DÉTERMINISME
— Consulter Jouffroy, Cours de droit naturel (leç. 1-5, 29-5"2'. Voy. biex, bo.nhecii, devoir, vertu.
II. L'Iiumanilé a au*si «a destinée qui est la même que celle lie l'individu: mais tandis que l'individu passe, l'humanité subsiste et jouit dune existence continue par la succession des générations; elle peut donc atteindre ainsi à un développement plus complet que l'individu, et la mesure dans laquelle elle réalise sa perfectibilité constitue le progrès (Voy. ce mot). En déterminer les conditions et les lois est l'œuvre de Ia philosophie de l'histoire ( Voy. histoire). Beaucoup d'écrivains ont traité ce sujet : en Italie, Vico
Ila Science nouvelle, trad. par Michelet) ; en Allemagne, ,cssing {Education du genre humain], Ilerder (Idées sur la philosophie de l'histoire, trad. par Quinctl, Hegel [Philosophie (le l'histoire). Bunsen [Dieu dans l'hittou-e, trad. par Dietz) ; en France, Dossuet (Discours sur [histoire universelle], Montesquieu [Esprit des luis, Condorcet {Esquisse des progrès de l'esprit humain), Ballanclic {Essais de palingénésie sociale], Guizol [Histoire de la civilisation en Europe et en France], Michelet [Introduction à l'Histoire universelle]. On a reproché à plusieurs de ces écrivains de faire une part trop petite à la hl)erté huinainc et même de l'annuler tout à fait, soit en exagérant l'action de la Providence, soit en accordant trop d'imjwrtaiice à rinfluence des races, des climats, soit en professant un fatalisme historique, qui explique les événements par un enchaînement irrésistible et par là ôte aux nations et à leurs chefs la responsabilité de leurs actes.
DESTITUTION (du lat. destitulio), acte par lequel un fonctionnaire public ou un officier ministériel est privé de SCS fonctions. Elle ne peut avoir lieu pour ceux qui sont inamovibles. Voy. inamovibilité.
DESTRIER (du b.-lat. dextrarius), cheval de bataille au moven âge, était ainsi appelé de l'usage qu'avaient les chevaliers de se faire suivre au combat de chevaux de rechange, que leurs écuyers menaient à dextre, c.-à-d. à la main.
DESTRUCTION. Voy. dégradation-, bris, pièces, etc.
DÉSUÉTUDE (du lat. desuetudo). La désuétude, ou usage contraire, n'entraîne pas l'abrogation des lois. Voy. abrogation.
DÉTACHÉ, en italien staccato, se dit, en Musique, d'un moilo d'exécution des instruments ou de la voix, dans lequel on sépare les sons par une émis~^ion brève et non prolongée : c'est l'opposé du lié. On indique le détaché en plaçant des points au-dessus des notes.
DÉTAIL (vente au). Voy. marchand.
Droit de détail, pour les boissons. Voy. débit.
DÉTENTE (de détendre), pièce de batterie d'une arme à feu, qui fait tomber le chien ; c'est une sorte de levier oui agit à l'intérieur de la platine contre la grande branche de la gâchette [Voy. ce mot). — Les Horlogers donnent ce nom à un levier qui fait détendre ou partir la sonnerie d'une pendule. On nomme détentillon une petite détente levée par la roue des minutes.
La détente, dans les Machines à vapeur, est la période pendant laquelle, l'admission de la vapeur cessant, celle-ci ae détend en augmentant de volume et diminuant de pression. On réalise la détente dans le cybndre à vapeur au moyen d'appareils mécaniques qui constituent le svstème de distribution. On peut aussi laisser la vapeur admise à ph'ine pression pendant toute la course du piston, et la détendre dans un second cylindre (machines de Woolf).
DÉTENTION (du lat. detentio], peine politique afflictive et infamante, qui consiste dans l'emprisonnement dans une forteresse située sur le territoire continental de la France pendant un laps de temps qui peut varier de 5 à '20 ans, suivant la gravité des cas (C. pén., art. 20), et qui entraîne la dégradation civique et l'interdiction légale du condamné. Lorsque la déportation ne peut être effectuée, elle est remplacée par la détention perpétuelle dans une forteresse. — La détention se subit dans le fort de l'île Ste-Marguerite. Les maisons centrales [ Voy. prisons) sont improprement appelées .V. de détention puisqu'elles ne reçoivent pas de condamnés à cette peine. Voy. réclcsion.
On nomme encore détention : 1° l'état d'un individu qui est privé, légalement ou non. de sa liberté. La D. préventive est celle que subit un accuse avant son jugement : clic ne compte p&s pour l'expiation de la \)e'me : la loi du 20 mai 1805 a eu pour objet de diminuer les rigueurs de la détention préventive : elle la supprime presque entièrement dans les cas de flagrant délit [Voy. luierté provisoire) ; — i" l'état d'une choâe dont on a la possession
actuelle : le possesseur prend alors le nom de détenteur : on nomme détenteur d'un héritage celui qui en a la possession réelle et actuelle.
DÉTENUS, terme générique servant à exprimer tous ceux qui sont enfermés pour crime, délit, contravention, ou même pour dettes. — De sages règlements avaient assujetti les criminels détenus à des travaux réguliers : un décret du 24 mars 1848 suspendit ces travaux; ils ont été réorganisés par la loi du 9 janvier 1850 et le décret du 25 février 1852. — Il a été formé des pénitenciers ou colonies agricoles pour les jeunes détenus à Cîteaux, Clairvaux, Mettray, à Chiavari et Corte, en Corse ; en Algérie, etc. Voy. pour ces derniers la loi du 5 août 1850.
DÉTERGENTS, abstercents, détersifs (du lat. detergere, abstergere, nettoyer), noms divers donnés aux médicaments propres à nettoyer les plaies et les ulcères. Ce sont, en général, des topiques stimulants, qui ravivent les surfaces suppurantes, favorisent la séparation des matières qui les recouvrent, et activent ainsi la cicatrisation.
DÉTERMINANT, en Algèbre. Le déterminant de quatre nombres a, b, a', b' est ab' — a'b; le déterminant de neuf nombres a, b, c, a', b',c', a", b", cf, est
nb'c' — ab"c' -f- a'b'c — a'bc' + a'bc' — a'b'c. Ces fonctions s'introduisent comme dénominateurs dans les formules de résolution des équations du premier degré :
ax-i- by = c, a'x -t- b'y = c' ou
ax+ by -h c% =:d, a'x ■+- b'y -4- c'i = </', a'x ■+■ b'y -h c's = d'.
Elles se généralisent, et le déterminant de «* nombres s'introduit comme dénominateur dans les formules de résolution de n équations du premier degré à n inconnues.
DÉTERMINATIF (adjectif). Foy. adjectif.
DÉTERMINATION. Voy. volonté.
détermination, opération ayant pour but la connaissance du nom scientifique d'un animal ou d'une plante ; ce nom est formé du nom de genre suivi du nom de l'espèce. Les livres servant à cette recherche s'appel lent /Zores ou faunes.
DÉTERMINISME, i. Dans les Sciences positives, le déterminisme consiste en ce principe que, les lois de la nature étant universelles et constantes, la production de chaque phénomène est invariablement détertninée par des conditions définies, qui sont ses causes prochaines. Si, les conditions physiques restant les mêmes, le résultat n'était pas identique, les sciences positives manqueraient de base, et l'homme n'aurait point de règle pour faire servir à son usage les forces de la nature, comme la vapeur, l'électricité, ctc — Universellement admis pour l'Astronomie, la Physique, la Chimie, etc., ce principe a été étendu à la Physiologie. Il est reconnu que les fonctions des végétaux ne peuvent s'accomplir que si le milieu ambiant remplit certaines conditions d'humidité, de chaleur, de lumière, etc. On n'est pas également d'accord pour les animaux, qui semblent, en vertu de leur spontanéité, se rendre, dans une certaine mesure, indépendants du milieu où ils se trouvent. Dans deux écrits importants [Introduction à l'élude de la médecine expérimentale, 18()5; Rapport sur la Physiologie, 1868), Cl. Bernard explique cette anomahe apparente par ce fait que les animaux jjossèdent dans le sang un milieu Ultérieur où se trouvent les conditions physiques de leur vie. Ces conditions ne peuvent être atteintes que par une observation approfondie ; mais, en les étudiant avec attention, on voit que, dès qu'elles sont remplies, les fonctions de l'animal s'accomplissent avec la même néces.sité que celles de la plante. C'est ainsi que CI. Bernard fait rentrer dans le déterminisme tous les phénomènes physico-chimiques de la vie organique, et il en déduit l'importance de la méthode expérimentale pour les prt^ès de la médecine. Il reconnaît d'ailleurs qu'on ne peut explic|uer également par l'action variable des circonstances extérieures l'ordre et le concert qui constitue les phéiramènes physiologiques ; il y voit l'effet d'une idée créatrice ou organique, d'un type défini, préexistant, auquel l'organisme se conforme, comme un ouvrage s'exécute d'après une pensée déterminée à l'avance ; c'est ce que, en Philosophie, on nomme une cause finale. Voy. Ravaisson, la Philosophie au xix« siècle, §15.
II. En Philosophie, depuis Leibniz, on nomme Déterminisme un système qui nie implicitement la liberté humaine en admettant que tous les phénomènes de l'univers sont rigourcuâcment encLainés et déleroiinés par U série des
DÉTERSIFS