DÉHISCENCE
La dégradation civique est une peine infamante, tantôt accessoire et tantôt principale, q^ui consiste : 1° dans l'exclusion des condamnés de toutes fonctions, emplois ou ollices publics ; 2" dans la privation du droit de vote, d'éligibilité, et de tous les droits civiques et politiques ; 3° dans l'incapacité d'être juré, expert ou témoin; 4° dans l'incapacité de faire partie d'aucun conseil de famille, et d'être tuteur ou curateur, si ce n'est de ses propres enfants et sur l'avis conforme de la famille ; 5° dans la privation du droit de port d'armes, du droit de faire partie de l'armée, de tenir école ou d'enseigner (C. pén., art. 54-36).
La dégradation militaire est tantôt une peine disciplinaire qui se prononce dans l'intérieur du corps et seulement contre les sous-officiers et soldats, et tantôt une peine infamante, prononcée par les conseils de guerre : cette dernière peine est infligée au coupable en face de la troupe : celui qui en est flétri est incapable de reprendre du service.
Dégradation de la Légion d'honneur. Aucune peine infamante ne peut être exécutée contre un membre de la Légion d'honneur qu'il n'ait été préalablement dégradé. Le président du tribunal qui le condamne doit prononcer, après la lecture du jugement, la formule suivante : a Vous avez manqué à l'honneur ; je déclare, au nom de la Légion, que vous avez cessé d'en être membre » (Arrêté du '24 ventôse an xii, art. 5 et 6).
Dégradation des monuments publics. Aux termes de l'art. '257 du Code pénal, elle est punie d'un emprisonnement de 1 mois à '2 ans et d'une amende de 100 à 500 fr.
DÉGRADATION, se dit, en Physique, de la diminution progressive de la lumière et des couleurs, et, en Peinture, de certains ménagements donnés aux teintes d'ombre et de lumière, suivant les plans et les degrés d'cloignemcnt.
DÉGRAISSAGE (de dégraisser), opération qui consiste à enlever toute espèce de tache sur une étoffe quelcontiue sans en altérer le blanc ou la teinture. Le leinturierdégraisseur nettoie, blanchit, reteint et met à neuf les étolfes salies ou altérées par l'usage. — On fait disparaître, sur les étoffes, les taches de tabac, d'herbes, de bière, de cidre, de poiré, de framboises, de fraises, de cerises, de groseilles, à l'aide d'un simple lavage à l'eau et au savon. — Les taches récentes produites par des acides minéraux s'enlèvent avec de l'ammoniaque étendue d'eau, toutefois les taches jaunes faites avec 1 acide azotique résistent à ce traitement. — Pour enlever les taches de liqueurs, on imbibe la tache avec de l'eau pure, et l'on frotte légèrement ; si la tache et si la couleur de l'étoffe le permettent, on a recours à l'acide chlorhydrique ou citrique, et à l'ammoniaque pour neutraliser ; sur des tissus blancs, on emploie l'eau de savon et le gaz acide sulfureux. — Le café et le chocolat préparés au lait forment des taches très apparentes, mais faciles à enlever : le lavage à l'eau d'abord, et ensuite au savon, suffit pour les détruire : si l'on craint dallecter les couleurs, on se sert du jaune d'œuf délayé dans un peu d'eau chaude. — Lorsque les taches d'encre sont récentes, on les lave à l'eau de savon, afin de séparer les substances végétales; on enlève ensuite l'oxyde de fer avec de l'acide sulfurique ou chlorhydrique très étendu; pour les étoffes blanches de lin ou de coton, on emploie le sel (l'oseille, en exposant la partie tachée à la vapeur d'eau bouillante. — On fait disparaître sur les étoffes non colorées les taches de rouille au moyen du sel d'oseille ou de la crème de tartre. — Pour enlever les taches de camlwuis, d'huile ou de graisse, de vernis, de peinture, de goudron, on les imi)ibc avec de l'essence de térébenthine, de l'alcool ou de l'éther, en frottant légèrement avec une éponge; puis on couvre les parties tachées avec de la cendre tamisée ou de la terre de pipe en poudre ; après quelque temps, on enlève la terre absorliante. et l'on brosse bien la place. Les dégraisseurs emploient aussi le fiel de bœuf pour enlever sur les étolfes de laine les taches de graisse peu résistantes. — Les taches de boue que l'eau n enlève pas suffisamment disparaissent très bien si l'on frotte l'étotfe avec un jaune d'œuf, et que l'on rince ensuite ; si néanmoins la tache résiste, on étend dessus de la crème de tartre en poudre et légèrement humide.
pÉGRAS (du préf. de et de grasj, mélange d'huile de
poisson et d'acide azotique, dont se servent les chamoiseurs
pour passer les peaux, en chamois, et les corroycurs pour
! passer les cuirs en blanc, et les rendre souples e* impei-
1 inéahles. — Se dit encore, en termes de Boucherie, de
toutes les graisses animales qui sont jetées au foudoir, et
qui ne peuvent entrer directement dans la consommation.
DEGRÉ (du lat. gradus). En Géométrie, c'est la 360* partie de la circonférence d'un cercle, suivant la division sexagésimale. Le degré (") se subdivise en 60 parties ou minutes ('), la minute en 60 secondes ("), la seconde en 60 tierces ('"), etc. Un des moyens employés pour évaluer les angles consiste à donner le nombre de degrés, minutes, seconues, qu'embrasse l'arc décrit de leur sommet comme centre et compris entre leurs côtés [Voy. rapporteur). — En Astronomie, les coordonnées angulaires des astres, de même que les longitudes et latitudes terrestres, s'expriment en degrés, minutes, secondes.
Des mesures géodésiqucs effectuées par Bouguer, La Condaminc, Maupertuis, Glairaut, Picard et plus récemment par Delambre et Méchain, il résulte que la longueur d'un degré du méridien terrestre est, au Pérou, de 56 750 toises; en France, de 57 060 t. ; en Laponie, de 57 422 t. C'est de ces mesures qu'on a pu conclure : d'abord que la terre est aplatie aux pôles; puis que la longueur du quart du méridien terrestre est de 5130 740 toises, longueur dont la dix-millionième partie représente le mètre. Voy. ce mot.
DEGRÉ, en Arithmétique et en Algèbre. Quand on considère un produit dont tous les facteurs sont égaux à un certain nombre, ce produit est dit une puissance de ce nombre ; le nombre de facteurs est le degré ou l'exposant de cette puissance ; ainsi 7x7x7x7 est la quatrième puissance de 7 ; on l'écrit 7* ; 4 est l'exposant ou le degré. Dans un monôme [Voy. ce mot), le degré est la somme des exposants des variables ; celles qui sont écrites sans exposant doivent être regardées coinme ayant l'exposant \ ; dans un polynôme, le degré est le degré de celui des monômes qui a le degré le plus élevé. De même, dans une équation entière à une ou plusieurs inconnues : le premier membre est un polynôme dont les inconnues doivent être regardées comme les variables. Le degré d'une courbe algébrique plane est le degré de l'équation entière en x, y qui la représente en coordonnées cartésiennes.
En Physique, on appelle degrés les divisions des thermomètres, des aréomètres, etc.
Dans les Universités, on nomme degrés les titres de bachelier, licencié et docteur, que les étudiants obtiennent successivement dans les diverses Facultés après les temps d'étude et les examens prescrits.
En Musique, on appelle degré chacune des divisions de l'échelle diatomique. Il y a donc 7 degrés dans la gamme. L'ordre des degrés s'énumère toujours de bas en haut. Chaque degré a une dénomination particulière. Le \" s'appelle tonique, le 2° sus-tonique (ou sous-médiante), le ù' médiante, le 4* sous-ilominante, le 5" dominante, le 6° sus-dominante et le 7° note sensible. — On appelle degrés conjoints ceux qui sont placés à une distance d'un ton ou d'un demi-ton.
Pour les divers degrés de juridiction, de noblesse, de parenté, voy. jcridictiox, noblesse, parenté.
Pour les degrés de comparaison, voy. comparaison.
DÉGRÈVEMENT (de dégrever). Quand im contribuable a été imposé à tort ou surtaxé, il peut demander le dégrèvement : cette demande se porte devant le conseil de préfecture.
DÉGUERPISSEMENT (de déguerpir, de l'allemand werfen, jeter, faire sortir). C'était, dans l'anc. Droit, l'acte par une personne d'abandonner un fonds dont elle s'était mise indûment en possession, ou dont elle ne pouvait payer le prix après l'avoir régulièrement acquis. Plus spécialement, c'était l'acte par lec^uel le détenteur d'un immeuble grevé d'une charge foncière en abandonnait la possession pour se soustraire aux charges qui pesaient sur lui.
DÉGUISEMENT. Voy. mascarahe.
DÉGUSTATION (du lat. degustatio). Dans le commerce des comestibles, surtout dans celui des boissons, on a recours à des dégustateurs assermentés pour constater la qualité des marchandises. On nomme piqueurs-gourtnets ceux qui dégustent les vins et les eaux-de-vie. Ils formaient autrefois une confrérie; auj. ils ont à Paris un syndicat. L'art. 1587 du C. civ. porte qu'il n'y a point de vente de ces liquides tant que l'acheteur ne les a pas goûtés.
DÉHISCENCE (du lat. dehiscere], se dit, en Botanique, de l'action par laquelle les valves d'un organe quelconque (anthère, péricarpe, etc.) se séparent d'elles-mêmes à la maturité par dessiccation. La déhiscence du fruit est due à l'action de deux assises de libres dont les grands axes sont perpendiculaires, et qui se comportent comme deux copeaux
DI^ICIDE