‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 464 sur 1729 · DÉCLASSEMENT · texte numérisé non relu

DÉCLASSEMENT

DÉœRATION

diplumattque< accompagné du rappel des ambassadeurs, par lequel deus puissances souveraines se dénoncent l'état de guerre. Chez les Romains, cette déclaration se faisait par le ministère des féciaux, qui jetaient une javeline sur le territoire de i'eimemi en lui déclarant à haute voix la guerre. Au moyen âge, un héraut, dépêché au chef emiemi, jetait à ses pieds un gantelet en signe de défi. — Pour la D. des droits de l'homme et celle du clergé en 168"2. voy. le Dict. d Hist. et de Géogr.

DÉCLASSEMENT [de classe). C'est, en Droit administratif, l'opération qui consiste à faire sortir une chose du domaine public pour la faire rentrer dans le domaine privé : ainsi on déclasse une voie publique en la rendant à la propriété privée. Voy. aussi places fortes.

DÉCLIC ou DÉCLicQ. Voy. cliquet et «ourox.

DÉCLINAISON (du lat. declinalio). Dans les langues qui ont des cas [Voy. ce mot), conune le sanscrit, le grec, le latin, l'allemand, etc., décliner c'est faire passer par toutes leurs flexions casuelles les substantifs, adjectifs et pronoms dont la terminaison peut varier. — On appelle aussi déclinaison le tableau de ces diverses flexions.

1" En Physique, on appelle D. magnétique ou D. de [aiguille aimantée 1 angle que l'aiguille aimantée honzonlale fait avec la méridienne. La déclinaison est orientale quand le pôle austral de l'aiguille est à l'est de la méridieime, et occidentale quand il est à l'ouest. Il y a des lieux sur la terre où l'aiguille se dirige exactement suivant la méridienne : pour ces lieux, la déclinaison est nulle; il existe, d'un pôle è l'autre, au moins deux lignes sans déclinaison : ces lignes traversent les mers et les continents dans des directions sinueuses et irréguliores. La déclinaison d'un lieu varie avec le temps ; eu France, par exemple, la déclinaison était orientale avant llkiO; elle fut nulle à cette éuoque, puis elle de\int occidentale et augmenta jusqu'à 2'2^34' environ (1814'. Ensuite elle diminua peu à peu et continue à décroître de nos jours. La Ijoussole est en outre assujettie, dans sa décbuaison, à des variations diurnes. Vers 8 heures du matin elle se met en mouvement : sa déviation vers l'ouest est maximum vers 2 heures, elle rétrograde jusqu'à 10 heures et reste stationnaire pendant 1» nuit : la moyenne de l'écartement est d'environ K^. Il y a parfois des perturljalions accidentelles, dites orages magnétiques.

Christophe Colomb est le premier qui ait reconnu le phénomène de la déclinaison magnétique (1492) ; Calwt, de Venise, l'observa également vers 1500. Les premières tables de déclinaison furent dressées en 1599 par les navigateurs liollaiidais; enfin, le changement de la déclinaison dans le même lieu fut découvert en 1622 par Gunter. Les variations diurnes furent observées pour la première fois par Graham. en 1722. Gaussa imagine un appareil, dit déclinomètre, qui mesure avec beaucoup de précision la déclinaisf)n magnétique. — Voy. boussole.

En Astronomie, on appelle déclinaison d'un astre la distance de cet astre à l'équateur céleste, mesurée sur l'arc du grand cercle qui passe par l'astre et par les pôles de la sphère. Elle est, par rapport aux corps célestes, ce que la lalilude est par rapport aux lieux terrestres. La déclinaison est boréale ou australe, suivant que l'astre se trouve dans l'hémisphère boréal ou dans l'hémisphère austral. La déclinaison est le complément de la distance polaire nord. Les cercles de déclinaison sont tous les grands cercles de la sphère qui peuvent passer par les pôles du monde, et sur lesquels la déclinaison est mesurée. Les -parallèles de déclinaison sont des petits cercles de la sphère, parallèles i l'équateur. — Voy. ascension.

DECLINANT. En Astronomie, on ajipelle nlan vertical déclinant un plan vertical faisant un angle quelconque avec le méridien. — Un cadran vertical déclinant est celui dont la table coïncide avecim plan vertical déclinant.

DÉCLINATEUR ou déclixatoire (de décliner), instrument à l'aide duquel on détermine l'orientation des plans sur lesquels on veut tracer des cadrans solaires. C'est une sorte de boussole à boîte rectangulaire dont on applique un côté contre le mur dont on veut obtenir l'orientalion. De la |x)sition de l'aiguille on conclut aisément l'angle de ce mur avec le méridien. — Le déclinateur pourvu d'une lunette constitue la boussole d'arpenteur.

DÉCLINATOIRE (Droit'. Voy. exception.

DÉCLINÉ, se dit. en Botaninue. des étamines et du style, quaiul ils se jMjrtent vers la partie inférieure de la fleur (capucine, marroimier). On l'oppose a ascendant.

DÉCOCTION (du lat. decoctid), opération pharmaceuTique qui consiste à faire bouillir plus ou moins longtemps dans un liquide des substances médicamenteuses dont on veut extraire les principes solubles. On donne aussi le nom de décoction au produit de cette opération.

Décoction blanche de Sydenkam, boisson employée contre la dvsenterie et la diarrhée, et qui se prépare avec de la mie de pain, de la gomme arabique, de la corne de cerf calcinée ou du phosphate tricalcique, du sirop de sucre et de l'eau de fleur d'oranger.

DÉCOLLATION (du lat. decoUatio). Ce mot, qui est synonvme de décapitation, désigne pârticubèrement l'action 3e couper le cou avec im instrument tranchant, comme le glaive ou la hache. Il ne s'emploie plus guère que pour désigner le supplice de St Jean-Baptiste. Voy. décapitation.

DÉCOLORATION (du lat. decoloratio), opération qui a pour objet d'enlever la couleur aux substances végétales et animales. Pour les liquides, cette opération s'effectue en général : 1° par le charbon animal ( Voy. charbon) ; — 2° par le chlore ou les chlorures décolorants [Voy. ce mot). Le chlore ou l'acide hypochloreux agissent comme oxydants en présence de l'eau : ils détruisent donc conune l'oxygène les matières colorantes en les transformant en une" substance brune facile à enlever par les alcalis contenus dans le savon. Ce dernier procédé ne peut être employé que lorsque Tonne craint pas d'altérer la substance. Il ne peut donc pas être employé pour les matières animales, comme la laine, la soie, etc., que le chlore détruit. L'acide sulfureux et plusieurs autres corps possèdent également des propriétés décolorantes. — Pour la décoloration des solides, Voy. blanchiment et décreusage.

DÉCOMPOSÉ, se dit, en Botanique, des figes qui se divisent dès la liase en une foule de ramifications, comme l'ajonc.

DÉCOMPOSITION. En Chimie, on appelle ainsi la séparation des parties constituantes d'un corps, soit en ses éléments, soit en un mélange de nouveaux composés. La décomposition est le contraire de la combinaison ; elle est endothermique ou exothermique, suivant que la combinaison inverse est exothermique ou endothermique. La décomposition d'un corps par la chaleur peut être incomplète dans des conditions données de température; elle porte alors le nom de dissociation. Voy. ce mot.

En Mécanique, la décmnjwsition des forces est la substitution à une seule force de plusieurs forces dont l'ensemble produirait le même effet.

DÉCOMPRESSION. Voy. cojipression.

DÉCONFITURE (de l'anc. ital. sconfittura), état d'un débiteur non commerçant qui se trouve insolvable : la déconfiture est, pour celui qui n'est pas commerçant, ce qu'est la faillite pour le commerçant. Mais les règles concernant les faillis ne s'appliquent pas aux déconfits : ils restent dans le droit commun, et les créanciers ne peuvent agir contre eux que par les voies ordinaires (C. civ., art. 1188. 1276, 1446, 1615, 1865, 2003 et 2052).

DÉCORATEUR, nom donné en général à tous les architectes, peintres, sculpteurs, tapissiers, ornemanistes, etc., 3 ni se chargent de la direction et de la confection des ecors pour les théâtres, les fêles et cérémonies publiques, les pompes funèbres, etc. ; de l'ameublement et de l'onicmcntation d'une salle de bal, d'un appartement, d'un édifice, etc. — L'usage des décorations théâtrales était connu des anciens. Perdu au moyen âge, cet art fut restauré au XV siècle par l'Italien Bàlth. Peruzzi. De nos jours un grand nombre de véritables artistes, tels que Ciceri, Des-

Sléchin, Chérct, Rubé Chaperon, Camlxm, etc., n'ont pas édaigné de se consacrer jiresque exclusivement à l'art de la décoration. Les maquettes des décors intéressants s<int conservées aux archives du Tliéàlre-Français et de l'Opéra pour ces doux théâtres.

DÉCORATION. Il faut distinguer entre la décoration fixe, tenant à la structure même (le l'édifice, et la décoration mobile ou temporaire. Pour la première, voy. les articles

architecture, sculpture, statuaire, ornement, CÉRAJnQrE,

MOSAÏQUE, etc. La décoration mobile ou temporaire est de l'usage le plus ancien. Les temples païens étaient ornés à l'occasion des fêtes de tentures, de fleurs, de feuillages. Cet usage s'est perpétué jusqu'à nos jours, et a même pris une extension considérable, aussi bien pour les édifices publics que pour les domiciles particuliers. 11 y a lieu de remarquer que trop souvent le désir de faire montre de luxe fait oublier que le premier soin du décorateur devrait

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