer de contusion qui pourrait se produire par des germes pénétrant jiar les excoriations légères qu'on rencontre parfois à la surface de la peau. Les contusions profondes de l'abdomen nécessitent parfois une intervention chirurgicale.
CONULAIRE, Conidaria, genre de Mollusques paléozoiqucs, type d'un ordre spécial, que l'on rapproche ordinairement des Ptéropodes. Corjuille très mince, en forme de pyramide quadrangulaire, dont les faces sont divisées en deux parties par une rainure médiane. Les bords du péristome sont arrondis, flexibles et peuvent s'infléchir vers 'intérieur.
CONVALESCENCE (du lat. convalere , acquérir de la force), étal d'un malade qui, ayant passé le jwint critique d'une maladie, reprend des forces et se trouve en voie de guérison. Les signes d'une convalescence prochaine se tirent surtout de l'examen du pouls, des urines et des autres sécrétions.
CONVALLAIRE, Convallaria. Voy. muguet.
CONVECTION (du lat. cnm, avec, et vehere, transporter), se dit, en Physique, du transi)ort de la chaleur dans un fluide par le mouvement des couches inégalement chaudes. Les couches les moins denses s'élevant, tandis que les couches les plus denses descendent, il s'établit une sorte de circulation qui met en contact des parties chaudes et des parties froides; de ce contact résulte une répartition rapide de la chaleur. Quand on chauffe un liquide dans un vase en plaçant le foyer au-dessous, la convcction est très active et le liquide acquiert rapidement la même température en tous ses points. Si on le chauffait par le haut, la chaleur ne se propagerait que très lentement par conductibilité. La convection produit les cotcrants marins dans l'océan; dans l'atmosphère, c'est la cause principale des vents régidiers. Les calorifères à eau sont une application de la convection. Voy. ces mots.
CONVENANCES oratoires. Voy. mœurs.
CONVENANT (eati, à). Voy. bail.
CONVENTION (du lat. conDcn/io). En. Droit, c'est
l'accord de deux ou plusieurs volontés à produire un effet juridique. Les conventions h'-galemeiit formées tiennent lieu de loi à ceux oui les ont faites; elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou pour les causes que la loi autorise (C. civ., art. 1154). \oy. co.\that, obligation, etc.
En Politique, on donne le nom de convention à tout
Pacte ou traité conclu entre [tlusieurs puissances pour exécution en commun d'un même plan de conduite. — Il s'emploie aussi quelquefois comme synonyme de capitulation. Voy. ce mot.
En Histoire, le nom de convention a été donné à diverses assemblées politiques réunies dans le but de rédiger ou de modifier la constitution d'un pays : on connaît sous ce nom le parlement anglais de 1688" et l'assemblée qui gouverna la France de 1792 à 1795. Voy. le Dicl. d'Ilisl. et de Géogr.
CONVERGENT (du lat. convergere], se dit, en Géométrie, des lignes droites qui se dirigent vers un miVne point. — En Mathématiques, on appelle Séries convergentes des séries telles que, si l'on y prend un nombre de plus en plus grand de termes, la somme de ces termes tend vers une limite. Les séries qui ne sont pas convergentes sont dites divergentes. Les progressions géométriques décroissantes indéfiniment prolongées sont des séries convergentes. — En Physique, on nomme Rayons convergents ceux qui, en se prolongeant, vont passer par un même point. I,es miroirs sphériques et paralioliqucs et les lentilles sphériques à lx)rds tranchants rendent convergents les rayons parallèles à leur axe.
CONVERS (frèiie), converse (sœur), du lat. conversus, converti. On a nommé ainsi dans les couvents les frères et les sœurs employés aux œuvres serviles. C'étaient d'ordinaire des laïques convertis à la vie monastique, mais qui, étant sans insirnction, ne pouvaient ni chauler au chœur, ni prétendre aux ordres sacrés. Si Jean Gualberl, abbé de Vallombreuse, établit le premier les frères convers, dans le xi° siècle.
CONVERSATION (du lat. conversatio) . Dès l'origine de la société, l'échange mutuel des pensées par la parole a été pour l'homme un plaisir autant qu'un besoin ; mais, si de tout temps, il y a eu des entretiens particuliers entre amis, des causeries intimes sur des sujets sérieux ou frivoles, la conversation proprement dite n'a daté que du jour où la société est devenue jwlie ; elle n'existe en elfel véritablement qu'entre gens d'esprit, ayant reçu de l'éducation et possédant l'usage du monde.' On |)eut se faire une idée de ce qu'était la conversation chez les anciens par le Banquet de Platon et les |)réambules de ses autres dialogues, par ceux des dialogues de Cicéron, ainsi que par certains traités de Lucien. Les hommes les plus polis vivant entre eux, en dehors de la société des femmes, la conversation ne pouvait alors acquérir ce caractère de légèreté superficielle mais élégante, cette délicatesse qui n'exclut pas les connaissances réelles et solides, et celle exquise convenance qui ont fait le charme de la conversation en France au xvii« et au xviii" siècle. L'écueil de la conversation moderne est l'abus de l'esprit ( Voy. bureaux d'esprit), et l'esprit de parti ou celui de coterie, qui n'acceptent point la discussion des opinions. — Voy. sur ce sujet : Balzac, Lettres sur la conversation des Romains; StilUngflecl, la Conversation (poème, en anglais) ; le P. André (auteur de \ Essai sur le Beau), de la Conversation ; Cooper, l'Art de causer (en anglais) ; Rulhièrc, le Discours sur les disputes; Goldoni, le Café; M""" de Vannoz (née Sivry), Conseils à une fcnunesur les moyens de plaire dans la conversation ; Delille, la Conversation (poème en 7 chants, 1812); l'abbé Moretlct, £ssai sur la conversation; Chazet, l'Art de causer; Andrieux, la Manie de parler tous ensemble (conte), et enfin Marlin- Deschanel, Histoire de la conversation (1858, in-52).
En Littérature, on a intilulé Conversation' s Lexicon, Dictionnaire de la conversation, des encycloi)é<lies destinées à donner aux gens du monde les connaissances superficielles nécessaires pour prendre intérêt aux questions scientifiques ou littéraires qui peuvent être agitées <lans la conversation [Voy. encyclopédie); M. Slc-Beuve a publié sous le nom de Causeries du lundi une suite de monographies critiques et littéraires qui ont eu le plus légitime succès.
CONVERSION (du lat. conversio). En Religion, ce mot signifie changement de croyance de mal en bien [Voy-