‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 479 sur 1729 · DÉSISTEMENT · texte numérisé non relu

DÉSISTEMENT

le commerce du chlore liqucfic cl enferme dans des lubes en acier; il en faut environ 5 gr. par moire ciHae.

Aride sulfureux. On le produil en brùlanl à l'air du soutVe ou bien des mèches soufrées; il faul env. 3 à 4 kilos lie soufre pour une capacilé de 100 mèlres cubes. On peut aussi brûler du sulfure de carbone, mais il faut un brûleur spécial. Il est plus commode île se servir d'acide sulfureux liquéfié, que l'on vend dans le commerce enfermé dans des siphons de verre résistant ; 50 à 00 gr. suffisent par mètre cube.

Vapeurs nitreuses. On verse sur de la tournure de cuivre de l'acide azotique ordinaire étendu de son volume d'eau; il se dégage du bioxyde d'azote qui, au contact de l'oxygène de l'air, se transforme en acide hypoazotique. On emploie avec beaucoup plus de commodité le sulfate de nitrosyle (cristaux des chambres de plomb), sur lequel on fait tomber de l'eau goutte à goutte ; il se dégage des va-

f leurs nitreuses dans lesquelles prédomine l'acide azoteux 30 p. 100 de son poids) ; on emploie 2 gr. de cristaux par mètre cube si la desinfection doit durer 24 heures, 5 gr. si elle doit durer 12 heures. L'acide nitreux est environ 5 fois plus actif que le chlore et 60 fois plus actif que l'acide sulfureux.

Tous ces gaz sont commodes pour la désinfection des locaux inhabités ; on doit tenir nermétiquement close la pièce dans laquelle on fait la fumigation, ne l'ouvrir que plusieurs heures après l'opération terminée, et n'y pénétrer que lorsqu'elle a été suffisamment aérée. L'opérateur doit également prendre les précautions nécessaires en déterminant la réaction de façon à se retirer sans s'exposer à absorber par les poumons ces gaz qui sont fort dangereux à respirer. Les tissus qui ont été soumis à ces fumigations devront être lavés ensuite, car ces vapeurs chlorées, sulfurées, nitreuses, imprègnent le corps poreux, et s'y transforment lentement en acides qui les corroderaient à la longue.

Chaux. La chaux éteinte (1 partie) délayée dans l'eau (100 parties) sert à désinfecter les déjections, les fosses d'aisance.

Chlorure de chaux. On l'emploie en nature ou délayé dans l'eau pour assainir les égouts, les latrines, les urinoirs, le sol, et c'est un puissant désinfectant; sous l'influence de l'acide carbonique de l'air, il dégage de l'acide hypochloreux qui agit comme le chlore.

Hypochloriles alcalins (eau de Javel, liqueur de Labarraquej. Ils servent aux lavages du sol, du linge, des vases et instruments divers, purs ou étendus d'eau.

Chlorure de zinc. En solution à 10 p. 100, pour le lavage du sol des amphithéâtres d'anatomie, des dépôts funéraires, des fosses d'aisance; à 5 p. 100, pour la désinfection des crachoirs, urinoirs, pour la stérilisation des crachats, des déjections; à 1 p. 100, pour le lavage des mains.

Chlorure mercurique [sublimé corrosif). La solution aqueuse à 1/1000 (liqueur de Van Swieten) sert avantageusement à laver les murs et les parquets ; c'est un des moyens de désinfection les plus efficaces, on lance cette solution au moyen de pulvérisateurs spéciaux, le liquide pénètre ainsi dans toutes les fissures et anfractuosités. Lorsque les surfaces humectées sont sèches, il est nécessaire, afin d'éviter les inconvénients qui résulteraient ultérieurement de la chute de la mince poussière mercuriellc qui les recouvre, de laver ces surfaces à grande eau.

Permanganate de potasse. A cause des taches noires qu'il produit, il n'est guère employé que pour l'asepsie des éponges et des mains. On les trempe dans une solution à 5 p. 100, puis dans une dissolution d'acide sulfureux, ou mieux de bisulfite de soude acidulée par l'acide chlorhydrique (bisulfite à 35° B, 600« ; eau, 20 litres ; acide chlorhydrique, SO"*') ; les surfaces noircies blanchissent immédiatement. C'est un antiseptique des plus énergiques, utile surtout dans le cas de fétidité.

Sulfate de cuivre. Solution de 5 à 5 p. 100. Désinfection des crachoirs, urinoirs, déjections, fosses d'aisance, du linge ; antiseptique peu puissant, mais que l'on préfère employer à doses massives à cause de son peu de toxicité.

Sulfate de fer. Employé en nature pour la désinfection des fosses d'aisances. 11 détruit l'effet de l'iiydrogènc sulfuré et du gaz anunoniac qui s'en dégagent en transformant le premier en sulfure de fer, le second en sulfate d'ammoniaque, et lui-même en protoxyde, puis en sesquioxyde de fer. C'est un antiseptique presque nul.

Sulfate de zinc. Employé comme le sulfate de fer et

aux mêmes usages. C'est un antiseptique peu puissant qui a l'inconvénient d'être assez toxi(|ue. •

Phénol. En solution hydro-alcoolique à 5 p. 100, il est employé aux mêmes usages que le chlorure de zinc et le chlorure mercurique; il a sur eux l'inconvénient de répandre une odeur insupportable pour beaucoup de per* sonnes. On ne se sert guère que d'acide pbénique brut pour la désinfection des wagons à bestiaux, écuries, abattoirs.

Coaltar. Goudron de houille dont on imprègne de la sciure is Iwisou du plâtre, et qu'on emploie pour la désin» fcction dans les amphithéâtres de dissection, les exhumations, les opérations des pompes funèbres, et toutes les fois que l'on veut masquer une odeur que ne feraient pas disparaître les antiseptiques même les plus puissants.

DÉSINFECTION (du préf. de{s) et infection). C'est l'ensemble des moyens mécaniques, physiques ou chimique» qui tuent les microbes ou les empêchent de se développer : on prévient ainsi l'infection, c.-à-d. l'envahissement de l'organisme par des germes pathogènes. Les moyens mécaniques comprennent le nettoyage des habitations, des instruments de chirurgie pour les opérations, le lavage des planchers, des murailles, le grattage des parois, la vidange des matières fécales, l'écoulement des eaux vannes, la ventilation, le lavage du linge, etc. L'absorption des liquides putrescibles ou décomposés, par des substances absorbantes, terre sèche, poussières, etc., appartient encore à cette catégorie. Les agents physiques comprennent l'exposition à l'action de l'air, de la lumière solaire. Le froid atténue la virulence des microbes, mais ne les tue pas toujours; aussi la glace provenant d'eaux impures est-elle dangereuse à absorber. La chaleur, par contre, nous fournit les désinfectants les plus puissants. L'ébullition de l'eau, la cuisson prolongée des aliments à haute température met à l'abri de bien des contagions. Les étuves sont les moyens les plus pratiques et les plus sûrs pour assurer la désinfection. Les étuves à air chaud ont été rejetées. Elles sont insuffisantes, l'air étant mauvais conducteur de la chaleur. Les étoffes introduites étaient roussies et non désinfectées. Les étuves à vapeur, qui sont aujourd'hui d'un usage général, n'ont pas cet inconvénient. La vapeur à 100° y agit sous pression, et en une demi-heure au plus, les microbes et les spores les plus résistants sont tués. En France, les étuves de ce genre, construites par Gencste et Herscher, sont installées à bord des navires qui font le service d'Extrême Orient, dans les hôpitaux, les lazarets. Des étuves locomobiles sont utilisées dans l'armée pour la désinfection des centres épidémiques qui peuvent se produire.

On pratique aussi la desinfection à l'aide de substances chimiques dites antiseptiques. Les solutions de bichlorure de mercure, d'acide pbénique, de chlorure de zinc, employées en lotions, en pulvérisation, donnent de bons résultats. L'acide sulfureux a eu un moment une très grande vogue, mais il ne tue pas tous les germes. Le lait de chaux détruit facilement les bacilles typhiques. Voy. désinfectants. Pour les mesures de désinfection à prendre dans les maladies, voy. contagion et prophylaxie.

DÉSIR (du lat. desiderium), sentiment de l'âme qui recherche certains objets soit comme nécessaires pour atteindre les fins naturelles de ses facultés, soit comme agréables par suite du plaisir que procure leur possession. Le désir naît du penchant et aboutit à la passion : il est un penchant quand il est joint à une connaissance plus on moins claire du but qu'il poursuit ; il devient une passion quand il est exalté par l'imagination et fortifié par l'habitude. — 11 y a autant de sortes de désirs qu'il y a de penchants ou d'inclinations (Voy. inclinations). — Le désir ne saurait être confondu avec la volonté. Sans doute il est, comme elle, un mouvement de l'esprit ; mais il y a entre eux de nombreuses et importantes différences : 1° le désir est irraisonné, la volonté est réfléchie ; le désir est fatal, la volonté est libre; le désir est passif et marque l'assujettissement de l'esprit, la volonté est active et par elle l'esprit affirme son indépendance ; 2» il peut y avoir plusieurs désirs simultanés, il ne peut y avoir au contraire qu'une seule volonté à la fois ; 3° la volonté est si bien distincte du désir, qu'elle peut lutter contre lui et en triompher. Voy.

SENSIBILITÉ, déterminisme, LIBERTÉ.

Les Mystiques appellent désir la tendance vers le monde supérieur; c est en ce sens que Louis-Claude de Saint-Martin a intitulé un de ses ouvrages : l'Homme de désir.

DÉSISTEMENT (de désister), se dit, en Droit, de toute déclaration portant abandon formel ou renonciation d'un

DESMAN

Page 1