‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 473 sur 1729 · DENT · texte numérisé non relu

DENT

chncunc des parties de fin contenue dans une quantité d'ar{>:(>nt r|uelconque, qu'on supposait alors divisée en 12 parties égales.

Le mot denier s'employait encore : i" pour exprimer le taux de l'intérêt de l'argent : ainsi, prêter au denier vingt, c'était recevoir un denier d'intérêt pour 20 deniers de capital prêtés; prêter au denier dix, au denier huit, c'était recevoir un denier pour 10, pour X deniers prêtés; le denier vingt représente 5 pt)ur 100; — '2" pour désigner certaines sommes prélevées comme taxes, impôts, droits de tout genre, telles que le centième denier, les deniers d'octroi, les deniers royattx, le denier de César (contribution nui obligeait chaque chef de l'amille à payer à l'empereur 3 deniers par an) ; le denier de Si Pierre, ou romescot (imposition établie pour la 1" fois en Angleterre en 740, pour être remise au pape comme oll'rande ou comme redevance, et depuis inlroiluile en France, en Allemagne, etc.).

Dans les Comptes, le fort denier est la fraction qu'on ne peut payer elfectivement qu'avec une pièce de monnaie plus forte, et qui profile à celui qui reçoit : ainsi 99 centimes ne peuvent se payer qu'avec 1 franc; le centime d'excédent forme ici ce qu'on appelle le fort denier.

Denier à Dieu. Celait autrefois une légère contribution qui se payait sur tous les marches ou engagemenls, pour être employée à quelque acte pieux et surtout au soulagement des pauvres. Plus tard, on préleva une partie de cette taxe pour les réparations des ponts et des chaussées.

— Auj. on entend par denier à Dieu la pièce de monnaie qu'il est d'usage de donner au concierge d'une maison lorsqu'on loue, ainsi qu'au domestique qu'on veut arrêter : cette pièce tient lieu de contrat entre les parties, et, passé le délai de 24 heures, l'engagement dont elle est le signe devient définitif. La quotité du denier à Dieu varie selon rimportance des locations. Voy. arrhes.

DÉNIZATION (lettres de). On appelle ainsi en Angleterre des lettres royales en vertu aesquelles un denizen, ou étranger, qui veut résider en Angleterre, obtient le premier degré de naturalisation. Par ces lettres l'étranger est admis à la jouissance des droits civils, sauf celui de succession; elles permettent à un ecclésiastique étranger de posséder des bénéfices en Angleterre. La dénization ne fait ))as perdre la qualité de Français.

DÉNOMBREMENT. Voy. recensement.

DÉNOMBRKMEÎiT (cU Droit féodal). Voy. AVEC. BÉX0MHRE41ENT IMPARFAIT, SOphisme. Voy. ÉNUMÉRATIOÎl.

DÉNOMINATEUR (du lat.(/eno;/i2»are, dénommer), celui des deux termes d'une fraction qui indique en combien de parties égales l'unité a été partagée. Voy. fraction.

DÉNONCIATION (du lat. denuntiatio], nom donné, en Droit criminel, à la révélation qu'on fait spontanément à la justice d'un crime ou d'un délit, dans un but d'intérêt pupille ; il faut se garder de confondre dénonciation et délation [Voy. ce mot). D'après la loi, quiconque a été témoin d'un attentat contre la sûreté publique, contre la vie ou la propriété d'un individu, est tenu a'en donner avis surle-champ aju procureur de la république ou à ses auxiliaires, tels que juges de paix,- commissaires de police, officiers de gendarmerie, etc. (C. d'Instr. crim., art. 30).

— Dans le cas de dénonciation calomnieuse faite par écrit, l'accusé acquitté peut obtenir des dommages-intérêts contre ses dénonciateurs (C. pén., art. 573).

En Procédure civile, la Dénonciation est la signification faite à quelqu'un de certaines procédures dans lesquelles il n'est pas partie. — En Droit civil, on entend par D. de nouvel œuvre la sommation faite par une personne à son voisin d'avoir à discontinuer certains travaux entrepris par lui sur son fonds.

DÉNOÛMENT (de dénouer), se dit, en Littérature, de l'événement auquel aboutit et par lequel se résout une intrigue épimie ou dramatique. Les funérailles d'Hector tué par Achille font le dénoûment de VIliade ; la mort de Turnus, celui de VEnéide. Au théâtre, le dénoûment doit être amené avec plus d'art, car c'est de lui surtout que dépend le succès d'une pièce. Il aura d'autant plus d'intérêt qu'il sera préparé par la suite des incidents qui constituent l'intrigue et qu'il résultera des caractères prêtés aux personnages. Le merveilleux [Deus ex machina), dont les anciens ont fait un fréquent usage [Philoctète de Sophocle, Iphigénie en Aulide d'Euripide, etc.), n'exige aucun art. Quant à la reconnaissance, c'est un moyen facile d'amener le dénoûment dans les comédies et les

romans ; mais l'abus qu'on en a fait l'a rendu trop commun.

Voy. CATASTROPHE, l'ÉllIPÉTlE.

DENRÉE (du vieux mol denerée ou rfcnier^c,c.-à-d. chose acquise moyennant denier ou argent), nom donné à toutes les productions de la terre et en général aux marchandises

Ïui entrent dans la consommation. — On entend par enrées coloniales le cafi';, le sucre de canne, le cacao, le Foivre, le gingembre, les confitures des îles, le coton, indigo, et autres productions qui proviennent exclusivement des colonies.

DENSIMÈTRE [lie dense), l'oy. are'omètre.

DENSITÉ (du lat. densus, dense). On confond sous ce nom des quantités diflérentes : 1° la densité absolue ou mieux masse spécifique [Voy. masse), qui est la masse de l'unité de volume ; 2° le poids spécifique ou poids de l'unité de volume ; 3» la densité relative, qui est le rapport de la masse spécifique ou du poids spécifique d'un corps à celui d'un autre corps pris comme unité [ce dernier est l'eau à 4" pour les solides et les liquides ; l'air, dans les mêmes conditions de température et de pression, pour les gaz]. Puisque le gramme est le poids d'un centimètre cube d'eau à 4°, la densité par rapport à l'eau et le poids spécifique sont donnés par le même nombre, le volume elant exprimé en centimètres cubes et le poids en grammes. On a le poids d'un corps solide ou liquide en multipliant son volume par sa densité.

La densité des liquides et des solides se détermine à l'aide du flacon, des aréomètres ou de la balance hydrostatique. Le premier procédé est le plus simple.

S'il s'agit d'un li(|uide, on pèse un flacon vide, puis plein du liquide ; la dilference de ces deux poids est le poias du liquide ; on pèse en remplaçant le liquide par de feau, ce qui fait connaître le poids de cette eau. En divisant le poids du liquide par celui de l'eau, on a la densité. — Pour obtenir la densité d'un corps solide au moyen du flacon, on prend d'abord le poids du corps dans l'air et le poids du flacon plein d'eau ; puis on introduit le corps dans le flacon, d'où il fait sortir un volume d'eau égal au sien ; enfin, on pèse de nouveau le flacon contenant le corps. On trouve ainsi le poids du volume d'eau déplacé. En divisant le poids du corps par le poids de l'eau sortie du flacon, on obtient la densité chercnée (Voy. aussi aréomètre et balance hydrostatique).

Pour prendre la densité des gaz, on pèse successivement un ballon vide, puis plein d'air, et enfin plein de gaz. On remplit le ballon, d'après Renault, à 0°; le calcul permet de ramener le poids à ce qu'il serait si la pression du gaz était la même que celle de l'air. L'influence de la poussée de l'air sur le ballon ( Voy. baroscope) se compense par un second ballon égal employé comme tare. — Pour avoir le poids spécifique d'un gaz, il suffit de connaître sa densité relative à l'air et le poids spécifique de l'air. Regnault a trouvé qu'un litre d'air pèse l8',293 àO^età la pression de 760°"". On calcule à l'aide des lois de Mariotle et de Gay-Lussac ( Voy. dilatation) le poids du litre d'air dans des conditions données. En multipliant ce nombre par la densité du gaz, on obtient le poids du litre du gaz, c.-à-d. son poids spécifique. Ainsi l'hydrogène est le moins dense de tous les corps ; sa densité relative à l'air est 0,069; dans les circonstances normales, un litre d'hydrogène pèse 0,069x1.293= 0«%089. — Pour la densité des vapeurs, Voy. vapecb.

densité électrique. On appelle ainsi le quotient — de la

quantité m d'électricité qui se trouve sur une surface s d'un conducteur par cette surface. La densité magnétique a la même définition en remplaçant électricité par magnétisme. — Densité d'un courant. La densité en un point d'un conducteur est le quotient de l'intensité par la section du fil. Elle représente la quantité d'électricité qui passe par chaque unité de surface.

DENT (du lat. dens). Les dents, organes de la mastication ou trituration des aliments, sont des pièces dures qui garnissent le bord de chaque mâchoire. On distingue dans une dent humaine trois parties : la racine, implantée dans Valvéole, cavité de l'os maxillaire; le col ou co//c<, qui est en dehors de l'alvéole, mais recouvert par la gencive; la couronne, qui fait saillie au-dessus de la gencive. — La dent n'est pas un os ; sa matière se compose d'une substance excessivement dure, Vémail, recouvrant et protégeant à la manière d'une écorce une substance sousjacente, Vivoire ou dentine, moins compacte et qui con-

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