‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 474 sur 1729 · DENTISTE · texte numérisé non relu

DENTISTE

stitue la mnsse do la dent. Cet ivoire est creuse d'une cavité qui s'ouvre par un trou au sommet ilo chaque racine. — Les dents, constamment actives, s'usent constamment et elles ont besoin d'être entretenues et réparées par la nutrition : ce ne sont donc pas des parties mortes, ce sont des parties essentiellement vivantes, quoique la vie y soit un peu confuse. Les dents artificielles, même les plus dures, sont usées en quelques années : chez les vieillards, la nutrition perdant de son activité, les dents s'usent plus ou moins rapidement. — La nutrition de la dent se fait au moyen d'une masse, pulpe ou bulbe dentaire, riche en vaisseaux et en nerfs, logée dans la cavité de l'ivoire et communiquant par les trous des racines avec la muqueuse environnante. — Lorsque les trous dont nons parions restent largement ouverts, la croissance de la dent est rapide et continue jusqu'à la mort de l'animal, c'est ce qui arrive chez les Rongeurs, chez les Eléphants et les Morses. Chez le Lièvre, le Lapin, le Rat, ce fait a une conséquence singulière : si l'animal se brise une des dents de devant, il est condamné à mourir de faim ; car la dent opposée se recourbe peu à peu dans la Iwuche, et, continuant à croître, empêche bientôt les deux mâchoires de se rejoindre. Pour le développement et le nombre des dents, voif. dentition. Voy. aussi dentiste.

Dents bm-rées, dents dont les racines sont tordues ou croisées, de sorte qu'on ne peut les arracher sans fracturer l'arcade alvéolaire.

Maux de dents. Voy. odontalgie et carie.

On nomme dents, en Ornithologie, les saillies ou dentelures dont est pourvu le bec de plusieurs oiseaux ; — en Malacologie, les saillies qui en s'engrenant contribuent à l'articulation des deux valves d'une coquille ; — en Botanique, les petites divisions du bord des calices d'une seule pièce ; aux pièces dans lesquelles un péricarpe valvaire se divise à l'époque de la maturité ; aux parties saillantes du bord de certaines feuilles, etc.

On nomme vulg. Dent de chien l'Erythrone vioulte; D. de lion, le Taraxacum ou Pissenlit.

dext de loup, nom donné aux canines du loup ou du chien dont se servent les brunisseurs, les bijoutiers, les re- i Heurs, etc., pour polir leurs ouvrages. On les assujettit au bout d'un manche.

On nomme aussi dents de loup, en termes de Cuisine, de petits triangles allongés découpés dans une masse épaisse de sucre lilé.

DENTAIRE (de dent), Dentaria, genre de la famille des Crucifères, tribu des Arabidées, renferme des plantes herbacées à racines tubéreuses, dentées par des écailles : feuilles alternes, fleurs en corymbes ou en grappes terminales, blanches ou violacées. On les trouve dans l'Amérique du Kord. l'Asie septentrionale et les Alpes.

DENTALE (de dent) , Uentalium , genre de Mollusques gastéropodes, sous-classe des Scaphododes, tvpe de la famille des Dentalidées ; coquille en forme de corne, arquée et percée à ses extrémités. L'animal porte en avant un tube membraneux renfermant un opercule charnu et conique ; sur la base du pied est une tète petite et aplatie, et sur la nuque, des branchies. Les Dentales habitent les côtes des mers chaudes et vivent enfouis dans la vase. — Poisson.

Yoy. DE.NTEX.

DENTALE (cOSSOXXe) . Voy. COXSONNE.

DENTÉ, DENTELÉ, DESTicnLÉ (de dent), noms donnés, en Zoologie et en Botanique , aux parties des plantes et aux organes des animaux dont les bords sont garnis de dentelures. — Poisson. Voy. dextex.

DENTELAIRE, Plumbago , genre type de la famille des Plombaginées, est composé de plantes berlwcées ou ligneuses. L'espèce la plus connue est la D. d'Europe [P. europœa] , qui croît dans le midi de la France : c'est une herbe vivace, haute d'environ 0 m. 75, à lige droite, cannelée et rameuse; à feuilles ovales , ondulées, velues; à fleurs d'un bleu violacé en corymbes.

DENTELLE, tissu léger et à jour, orné île fleurs ou dessins, et à bords dentelés, que l'on fait à la main, soit au fuseau, soit à l'aiguille, avec du fil de lin, de la soie, du coton, de la laine, ou des fils d'or, d'argent, etc. La dentelle en fil <le lin est la dentelle proprement dite ; c'est la plus belle et la plus chère; on y emploie un très beau fil d'une extrême finesse. La dentelle en fil de soie s'appelle blonde ( Voy . ce mot) ; les dentelles noires sont en fil de soie noire. La dentelle en fil d'or et d'argent sert pour les ornements d'église et les décorations. — Le métier à dentelle

est un coussin formé d'une planchette rembourrée, qui «e place sur les genoux de l'ouvrière : on pique avec des épingles un dessin tracé sur vélin et qui représente la dentelle, puis, en revêlant les contours des épingles avec des fils de diverses espèces que l'ouvrière tient au moven de nombreux fuseaux, on reproduit le dessin, et la dentelle se fait à mesure, tout autour. — La dentelle à l'aiguille, ou point, se fait avec une simple aiguille, sur un dessin qui se pose dans la main. Le point n'emploie habituellement que des fils blancs. — Voy. broderie.

Les diverses espèces de dentelles se distinguent soit par la nature du travail qu'elles exigent, comme le réseau, la bride, les arandes et les petites fleurs , soit par les localités d'où elles viennent. Ainsi en France, on dislingue : les points d'Alençon et de Valenciennes, les dentelles de Chantilly, du Puy, de Lille et d'Arras, celles de Caen, de Baveux et de Mirecourt. En Belgique, on cite surtout le pofnt de Maliiies, les dentelles de Bruxelles et de Grammont, et la guipure de Flandre. L'Angleterre fournit les dentelles d'Irlande, celles de Buckingham et le riche point d'IIoniton (Devonshire). On cite encore les dentelles de Saxe, le point de Venise ou point à l'aiguille gazé, etc. — On appelle application, des fleure ou autres ornements que l'on applique sur la dentelle, en les y cousant habilement après les avoir brodés à part.

On ne sait guère à quelle époque ni dans quels lieux on a fabriqué pour la première fois de la dentelle ; mais c'est de Belgique que cet art nous est venu. Avant le xvn* siècle on ne confectionnait encore que des dentelles grossières et qui ne servaient qu'à orner les vêtements d'église. Enl66l5. le point d'Alençon. qui n'est autre que le point de Venise, fut introduit d'Italie en France par une dame Gilbert, d'Alençon, qui, avec la protection de Colbert, fonda la première manufacture de dentelles, dites point d'Alençon, dans sa ville natale; c'est cet établissement qui a donné naissance aux nombreuses fabriques qui se sont depuis élevées sur divers jwints du territoire. Aujourd'hui cette industrie s'est beaucoup perfectionnée en France, notamment en Normandie et en Picardie. — On fait aussi de la dentelle à la mécanique, mais sans que celle-ci puisse détrôner la dentelle à la main. — Voir Mme Bury Palisser, Histoire de la dentelle (trad. de l'anglais par Mme G. de Clermont-Tonnerre, 1869).

dentelle de mer, nom vulgaire des Millépores et des Flustres [Voy. ces mots). — Dentelle de Vénus. Voy. mocsse de corse.

DENTEX ou dexté, genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes , famille des Sparoïdes, caractérisé par la présence de dents coniques même sur les côtés des mâchoires et de grands crochets saillants sur le devant. Ces poissons vivent en troupes. Le D. Vulgaire, Dentale, Syiiodon, etc., est long de 1 mètre; le D. à gros yeux n'a que 0 m. 50 : tous deux se pèchent dans la Médilor»anée.

DENTIER ou râtelier, série de dents artificielles montées sur une seule pièce. Voy. dentiste.

DENTIFRICES (au lat. dens, dent, et fricare, frotter), préparations dont on se sert p<jur nettoyer les dents et faire disparaître le tartre qui se dépose à leur surface. II faut se mettre en garde contre les poudres calcaires (corail, os de seiche, etc.), qui ont pour clfet de rayer et même d'user l'émail des dents, et contre les substances acides, dont l'action est encore plus pernicieuse. I-es meilleurs dentifrices sont ceux qui ont pour base le charlion de bois porphyrisé ou les carbonates de chaux ou de magnésie.

DENTIROSTRES (du lat. dens, dent, et roslrum, bec),

Sroupe de l'ordre des Passereaux, comprend des oiseaux ont le bec est échancré près de la |K)inte. Ils sont très nombreux, et généralement ils se nourrissent d'insectes : de là le nom d'Insectivores que leur avait donné Temminl». Ils comprennent 5 familles : les Lanidés ou Pies-Gricches [Lanius), les Gobe-Mouches (Cotinga, Drongo, Tangara), les Turninés ou Merles (Grive, Cinde, Martin, Philédon. Lyre), les Oriolidés ou Loriots, les Sylviadés ou Becs- Fins (Traquet, Roitelet, Fauvette, Rossignol, Bergeronnette, Pouillot, Farlouse).

DENTISTE (de dent). Pour exercer convenablement cet art, il faut joindre à des études d'anatomic et de diirurgie une grande dextérité de la main, et même], aujourd'hui, une certaine pratique de la mécanique. Outre les conseils hygiéniques qu'ils ont à donner jwur la conservation des dents et les prcscriplioui thérapeutiques qu'exige le Irai-

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