‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 46 sur 1729 · ALLIAGE · texte numérisé non relu

ALLIAGE

l'cnfont y puise \e premier lait, le coloslrum ( Voy. ce mol), dont les propriétés légèrcmeul laxatives lui sont à ce moment nécessaires. Au lx)ul de deux jours, l'enfant doit être mis au sein toutes les deux heures dans la journée et une luis ou deux la nuit. Tant que l'enfant trouve au sein de sa mère une nourriture sullisantc, il est inutile de lui donner d'autres aliments; il faut surtout s'abstenir de nourriture solide avant les premières dents. Vers le 12» ou \h' mois arrive l'épocpic An sevrage [Voy. ce mot), qui est toujours lacile si l'enfant y a été graduellement préparé. — l'our l'.l. par une nourrice, voy. nourrice.

AUaitemrnl par une femelle de mammifère. Bien que le lait de jument et d'ànesse ait plus d'analogie avec le lail de la femme, on préfère la chèvre à cause de la facilité avec laquelle elle se laisse teter : il faut choisir nue chèvre liien conformée et sans cornes. Le lait de chèvre est actif et nourrissant; il convient aux enfants lymphatiques. Ce mode d'allaitement n'est du reste praticable qu'a la campagne.

AUaitemrnl mixte. L'allaitement artificiel, qui consiste à nourrir l'enfant avec du lait de chèvre ou de vache réclmulfé au Iwin-marie, ne doit être employé seul que s'il y a absolue nécessité; mais il peut être un précieux adjuvant de l'allaitement maternel, surtout dans les villes, où les femmes sont moins robustes et souvent distraites des devoirs de la maternité par le travail ou les plaisirs. Le sommeil étant très nécessaire à la mère nourrice, il faut (l>s le déinit habituer l'enfant à ne pas prendre le sein pendant la nuit. On y supplée avec le biberon [Voy. ce mot , dans lequel on met soit du lait de chèvre pur, soit du lait de vache coupé dans les premiers temps avec moitié d'eau lx)uillie. Il importe peu que le lait ainsi employé ne provienne pas toujours du même animal : il est même préférable, surtout pour le lait de vache, de se servir d'un mélange résultant de la traite de plusieurs bètcs. Mais il importe que ce lait soit exempt de germes (le bacille de la <liarrhée verte, etc.). Pour cela on doit stériliser, à l'aide de la chaleur, le lait et le biberon.

Les seins de la femme qui allaite doivent être soigneusement préservés du froid et lavés après chaque Ictée à l'eau boriquée tiède. D'autre part, certains enfants dorment beaucoup dans les premiers mois et tettent peu; il faut se délier de ce sommeil trop prolongé et souvent suivi d'un refroidissement funeste; il faut les réveiller et leur donner fréquemment le sein : on est sur que l'enfant tette, si l'on entend le bruit produit par la déglutition du lait dans sa bouche.

ALLA.IflANDA, Allamanda, genre de plantes Dicotylédones de la famille des Apocynées; 1'^. cathartica de la Guyane est un purgatif; une infusion de ses feuilles peut servir, dit-on, dans les empoisonnements par les sels de plomb.

ALLANITE. Voy. orthite.

ALLANTOIDE (du gr. àXXavTOE'.S-^,;, en forme de saucisse , organe important du fœtus, qui ne dure pas au delà du second mois de la vie inlra-utérine. C'est une sorte de sac partant de l'extrémité inférieure de l'embryon et émergeant par une ouverture qui en se rétrécissant plus tard constitue l'anneau de l'ombilic. A ce moment, l'allantoïde st' trouve divisée en 2 portions : la portion interne, (]ui devient la vessie urinaire ; la portion externe, qui est la véritable allantoi'de. Autour de ce sac rampent un grand nombre de veines et d'artères qui pénètrent avec lui dans l'embryon : ce tissu vasculairc en s'hypertrophiant constitue le placenta. L'intérieur contient un liquide roussàtrc dans lequel on a rencontré une matièrp particulière, Vallantoïne \C*lPAz'0"'), qui est neutre, cristallisable, insi-

fide, sans action sur les couleurs végétales et soluble dans eau bouillante. On l'obtient artifickllement par l'action du peroxyde de plomb sur l'acide urique.

Dans la classification zoologique, la présence ou l'absence de l'allantoïde sert à partager les Vertébrés en 2 sous-embranchements : les Mammifères, les Oiseaux et les Reptiles dune part [allantoïdiens] ; les Batraciens et les Poissons de l'autre anallanloïdieiis].

ALLA PALESTRINA, en Musique, sorte de contrepoint fugné, pour les voix seules. Voy. fcgce,

ALLÈGE [d'alléger), bâtiment de forme et de grandeur variables, dont la fonction est d'alléger les grands navires, en prenant une portion de leur chargement dans les fleuves ou jifès des côtes basses. On donne aussi ce nom à des bâtiments de transport, servant surtout à la navigation côtière.

En Architecture, on nomme allège un mur d'appui dans l'embrasure d'une fenêtre ; il est d'une épaisseur moimire que la fenêtre.

ALLÉGORIE (du gr. àWr^yopiai], figure qui dépeint à l'esprit un objet de manière à lui en faire concevoir un autre avec lequel il a des rapports. C'est une métaphore agrandie. Deux sortes d'allégories : l'une qui a l'étendue d'un poème, comme le Promélhée d'Eschyle, pli-.sieurs comédies d'Aristophane (les Oiseaux, IHulus], la l'syc/ié d'Apulée, le lioman de la Rose au moyen âge, le Fairy Queen de Spenscr, le Hudibras de Butler, les Moulons de M"" Deshoulières, les Allégories de J.-B. Rousseau Minerve, la Vérité, la Morosophie), etc., ou d'un morceau qu'on pourrait détacher, comme les Prières et la Ceinture de Vénus d' Homère, V Hercule de Prodieus entre le vice et la vertu: — l'autre, qui se réduit à un rapproc-hemeiit pour lequel quelques vers ou même quelques mots suffisent :

Sur les ailes du Temps la Tristesse s'envole. C'est à l'allégorie que l'on doit la plupart des apologues et des proverbes. Beaucoup de passages cle l'Ancien Testament ainsi que les Paraboles de l'Evangile peuvent aussi être classés parmi les allégories.

L'allégorie n'est pas moins familière à l'artiste (|u'au poète. Exemple, l'allégorie par laquelle Piudlion a représenté le Crime poursuivi par la justice et le Hemords. Chez les anciens, où beaucoup de divinités étaient allé^'oriques, les statues, les lias-relicfs, les vases peints, les pierres gravées, les camées, les mosaïques, représentent très souvent des allégories.

ALLEGRO, par abrév. ail", mot italien qui signifie gai, joyciur, mais qui, en Musique, n'indique que le degré de vitesse que l'on doit donner au mouvement d'un inoneau. Ce mouvement lient le milieu entre Vandanlino et le presto : il admet plusieurs modifications, que rendent les expressions allegro moderato, agitalo, vivacc, macstoso, etc. — L'Allégretto est un diminutif de l'allégro : il indicpie un mouvement un peu plus léger.

ALLÉLUIA (c.-à-d. en hébreu louez le Seigneur), cri d'acclamation, chant de joie ordinaire dans les jours de solennité et d'allégresse, qui a passé de la synagogue à l'église; il se fait surtout entendre dans le temps de Pà(jues. On ne chante pas l'alléluia aux offices des morts ni pendant le Carême. Ce chant, fort ancien dans l'Ejjlise grecque. (lui, elle, ne le supprime même pas aux l'uiiéraîlles,fut introduit dans l'Eglise latine par St Jérôme.

ALi.Éi.LiA, nom vulgaire de VOxalide blanche, qui llcuril vers Pàcpies. Voy. oxalide.

ALLEMANDE, ancienne danse, originaire d'Allemagne, en usage en France dès le commencement du xvi» siècle et très à la mode au siècle dernier. Elle était sur un air gai

à deux temps, écrit en mesures à 7 et j! vers la fin du

xviii° siècle on écrivit quelques allemandes a -> puis on

adopta la mesure à -• Le plus souvent les danseurs, partagés par couples, se suivaient. Son pas, toujours à trois mouvements, n'a jamais varié beaucoup, et dès le xvi» siècle on sautait le premier temps à la manière des valse* sauteuses dansées en Allemagne de nos jours, mais sur la reprise de la troisième partie seulement.

ALLEMONTITE, ai-seniure d'antimoine naturel (SbAs' , cristaux rhomlxiédriques ou masses grenues, d'un gi'is iiictallique, qu'on trouve à Allemont (Isère).

ALLEU ou Ai.EU. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

ALLEVARD (Isère), eau min. Voy. eaux mixérai.es.

ALLIAGE [d'allier), union d'un métal avec d'autres métaux. (}uand l'un des métaux constituants est du mercure, l'alliage porte le nom d'amalgame [Voy. ce mot). Peu de métaux s'emploient à l'état isolé ; mais en alliant deux ou plusieurs métaux, en diverses proportions, 011 peut faire varier leurs propriétés physiques d'une manière pour ainsi dire continue. Lorsque les métaux s'unissent entre eux, ils changent en etTet de propriétés : tantôt ils deviennent plus sonores, comme le cuivre allié à l'étain ; tantôt plus durs, comme l'argent ou l'or alliés au cuivre ; d'autres fois, l'alliage est plus fusible que les métaux composants, comme l'alliage dit de Darcet [Voy. ci-après). Les alliages ont é é considérés longtemps comme de simples mélanges, par la raison qu'on peut mêler les métaux fusibles en proportions quelconques ; mais on a recoiuiu depuis que beaucoup

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