DESTINÉE
qac l'on veut poindre, et pour lesquelles ils servent de modèles ; les D. au trait, simple tracé des contours, sans ombres; les D. ombrés, où les ombres sont exprimées à l'aide du crayon par des hachures [D. hachés], par des points [D. graines) ou par des teintes plus ou moins foncées, à l'aide de l'estompe ou du pinceau {D. estompés ou lavés) ; le D. linéaire, qui représente avec un simple trait les objets de la nature ou les produits des arts, et qui se divise en D. linéaire à vue, qu'on exécute sans le secours d'aucun instrument mathématique; et en D. linéaire graphique, qu'on exécute avec la règle, le compas, le rapporteur, etc. lotj. écure.
On a inventé un grand nombre d'instruments plus ou moins ingénieux pour reproduire un tracé exact des objets e1 remplacer le dessin à la main : tels sont le panotrace, le pnntographe, le diagraphe, etc. {Voy. ces mots). La chambre obscure, la chambre claire, le daguerréotype peuvent aussi être ranges parmi les instruments de ce genre.
Des systèmes différents se sont produits sur l'enseignement du dessin : les uns le Imrnent à la copie de dessins donnés pour modèles; les autres veulent que l'on débute
[»ar la représentation des objets réels. On comprend d'aileurs qu'on doit varier la méthode et les études, selon qu'on se destine à la peinture, à la sculpture, à l'architecture ou aux arts industriels. Ceci explique pourquoi les auteurs qui ont composé des traités sur le dessin ou des recueils de modèles se sont placés à des points de vue dif- Icrents. — Depuis 1879 1 enseignement élémentaire du dessin est de règle dans toutes les écoles primaires. Il existe à Paris et dans quelques grandes villes des écoles spéciales de dessin, mais plus particulièrement au point de vue des arts industriels. — Voir pour la théorie : F. Ravaisson. Rapport sur l'enseignement du dessin (1853) ; Cil. Blanc, Grammaire des arts du dessin (1867) ; RigoUot, Histoire des arts du dessin (1863) ; et jxjur l'enseignement : Etudes classiques du dessin autolitliograpliiées par J. Laurens (tirées de la collection des Classiques de l'art
5ar F. Ravaisson) ; Chazal, Modèles de dessin d'imitation ; lodèles de dessin de l'Ecole centrale d'architecture; Bardin, Enseignement du dessin professionnel; E. Collinot et Ad. de Beaumont, Recueil de dessins pour l'art et l'industrie; L. Vallée, la Science du dessin; Bouillon, Exercices de dessin linéaire; Morin et Tresca, Modèles de dessin et de lavis, etc.
Législation. La propriété des dessins de fabrique se conserve par le dépôt légal, c.-à-d. par le dépôt aux archives du conseil des prud'hommes, avec déclaration du temps pendant lequel on veut en conserver la propriété exclusive. DESSINATEUR (de dessin). Ce nom, qui en général convient à tout artiste qui se livre à l'art du dessin, s'applique spécialement aux artistes qu'emploient les architectes pour mettre leurs plans an net et en faire des copies ou des extraits, et à ceux qui, dans les fabriques et manufactures d'objets où le dessin entre pour quelqiie chose, sont chargés de fournir les dessins qui servent de patrons et de modèles : il y a des Dessinateurs pour ameublement ou Décorateurs, des D. de fabrique pour impressions, soieries, dentelles, broderies, etc., des D. pour châles, des D. pour papiers peints, des D. pour bijoux et orfèvrerie d'art, des h. graveurs, etc. Un grand nombre d'ouvrages ont été composés à leur usage ( Voy. décoration et dessin) ; nous citerons en outre : Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier français; R. Robert, la Flore ornementale; les Collections et Dessins gravés de Lièvre, Delahaye, (àiillemard, Rapilly, Péquegnot, et à l'étranger, d'Eastlake, VVaroux, Ilermann de Liège, Dietterlin, Tschaggeny, etc.
Voy. ORNEMENT.
DESSOLURE (du préf. de[s) et de sole), se dit, en Hip- ])ologie, de l'opération qui consiste à extirper la sole du cheval. On est obligé d'y recourir dans les cas de piqûre du pied, de clou de rue compliqué, etc.
DESSUS, nom qu'on donne en Musique aux parties les p us aiguës en général, et spécialement à la plus aiguë des parlies vocales.
DESTIN (du lat. destinatum). 1° Dans la Mythologie, le Destin est un dieu, fils du Chaos et de la Nuit, en qui se personnifie une puissance infinie, mais aveugle et incompréhensible, supérieure à l'homme et à tous les autres dieux [Voy. destin au Dict. d'Hist. et de Géogr.): c'est la Fatalité àe la tragédie antique. — 2" Dans la Philosophie grecque, le Destin est opposé à la Providence, comme la
Matière l'est a l'intelligence divine. D'après Platon, et d'après les néoplatoniciens, Plotin, Produs, etc., le Destin est la loi constante et universelle de la nature, c.-à-d. du monde matériel ; l'âme humaine lui est souinise en tant qu'elle déjieiid du corj)s et (pi'elle s'asservit à ses passions; elle échappe à l'empire du Destin et devient libre quand elle se détache de la matière et qu'elle obéit a la raison. Dans le syslènic des stoïciens, au contraire, la Providence ne fait qu'un avec le Destin, qui se définit : « l'ordre naturel des choses, qui de toute éternité sont les conséquences les unes des antres et forment un enchaînement inflexible x ; par suite, la liberté consiste uniquement dans le pouvoir de conformer sa volonté au Destin. — 3° Dans la Philoso-
fhic moderne, le dogme de la création, en soumettant tout univers à la Providence divine, a fait disparaître l'idée du Destin, sauf chez certains philosophes mystiques qui continuent à l'opposer à la Providence (Fabre d'Olivel et même Schelling). —Voy. Cicéron, Du Destin; Plotin, Du Destin ; Proclus, De Providentia et Fato et eo quod in nohis. DESTINATION (de destiner). Voy. immecrles. Destination du père de famille. C'est l'état de choses établi par un propriétaire entre deux fonds qui lui appartiennent ; s'ils viennent à être divisés, cet état de ciioscs subsiste sous le nom de servitude; la destination du père de famille est ainsi un moyen d'étaLlir des servitudes continues et apparentes (C. civ., art. 692-693).
DESTINEE (de destiner). I. Tout dans l'univers a un but. Mais, tandis que les animaux obéissent à un instinct aveugle, l'homme intelligent et libre se pose le problème de sa destinée, se demande pourquoi il a été placé sur la terre et ce qu'il doit craindre ou espérer quand il est arrivé au terme de sa carrière. La fin d'un être étant nécessairement en rapport avec sa nature, la vraie méthode pour connaître notre destinée est d'étudier notre nature, c.-à-d. les éléments qui la constituent, les penchants qui nous poussent vers certains objets, et les facultés qui correspondent à ces
[lenchants. Notre nature comprend deux éléments, l'àmo et e corps. L'âme a trois tendances principales, la sj-mpathie, principe des affections sociales et de l'amour considéré sous ses diverses formes, la curiosité ou désir de connaître, l'ambition ou désir du pouvoir, et trois facultés qui leur corres- [(ondont, la sensibilité, l'intelligence et l'activité. Le déveoppement régulier et complet de nos tendances et de nos facultés, voilà notre bien ; la volonté d'accomplir le bien, voilà la vertu, et c'est la seule chose dont nous soyons responsables. En effet, par suite des circonstances extérieures qui entravent notre action, nous ne pouvons arriver sur la terre à réaliser qu'une faible partie de notre bien : comment satisfaire, par exemple, ce désir de connaître qui porte plusieurs générations de savants à consumer sans relâche sur une question leur génie et leurs forces, sans aucun souci des avantages qu'auront leurs découvertes? dans quelles étroites limites doit nous paraître resserré le savoir que nous acquérons dans la courte durée de notre existence, si nous considérons l'immensité de l'espace, le nombre incalculable des objets qui le remplissent, les révolutions de notre globe, la multiplicité et la variété des êtres qui l'habitent, la complexité de l'histoire du genre humain ! En général, la satisfaction complète des désirs propres à l'âme est impossible, puisqu'ils aspirent à l'infini et que les moyens dont nous disposons sont très limités. Au contraire, la vertu dépend uniquement de l'individu, parce que la raison et la volonté lui permettent de d riger ses facultés et de dompter ses passions. Elle est possible également à tous les hommes: car tous sont aptes à vouloir le bien dans la mesure où ils le -connaissent et à mériter par la grandeur de leui-s effor!?, abstraction faite du résultat. Il en résulte que, si la destinée absolue de l'âme consiste dans le développement de sa connaissance, de sa puissance et de son union avec les autres êtres semblables ou différents, sa destinée dans la vie actuelle consiste principalement dans le développement de cette énergie intime qui, par l'union de la liberté et de la raison, permet de se perfectionner sans cesse, de s'élever indéfiniment dans l'éclielle de la moralité et de se rendre diï'iie du bonheur qui en est la conséquence légitime [Voy. immortalité). Quant au corps, son rôle est de soumettre l'âme à l'influence des forces extérieures et de lui donner prise sur elles afin de les dompter et de faire triompher progressivement la liberté intelligente de la fatalité aveugle; quoiqu'il ait sa fin propre, qui est l'exercice des fonctions vitales, son évolution fournit aux facultés de l'âme les conditions physiologiques indispensables à leur développement.