‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 410 sur 1729 · CORNET · texte numérisé non relu

CORNET

dont la rouleiir varie du ronge de sang foncé au rouge de chair tendre nuancé de jaunâtre. Elle est ordinairement deuii-dinphane. Les cornalines d'une belle couleur foncée uniforme sont fort recherchées pour graver les cachets et pour faire les intailles ou gravures en creux. Les anciens nous ont laissé un grand nombre de cornalines gravées. Les plus belles viennent de l'Arabie, de l'Inde et de la Saxe.

CORNARD, cheval atteint du cornage (Voy. ce mol).

CORNARET(de la corne oui surmonte le fruit), Marlynia. genre de la famille aes Pédalinées, renferme des plantes herbacées ou sous-frutescentes d'Afrique ou d'Amérique. Le C. à deux étamines [M. diandra), du Mexioue, a des fleurs d'un rouge clair, tachées de pourpre fonce en dedans et blanches en dehors. Le C. spathacé (M. spathacea), ou Craniolaire, a une racine blanche, cylindrique, grosse, charnue, d'une saveur douce. On la dépouille de son écorce, on la met à cuire avec la viande de bœuf, ou bien on la confit au sucre.

CORNBRASH. Voy. batiionien.

CORNE (du lat. cornu), substance compacte, transparente, assez molle et cependant tenace, filamenteuse ou lamelleuse, de couleur blanchâtre ou noirâtre, gui revêt extérieurement certaines parties du corps de plusieurs animaux ; ce n'est autre chose qu'un mucus albumineux, sécrété par les organes du derme ou par le derme lui-même. Elle forme la matière principale des ongles, des poils, des écailles, des cornes [Voy. ci-après), des sabots, de l'épiderme, etc., en un mot de tout le tissu corné.

La corne est d'un grand usage dans les arts : elle prend les formes les plus variées entre les mains des tourneurs, des tabletiers et des fabricants de peignes. Les cornes le

Elus communément employées sont celles de bœuf, de uffle, de chèvre et de bélier. Pour les mettre en œuvre, on les fait d'abord macérer, puis bouillir dans l'eau pour les ramollir; il faut ensuite les scier, les aplatir et les réduire en feuilles minces et transparentes ; enfin on les teint de diverses manières, on leur donne même l'apparence de l'écaillé : on utilise jusqu'aux rognures, que 1 on fond pour faire toutes sortes de menus ouvrages, etc.

coBNE, fruit du Cornouiller. Voy. ce mot.

CORNE d'abondance, comc qu'on représente pleine de fruits et de fleurs, et que la Fable suppose ou avoir été arrachée de la tète d'Acné loùs, lorsque, transformé en taureau, il fut vaincu par Hercule, ou provenir de la chèvre Amalthée, qui avait nourri Jupiter. La corne d'abondance est l'attribut des divinités bienfaisantes ; c'est le symbole du commerce et de l'agriculture.

CORNE DE CERF. Plusieurs préparations pharmaceutiques, fort en vogue autrefois, avaient pour base la corne ou bois de cerf. On distinguait : la corne de cerf calcinée, phosphate de chaux en poudre, obtenu en calcinant la corne de cerf : elle entrait dans la décoction blanche de Sydenham : \esprit de corne de cerf, liquide jaunâtre, d'une odeur forte, obtenue en distillant la corne de cerf, et qui se compose en grande partie de sous-carbonate d'ammoniaque et de dérives pyridiqueà. La corne de cerf râpée servait à préparer une boisson gélatineuse adoucissante.

En Botanique, on appelle vulgairement Corne de cerf une espèce du genre Plantain, le Plantago coronopus, dont les feuilles se bifurquent comme le bois du cerf, et que l'on mange en salade.

CORNES. Ces appendices, qui croissent particulièrement sur la tète des Ruminants, ne sont le plus souvent qu'un prolongement de l'os frontal : ils sont toujours, excepté chez le Renne, l'apanage du mâle. Chez certains animaux, comme le Cerf, le Daim, l'Elan, les cornes sont caduques : on les appelle bois [Voy. ce mot). Chez les autres Ruminants, la Girafe exceptée, le prolongement osseux est recouvert d'un tissu corné ; on les appelle cornes à étui ou cornes proprement dites. Ces dernières ne tombent jamais et s'accroissent pendant toute la vie de l'animal. La plu-

fiart sont creuses; quelquefois au contraire, comme chez es Antilopes et les Gazelles, elles sont pleines. Chez tous ces animaux, les cornes sont au nombre de deux; cependant on trouve des Antilopes à quatre cornes. La corne, simple ou double, que le Rhinocéros porte sur le nez n'est

Îu'un amas de poils agglutinés et durcis par le temps. — hez les Oiseaux, on ne trouve de véritables cornes que chez le Kamichi et le Tragopan satyre. — Parmi les Ophidiens, le Serpent cornu ou Céraste porte une petite corne au-dessus de chaque œil. — Voy. antennes. En Anatomie, on appelle cornes diverses parties plus ou

moins saillantes à la surface des organes dont elles dépendent : telles sont les cornes de l'os hyoïde, les grandes et petites cornes du cartilage thyroïde, les cornes du sacrum, du coccyx, etc.

CORNES d'ahmon, tiom vulgaire des ammonites

OUVRAGE À CORNES. Voy. OUVRAGE.

CORNE, qui est de la nature de la corne ou qui'on a l'apparence : tissu corné. — Les alchimistes appelaient argent corné ou lune cornée le chlorure d'argent fondu, à cause de son aspect semblable à celui de la corne.

CORNEAU, se dit, en termes de Chasse, du métis issu du chien courant et du chien d'arrêt ou du mâtin.

CORNÉE (de corne), une des enveloppes de l'œil. C'est une membrane transparente, de forme circulaire, convexe en avant et concave en arrière, et qui est enchâssée dans l'ouverture de la sclérotique. Sa face antérieure est recouverte par une lame très mince appartenant à la conjonctive : la postérieure est tapissée par la membrane de l'humeur aqueuse. On lui a donne aussi le nom de cornée transparente, pour la distinguer de la sclérotique, que l'on a appelée cornée opaque. La cornée réfracte les rayons lumineux en les rapprochant de l'axe du faisceau, et remplit ainsi la fonction d'une lentille convergente. Chez les myopÊs, sa convexité est plus saillante que chez les presbytes. Voy. œil, vision.

CORNCENNE [Hornfels des Allemands), roche métamorphique appartenant à la dernière zone de contact et caractérisée par un grand développement de chiaslelithe (andalousite) avec petits cristaux de quartz, de mica noir, de magnétite, etc. Voy. métamorphisme.

CORNÉES OUCORNACÉES (du g. -type Cornus, Cornouiller), famille de plantes Dicotylédones dialypétales, renferme des arbres, des arbrisseaux et des herbes vivaces, à feuilles simples et opposées, à fleurs en têtes ou en ombelles : calice à 4 dents, corolle à 4 pétales, 4 étamines ; le fruit est un drupe à noyau osseux, à 2 ou 3 loges. Principaux genres, le Cornouiller et \Aucuba.

CORNEILLE (du lat. cornicula, dimin. de cornix), une des principales divisions du genre Corbeau, renferme plusieurs espèces, presque toutes étrangères à nos climats. La plus connue est la C. vulgaire [Corvus corone), dite aussi Corbine et très souvent Corbeau. Elle ne diffère du Corbeau ordinaire que par sa taille, qui est plus petite. Elle est d'un noir foncé à reflets violets, avec le bec et les pieds d'un noir mat. Elle se tient l'été dans les forêts, et niche sur les arbres ; elle se nourrit de fruits, surtout de noix, de petits oiseaux, d'œufs d'insectes et aussi de charognes. La chair des corneilles est dure, noire et fétide. Chez les anciens, le chant de cet oiseau était d'un mauvais présage au début d'une entreprise. — La C. maiilelée [C. cornix), vulg. Meunière, Bedaude, Religieuse ou Jacobine, habite surtout les contrées du Nord : elle niche sur les pins et les sapins, et ne vient chez nous que l'hiver. Elle est d'un gris cendré sur tout le corps, excepté la tête, la gorge et la queue, qui sont d'un beau noir.

Corneille d'église ou Corneillon. Voy. choucas.

corneille, nom vulgaire de la Lysimachie commune.

CORNEMUSE (de corne et muse, musette), instrument à vent, aujourd'hui abandonné, consistait en une espèce de hautbois rustique dépourvu d'anche, et composé d'un tube de roseau creux, dune boîte cylindrique dans laquelle jouait une espèce de corps de pompe dont les mouvements modifiaient la colonne d air, et d'un autre tube, percé de huit trous pour diversifier les intonations. — Ce que l'on appelle le plus souvent aujourd'hui cornemuse est une vraie musette [Voy. ce mot). — Le biniou breton est une espèce de cornemuse.

CORNET, corne de bœuf ou de bouc, avec ou sans trous, dont les anciens se servaient à la chasse et à la guerre. Volifant des paladins du moyen âge était un cornet d'ivoire. Le cornet simple (ou cornet de poste) est un instrument en cuivre, presque abandonné aujourd'hui. Le cornet est le premier instrument à embouchure auquel on ait appliqué le système des pistons. Sous cette nouvelle forme, le cornet's'est introduit, principalement en France, dans un grand nombre d'orchestres, |où il usurpe la place des trompettes à pistons. Son timbre strident et vulgaire ne peut en aucune façon rivaliser avec le timbre noble et martial de la trompette. — On appelle cornet à bouquin, ou cor des Alpes [Alphorn], une longue trompette faite en écorce d'arbre, dont on se sert dans les montagnes

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