COULISSE
cercle". — Quant aux C. changeantes ou irisées, elles doivent cette propriété à la manière dont les surfaces reçoivent les rayons lumineux ; car elles changent de reflet avec la position de l'objet, c.-à-d. avec l'angle suivant le-
Juel ces rayons viennent le frapper : certains papillons, es colibris, la gorge des pigeons, les taffetas glaces, plusieurs substances métalliques, présentent ce phénomène.
— On obtient des couleurs par l'interférence des rayons et par la polarisation. Voy. ces mots.
Couleurs accidentelles, apparences qui succèdent à la contenij)lalion d'objets très éclairés. Quand on a regardé longtemps un disque bleu. p. ex., sur un fond blanc, et qu'on j>orte ensuite les yeux sur un autre fond blanc, on aperçoit un disque orangé, c.-à-d. la couleur complémentaire du bleu [Voy. ci-dessus}, et. en général, quelle que soit la couleur qu'on ait vue d'abord, on voit toujours l'image de l'objet éclairé avec sa couleur complémentaire.
— Voy. 0. Rood. Théorie scientifique des couleurs et leur application à l'art et l'industrie, Paris. 1881. Quelque lois on voit reparaître les deux couleurs alternativement, ce qui prouve que la rétine est dans un état oscillatoire. Voy. aussi auréole.
Les pt^inlres emploient cinq couleurs fondamentales, avec lesquelles ils forment toutes les autres ainsi que leurs diverses nuances : ce sont le blanc, le jaune, le rouge, le bleu et le noir. Les blancs se font avec la céruse ou blanc de plomb, l'oxyde de zinc, le blanc d'Espagne, les diverses craies; les jaunes, avec les ocres, la gomme gutte, le jaune de Napics, de chrome, etc. ; les rouges, avec le carmin, le cinabre, les laques rouges, etc. ; les bleus, avec l'outremer, le bleu de Prusse, le bleu de cobalt, les cendres bleues, etc. ; le noir, avec le noir d'ivoire, d'os, de charbon, de fumée, etc. Avec ces couleurs on parvient à faire les orangés, les violets, les verts et les bruns. On tire aussi directement ces derniers de diverses substances naturelles ou de produits chimiques. Toutes ces couleurs sont d'abord broyées à l'eau sur une table appelée jwrphyrc et formée d'une pierre très dure, avec une pierre de même nature, appelée molette ; puis on les met en petit tas appelés trochisques, et on les laisse sécher. On les broie ensuite à l'huile avec une lame de couteau mince et flexible, et après cette opération on les met dans de petits morceaux de vessie de cochon, dont on forme des nouets de la grosseur d'un œuf de pigeon ; ou bien on les pétrit avec un liquide agglutinant et on en forme des pains.
— On appelle : C. légères, celles qui sont comprises sous le blanc, et C. pesantes celles qui sont comprises sous le noir ; C. transparentes, celles que l'on emploie en glacis et qui laissent apercevoir le fond : C. rompues, celles dont la couleur trop vive a été affaiblie par le mélange d'autres plus sombres, etc. — Quant aux couleurs tinctoriales,
voy. TEINTURE.
Couleurs des cartes. Voy. cartes (à jouer).
Couleurs héraldiques. Voy. blason.
Couleurs nationales, couleurs adoptées par chaque nation comme marques distinctives, et reproduites sur les pavillons, les drapeaux et les cocardes. On sait que les couleurs nationales de France, après avoir plusieurs fois varié, sont auj. le bleu, le blanc et le rouge [Voy. cocarde). Celles de l'Autriche et de l'Espacme sont le rouge et le blanc; de l'Angleterre, le rouge et le bleu ; de la Hollande, le rouge, le blanc et le bleu; de l'Italie, le vert, le blanc et le rouge; de la Prusse et du Portugal, le blanc liséré de rouge ; de la Bavière, le blanc liséré de bleu ; de la Suède, le bleu liséré de jaune ; du Danemark et de la Suisse, le rouge; de la Russie, le jaune. Voy. drapeau
et PAVILLOX.
Couleurs symboliques. Le blanc signifie piu-eté, innocence; le noir, deuil et tristesse; le rouge, force et courage; le blett, bonté, bonheur céleste; le jaune, maladie, chagrin, revers, infidélité; le vert, espérance et jeunesse; {'indigo, vieillesse et faiblesse; le violet, modestie; l'orangé, richesse, etc.
Couleurs théologales. Les offices se font régulièrement avec 5 couleurs : le blanc, le rouge, le vert, le violet et le noir. Le blanc sert pour les mvstères de Notre-Seigneur, excepté le Vendredi saint ; pour les fêtes de la Ste Vierge, des anges, des confesseurs, des vierges et de tous les saints et saintes qui n'ont pas souffert le martjTe; le rouge, pour les solennités du Saint-Esprit, pour les'martvrs et les apôtres, excepté St Jean; le vert est d'usage (fepuis la Pentecôte jusqu'à l'A vent et depuis l'Epiphanie jusqu'à la
I Septuagésime ; le violet sert pendant l'Avent, le Carême,
I aux Qualre-ïemps, aux Vigiles, aux Rogations; le noir est pour les morts. Le drap d'or tient lieu des autres couleurs. Couleurs [Pâles). Voy. anémie et cblorose. COUJlEUVRE (du lat. colubra], Coluber, genre de Reptiles, de l'ordre des Ophidiens, tj-pe de la famille des Colubridés f ce sont des serpents non venimeux, à tête
I aplatie, ovale, couverte de lai-ges écailles ; à mâchoire» dilatables, dardant avec vivacité une langue noire et fourchue, mais sans venin ni consistance; à dents petites, nombreuses, aiguës, rétroverses, mais non cannelées et ne faisant point de morsure dangereuse ; leur corps est cvlin-
I drique. allongé et suivi d'une queue longue et gfêle, arrondie à l'extrémité : il est couvert en dessus d'écaillés en losange imbriquées, en dessous de grandes plaques, en-
j tières sous le ventre, rangées par paires à partir de la
3ueue ; leur taille varie de quelques centimètres à près de , eux mètres. Plusieurs espèces se font remarquer par la vivacité de leurs couleurs. Les couleuvres vivent très longtemps, et changent de peau tous les ans ; elles s'accouplent au printemps et sont ovipares; leur voix est m sifflement sourd. Leur nourriture se compose de grenouilles, de crapauds, d'insectes, de vers, de poissons, même de petits oiseaux, etc. ; il est faux qu'elles sucent les pis des vaches et des brebis. On trouve des couleuvTes dans les deux continents ; elles vivent isolées sous les bois couverts, dans les prairies humides, et au bord des ruisseaux; quelques espèces nagent avec rapidité. En hiver, elles s'enfoncenl sous terre, ou se blottissent de compagnie dans des tas de pierres et y restent engourdies jusqu'au printemps. Ce reptiles répandent une odeur infecte, que leur cliair nt partage pas. Ils paraissent susceptibles d'être apprivoisés. — On connaît un très grand nombre d'espèces de couleu\Tes; les principales sont : la C. commune, ou Verte- Jaune, qui se trouve dans l'Ouest et le Midi et dans la forêt de Fontainebleau : sa taille peut dépasser un mètre; la C. à collier, dite Serpent d'eau (C. natrix), d'un gris d'ardoise, avec une bande blanche ou jaunâtre bordée de noir sur le cou, commune sur le bord dos eaux douces, où elle va quelquefois chercher sa proie ; la C. lisse, d'un gris roussàtre, luisant en dessus, noirâtre et marbrée en I dessous ; la C. vipérine, qui a quelque ressemblance avec lia vipère; la C. bordelaise; la C. à quatre raies; la C d'Esculape, commune aux enrirons de Rome et qui dépasse 1 m. oO, etc.
COULEVRINE ou coplecvrixe (de couleuvre), pièce de canon plus longue que le canon ordinaire, et qui porte plus loin : on l'appelait le demi-canon de France; on n'en fond plus depuis longtemps. On en cite quelques-unes de remai-quables : la C. de Nancy, qui avait 7 m. de long, le pistolet de poche de la reine Elisabeth, etc. : les Turcs ont encore en batterie des coulevrines de fer pour la défense de la passe des Dardanelles; la grande coulevrine de St-Pierre. au château St-Ange, à Rome, sert à annoncer l'élection des papes.
COULICOU ou cori, Coccyzus, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Grimpeurs, famille des Cuculidés, renferme des oiseaux à ailes courtes, ayant les 5 premières rémiges étagées. Quelques ornithologistes distinguent les Couas, qui ont pour tvpe le Coua de Lalande, vulg. Mangeur d'escargots, de Madagascar, qui se nourrit exclusivement de mollusques, et qui couve ses œufs, et les Coulicous, qui ont pour type le Coucou d'Amérique, dont les mœurs sont celles du coucou d'Europe.
COULIS (de couler^ , jus ou suc qu'on exprime des viandes, des poissons ou des légumes au moyen d'une extrême cuisson. Ce suc, passé au tamis et assaisonné avec des condiments de toute espèce, se conserve dans des bouteilles bien bouchées et sert à relever le goût des aliments fades. Les bisques { Voy. ce mot) sont des espèces de coulis. Les coulis ne sont pas faits spécialement pour être conservés, on les emploie le plus souvent à l'état frais.
cocLis ou cooLis, ludicus engagés. Voy. coolis.
COULISSE (de couler). Ce mot, qui signifie proprement une rainure longitudinale par laquelle on fait glisser un châssis, une fenêtre, une porte de bois, etc., s'entend, au Théâtre, des châssis mobiles qui forment les décorations latérales de la scène, et. par extension, de toute la partie du théâtre qui est en dehors de la scène et où se tiennent les acteurs.
A la Bourse, on a appelé coulisse un lieu situé près du parquet des agents de change et où il se faisait des alfaires