CURE-MÔLE
cni\TC fonc(^. On lo trouve à l'état terreux, cristallisé; ses eiistaiix st>nl des (lodonièflrcs rliomlitiùlaiix ou des octaèdres du système cuhique. 11 accompagne la plupart des gisements de cuivre, au Mexique, en Sil>érie, en Cornouail- Ics. etc. Les l>eaux cristaux qu'on a trouvés en France, à Chessy, sont d'ordinaire revêtus d'une couche de malacliile.
CUPULE (du lat. ci/;>u/ff, dimin. de cupa;, nom donné, en Botanique : 1° à un nsseni!)Iage de bractées écaillcuses ou foliacées, unies par leur base et formant une espèce de coupe ou ^det qui enveloppe la fleur et persiste autour du fruit, en l'entourant tout entier (noisettes} ou en partie (glands) ; 2» à l'enveloppe la j)lus extérieure de l'ovaire dans les Cycadées et les Conifères; 3" à la partie creusée de certains Champignons, etc.
CUPULIFÈRES, une des grandes divisions du groupe des Amentacées, correspond a la famille des Quercinées. Voij. ce mol.
CURAÇAO ou cuRAço, liqueur de dessert faite avec l'ccorce desséchée de l'orange amère [Voy. bigarade). On l'appelle ainsi de l'île de Curaçao (Antilles sous le vent), où cette espèce d'orange croît en ahondancc.
CURAGE (de curer), opération qui a jwur objet de débarrasser un bassin, un port, un puits, etc., de la vase et des débris qui s'amassent au fond et en exhaussent le sol. l,e curage des puits se fait à main d'homme. Pour le curairc des ports, des Ijassins, des rivières, on se sert du cure-môle et de la marie-salope. Le cure-môle est un lia- Icau |K»ntc sur lequel est établi un appareil, le plus souvent à vapeur, propre à faire agir de vastes cuillers qui enlèvent la vase et les immondices ; la marie-salope (corruption de chaloupe'!) est une barque à un mât, contenant dnix puits destines à recevoir les matières enlevées par le cure-môle : ces puits sont fermés par en l)as avec une trape ou soupape, qui sert à les décharger au lai^ ( Voy. dragage). — Les matières qui proviennent du curage des étangs, des fossés, etc., et que l'on nomme curtires, offrent un engrais très riche.
CURARE (mot indigène), poison très actif dont les Indiens de l'Amérique du Sud se servent pour empoisonner leurs armes de cliasse et de guerre, et qu'ils fabriquent avec le suc de diverses lianes appartenant au genre Strychiios. comme a pu s'en assurer t.revaux. C'est sur les indications de ce voyageur que M. Couty est parvenu à reconstituer ce poisonredoutable (1882). Les Indiens y font entrer des venins de serpents et de crapauds ; mais ces sul>stancos ne paraissent jouer qu'un rôle accessoire, quoique le curare agisse comme les venins : très dangereux lorsqu'on l'insère sous la peau, il peut être avalé sans danger même à très haute dose. Le curare arrive en Europe soit dans de petits pots de terre (c'est le plus actif), soit dans de petites calebasses : MM. l'etroz et Pelletier en ont extrait un alcaloïde, la curarine [C'"H"^Azj, qui paraît en être la seule substance active. — Le curare, introduit dans une blessure, détermine une mort calme, sans convulsions, sans souffrances physiques et sans troubles intellectuels. Cl. Bernard a prouvé que là mort arrivait alors par asphvxie à la suite de la paralysie des mouvements respiratoires, et que le poison, qui respectait les muscles, les nerfs sensitifs, les centres nerveux, agissait, d'une manière élective et spéciale, sur un clément unique, les nerfs moteurs. Cette découverte a démontré d'une manière évidente la vie individuelle autonome des éléments anatomiques, et a mis fin à la discussion des physiologistes sur 1 indépendance «les propriétés des muscles et des propriétés des nerfs: elle a permis d'attribuer aux muscles et aux nerfs une propriété spéciale, la coniraclililé aux premiers, {'irritabilité aux seconds. Entre les mains des physiologistes, le curare est devenu un réactif d'usage constant. Pour le* médecins il est l'antidote de la strychnine. Les travaux les plus importants sur cette question sont dus à MM. Cl. Bernard, Vulpian et Voisin.
CURATELLE, charge de ccratoci».
CURATEUR (du lat. curator). — A Rome, on appelait curateurs divers officiers publics : C. du calendrier, le trésorier ou receveur des deniers de la ville ; il était ainsi nommé parce qu'il percevait le jour des calendes ou le 1"^ du mois les intérêts des fonds de la cité; C. de la maison de t Empereur, celui qui avait soin du revenu du souverain et de sa dépense ; C. des ouvrages publics, celui qui en avait l'intenoance : il était garant des défauts de ces ouvrages pendant 15 ans; C. de la hépublique.
celui qui avait soin des travaux publics : il devait veiller à ce qu«ï les maisons en ruine fussent réparées. 11 y avait aussi des curateurs donnés aux mineure de 25 ans, aux prodigues et aux personnes en démence.
Chez nous, le curateur est celui qui est commis par la loi |>our avoir soin des biens et des intérêts d'autrui. 11 y a lieu <lc nommer un curateur en cas d'émancipation, de |)rodigalité, de succession vacante, de biens vacants, d'aljsence, de grossesse posthume, etc. Voy. ces mots.
CURCAS, ])lante. Voy. xédici.mer.
CURCULIONITES ou CHARANçoNrrES, tribu d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères, fam. des Rhynchophorcs, a ))0ur type le Charançon [Curculio). Voy. ce mol.
CURCUMA (orig. inc), genre de la famille des Zingibéracées, renferme des plantes herbacées, vivaces, appartenant à l'Asie, à l'Afriqxic et à r.\mérique, à feuilles ovales ou arrondies, à fleurs jaunes et douées |X)ur la plupart d'un principe aromatique et colorant. L'espèce la plus utile est le C. longa, qui croît aux Indes et au Cap, et dont la racine, dite aussi Terra mérita. Safran des Indes, est employée dans la teinture, j)our sa matière colorante [curcumine). On s'en sert jiour teindre en ^jaune les papiers, les bois, les cuirs, le beurre, le fromage, les huiles, les pommades, et comme couleur de fond pour les dorures. Les Indiens l'emploient jiour se teindre la peau. La couleur du curcuma a peu de solidité; la soie et la laine la prennent mieux que le coton et le lin. Les chimistes emploient la teinture ne curcuma comme réactif, jK)ur découvrir les alcahs; ceux-ci font passer au brun la couleur jaune du curcuma.
CURE (du latin cura, soin). On distingue, en France, parmi les paroisses, les cttres proprement dites, desservie» par un prêtre appelé curé, institué à vie, et les succursales, administrées par un desservant révocable. U y a au moins une cure par justice de paix, c.-à-d. par canton. On dislingue des cures de \" classe, qui ne peuvent être érigées que dans les communes ayant plus de 5000 itabitanls et une justice de paix, ou dans les chefs-lieux de sous-préfecture, et des cures de "2° classe, dans les communes qui ont au moins 1 500 habitants. Les communes moins considérables n'ont le plus souvent que des succursales.
CURÉ (de cure), en latin parochus, dans quelques pays recteur ou pasteur, prêtre qui est pourvu d'une cure. Les curés sont nommes par 1 évêquc, sauf l'aiiprobation du Gouvernement; ils sont à vie. D'après un règlement de 187)4, trop peu exécuté, il faut, pour être nommé curé dans un chef-lieu de département ou d'arrondissement, être licencié en théologie, ou avoir exercé pendant 15 ans les fonctions de curé oe canton ou de desservant ; le grade de bachelier ou un exercice de 10 ans suffisent pour les curés de canton. Dans le langage courant, le nom de curé est donné à tout prêtre à la tête dune paroisse et s'étend par suite aux simples desservants, qui peuvent être nommés, déplacés ou révoqués par l'évêque. Les curés reçoivent de l'Etat un traitement de 1500 ou de 1200 fr. selon qu'ils sont de 1" ou de 2* classe; en outre, les curés comme les simples desservants peuvent recevoir des fidèles des oblations qui sont autorisées par les règlements. Les communes leur doivent un presbytère. Ils administrent les revenus de la jMiroisse, avec le concours de la fabrique. — Avant 1789, les curés vivaient du produit des dîmes ecclésiastiques : on distinguait le C. décimateur, qui jouissait en tout ou partie des dîmes de sa cure, et le C. à portion congrue, qui relevait <lu décimateur et recevait de lui une rétribution : ils étaient chargés, outre leurs fonctions spirituelles, de tenir les registres de l'état civil ;auj. leur ministère est purement spirituel. — On n'est point d'accord sur l'origine des curés. Il est probable qu'ils furent institués vers le ni" ou le iv* s. pour servir d'auxiliaires aux évêques, qui seuls d'alx>rd exercèrent le ministère paroissial.
CURÉE, en Vénerie, se dit du repas comjwsé de quelques parties de la bête que l'on fait faire aux chiens sur le terrain. La curée est chaude lorsqu'elle a lieu en chasse, au moment même de la mort de l'animal. Au contraire elle est froide lorsqu'elle ne se fait qu'au retour de la chasse au chenil ou en présence des invités dans la cour d'honneur. Cette dernière est toujours, dans les grands équipages, l'objet d'une mise en scène fort belle. Lorsqu'elle a lieu de nuit, elle prend le nom de curée aux flambeaux.
CLRE-OKEILLE
CYANHYDRIQLE
CURE-MÔLE. Voy. crRACE.
CURE-OREILLE. in*odc. loy. FORFicrLE
CURETTE, instrumont de chirurgie (pii sert à citraire les rorj»s étrangers, et particulièrement de petits calculs de la vessie, après qu on a fait à ce viscère une incision suffisante, il est com|x>sé d'un manche et d'une tige d'acier terminée jiar une espèce de cuiller fort allongée, plus large à son milieu qu'aux extrémités, à Ijords mousses et polis. — On appelle aussi curette une petite cuiller tranchante dont on se sert pour racler les fongosités. etc.
CURIAL, en lat. citrialis. Votf. vécvTCwni.
CURIE, Curia. division dn peuple romain, était une fraction de la tribu pré-^idée par un magistrat ajipelé ciirion. Homulus avait établi ôO curies, hans les réunions du |)euple par curies, on votait à la majorité des voix imiividuelles, par opposition aux assemblées jtar centuries où Ion votait par centuries, ce qui était à l'avantage de la noblesse. Voy. CEMCRrE.
CURRUCA. nom latin scientifique de la Fauvette babillarde. — Voy. facvettl.
CURSEUR ^du lat. cursor . On appelle ainsi, dans les instruments d'.Astronomie ou de Mathématiques, tout index mobile le long d'un limLe gradué ou d'une division quelconque.
Curseurs apostoliques. Voy. courrier.
CURULE (CHAISE;, en lat. sella curulis. siège d'honneur diez les Romains : c'était un siège d'ivoire pliant et sans dossier, plus élevé que les sièges ordinaires, sur lequel s'asseyaient dans l'origine les rois, et dans la suite les premiers magistrats, dictateurs, consuls, préteurs, censeurs, grands értiles. ce siège les suivait à l'armée ; on le plaçait sur les chars de ces magistrats : c'est de là que lui vint le nom de curule curulis], de currus, char.
CURURES. Voy. ccrage.
CURVI... du lat. ci*rr«», courbe^ . On dit: en Zool(^e, airvicaïuie. curvicolle. curvipède, currirostre, qui a la queue, le cou, les pieds, le bec recourbés : — en Botanique, cm^vicaule, curviflore, curvinervé. etc.. qui a la lige, les fleurs, les nervures des feuilles, etc., recourbées; — en Géométrie, figure curviligne, celle qui est formée par des lignes courltes, comme le cercle, l'ellipse, le triangle gjhérique, etc. ; angle curviligne, l'angle formé par des lignes courl)es, etc.
CUSCUTE, discuta, genre de la famille des Convolvulacées, renferme une quarantaine d'espèces, cosmopolites en général, les unes ligneuses, les autres herbacées, pour ainsi dire sans feuilles, à tiges longues, filiformes et grêles qui s'accrochent aux végétaux à l'aide de suçoirs, les enlacent de leurs replis et finissent par les étouiîer. Ces plantes parasites se multiplient très rapidement : c'est un véritable fléau, surtout pour le trèfle et la luzerne. Un gran I nombre d'espèces se trouvent dans l'Amérique du Nonl : parmi celles qui croissent en France, on remarque : la C. européenne (C. europsea, vulg. Cheveu du diable, à fleurs rougcâtres, communes dans lei Iwis, les haies et les prairies, surtout dans les champs de luzerne ; la C. épithym [C. epilhymum . à fleurs blaïKlies, qui vit aux (lépens du th\Tn, du serpolet, des Iwiiyères, etc. ; la C. à fleurs serrées [C. epilinum , qui s'attache au lin, etc. — Un détruit la cuscute en couvrant le terrain infecté de colomliine ou de suie.
CUSPARÉ nom indigène^ Cusparia, arbre de la famille des I>iosmées dont l'écorce est la véritable Angmture. Voy. ce mot.
CUSPIDÉ (du lat. cuspis, pointe':, se dit, en Botanique, des {«rties terminées par une pointe raide, aiguë, allongée comme les feuilles de l'Agave.
CUSSON. ou Charançon du blé. Voy. BRrcHE.
CUSTODE .du lat. cu.^todia\ Ce mot désigne tantôt la couverture qu'on met sur le ciboire, tantôt les rideaux qui, dans quelques églises, ornent les côtés du maitre-autel.
<isTonE (du lat. custos). Dans certains onlres religieux, on appelle custode un supérieur de couvent, qui autrefois administrait les subdivisions des prtiviiices, appelées custodirs : on ap|)elle prêtre custoae le gardien de certaines églises importantes, pris parmi le clergé fSt-Semin de Toulouse). — Le président de l'Académie oes Arcades à home porte le titre de custode.
CUTANÉ du lat. cutis, peau . qui appartient à la peau ou qui concerne la peau. On apin-lle : nerfs cutanés <\ei\\ bramiics du plexus brachial ; glandes cutanées, de petits
grains dont la surface interne de la peau est parsemée; maladies cutanées, les maladies de la peau, etc.
CUTICULE. Dans les végétaux, la membrane de l'épiderme se transforme, dans sa moitié externe, en une sul>stance appelée cutine (C**H*'*0') ; l'ensemble des couches culimsées s'appelle cuticule. Pour isoler la cuticule, on peut faire macérer les feuilles dans l'eau ; le Bacillus amylobacter détruit toutes les membranes et laisse celle-là intacte.
CUTINE. Voy. cctictle.
CUTTER ou COTRE (de langl. cutter'', petit bâtiment léger et rapide, à im seul mât planté en avant du centre de longueur du navire, et penché en arrière. Ses voiles principales sont coupées en oreilles ; il porte aussi des voiles carrées, comme huniers et perroquets. — Les cutters de guerre servent de croiseurs et de gardes-côtes ; ils peuvent porter 7 ou 8 caronades.
CUVAGE DES VINS. C'est l'opération pendant laquelle le jus de raisin pressé reste en contact avec les grappes, en fermentant alcooliquement. Dès la formation d mie faible dose d'alc(M>l, la matière colorante du grain de raisin rouge se dissout dans le liquide et le colore. Pour préparer du vin blanc avec du raisin rouge, on fait agir le pressoir avant toute fermentation.
CUVE (du lat. cupa\ nom donné à divers récipients en bois ou en fonte, employés dans diverses industries. C'est dans mie cuve que l'on foule le raisin et qu'on le laisse fermenter. Le cuvier est {une petite cuve dont font usage les blanchisseurs, les teinturiers, les brasseurs, etc. On appelle fours à cuve, en Métallurgie, les fours on le combustible est chargé mélangé avec le minerai à traiter : p. ex. les cubilots Voy. ce mot), les hauts fourneaux [Voy. ce mot", les fours à chaux, etc.
Cuve pneumatique, réservoir rempli d'eau ou de mercure, à travers lequel on fait passer les gaz pour les recueillir «lans ime eprouvette.
CUVETTE, en Vélocipédie, partie du moyeu d'une roue de cvcle, montée à billes \Voy. ce mot).
CÙVIER. Vou. crvE.
CUVIERIA (de G. Cuvier\ genre de Mollusques gasléro- |)odes. de l'ordre des Ptéropodes, famille des llyalidées : coquille allongée, déprimée, non spirale, présentant une ouvertiu-e triangulaire, et une extrémité conique qui se tronque avec l'âge. Les espèces vivantes habitent les hautes mers : on en connaît une fossile de l'étage ))liocène.
CYAME (du gr. xJa[io;, fève), Cyamus, vulg. Pou de Baleine, genre de Crustacés Isemodipodes : corps large, orbiculaire; tète petite et allongée; 4 antennes, yeux lisses, peds à crochets, courts et robustes. Ces animaux vivent en parasites sur la baleine.
CYAMÉLIOE. substance blanche, amorphe, insoluble dans l'eau, l'alcool et les acides, qui se produit quand on distille l'acide cyanurique ou quand on traite le cyanate de potassium par lùi acide. Ce corps est un isomère de l'acide cyanique. On peut transformer l'acide cvanique en cyamélide, et inversement; la cyamélide cliauilée forme de l'acide cvanique.
CYANÂMIDES, série de composés qui résultent de la substitution du radical cyan(çène à l'hydrogène de l'ammoniaque. On adopte pour "ces combinaisons la même nomeiw clature que pour les aminés [Voy. ce mot). La cvanamide la plus importante s'obtient en faisant agir le chlorure de cvanogène sur l'ammoniaque dissous dans l'éther. ' CYANATES, sels formés par l'acide cyanique. Voy. ce mot et cviNocÈSE.
CTASATES (scLFO-), sels de l'acide sulfocyanique [Voy. ce mot).
CYANÉE (du gr. xoiveo;, bleu), Cyanea, genre de Cœlentérés de la famille des Méduses : l'espèce principale est la C. de Lamarck, qui est d'un beau bleu ; on la reuœntre sur les côtes de la Manche.
CYANHYORATE. synonjTne de ctanube.
CYANHYORIQUE (acide), dit aussi Acide prussique, HCv, acide or^-anifiiie composé d'hydrogène et de cyanogène (Vôy. ce mot). C'est l'un des corps les plus vénéneux connus. Il est liquide, incolore, transparent; son odeur,
Îiui est la même que celle des amandes amères, est si orte qu'elle prend aussitôt à la gorge et détermine des maux de tête et des vertiges. Il bout à 2tJ*, et, si l'on en laisse tomber une goutte sur du papier, elle se congèle par l'eflc* du froid qu'elle produit en se vaporisant en partie. Quand il est bien pur, il se conserve
CYAMQIT/
CYATHE
indéfiniment; mais s'il contient une trace d'eau, il s'altère très l'acilcuient, et se convertit peu à peu en une masse noiie et charbonneuse. L'eau distillée de laurier-cerise, l'huile essentielle d'amandes amèrcs, toutes les amandes des fruits à noyau, les pépins de pommes et de poires C(i:!ticiuient des quantités d'acide ryanlijdrique plus ou moins fortes. On le prépare en distillant avec de l'acide sulturique le ferrocyanure de potassium ou cyanure jaune ou en chauffant du cyanure de mercure et de TaLido chlorliydrique. — L'acide cyanhydrique est u'.i aci Ij analogue à Pacide chlorhydrique : avec les bases il donne des cyanures, qui ont pour formule MCAz, analogues aux chlorures. Dans quelques cas, l'acide cyanhydrique se conduit conune l'ammoniaque : il se combine aux acides chlorhydrique, bromliydrique et même acétique. — Aucun ci>rus n'exerce sur l'économie animale une action aussi redoutablf que l'acide cyanliydrique concentré : son odeur seule suflit pour tuer un oiseau; une seule goutte portée dans la gueule du chien le plus vigoureux le fait presque aussitôt tomber raide mort; la même quantité, appliquée sur l'œil de l'animal ou injectée dans la veine du cou, le tue aussi presque à l'instant. Le chlore détruit promptement l'aciiie cyanhydrique, et peut s'employer comme contrepoison si l'on a le temps ue l'administrer à l'état d'inhalation mélangé de beaucoup d'air. L'acide cyanhydrique étendu d'eau est employé en médecine pour cahner l'irritabilité de certains organes; on l'a conseillé contre la phtisie pulmonaire commençante et surtout contre les atl'ections nerveuses.
L'acide cyanhydrique a été isolé en 1780 par Schecle, qui l'a extrait du bleu de Prusse : de là le nom d'acide prussique. Ce chimiste, qui est mort subitement dans le cours de ses recherches, passe pour en avoir été la première victime. Il paraît que les prêtres de l'Egypte connaissaient déjà l'acide cyanhydrique, et l'employaient pour faire périr les initiés qui avaient trahi les secrets de l'art sacré ; les eaux amères que, d'après la coutume juive et •^yptienne, le prêtre faisait boire à la femme adultère, et qui tuaient sans laisser aucune trace de lésion, paraissent également avoir été des préparations d'acide cyanhydrii|ue.
CYANIQUE (acide), acide organique qui se produit quand on oxyde les cyanures ou quand on fait passer du cyanogène dans une dissolution alcaline. Les composés ainsi obtenus sont les cyanates, d'oii on peut retirer l'acide cyanique. Un prépare encore plus facilement cet acide en cliaullant l'acide cyanurique [Voy. ce mot). C'est un liquide très acide, d'une odeur vive, qui s'altère promptement en se transformant en acide carbonique et en ammoniaque. Il a été découvert en 1822 par Woeiiler. — L'acide cyanique donne deséthers, découverts par M. Cloëz qui les a nommés isocyatiates, et que l'on obtient par l'action du chlorure «le cyanogène sur les alcools sodés. Ces corps traités par les acides ou les bases reproduisent l'alcool et l'acide c\ unique ou cyanurique. Ils sont isomères avec les cyanates de Wurtz, qui sont des carbimides. Voy. ce mot.
LïANiQUE (acide SCLFO-), aci le analogue à l'acide cvanique, dans lequell'oxygène serait remplacé par du soufre. Il donne avec les sulfures des sels qu'on appelle des sulfocy anales. Le sulfocyanate de mercure est une poudre blanche qui brûle en se gonllant (serpents de Pharaon).
CYANITE. Voy. disthè.ne.
CYANOFERRURE ou ferhocyaxube. Voy. cyanure et