CRÉMATION
couvents, séminaires, collèges, etc. — On appelait crédencier celui qui était chargé du soin de la crédence et de la distribution des provisions. — Auj. ce nom est encore don ic dans nos églises à la petite table ou support fixé au mur près de l'autel, où l'on dépose les burettes qui servent à la mosse.
CRÉDIBILITÉ. Voy. créddlité (serment de).
CRÉDIT (du lat. creditum). C'est la faculté que l'on possède de trouver des prêteurs, faculté qui est proportionnée à la confiance que l'on inspire. Le crédit est dit frivé, si l'emprunteur est un particulier ; public, si c'est Etal t|ui emprunte.
Le C. public a donné naissance à. de nombreux emprunts, qui constituent la Dette publique [Voy. ce mot). Consulter sur ce sujet : Augier, Du crédit public et de ton histoire (1842); V. Avril, Histoire philosophique du crédit (1849) ; Paul Leroy-Beaulieu, la Science des finances (5° éd.. 1892).
Le C. privé donne lieu journellement à une foule de transactions, dont les unes sont purement commerciales, lorsque le prêt est fait sur simple signature, comme dans les billets à ordre, les lettres de change, etc. ; et dont les autres sont garanties par des immeubles ou des valeurs mobilières, telles que marchandises [Voy. warrant), titres de rente, actions, obligations, etc. : le crédit est dit alors C. foncier, C. hypothécaire, C. mobilier, C. industriel et commercial.
Le C. foncier, longtemps entravé en France par les difficultés qu'offraient aux particuliers les prêts hypothécaires, a pris son essor depuis la publication du décret du 28 févr. 1852, qui a autorisé la formation de sociétés de crédit foncier. Ces sociétés ont pour objet de fournir aux propriétaires d'immeubles qui voudront emprunter sur Hypothèque, la possibilité de se libérer au moyen d'annuités à long terme ; elles ont le droit d'émettre des obligations ou lettres de gage. Il existe en France plusieurs sociétés de ce genre, mais la plus importante est le Crédit foncier de France (à Paris), établissement financier qui peut rivaliser avec la Banque de France. Des sociétés analogues existaient depuis longtemps en Allemagne et nos économistes en avaient fait apprécier tons les avantages : la Caisse hypothécaire, institution privée qui fonctionna à Paris de 1820 à 1845, avait été un premier essai de cette sorte de banque ; mais c'est surtout aux efforts persévérants de MM. Rover et Josseau qu'on doit leur introduction dans notre législation. Le 1"^ a publié en 1846 : Des institutions de crédit foncier en Allemagne et en Belgique ; le 2* en 1854 : Traité du crédit foncier. Voir encore : Wolowski, de l'Organisation du crédit foncier (1848). — Le Crédit foncier de France prête aussi aux communes. Il a donné naissance au Sous- Comptoir des entrepreneurs; il a servi de modèle au Créait foncier colonial, à la Société algérienne et au Crédit foncier d'Autriche.
Le Crédit agricole consisterait dans des facilités données aux agriculteurs pour emprunter, sans avoir à engager leurs instruments de travail ; il n'est pas encore bien organisé en France. Voy. à son sujet, les livres récents de MM. Jeannenev, G. fouillon, Durand, etc.
Le C. mobilier a suivi, dans son développement, le crédit foncier : un décret du 18 nov.' 1852 a autorisé la création, à Paris, d'une Société générale du crédit mobilier destinée à faire des prêts sur dépôt de valeurs mobilières, à souscrire ou à acquérir des effets publics, des actions ou obligations dans les entreprises de travaux publics, d'industrie et de crédit constituées en sociétés anonymes ; elle a aussi le droit d'émettre des obligations. — Sur le modèle de cette société se sont créées les sociétés de crédit mobilier d'Espagne, de Portugal, d'Autriche, etc.
Le C. industriel et commercial, plus ancien que les précédents, a vu s'accroître le nombre des établissements qui lui sont consacrés. A la Banque de France se sont ajoutés successivement : le Comptoir d'Escompte, la Société générale de crédit industriel et commercial, la Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l'industrie en France, la Société de dépôts et de comptes courants, le Crédit Lyonnais, etc. — Le but de ce genre de crédit est la transformation des capitaux fixes et engagés en capitaux circulants et dégagés, afin de les rendre disponibles pour le travail et de faire ainsi concourir la ricnease acquise à la création d'une richesse nouvelle. Voy. circulation, économie politkjce.
Dans la Tenue des livTes, le crédit énonce les sommes
ou valeurs reçues par l'un des correspondants pour le compte de l'autre ; on l'inscrit sur le recto du grand livre et on l'oppose au débit, qui énonce les valeurs ou sommes payées a valoir sur le crédit.
Crédit ouvert, autorisation donnée par un individu à un autre individu de disposer sur lui jusqu'à concurrence de telle somme, et pendant un temps déterminé.
Lettre de crédit. Voy. lettre.
Dans la langue parlementaire, on appelle : C. ordinaires, ceux qui sont votés par les Chambres i>our faire face aux dépenses constantes de l'Etat; C. extraordinaires, le» fonds demandés par un ministre comme nécessaires pour faire face à une dépense nui n'a pas été prévue ; C. supplémentaires, les fonds demandes comme supplément à un crédit qui n'a pas été assez largement doté lors du vote du budget.
CREDO, ou Symboledes apôtres. Voy. stmbole.
CRÉDULITÉ (serment de). C'est le serment qu'on peut déférer aux veuves, héritiers et tuteurs de ceux qui opposent les courtes prescriptions pour qu'ils aient à déclarer s'ils ne savent pas que la chose soit due (C. civ., art. 2275),
CRÉMAILLÈRE (orig. incertaine), ustensile de ménage, qu'on scelle au fond dos cheminées de cuisine, et qui sert à accrocher des chaudrons à diverses hauteurs au-dessus du feu. — En Mécanique, on appelle ainsi toute barre dentée, ondée ou crénelée sur sa longueur, destinée à se mouvoir par l'engrenage d'un pignon ou d'une roue dentée, de manière quelle transforme un mouvement de rotation en mouvement rcctiligne ou de translation.
Dans l'Art militaire, un tracé de fortification à crémaillère est celui qui forme une série de dents comme l'un des côtés de l'instrument dont il porte le nom. Le tracé est avantageux dans les pentes très fortes.
CRÉMATION. La France a tenté la première, dans les temps modernes, de remettre en vigueur l'antique coutume de la crémation : en l'an vu de la République, l'administration de la Seine s'occupait d'un projet de monument crématoire à élever à Montmartre ; en fan vin, le comte Frochet, préfet de la Seine, autorisait l'incinération. Depuis, la crémation a été pratiquée par trois fois en France. En 1814, les Allemands consumèrent sur de grands bûchers les cada\Tes de 4000 soldats morts sous Paris; en 1870, après Sedan, on eut recours aux procédés chimiques proposes par M. Creteur; enfin, lors de l'insurrection de 1871, à Paris, on inonda de chaux vive les cadavres inhumés en hâte. Les congrès internationaux d'hygiène qui se sont tenus à Paris en 1889 et à Londres en 1891 ont reconnu les avantages de ces incinérations en masse ; sur la proposition de M. Georges Salomon, ingénieur, ils ont émis des vœux pour que les gouvernements avisent à organiser la crémation des cadavi-es sur les champs de bataille. Une loi du 15 nov. 1887 a rendu la crémation facultative en France. Cette loi a été obtenue à la suite des efforts exercés par le conseil municipal de Paris et une société de crémation fondée en 1880 par MM. Alfred Kœchlin, ancien député, et Georges Salomon, avec l'appui de savants et d'hommes politiques bien connus. Un règlement d'administration publique du 27 avril 1889 détermine les conditions suivant lesquelles seront faites les incinérations régulièrement autorisées ; une circulaire ministérielle du 25 mal 1891 fixe les conditions de transport des corps dans le monument crématoire de Paris, le seul qui existe actuellement en France. Sans attendre la promulgation de la loi ou de la liberté des funérailles, le conseil municipal de Paris, désireux de sauvegarder la santé publique et de reniédier à l'encombrement des cimetières de la capitale, avait fait élever un monument crématoire au Père-Lachaise. Dans le principe, sur la proposition de M. le D"^ Bourneville, ce monument devait uniquement servir à l'incinération des débris des amphithéâtres des hôpitaux. On redoutait alors que la crémation, en faisant disparaître certains poisons, rît courir quelque danger à la sécurité publique. Les adeptes de la crémation ont prouvé l'inanité de ces craintes et empêché d'entraver ce mode rationnel de sépulture par l'autopsie préalable ou des formalités gênantes. Il suffit, pour procéder à l'incinération, d'un certificat du médecin traitant constatant que la mort est due à une cause naturelle, ou, à défaut de ce certificat , du rapport concluant du médecin assermenté. Le monument du Père-Lachaise est composé de trois salles destinées à contenir chacune un appareil. Celle du milieu, plus large que les deux autres, est réservée en partie au public.