CRÉPI
I.e premier appareil adopté, un four à réverbère alimenlé au bois , a élé démoli, après quelaue» mois, par suite de la lenteur et du coût de l'opération. Actuellement deux appareils à air chaud, du système Siemens, fonctionnent
{'our et nuit dans de bonnes conditions. Sous l'action comnnée de l'air chaud, fourni par le récupérateur, et de l'osvdede carbone, produit par le gazogène, à une tempérât lire d'environ 700 à 800 degrés, le cadavre placé dans la chambre diminérafion est consumé en moins d'une heure. La dépense en combustible par 24 heures varie entre 15 et 18 hectolitres de coke. Les cendres sont rassemblées dans dos urnes qui peuvent être inhumées ou déposées pendant une durée de cinq ou dix années dans le columbarium, sorte de porlit|ue dénué d'oi-nemcntation.
En 1890, le nombre des incinérations effectuées au Père- Lachaise s'élevait à 3 388, savoir 2 188 cadavres provenant des hôpitaux, 1 079 embryons et 120 corps incinérés sur la demande des familles. C'est bien moins à l'opposition du clerjié catliolique (on en peut juger par le nombre relativement élevé des enterrements civils qu'à l'inachèvement du monument et au sans-façon industriel avec lequel on y opère, qu'il faut attribuer l'insuflisance du nombre des incinérations demandées par les familles.
A l'étranger, il se produit également, depuis plusieurs années, une vive agitation en faveur de la crémation. La plupart des grandes villes de l'Italie possèdent des monuments ou des appareils crématoires : c'est à Milan, en 1876. que fut inauguré le premier temple crématoire. Le nombre total des incinérations, en Italie, de 1876 à fin 1889, s'élève à 14t>3. En Allemagne, à Gotha, avec l'appareil Siemens, on a effectué 831 incinérations entre les années 1879 et 1889 : un vaste monument est actuellement en construction à Hambourg. En Angleterre, le monument de Voking, à environ 40 kilomètres de Londres, n'est tcciîssible qu'aux personnes fortunées, à cause des frais élevés du transport des corps et de l'opération. En Suisse, à Zurich, une société a élevé un petit monument muni d'un appareil à air chaud. En Suède, ou effectuait, en avril 1891, la centième incinération. Aux Etats-Unis il existe 22 fours crématoires, élevés par les soins de sociétés commerciales. Dans les autres pays, la question de la crémation est à l'étude : tous, avant peu, reconnaîtront les vertus purificatrices du feu. Voy. Bulletins de la Société pour la propagation de la crémation (amiées 1880 à 1890, ; la Crémation en France 1797-J889), par Georges Salomun ; Etude pratique sur la crémation moderne, par le D' 11. de Cristoforis, Milan. 1890; Comptes rendus du congrès international d'hygiène de Londres de 1891.
CRÈME (du lat. cremum , couche jaune et onctueuse qui se forme à la surface du lait, par le repos dans un lieu frais et tranquille. Somnise à l'agitation dans une baratte ou dans un autre vase approprié, la matière grasse se rassemble en se séparant de l'eau, la crème devient beurre. Voy. ce mot et lait.
On fait avec du lait et des jaunes d'œuf un mets délicat que l'on sert en entremets et qu'on noimiie crème : il y a des crèmes au café, au chocolat, au caramel, etc. La crème fouettée est de la crème qu'on fait élever en mousse en la fouettant avec de petits osiers. On y fait entrer du sucre en jwudre. de l'eau de fleurs d'oranger, de la vanille, etc. ; on la colore quelquefois.
Fromage à la crème. Voy. froxagi;.
On appelle : C. de i-iz, une bouillie rafraîchissante faite avec de la farine de riz ; — C. de chaux, la pellicule de carbonate de chaux qui se forme sur l'eau de chaux au contact de l'air; — C. de tartre, le bitartrate de potasse, etc.
CRÉMENT du lat. crewien/M»0. augmentation du nombre des syllabes qui a lieu dans les mots latins quand on forme les cas d'un nom ou les temps d'un verbe : le crément tombe sur les syllabes qui sont placées entre le radical et la désinence : ainsi, hominis, génitif d'homo, a un crcment, mi; hominibus en a deux, mi et ni; legeram, plus-que-parfait de lego, a un crément, ge; legeramus en a deux, ge et ra.
CREMOCARPE du gr. xpEutô, suspendre, et xotprô;, fruit , se dit, en Botanique, d'un fruit se divisant en deux co<iues qui restent suspendues : tel est le fruit des Ombcllifères.
CRÉMOMÈTRE (de crème et du gr. [xÉTpov, mesure), intrument dû à M. Quévenne et qui sert à déterminer la
quantité de crème que contient le lait : c'est une éprou* vette graduée dans laquelle on abandonne une petite quan- ; tité de lait et où il est facile d'observer la hauteur de la ! crème lorsqu'elle s'est séparée du reste du liquide. Cet instrument ne donne que des indications approchées relativement à la richesse du lait en matières grasses. , CRÉMONE. Voy. espagnolette et violon.
CRÉNASTÉRIDEES, famille d'Echinodermes. Voy. asté-
; ROÏDÉES.
CRÉNEAUX (de cran), nom donné, au moyen âge, à la maçonnerie dentelée qui couronnait les murailles des châteaux forts : la partie pleine de ce couronnement s'appelait merlon ; la partie vide ou l'embrasure, archère. Quelquefois on tendait d'un créneau à l'autre un clayonnage appelé hourdis , qui protégeait l'archer combattant sur l'embrasure. — On trouve les créneaux au nombre des meubles du Blason, comme on y trouve le château, la tour, la herse, la chausse-lrape, etc.
CRÉNILABRE du lat. crena, fente, et labrum. lèvTe), Crenilabrus. genre de Poissons acanthoptérvgiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Labroïdes : préo-' percule dentelé, lèvres épaisses et charnues, un seul rang de dents coniques à chaque mâchoire. Le C. paon [C. pavo), ou Perroquet, ^xtisson de la Méditerranée, doit son nom à sa robe verte, jaune et rouge ; le C. lapina est ! argenté et ponctué de rouge avec des nageoires jaunes et bleues.
CRÉOLE. Cette dénomination, appliquée d'abord aux ha- I bitants des possessions espagnoles et portugaises nés en I Amérique de parents blancs, a été depuis étendue à tous j les habitants issus aux colonies de parents européens. Les ! créoles sont, eii général, bien développés, d'une taille i mince, d'une constitution plutôt délicate que robuste, d'un caractère Aif, fier et impérieux ; leurs passions sont ar- I dentés : cependant les femmes créoles sont, en apparence, faibles et indolentes. Les créoles espagnols, conmie auj. encore les hommes de couleur, étaient autrefois traités avec mépris par les Espagnols venus d'Europe. Ce n'est qu'en 177t) qu'une ordonnance de Charles III les rendit aptes à remplir les fonctions civiles, ecclésiastiques et militaires.
CRÉOPHAGE \à\x gr. xpswçiyoî), synonvme de Carnivore, se dit quelquefois des insectes appelés aussi Carabiques. Voy. ce mot.
CRÉOSOTE (du gr xpîiî, chair, et twI^w, conserver), huile très caustique contenue dans la fumée et dans les produits de la distillation sèche des matières végétales, comme le vinaigre de bois et surtout le goudron végétal. Elle préserve de la putréfaction la chair et d'autres matières animales ; c'est à elle que la fiunée doit ses propriétés antiseptiques. On l'emploie contre les maux de dents conune antiseptique et à l'intérieur pour combattre les premiers svmptômes de la tuberculose. La créosote contient, outre (le petites quantités de phénol et de crésylol, du gaîacol et du créosol qui en constituent la partie principale; ces deux derniers corps sont respectivement les éthers méthvliques de la pjTocatéchine et de riiémopvrocatécliine. La créosote a été obtenue d'abord par Reichenbach en
CRÊPE (du lat. crispas, frisé), tissu très léger et très clair, fait en forme de gaze, et dont la trame et la chaîne sont en soie grège. Il v a des C crêpés et des C. lissés, des C. simples et des'C doubles, selon <jue la chaîne est plus ou moins tordue. — C de laine, même tissu fait en laine fine, non croisée. — C de Chine, étoffe unie ou façonnée, très élastique, et d'un prix assez élevé. — On crêpe en trempant dans l'eau l'étoile au sortir du métier, et en la frottant avec un morceau de cire préparée. On la blanchit ou on la teint ensuite, à froid; puis on lui donne l'apprêt. La plus grande partie des crêpes se font à Lyon et à Avignon. — Pris aljsolument, crêpe se dit du morceau de crêpe noir que l'on porte, au chapeau ou au bras, en signe de deuil.
CRÊPE, pâte faite avec farine, œufs, lait, eau et aromatisée avec cognac ou rhum ; on la fait cuire en l'étendant sur la poêle, préalablement graissée de beurre, de saindoux ou d'huile.
CRÉPI 'du lat. crispus), couche de mortier ou de plâtre qu'on jette sur un mur avec la truelle ou avec un balai. Le crépi diffère de l'enduit ordinaire en ce »iu'il n'est pas lissé comme lui avec la truelle, et reste raboteux ; il porte aussi le nom de gobetis.
CREPIDE