‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 459 sur 1729 · ANTIDATE · texte numérisé non relu

ANTIDATE

DATES (aht de VÉRIFIER LEs) depuis la naissaucc de J.-C. Cet ouvrage, un des plus beaux monuments historiques dus aux Bénédictins, a levé les principales difiicultés que présente la chronologie plus qu'embrouillée du moyen âge. Il fut commencé par Dom Maur Dantine (1688-1746), publié en un volume par Dom Charles Clémencet (1703- 1778), achevé et augmenté par Dom François Clément (1714-1793), qui en fit trois volumes in-f^ (1783-1787). Il a été réimprimé à notre époque (1818, 18 vol. in-8) et continué jusqu'à nos jours. Dom Clément a laissé aussi l'Art de vérifier les dates avant l'époque chrétienne.

DATHOLITE, dite aussi Chaux boratée silicifère [11*0. 2CaO.B*0*.2SiO*], cristaux clinorhombiques, très voisins de la symétrie orthorhombique ; se trouve aussi concrélionnée. La Datholiteest blanchâtre, possède l'éclat vitreux, est facilement fusible au chalumeau. On la rencontre dans les (lions, en Bavière, en Tyrol, etc.

DATIF. Voy. cas.

DATION EN PAYEMENT, actc par lequel le débiteur s'aéquitle envers son créancier, en remettant une chose autre que celle qu'il lui doit : le consentement du créancier est nécessaire (C. civ., art. 1238).

DATISQUE, Datisca, genre type de la famille des Datiscées, renferme des plantes, annuelles ou vivaces, originaires de l'Asie. Le D. chanvre, ou Cannabine de Crète, est une herbe vivace à feuilles composées, ailées ; à fleurs

fietites, jaunâtres, disposées en grappes; la décoction des euillcs donne une couleur jaune employée en teinture.

DATTE, fruit du Dattier. Voy. ci-après.

DATTIER (du gr. SâxTuXoî, doigt et datte à cause de la resscmWance de la datte avec un doigt), Pliœnix, genre de la famille des Palmiers, tribu des Coryphinées, renferme des arbres élevés, à tige renflée au milieu, à feuilles embrassantes, pennées, laissant d'épaisses écailles sur le slipe après leur cliute, et se transformant quelquefois en épines vers leur base. Les fleurs sont dioïques, à spadice rameux, enveloppées d'une spathe avant leur épanouissement ; calice cupuliforme et à 3 dents, corolle à 3 pétales; les fleurs mâles présentent 6 et quelquefois 3 ou 9 étamines; les fleurs lemelles ont 3 ovaires à stigmate sessile : un seul de ces ovaires se développe et donne naissance à un drupe appelé Batte, à chair ferme et sucrée, à noyau oblong et très dm-.

L'espèce la plus intéressante est le D. cultivé ou des anciens [P. dactylifera) , qu'on trouve dans toute l'Afrique septentrionale et en Arabie, et qu'on est parvenu à acclimater aussi dans le midi de l'Europe. Sa tige s'élève à Î>lus de 20 m. et produit de nombreuses racines qui la ixent solidement au sol. Les feuilles, nombreuses et longues de 3 à 4 m., forment un panache élégant au sommet de la tige. De l'aisselle des feuilles sortent les régimes, spadices ou grappes de fleurs jaunâtres, mâles sur certains pieds, femelles sur d'autres. On a constaté que les fleurs mâles fécondent les fleurs femelles à plusieurs kilomètres de distance. En Afrique et dans tout l'Orient, l'on cultive en grand les dattiers femelles, et, à l'époque de la floraison, on secoue sur leur cime ou l'on y attache des régimes de dattiers mâles qui les fécondent. On connaissait déjà ce procédé du temps d'Hérodote.

La datte est pour toute la Barbarie un objet de commerce considérable. Chaque pied en fournit en moyenne 50 kilogr. : on les cueille un peu avant la maturité, 'et on les passe au four, ou on les sèche au soleil sur des nattes. C'est un aliment agréable, et en même temps une substance

stoinachiqiie et adoucissante. Les feuilles du dattier servent à faire des paniers, des cordages. On prépare le vin de palme ^en faisant fermenter la sève des espèces dont le fruit n'est pas comestible, par exemple celle du Phœnix sytvestris. Les dattes fcrmentces donnent aussi une liqueur spiritueuse dite le nectar des dattes. Le novau, pilé et ramolli dans l'eau bouillante, peut être donne en nourriture aux chevaux et aux chèvres. Le bois, enfin, sert aux constructions. Les meilleures dattes viennent de Tunis et d'Alger; il en vient aussi de Smyrne et d'Alexandrie : on doit les choisir nouvelles, grosses, charnues, pleines, fermes, se séparant facilement du noyau, d'une saveur douce, sucrée. Marseille est l'entrepôt de ce conuuerce.

Outre le Dattier commun, on remarque encore le D. arqué [P. declinata], du Cap, à fruits très petits, et le D. nain [P. pusilla), cultivé aux Indes.

DATURA (d'un mot arabe'.'), genre de la famille des Solanées, renferme des herbes et des arbrisseaux à feuille» simples, à fleurs grandes, de forme tubulée ou en cloche allongée, d'odeur le plus souvent vireuse, quelquefois suave. Ces plantes sont originaires de l'Amérique tropicale et de l Asie. L'espèce la plus connue est le D. stramoine [D. stramonium), vulg. Pomme épineuse. Herbe au diable ou aux sorciers, qui croît dans les lieux incultes de nos pays, les sables, les amas de décombres, etc., et dans les semences de laquelle Brandes avait cru. découvrir un alcaloïde particulier, la daturine; mais il a été reconnu depuis que cet alcaloïde est identique avec l'atropine que l'on retire de la belladone {Voy. belladone) : celte plante a toutes les propriétés vénéneuses et médicales de la belladone ; on l'emploie surtout en fumigations contre l'asthme. Le D. en arbre et le D. odorant, importés du Pérou et du Chili, sont cultivés dans les jardins : ce sont des arbrisseaux à belles et grandes fleurs blanches, dont l'odeur est agréable, mais qu'il serait danj^ereux d'aspirer longtemps. On recherche encore comme plante d'ornement le D. fastueux, d'Egypte, vulg. Trompette du jugement, à cause de la forme "de ses belles fleurs d'un blanc violacé.

DAUBE (de dauber, battre, meurtrir), mode de cuisson qui consiste à enfermer certaines viandes, avec les assaisonnements convenables, dans un vase soigneusement fermé, et à les soumettre à l'action prolongée d'une chaleur douce. Les viandes qu'on soumet ordinairement à ce mode de cuisson sont la noix de bœuf, le filet d'aloyau, le gigot de mouton, le carré de porc frais, les oies, les dindes, etc.

DAUBENTONIA (de Daubenton, naturaliste français), genre de la famille des Papilionacées, tribu des Lotées, composé d'arbrisseaux inermes, à feuilles imparipennées, à belles fleurs pourpres. Deux espèces de l'Amérique tropicale sont cultivées dans les jardins : le D. ptmicea et le D. tripetiana, qui paraît n'être qu'une variété du précédent.

DAUCUS, nom latin du genre carotte, a servi à former le mot Daucinées, tribu de la famille des Omljcllifères, qui a pour type le genre Daucus.

DAUPHIN (du gr. 8s)kOtv), Delphinus, genre de Mammifères, de l'ordre des Cétacés cétodontes, type de la section des Delphinidés, caractérisé par les denïs nombreuses qui garnissent ses mâchoires, un front Iximbé, un museau étroit et aminci en forme de l)ec, un seul évent sur le sommet de la tête. Les Dauphins ont le corps allongé, la peau nue, dépourvue de poils et reposant sur une couche de graisse huileuse. Ils sont vivipares, et leur chair est dure et indigeste. On trouve ces animaux dans toutes les mers ; quelques espèces même sont fluviatiles. Le D. vulgaire [D. aelphis]. Oie de Mer ou Bec d'Oie, est long de 2 m. env. Il suit les navires, semble lutter de vitesse avec eux, et étonne les passagers par la variété et l'agilité de ses mouvements. Les anciens ont raconté beaucoup lie fables sur cet animal : on a prétendu qu'ils recueillaient les naufragés et qu'ils étaient sensibles à la musique : c'est à l'un d'eux, selon la Fable, que le musicien Arion dut son salut. — Parmi les autres espèces, on remarque surtout le D. nésarnack ou Grand Dauphin (D. tursio), qui atteint jusqu'à 5 m. : il a moins de dents que l'espèce commune.

DAUPHIN (le), constellation Iwréalc, voisine de l'éciuatcur. On y trouve 1 étoile de 3= grandeur, 5 de 4', 4 de 5". L'ascension droite moyenne est de 20 h. 40 m., la déclinaison 15° : selon la FaWe, cette constellation est le Dauphin qui sauva Arion et qui fut transporté au ciel.

dauphïïîl;

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