‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 448 sur 1729 · BLEC DE PRUSSE · texte numérisé non relu

BLEC DE PRUSSE

CYANOGÈNE (du gr. xûavo;, bleu, et du suffixe gène, qui produit), dit b.\xs%ï Azoture de ca/'Z'one, combinaison de carbone et d'azote qui a pour formule C*Az ou Cy* et qu'on obtient en soumettant le cyanure d'argent ou le cyanure de mercure à l'action de la chaleur : c'est un gaz incolore, qui brûle avec une belle flamme pourpre, et dont l'odeur rappelle celle de l'acide cyanhydrique. Il n'existe jjas dans la nature à l'état de liberté. Il se combine avec l'hydrogène, l'oxygène, les métaux, en produisant des composes mu ont la plus grande analogie avec ceux du chlore. Combine aux métaux, il forme les cyanures. D'après les idées généralement reçues depuis Gay-Lussac, l'acide cyanhydrique, les cyanures et le bleu de Prusse le contiennent à lelat de radical [CAzl. — Le cyanogène a été découvert par Gay-Lussac en 1814.

CYANOMETRE [du gr. xûavoî et [iétoov, mesure), polariscope invente par Arago pour déterminer l'intensité de la couleur bleue du ciel : c'est essentiellement uue

lame de cristal de roche nlacée entre une pile de glace et un prisme biréfringent. En regardant un papier lilaiic à travers ces trois objets, on voit une teinte Lieue, dont on peut faire varier graduellement l'intensité, en faisant tourner la pile de glaces. Dès lors on peut amener la même teinte que celle qui règne dans le ciel, et d'après la position de la pile inscrite sur un cadran, on a un nombre qui représente la teinte. — Biot a employé un cyanométre lurmé d'une lame de mica, qu'on incline plus ou moins entre un polariseur et un polariscope ; le principe est le même que celui de l'appareil d'Arago.

CYANOSE, Ictère bleu, Maladie bleue, état de maladie dans lequel toute la surface du corps présente une teinte bleue ou livide. Elle dépend ordinairement de la communication directe des cavités droites du cœur avec les cavités gauches, d'où résulte le mélange du sang artériel et du sang veineux , ou d'une lésion considérable des poumons, et généralement de tous les obstacles qui gênent l'oxygénation du sang et entraînent la stagnation dans les capillaires. C'est toujours un symptôme très grave. — La cyanose est un des indices de l'asphyxi,;; cest aussi un des caractères principaux du choléra.

CYANOSE. C'est le sulfate de cuivre ordinaire (CuO.SO'-+- 511*0), qu'on trouve à l'état naturel dans beaucoup de mines de cuivre, et qui provient de l'oxydation des minerais sulfurés.

CYANURES, sels formés par le cyanogène et un métal. Les cyanures sont analogues aux chlorures et aux bromures; ils se produisent toutes les fois qu'avec de la potasse on calcine du sang, de la corne, de la chair ou une autre matière organique azotée. Lorsqu'on les traite par un acide, ils dégagent de l'acide cyanhydrique. — Le C. de potassium, dit aussi prussiate de potasse, est un sel Liane, inodore, cristallisant en cubes, très soluble dans l'eau, d'une saveur acre, alcaline et amèrc : il exerce sur l'économie animale une action très énergique. On l'emploie en inédechie dans les mêmes cas que l'acide cyanhydrique. On s'en sert aussi dans l'analvse chimique et dans Ta dorure galvanique. — Le cyanure (fe mercure, qui sert dans la préparation du cyanogène et de l'acide cyanhydrique, est un sel blanc peu soluble dans l'eau et très vénéneux.

Les cyanures se combinent entre eux et forment des cyanures doubles. Parmi ces combinaisons, le C. de fer et de potassium, plus connu sous les noms de cyanure ou prussiate jaune, ferrocyanure de potassium FeCy®K®,se rencontre dans le commerce en beaux cristaux jaunes, d'une saveur amère et désagréable ; on l'emploie pour faire le bleu de Prusse [Voy. ce mot). On obtient ce cyanure double en calcinant du sang ou d'autres matières animales avec du fer et de la potasse, lessivant le protluit et faisant cristalliser. Il sert aux chimistes pour préparer les autres cyanures, les cyanates, l'acide cyanhydrique, etc. Il est remarquable en ce que le fer n'y est pas accusé par les réactifs ordinaires de ce métal. — Le prussiate rouge (FeCy^)*K'' est un autre cyanure double du même genre, composé de cyanogène, de fer «t de potassium, dans des proportions différentes de celles du prussiate jaune; les chimistes s'en servent comme réactif. On l'emploie dans l'impression des indiennes pour décolorer l'indigo. — Le C. double de

fotassium et d'argent est employé fréquemment dans argenture électro-chimique. Il existe encore un grand nombre de cyanures doubles analogues aux ferro-et ferricyanures, le fer étant remplacé par le chrome, le manganèse, le platine, le cobalt, etc. On obtient une nouvelle série de cyanures en faisant agir l'acide nitrique sur les précédents ; ce sont les nitroferro- ou ferricyanures ou nitroprussiates, qui sont des sels rouges bien cristallisés.

Les cyanures alcooliques sont de deux sortes : la 1 " classe comprend les nitriles ( Voy. ce mot) , découverts par Pelouze; la 2* classe renferme les carbylamines [Voy. ce mot). Il existe également des cyanures de radicaux d'acide [C. d'acétyle, de benzoyle, etc.), qui se préparent comme les cyanures métalliques.

CYANURIQUE (acide), acide organique qui a la même composition que l'acide cyanique, mais dont la molécule est triple de celle de cet acide. On l'obtient par l'action du chlore sur l'urée. Il forme avec les bases les cyanurates, et donne de l'acide cyanique quand on le distille.

CYATHE (du gr. xûaôo;, coupe), petit vase dont se servaient les anciens pour puiser le vin dans le cratère et le verser ensuite dans les coupes. — C'était aussi une mesui'c de capacité qui était, chez les Grecs, le 6* du

CYATHÊE

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