‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 411 sur 1729 · CORNETTE · texte numérisé non relu

CORNETTE

pour rappeler les troupeaux. — Cornet est aussi le nom d'un jeu d'orfrue composé de quatre tuyaux qui résonnent à la lois sur cliaque touciie, et qui sont accordés à l'octave, à la double quinte et à la triple tierce.

On nomme cornet acoustique un instrument en forme de conque, à l'usage des personnes qui ont l'ouïe dure. Les ondes sonores subissent des réllexions sur la surface et finissenl par être renvoyées vers l'ouverture du canal auditif.

CORNET. Les tabletiers nomment cornet une espèce de gobelet légèrement conique, en corne, en ivoire ou en cuir, dont on fait usage pour agiter les dés quand on joue au trictrac ou à tout autre jeu. On le trouve mentionné dans la comédie des Dieux d'Aristophane.

En Analomie, on nomme cornets de petites lames osseuses contournées sur elles-mêmes en forme de cornet, et situées à l'intérieur des fosses nasales chez l'Homme et les Mammifères. — En Botaniaue, les cornets sont des appendices variés, creux et évases, que l'on remarque dans certaines fleurs irrégulières , comme celles des Asclépiades. On donne aussi ce nom aux pétales des Ancolies et des Ellébores.

CORNETTE (de corne). Autrefois ce mot désignait en général toute coiffure de tète. Il désigne encore auj. la coiffure des sœurs de Charité et une sorte de coiffe de nuit que les dames ne portent guère que dans le déshabillé du matin.

Il se disait aussi : {" d'une bande de taffetas que les conseillers au parlement portaient autrefois au cou comme marque d'honneur, et que François I" accorda aux professeurs du Collège de France ; — 2" du chaperon que les cens de robe portaient sur l'épaule, et qu'on appelle aussi chausse. Voy. ce mot.

Dans la Marine, le mot cornette désignait primitivement le pavillon pointu que le chef d'escadre portait au màt d'artimon qua:id il commandait. Auj. la cornette est plus longue qu'un pavillon et fendue de la moitié de sa longueur comme le guidon, mais enverguée; elle se hisse à la tête d'un màt, en travers, comme une flamme ; ses pointes déployées au vent forment deux cornes. C'est la marque distinclive de l'officier supérieur commandant une division d'au moins trois bâtiments de l'Etat. — Dans l'Armée de terre, chaque compagnie de cavalerie avait jadis un étendard à cornes, nommé cornette, aux couleurs du capitaine. La dénomination en passa à l'officier qui le portait, ainsi qu'à la compagnie elle-même. — La cornette royale était blanche. On ne la déployait à l'armée que quand le roi

i était. L'usage de la cornette rovale se perdit sous ouis XllI.

CORNEUR ou coR-NARD, cheval atteint du cornage. Voy.

CORNICHE (de l'ital. comice), membre d'Architecture, composé de plusieurs moulures en saillie et placées les unes au-dessus des autres, de manière que les plus hautes sont les plus avancées. La coniiche, qui n'est, à proprement parler, qu'une avance destinée à préserver de la pluie le pied d un édifice, est devenue un ornement : elle sert de couronnement à toute sorte d'ouvrages, surtout dans les divers ordres d'Architecture, où elle est placée sur la frise de l'entablement. Dans l'ordre toscan, le profil de la corniche ne présente que des lignes droites ou courbes; dans l'ordre ionique, la corniche est composée de denticules ; dans l'ordre dorique,elle est soutenue par des membres saillants nommés mutules, également espacés entre eux ; dans l'ordre corinthien, elle se fait remarquer par ses modillons, qui sont de petites consoles, tantôt découpées en pans, tantôt contournées en S. L'art du moyen âge a traite les corniches de la façon la plus judicieuse pour leur durée et le bon écoulement des eaux pluviales. — Les menuisiers et les ébénistes se servent de cet ornement dans les lambris d'appartement, les dessus de portes, les armoires, les meubles do toute sorte, etc.

CORNICHON ;de corne, à cause de sa forme), Cucumis sativus, espèce du genre Concombre, originaire de l'Asie, et depuis longtemps transportée dans le potager. Elle y donne un fruit petit, vert, allongé, un peu courbé, et connu lui-même sous le nom de cornichon. La variété la plus employée est le Petit vert (loi/, concombre). — Pour préparer les cornichons confits, on fait bouillir du vinaigre blanc et on le verse ensuite sur les cornichons disposés convenablement dans un vase de verre ou de grès avec du lel, du poivre long, de l'estragon et quelques petits oignons.

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CORNICULE (du lat. comiculum). En Zoologie, ce mot est synonyme de petite corne et s'emploie surtout en parlant, des animaux inférieurs ou microscopiques.

CORNIFLE, nom vulgaire du Cératophylle ( Voy. ce mot).

CORN-LAWS. Voy. céréales.

CORNOUILLER, Cornus, genre de la famille des Cornées, renferme des plantes ligneuses ou herbacées, indigènes de l'Europe et cle l'Amérique du Nord. Le C. mâle ca commun [C. mas.), vulg. Cornier, est un arbrisseau do 3 à 4 mètres, à feuilles opposées, ovales, entières ; à fleurs jaunes, auxquelles succèdent des fruits petits, oblongs, de couleur rouge, miirs en septembre, et que l'on appelle cornes, comioles et cornouilles. Ces fruits se mangent crus ou confits ; ils sont astringents et fébrifuges. Le bois du cornouiller est très dur et susceptible d'un beau poli ; l'aubier est rougeàtre, et le cœur brun : on fait avec le tronc des alluchons, des barreaux d'échelles, des cerceaux, des échalas, d'excellent charbon, etc. Le C. sanguin C. sanguinea), ou Bois ptinais, est un arbrisseau à rameaux longs et droits, avec écorce lisse, d'un rouge brun, à fleurs blanches et à baies noires ; ses feuilles exnalent une mauvaise odeur ; on retire de ses baies une huile bonne à briiler ; ses jeunes branches peuvent s'emplover en guise d'osier. Le cornouiller se plaît dans les li'eui frais et ombragés.

CORNUCOPIA, nom d'un cépage américain qu'on cultive beaucoup en France dans la vallée moyenne du Rhône. Le cep est vigoureux, et le raisin précoce; le vin qu'il donne est bon, quoiaue un peu chargé en tannin.

CORNUE (de conie), vase à col allongé et recourbé, servant aux chimistes, comme l'alambic, pour faire les distillations. On y distingue la panse, la voûte et le col. Les cornues sont quelquefois tabulées, c.-à-d. qu'elles portent à la voîite une ouverture destinée à recevoir un bouchon. Les cornues sont faites en verre, en terre, en porcelaine, en fonte, en plomb ou en platine, suivant (les substances qu'on y veut distiller. Quand on se sert d'une cornue comme vase distillatoire, on y joint presque toujours un récipieiit, destiné à recevoir le produit ; ce récipient y est souvent fixé par l'intermédiaire d'mie allonge qui l'eloigne du feu.

COROLLAIRE du latin corollarium). Ce mot qui se dit, en général, de tout ce qu'on ajoute à l'appui d'un raisonnement, désigne, en Jlatnématiques, toute conséquence qui découle d'une proposition déjà démontrée, et dont la aéduclion n'exige pas une démonstration spéciale.

Fleurs corollaires, nom donné, en Botanique, aux fleurs doubles, dont le nombre de pétales est dû à la multiplication des pétales de la corolle.

COROLLE (du lat. corolla, dimin. de corona, couronne). On appelle ainsi le second verticille de la fleur, c.-à-d. l'enveloppe colorée, intérieure au calice et se composant de parties qui tantôt continuent la série spirale commencée par les folioles calicinales, tantôt s'agencent à part et alternent régulièrement avec ces mêmes folioles. Les divisions de la corolle se nomment pétales : d'après le nombre de ceux-ci, la corolle est appelée dipétale, tripétale, tétrapétale et en général polypétale ; lorsque tous les pétales sont soudés ensemble de manière à former un tube plus ou moins parfait, la corolle est dite monopétale ou gamopétale : on l'appelle au contraire dialypétale, lorsque les pièces dont elle se compose sont distinctes. On lui donne encore les noms de péngyne, hypogyne ou infère, épigyne ou supère, selon qu'elle a son origine autour, audessous ou au-dessus de l'ovaire. La corolle garantit les organes de la fructification pendant toute la période de leur développement, et elle tombe dès que la fécondation est accomphe. C'est la partie de la plante qui brille le plul par ses couleurs et d'où s'exhale principalement l'odeur.

CORONAL (du lat. coronalis), nom donné autrefois à l'os du front, parce que c'est sur lui que repose en partie la couronne des rois (Voy. frontal]. Dans le prt>mier âge. l'os coronal se compose de deux pièces, réunies plus tard par la suture coronale.

CORON ER (de corona), officier de justice anglais, chaîné de faire au nom de la couronne, et avec l'assistance du jury, des informations sur les causes de toute espèce de mort violente.

CORONILLE (dimin. de corona), Coronilla, genre de la famille des Papilionacées, tribu des Hédvsarees, renferme des plantes herbacées, à fleurs en omWlIes. La C. de» jardins [C. emerus), dite aussi Séné bâtard. Faux

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