DÉGRADATION
For l'époux sur son épouse ainsi que sur son complice, à instant uù il les surprend en flagrant délit dans la m.iison conjugule. — Pour les peuples, le droit de légitime défense constitue le droit de guerre. Vojj. ce mot.
uÉFK.NSEs. En Zoologie, ce mot désigne spécialement les <lcnts saillantes de certains animaux, tels que l'éléphant, le sanglier, le moree.
DÉFENSES d'un bâtiment, d'un canot, se dit de coussins •en bois ou en toile à voile bourrés d'étoupe qu'on met le long des flancs d'un bâtiment pour éviter qu'ils ne soient ripes par les quais d'un port ou les flancs d'un autre bâtiment.
DÉFENSEUR, synonyme A' Avocat (Voy. avocat et oifessk). — Pendant la Révolution, le nom d'avocat avait été remplacé par celui de défenseur officieux.
DÉFÉRENT (du lat. déferre, porter cle haut en Iws). Pour expliquer les stations et les rétrogradations observées <lans le mouvement apparent des planètes, les anciens astronomes supposaient que ces astres parcouraient des circonférences appelées épicycles, dont les centres se déplaçaient eux-mêmes suivant la circonférence de cercles excentriques à la terre, et qu'ils appelaient déférents. — Kepler a démontré que les planètes décrivent îles ellipses dont le soleil occupe un foyer, et la complication apparente que présente ce mouvement à l'observateur qui le voit de la terre tient à ce que la terre elle-même se déplace autour du soleil, en sorte que le point de vue change à chaque instant.
DÉFERLER [de l'anglais to furl, même sign.), se dit, «n Marine : 1° de l'action de déployer une voile [Voy. feuler] ; 2° de la mer qui, rencontrant un écueil ou un obstacle quelconque, se brise avec bruit et s'étend en nappe écumante.
DÉFETS (du lat. defectus, défaut), feuilles dépareillées d'un ouvrage, dont on ne peut former d'exemplaire complet mais que l'on conserve pour remplacer au besoin les feuilles tachées ou perdues.
DÉFI. Voy. CARTEL.
DÉFICIENT (du lat. rfe/îcere, manquer) . En Arithmétique, on appelle déficient tout nombre dont les parties aliquotes ajoutées ensemble font une somme plus grande que le nombre lui-même.
DÉFICIT (mot latin qui signifie : il manque], se dit particulièrement en parlant des dépenses annuelles de l'Etat ou d'un comptable, lorsque les recettes ne font pas face aux dépenses : il exprime ce qui manque pour égaler la recelte à la dépense.
DÉFILER, en Art militaire, signifie disposer les crêtes d'un ouvrage ou le parapet d'une tranchée de façon soit à en dérober l'intérieur aux vues de l'ennemi, soit à protéger les défenseurs contre les projectiles, dans une certame limite.
DÉFINITION fdu lat. definitio). En Logique, c'est une pro|K)silion qui (létermine le sons d'un mot ou la nature <rune chose : dans le premier cas, elle est dite D. nominale; <lans le second, D. réelle. Pour être Iwnne, il faut qu'une définition soit : 1° claire, c.-à-d. qu'elle n'emploie <jue des termes dont le sens soit connu et précis; 2" universelle al propre, c.-k<\. quelle convienne à tout le défini «t seulement au défini; 5" réciproque, c.-à-d. que l'on puisse, sans changer le sens, mettre 1 attribut à la place du sujet ; p. ex. : un triangle est un polygone de trois côtés ; ou : un polygone de trois côtés est un triangle. Le plus souvent on définit par le genre prochain et la différence spécifique, c.-à-d. en indiquant le genre immédiatement supérieur dans lequel est contenue l'espèce qu'on définit, et le caractère propre qui distingue cette espèce de toutes les autres: ex. : l homme est un animal (genre) raisonnable (dîlférence spécifique). Il en résulte qu'on ne peut définir l'individu, comme Socrate, ni le genre le plus élevé, comme être, ni l'idée simple, comme couleur. La définition d'une chose doit être fondée sur l'analyse de ses caractères constitutifs. Au contraire, la définition d'un mot, en Géométrie par exemple, n'exprime (ju'une conception formée par notre esprit. — Consulter la Logique d'Aristote, la Logique de Port-Royal et la Logique de Kant. Voy. Rabier, Leçons de philosophie, t. II, Logique; L. Liard, les Définitions empiriques et les définitions mathématiques.
En Rhétorique, la définition est un lieu commun intrinsèque. L'orateur trouve dans la nature même de la chose dont il parle uue raison pour persuader ce qu'il en
dit : « Celui qui règne dans les cieux et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l'indépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plait, de grandes et de terribles leçons. » (Rossuet.)
DÉFLAQRATEUR (de déflagration], pile voltaïque à grande surface, employée pour obtenir des effets calorifiques intenses: abandonnée auj.
DÉFLAGRATION (du lat. deflagratio), nom donné, en Chimie, à la combustion rapide accompagnée d'une flamme vive et d'une grande chaleur. Les cidoratcs, les nitrates, la poudre à canon et la poudre fulminante brûlent avec déflagration.
DEFONCEMENT (de défoncer), opération d'Agriculture
aui consiste à creuser le sol à un mètre ou plus de profoneur, soit pour y mettre du fumier ou de la terre nouvelle, soit uniquement pour la mêler et la retounier. On défonce avec la bêche ou avec une défonceuse, espèce de charrue sans versoir. — En Sylviculture, on est souvent obligé de recourir au défoncement, quand on veut opérer des défrichements ou préparer le sol pour semer de nouveaux plants.
DÉFONCEUSE. Voy. charrce et défoncement.
DÉFRICHEMENT (de défricher), opération d'Agriculture par laquelle on convertit un terrain inculte ou marécageux, ou chargé de bois, de broussailles, etc., en terres lalx)urables, vignes, prairies, etc. Le défrichement a lieu ordinairement au printemns : il se fait à la main ou à la charrue, et compreno un grand nombre d'opérations [Voy. défoncement, dessèchement, kcodvage, etc.). — Dans le Langage forestier, ce mot s'entend spécialement de la conversion d'une forêt en pâturage ou en terre de lalx)ur. Le défrichement, assujetti par une ordonn. de lt}69 à l'autorisation de l'Etat, avait été rendu complètement libre par la loi du 29 sept. 1791. Il en résulta bientôt des elfets désastreux, la dénudation du sol, la formation de torrents, la dévastation des vallées. Les lois des 9 floréal an xi (1803), 31 juillet 1827 et 18 juin 1859 ont replacé les défrichemenls sous la surveillance de l'Etat.
DÉGAGEMENT. Voy. mont-de-piété.
DÉGÉNÉRESCENCE, se dit, en Pathologie, de toute altération d'où résulte la transformation du tissu d'un organe en tissu morbide : telle est, p. ex., la dégénérescence cancéreuse. Les tissus morbides peuvent eux-mêmes suliir certaines dégénérescences [D. graisseuse, colloïde, etc.).
DÉGLUTITION (du lat. deglutitio), fonction physiologique qui consiste à faire passer les aliments de la Ijouclie dans l'estomac. La langue en s'appliquant contre la voûte du palais chasse en arrière l'aliment trituré; le voile du
râlais repoussé vient fermer l'orifice des fosses nasales: obturation de cet orifice est complétée par le haut du tulie digestif ou pharynx qui remonte, en vertu d'un mouvement péristakique, au-devant du lx)l alimentaire, le saisit, et, par la contraction de ses fibres circulaires, l'oblige à progresser. La masse alimentaire passe devant l'orifice des voies respiratoires ou glotte, qui se trouve protégée contre l'introduclion de ces matières par une valvule ou languette, l'épiglolte. Il y a certains cas où, mr suite d'un mouvement nrusque, les aliments passent dans les voies respiratoires : c'est ce qui arrive lorsque l'on avale de travers. L'homme ne peut donc avaler et respirer à la fois : il en est de même de la plupart des autres Mammifères. Les Cétacés peuvent faire ces deux choses simultanément. Chez les Serpents qui avalent des animaux tout cntiei-s, la déglutition est puissante : les dents étant inclinées d'avant en arrière, I aliment une fois saisi est forcé d'avancer passivement indépendanunent de toute action musculaire spéciale.
DÉGOÛT, manque d'appétit. Voy. appétit.
DÉGRADATION (de dégrader], privation forcée, et le plus souvent infamante, d'un grade, d'une dignité. A Rome, on dégradait les vestales en leur arrachant les bandelettes sacrées et le costume de prêtresse; la dégradation des prêtres s'appelait exauguration . On dégradait cpielquefois des corps entiers, et le plus souvent avec un appareil ignominieux. — Au moyen âge, on dégradait le chevalier félon : le coupable était placé sur un échafaud : on brisait son blason et ses insignes : on lui arrachait son armure ; un héraut le proclamait traître, vilain et déloyal ; enfin on le couvrait d'un drap noir, et on disait sur lui l'office des morts. — Auj. on distingue la D. civique et la D. militaire.